IV. — L'obédience de SaadBouh (Taraoré et les Dienta
L'influence du Cheikh Saad Bouh s'est répandue dans le Macina, et spécialement à Dia, par la prédication d'un de ses disciples, Almamy Taraoré, Marka, qui, à l'instar de son maître, se donne du chérif. Il a reçu du Cheikh l'ouird tidianr.
Almamy Amadou Taraoré est né vers i85o; marabout riche, pieux et respecté, il se livre surtout au commerce.
et se fait remplacer depuis un certain temps par son fils aîné, Maliki, qu'il envoie dans les cercles voisins. Il possède une bibliothèque bien assortie. Ni le père ni le fils ne s'adonnent à l'enseignement.
Les principaux talibé d'Almamy Taraoré se trouvent dans la famille Dienta. Cette famille marka fait profession de maraboutisme depuis plusieurs générations. Son dernier chef, Mama Dienta, aujourd'hui décédé, fut longtemps cadi de Dia. Ses cinq fils : Mamadou, Ahmadou, Ba, Mama et Ma Seguenta, sont tous plus ou moins maîtres d'école.
Le deuxième, Ahmadou, jouit d'une considération spéciale par sa piété et l'austérité de sa vie. Il ne néglige d'ailleurs ni la confection des amulettes ni les pratiques magiques. Il est resté un certain temps, à Saint-Louis, puis dans les campements de Saad Bouh, vers Khroufa. Il fait de nombreux voyages de quêtes dans les cercles voisins. En 1914, étant venu, à la suite de la famine, acheter du mil dans le cercle de Ségou, il a été surpris à Marka Bougouba, tenant des propos fort incorrects vis-à-vis des Français. Ici encore, comme trop souvent en Mauritanie et au Sénégal, l'influence de Saad Bouh ne se révèle pas parfaitement loyaliste.