Cf. infra, la n. g
il. (S. H. de Asse, < '• » I ï t . lyonnaise de i55o, p. 801 et 802 (c'est Deloynes qui parle) : « Pro ea amicitia quam iam 1 >t annos colimus... ; ntie prbpemodum ab incunabulis et crepundiis aouisti. ■ Cette dernière expression ne doil pas être prise au pied de la lettre. L'on ne voit pas comment Deloynes aurait pu connaître Budé avant que celui-ci ne fût arrivé à Orléans. Il était en effel le (ils d'un bailli de Beaugency el «lui être élevé dans le pays. La mère de sa femme était par sa naissance une Chevalier, la propre tille d'Etienne Chevalier, el par suite la cousine germaine de Budé {Généalogie de la famille de Loynes, 1895, p. \\).
7. Plus tard, Pyrrhus d'Angleberme, qui avait lui-même étudié le droit à Orléans (cf. L. Delaruelle, Revae des biblioth., tgo2, p. /c.o), parle de Deloynes comme de son ancien maître [Philologie. Epist. Centaria, éditée par <!oldast, p. lot'»). Cf. .M. Fournier, Hist. de la se. du droit, 1. III, p. i3i.
8. Blanchard, Catal. des conseillers on Parlement, p. V- Vers la tin de sa vie, en i.">:>:', Dclovnes devint président aux Enquêtes; il mourut en \~\-\.
9. Voici tout ce <pii, dans la lettre à Tunstall, <• uiccnic la période antérieure
Budé renonça à toute étude el se livra aux amusements de son âge. Il avait du goùl pour l'équitation1, il a'miail aussi lâchasse2 et surtout celle au faucon3. Quatre ou cinq années passèrent ainsi avant que s'éveillâl en lui le désir ou le besoin d'une vie nouvelle.
Est-ce, comme il le dit, l'exemple de son père qui opéra ce changement4? On ne sait, mais soudain, à l'âge de vingt-trois ans5, il renonce aux chiens (M aux faucons; sans recourir à aucun maître, il se remet au travail et il entreprend de refaire ses études juridiques; mais il s'est dans ce dessein adressé, tout d'abord, aux livres des glossateurs. Il lui faut du temps pour reconnaître son erreur et découvrir les auteurs sur lesquels doil se fonder la science. Dès lors, il les étudie, il s'en pénètre el peu à peu il parvient, comme il le dit lui-même, à revomir l'énorme masse de commentaires qu'il avait d'abord engloutie6. Cependant son père
à la vie d'étude [Lucubr., p. 302 C) : « In quo studio [iuris] cuni triennii operam lusissem, domum reuersus, salutem dixi literis, sludiis utique indulgens îuuentutis illiteratae. . . : quoad post aliquot annos intra paternos parietes clam Studere mecuni ipse institui, procul omnibus conuenticulis huius urbis scholasticorum. »
1. Dans le de Philologia, Budé parle de l'habileté qu'il avait vu François l,r déployer dans les carrousels, et il ajoute aussitôt [Lucubr., p. 67 li) : « quo spectaculi génère a puero uehemeater delectari solitus sum, propter equitandi in adoleseentia studium. a
2. Lucubr., p. 68 D. Cet obscur passade du de Philologia semble signifier que jadis, pour son plaisir, Budé a pris part à des chasses et que même il en a dirigé sur ses domaines. D'ailleurs eela expliquerait bien les connaissances en vénerie dont il tait montre dans ce traité.
3. Il v a, dans les Annotât, in Pandectas, une digression de deux pages sur la fauconnerie. Comme il vient de décrire le faucon s'abattant sur sa proie, Budé a soin d'ajouter (|>. 584) : " quod testari oculata fide possumus, qui eius oblectamenti studiosî magis in prima el plena pubertate quam literarum fuimus. »
/(. Cf. supra, p. 63, n. 2.
."). Donc en i^9 1 • Dans la lettre à Tunstall, qui est de l'armée i ."i i 7 , Budé
écrit, en effet, qu'il étudie depuis vingt-six ans [Lucubr., y. 362 C). Il a encore parlé en d'autres endroits de l'époque ;'i laquelle avait commencé sa vie d'étude : tons 1rs passages concordent et nous ramènent a la date de ■ ^i < » i . Voir l.u-
Cubr., 0. 254 '■ : " '"' n'tae quam egO institui annos iam prope duodetriginta 9
(dans une lettre de i5iq); cf. p. 37a A : « Ai ego iam annos quinque el uiginti bona fide Beruio studio literarum 0 (lettre <\<- i5i6). Dans le de Asse (paru en [5i5j il dit, il est vrai, qu'il a déjà passé vingt-cinq années au service '!<■ la Philologie (édit. de Lyon, r55o, p. 786), mais il a légèrement forcé le chiffre afin de pouvoir dire, en suivant sa métaphore, qu'il est arrivé à l'âge de la retraite. 6. Lucubr., p. 362 C : « ll>i a deterrimo quoque, ut fit, auctore auspicatus,
l'encourage1 : déjà, sans doute, il voil dans le jeune homme un futur juriste qui lui fera honneur et saura se créer une situation lucrative. Mais à présenl Guillaume recherche le savoir pour luimême ; derrière les oripeaux dont on la voilait, il a su découvrir, il a pu contempler la véritable figure de l'antiquité. Le charme a vite opéré et maintenant l'initiation est faite. Bientôl l'étude des auteurs latins ne suffit plus à sa fièvre de saxon-; l'occasion s'offrant à lui, il se met à apprendre le grec.
Depuis que Gregorio le Tifernate avait quitté la France, personne ne s'était trouvé pour le remplacer et fonder enfin en France renseignement de la langue grecque. Reuchlin nous dit bien qu'étant à Paris en 1 4 7 -^ -, il apprit les éléments du grec des élèves de Gregorio2. Mais on se demande qui pouvaient être ces élèves et ce qu'en fait de grec ils auraient été capables d'enseigner. Gaguin est le plus célèbre de ceux (pie nous pouvons nommer et c'est tout juste s'il connaissait les premiers éléments du grec3. Il semblait (pie le développement de l'hellénisme en France fût à la merci du hasard qui y amenait de temps en temps des humanistes italiens ou même des Grecs exilés.
En 1 4 7 :"> •> Andronic Callistos semble être venu à Paris pour y chercher fortune. Il n'y resta que fort peu de temps et passa bien vite en Angleterre où, d'ailleurs, il mourut bientôt4. Un autre
(•uni glossematum faecem per imprudentiam hausissem, auidissime errore tandem intellecto^ cum ad libros meliores me contulissem, paulatim redundantem illam praecordiis faecem reieci. >■ Dans ce passage le mol glossematum ne me semble pouvoir s'entendre que des gloses juridiques composées par Accurse ci par ses disciples. Aussi bien cette interprétation est «'«'Ile qui explique le mieux l'éveil de la vocation chez Budé. Il aura commencé par se remettre à l'étude du droit, qui le préparait directement à son futur métier. Puis l'étude d'Accurse l'aura mené à celle des textes anciens eux-mêmes, donl les glossateurs travestissaient à chaque instanl le sens.
i. Lucubr.., p. 363 A : » En tibi, uir humanissime, studiorum meorum curriculum, quod sub pâtre indulgente suppedihuilcquc facile inchoaui. »
?.. L. Thuasne, Roberti Gaguini Epist., I. I, p. 21.