I. — Peul Kaartanké
Comme leur nom l'indique, les Peul Kaartanké de Nioro proviennent des Foulbé du Kaarta. Les quatre grandes tribus de la race : Diallo, Ba, Soh et Bari sont représentées parmi eux.
Ils émigrèrentdu Kaarta vers le milieu du dix-neuvième siècle, sous la conduite de Oulibo, qui habitait avec les Massassi, dont il avait épousé une femme, et vinrent offrir leurs services à Al-Hadj Omar à Tango. Plusieurs d'entre eux suivirent le conquérant à Ségou, dont Ouliba. A sa mort, Baba son fils devint le chef de la famille et compta parmi les guerriers renommés d'Ahmadou Chékou ; il porta de nombreuses traces de cette réputation de vaillance.
LE SÂHEL DE NIOKO 2^1
Lorsque Ahmadou revint à Nioro pour assiéger son frère Mountaga, Baba Oulibo le suivit et il se fixa dès lors à Nioro, où il était le chef de ses bergers. Il exerçait également l'administratinn du Kéniarémé et du Guidimaka. Lorsque Archinard entreprit la campagne de Nioro, Baba, devinant l'issue de la lutte, abandonna Ahmadou et vint se présenter au colonel, qui lui conserva sa situation de chef des Peul Kaartanké et de chef berger du cercle. Il l'occupa jusqu'à mai 1896, date où il fut convaincu de complicité dans une tentative d'incendie du poste. En raison de son grand âge, il fut simplement révoqué. Depuis, il a toujours habité Nioro, n'ayant plus d'autre autorité que celle de chef de famille. C'est un homme fort intelligent, obséquieux à l'excès, et qui ne manque pas d'énergie malgré son grand âge.
De 1896 à fin 19 17, les Foulbé Kaartanké vécurent dissociés en quatre villages. A cette date, leur reconstitution fut reconnue nécessaire, et ils ont été regroupés sous le commandement de Sambéré Li, chef du village de Madonga, choisi par tous les notables. Ce chef est un vaillant guerrier, qui a pris part jadis à toutes les expéditions d'Ahmadou Chékou et de Mountaga. Il est très estimé de tous.
Lui et ses gens relèvent à peu près tous du.Tidianisme omari. Ils sont actuellement au nombre de 2.282 âmes.
Les personnalités religieuses de ce groupement soiit : Hamadou Tierno Diallo, né vers 1878, disciple de Mamadou Oumar de Nioro et maître, avec ses 20 élèves, de l'école la plus florissante du Madonga ; Baba Tierno Dia, né vers 1880, maître d'école à Madonga; Abdoulaye Diallo, né vers 1875, maître d'école à Dianwelli.