‹ Études sur l'Islam et les tribus du Soudan (volume 2)Chapitre 45 sur 75 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

LES ÉCOLES CORANIQUES

Les écoles coraniques marka et somono du cercle de Ségou sont florissantes. Elles sont au nombre de loo, et comprenaient, au dernier recensement, un millier d'élèves. Elles se décomposent, suivant les subdivisions, en 5o avec 5oo élèves pour Ségou, 3o avec 260 élèves pour Barouéli, 20 avec i5o élèves pour Sansanding.

Dans les trois chefs-lieux, un certain nombre d'enfants suivent l'école française : 5o environ à Ségou, et une vingtaine à Barouéli et à Sansanding.

Les centres scolaires les plus florissants sont: Ségou et Markadougouba (Ségou) ; Barouéli-Goulouba et Boïadié (Barouéli) ; Sansanding.

Les écoles marka sont les plus nombreuses et les plus achalandées. Elles sont, pour l'ensemble du cercle, au nombre de 60, contre 25 somono, 5 toucouleurs, 6 peul et 2 bozo.

Les fillettes sont généralement représentées dans les écoles coraniques ; c'est surtout à Sansanding qu'elles sont les plus nombreuses. Il y a dans ce centre tel marabout qui n'a que des filles à son école.

Le cercle de jBama/co comprend, au recensement de 191 3,

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80 écoles coraniques et 728 élèves. Le chiffre des écoles coraniques est en progression constante : 67 en 1910 ; 72 en 191 1; 73 en 1912; 80 en igiS. Celui des élèves aussi, de 600 environ en 1910, il est passé à 728 en 1913. Il est d'ailleurs probable que ces chiffres sont inférieurs à la réalité. Dans le nornbre des élèves ne sont compris que les enfants qui sont inscrits directement par leurs parents.

La subdivision proprement dite de Bamako comprend 24 écoles et 326 élèves. Sur ces 24 écoles, 19 sont à Bamako même avec 25o élèves dont 41 fillettes. Ces fillettes sont pour la plupart les enfants des marabouts-professeurs. Les autres appartiennent à des familles de Ouolof ou de Toucouleurs immigrés.

On ne signale dans cette subdivision aucun établissement d'enseignement supérieur.

36 élèves des écoles coraniques de Bamako fréquentent l'école française de cette ville.

Un incroyable besoin d'instruction, et spécialement d'instruction française et moderne, se fait sentir dans cette industrieuse cité de Bamako. Ce désir se rencontre surtout dans l'élément ouolof, toucouleur et khassonké, que les chantiers et usines emploient ; mais il s'est propagé aussi dans la population locale. Au début de l'année scolaire 1917-1918, les classes de l'école s'emplissaient d'un coup de 3i5 élèves, et il fallut repousser les autres. Il faut y ajouter deux classes d'adultes. Les jeunes gens et même les hommes mûrs suivent, au nombre d'une centaine, les cours du soir.

Dans la subdivision de Koulikoro, les écoles sont peu nombreuses. Il y en a cinq ou six à Koulikoro même, dont une à la gare et les autres en ville. Koula-Marka et Sansani n'en ont qu'une chacun : au total, une dizaine d'écoles et une centaine d'élèves.

Un certain nombre d'élèves suivent l'école française. La population de Koulikoro, composée en grande partie d'où-

vrierSjde laptots, d'artisans, d'employés de commerce ou d'administration, est assez ouverte aux idées modernes et aux besoins de la vie nouvelle ; elle envoie facilement ses enfants aux deux écoles à la fois, quand même elle ne les envoie pas plutôt à l'école française.

Ici comme ailleurs, les enfants désertent Técole pendant rhivernage et vont travailler aux lougans. Pendant la saison sèche, les écoliers vont mendier tous les soirs. Le butin profite autant à eux-mêmes qu'au marabout. Le métier ne nourrirait pas son homme sans ces quêtes. Les parents, qui ne veulent pas que leurs enfants travaillent ou mendient, doivent donner un moudd de mil par semaine.

La subdivision de Banamba comprend 46 écoles coraniques et 325 élèves. Ce chiffre n'a pas varié depuis cinq ans ; il oscille toujours autour de 45. Le nombre des élèves semble avoir quelque peu fléchi et de 426, ces dernières années, est tombé par petites chutes à 325.

Les villages où l'enseignement est le plus florissant sont Touba et Niamina, avec 14 et 10 écoles, et 80 élèves chacune en moyenne. Viennent ensuite: Kiba, avec 8 écoles et 72 élèves ; Banamba, avec 6 écoles et 5o élèves ; Kérouané, avec 7 écoles et 40 élèves. Il y a à Touba, Niamina et Kérouané, plusieurs établissements d'enseignement supérieur. On en a vu plus haut les titulaires.

Le cercle de Sokolo, entendu dans sa plus grande acception, c'est-à-dire non seulement avec les provinces de Kourmary Néré, Nampala et Akor, qui constituent l'actuelle unité administrative, mais encore avec les provinces de Monimpé; Dioura et Ségala, qui en ont fait jadis partie et y ressortirent à nouveau un jour ou l'autre, est constellé d'écoles coraniques, toutes marka, et peul. A signaler toutefois une dizaine d'écoles maures nomades chez les Oulad Daoud (Oulad Zeïd et Djaafara) de la région de Néré. Le

Ï^S ÉTUDES SUR l'islam ET LES TRIBUS DU SOUDAN

recensement de igiS donne 120 écoles et 600 élèves environ. Il faut certainement augmenter ce chiffre de moitié et compter 180 écoles et 900 élèves. Sur ce nombre, il y a une centaine de fillettes au moins.

La répartition par province donne à peu près les chiffres suivants :

Akor. ...

écoles

5o élèves

Monimpé.

Dioura. . .

Kourmary. .

JMampala.

3oo —

Ségala. . . .

Néré (xMaures) .

Le cercle de Goumbou-Nara, considéré au point de vue de rislam marka et peul qui nous occupe et en y comprenant les trois subdivisions de Nara, Balle et Mourdia, qui le composent, comprend 76 à 5o écoles et 3oo élèves environ. Les plus florissantes sont celles de SarakoUé, de Goumbou et de Mourdia ; celles des Peul de Bakhabakha, Fogoti, Dilly, Demba et Diélina, et celles des Guirganké de Dinakoura et Alasso. Dans la plupart de celles-là, les maîtres peuvent faire à l'occasion un petit cours d'enseignement supérieur relativement élevé : rudiments du droit et de la grammaire, exégèse et catéchisme théologique, traditions prophétiques, etc.

Carte du cercle de Niono.

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