‹ Études sur l'Islam et les tribus du Soudan (volume 2)Chapitre 58 sur 75 · II. — Peul Rangabé · texte numérisé non relu

II. — Peul Rangabé

Les Rangabé (au sing. Dangadio) sont constitués en très grande partie par des membres de la tribu Diallo. On y trouve aussi quelques Ba; ils sont au nombre de 4.889. Ils sont également venus dans le Kingui, entre i85o et 1860, pour se mettre à la disposition d'Al-Hadj Omar.

A leur chef Boubou Hamadou Diallo, a succédé, en fin 1917, son cousin Oumar Harouna Diallo, chef de Nioro- Tougouné peul. C'est à la fois un vaillant guerrier et un riche pasteur. Il a pris part jadis à toutes les expéditions des Toucouleurs contre le Kaarta, le Bélédougou, le Séro, le Diafounou, etc. Depuis l'ère de la paix, il ne s'est plus occupé que d'accroître ses troupeaux. Très connu et très estimé dans tous le Kingui, il est maintenant vieux et presque aveugle. Il est suppléé par son frère Kouyé Diallo et son cousin Oumar Ousman Diallo, plus jeunes et plus actifs.

Il est tidiani de l'obédience omari.

Kouyé Harouna Diallo, né vers 1878, partage son temps entre les fonctions de khalifa de son frère et la direction d'une école coranique prospère à Nioro-Tougoune.

Les personnalités rangabé notoires sont:

a) Hamadou Oumar Diallo, à Dianwelli, né vers 1872. Il a été fait moqaddem tidiani par Chérif Sidi xMohammed ben AbdAllah,'en 1906. C'est un des bons maîtres d'école de Dianwelli. Il est très connu et estimé dans son groupement;

b) Brahima Aliou Diallo, figure d'aventurier extrêmement curieuse. Il est né vers 1882 et fut l'élève d'Ousman Diallo, marabout connu. A la prise de Nioro, il partit avec son maître au Fouta-Diallon, puis vint à Bandia gara. Par Dori, Niamey, Kano, le Dar Sila et l'Egypte il arriva à la Mecque où il séjourna une dizaine d'années et où son maître

mourut. Il y reçut le titre de moqaddem d'un Mecquois, dit Almamy Malik. Il revenait en 1912 par le centre africain, avec trois chameaux et un stock de livres arabes, quand il se trouva pris dans les combats entre Doud Mourah et les troupes françaises, et perdit tous ses bagages. Réduit à des expédients pour vivre, il se vit infliger, à son passage à Saye, trois mois de prison, et à son passage à Djibo, i5 jours de la même peine pour pratique de charlatanisme. Ramené à Nioro, il promet de se tenir tranquille, mais disparaît un beau jour sans laisser de traces. On le verra réapparaître sans nul doute après de nouvelles aventures.

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