Familles et personnalités actuelles
A la différence des Ouwarbé, qui sont à peu près tous Bah, les Oualarbé se partagent indistinctement entre les quatre grandes tribus classiques de la race peul : Bah, Soh, Bari et Dial. Ils sont donc très mêlés.
On compte parmi eux 22 fractions :
I. — Les Saybobé (au sing. : Tyababo), fraction princière, descendants de Nkobé de la première heure. Ils ont peuplé les villages dits guerriers de Fogoti et de Bakhabakha; les villages dits pasteurs de Diébougou et Palol.
Les personnalités les plus remarquables de ces villages sont :
A Bakhabakha, foyer islamique vivace ; a) Soulé Oumar Gando, né vers 1888, et qui a remplacé son père, décédé en avril 191 1, sans hériter de sa science ni de son prestige. Il est tidiani par son père, qui fut affilié à cette Voie par un chérif de IMarrakech, de passage dans le Sahel, au début du siècle; b) Bokar Hamadou Modibbo, né ve/s i85o. Il a fait ses études dans le Macina et le Sahel, et a hérité, auprès des Sambourou de la vénération qu'ils avaient pour son père, Modibbo Hamadou Diallo, marabout de re-
nom, dont le tombeau, à Dina, est un lieu de pèlerinage. Avec ses deux frères plus jeunes, il préside les hadhra et les lectures pieuses, fait des conférences, perçoit officiellement le zakat, ce qui lui valut quinze jours de prison en 1912, et enfin dirige une école coranique d'une douzaine d'élèves. Il est connu dans tout le Sahel, et même quelque peu dans le Fouta sénégalais oriental. Il a reçu l'ouird et le titre de moqaddem tidiani du Chérif Ahmed, des Larlal de Tichit ; c) Souleyman Aliou Diallo, né vers 1840, disciple qadri de Mamadou Abdoulaye Souadou, vu plus haut dans le Monimpé. Il dirige une école d'une douzaine d'élèves, dont la moitié suit des cours d'enseignement supérieur. Son grand âge, sa science et le prestige de sa famille lui ont valu une extrême considération de la part de tous les Oualarbé ; d) Mamadou Tierno, né vers 1860, almamy du village. Il a fait ses études dans le Macina et y a reçu l'ouird qadri de son maître, Cheikh Zin ad-Din HamadouSoh. Son école coranique est généralement fermée» Il s-e dit moqaddem qadri ; e*) Mamadou Brahima, né vers 1860, petit maraboutaillon de même obédience que le précédent ; /) Bou Bakar Alfa Ousman, né vers 1861, moqaddem chadli par le cheikh Ali ould Abd Allah, des Afa. Il ne jouit d'aucune influence. Il fait un petit cours de droit à trois jeunes gens; g) Mamadou Abdoulaye Diadié, né vers 1848 et qui vient de mourir en 1912. Il avait fait ses études à Ségou, ainsi qu'à Dougoucire (Kayes), où il avait reçu de Mamadou Alfa Daoudo Soh l'ouird et le titre de moqaddem tidiani omari.
A Fogoti :a) Hamma Cina Diallo, né vers 1840, almamy du village, vieux maître d'école qui, par son maître. Alfa Hamma, se rattache à Mamadou Abdoulaye Souadou ; b) Hamadou Hammad Seïdi, né vers 1860, de la même obédience ; c) Hammad Seïdi Diallo, né vers i865, qui dirige une école d'une dizaine d'élèves et a été, dans le village, l'introducteur du Qaderisme de Mamadou Abdoulaye
l'islam en pays bambara 173
Souadou. Il connaît, dit-il, sa généalogie, mais elle présente bien des lacunes. Hammad, fils de Seïdi, fils de Melik, fils de Seïdi, fils d'Ahmed, fils d'Alfa Ahmed Cina, fils d'Ahmed, fils de Habib, fils de Moad, fils de Koudyé, fils de léro, fils de Diadié, fils de Çarir, fils de Botoul, fils de Maqam, fils d'Oqba, fils d'Amir, fils de Yassir, fils de Moad.
A Diégougou : Brahim Omar Diallo, né vers i85o, almamy du village et petit maître d'école, disciple par son père du Souadou, précité.
2. — Les Diguilankobé, à Demba Siguila. Les principales personnalités sont : a) Baba Ousman, né vers 1860 et son frère Hamadou Ousman, né vers i865, le premier, almamy du village, le deuxième, savant très considéré, tous deux maîtres d'école. Leur père et maître en Qaderisme, Ousman Tierno, fut un marabout très populaire; b) Mamadou Abdoulaye Cissé, né vers 1860, et qui est mort en igiS. Par son père il se rattachait au Qaderisme des amirou du Macina. Il avait une école très florissante.
3. — Les Dembakobé, à Mamaribougou Dembakobé. Deux personnalités sont à signaler : a) Mamadou Bou Bakar Soh, né vers 1870, qadri par son père; b) Moussa Mamadou Soh né vers 1872, qadri Macinanké. Ce sont deux petits marabouts sans importance.