IV
Mori Ba Koulibali. A cette date, son futur successeur Gossi était établi dans le Kingui où les luttes de Mountaqa et d'Ahmadou Chékou l'avaient contraint d'émigrer. Après la prise de Nioro, Ahmadou installa Gossi à Diabigué, où le trouva Archinard. Celui-ci lui donna le commandement des trois villages de Diabigué, Guidibiné et Goulambé. La situation resta telle jusqu'au moment où s'ouvrit, à Farabougou, la succession de Mori Ba. Gossi lui succéda en qualité d'aîné de la famille.
Intelligent, énergique, il fut, le chef d'une violente réaction bambara etcoutumière contre les derniers conquérants Torodbé-Soninké. Ne pouvant souffrir la présence des Soninké à Farabougou, il leur fit toutes sortes de misères et voulut même aller fonder de nouveaux villages dans le Kingui. Une partie des Massassi seulement le suivi dan^ cette voie, les autres avec la fam.ilJLe de Bôdian lui tint; tête.,
Les difficultés s'apaisèrent avec sa mort (vers. 19,10). Il eut pour successeur Tinkoro Koulibali, chef de Diabigué- Très respecté, très écouté de par son âge et les lois de Théredite, Tinkoro, au moins centenaire, n'est plus capable de rendre des services. Il est suppléé par Noumou Kouli^ ^ bali.
Noumou, chef de Sambagoré, a été le chef des partisans massassi qui, chassés du Kaarta par les Foutanké, soumis aux Français et installés dans le Gadiaga, marchèrent toujours à nos côtés. Dès l'aventure de Mamadou Lamin, il prend part aux expéditions de répression (1887).
Il est avec Archinard à Koniakari, en 1890, et à Nioro en 1891. Frère de Bodian, l'ex-fama de Ségou, il jouit d'une grosse influence, et on l'utilise comme chef réel des Massassi, et comme président de la section bambara du Tribunal de Nioro. 11 a donné de nouvelles preuves de son' loyalisme pendant les derniers recrutements, en faisant engager son neveu Mamadou Koulibali, fils de Bodian. Cet exemple entraîna tous les Massassi et lui valut une
LE SAHKL DE NIORO 2b ^
médaille d'honneur. Peu intelligent, mais entièrement dévoué et très sympathique, Noumou, quoique bien vieux déjà, nous rend de précieux services.
Aucune personnalité religieuse ne mérite de mentionen pays massassi. On n'y trouve guère que deux ou trois maraboutaillons, sans influence, tels à Farabougou, Moussa Taraoré, né vers 1868, petit maître d'école tidiani ; à Diabigué, Saloum Kamara, né vers 1870, petit maître aussi.