III. Le nom véritable et primitif de l'Espagne est Bispania
Les côtes occidentales de ce pays avaient été déjà visitées, à répoque de Servius TuUius, par des peuples maritimes du Latium soumis à la domination romaine.
Les Grecs n'ont eu connaissance du port de Tartesse que vers 640 avant J.-C, et ce n'est que vers le milieu du siècle suivant que les Phocéens d'Ionie, établis à Marseille, ont commencé à les renseigner sur la côte orientale de la Péninsule.
Le nom d'Ibérie n'a été donné à cette côte qu'à dater des voyages de Scylax et de l'auteur du Périple, qui n'avaient pu reconnaître en Espagne que des peuples celtiques..
En appelant Ibères les peuplades établies sur les bords de riberus (Ëbre), ces navigateurs n'ont fait que se conformer aux habitudes helléniques. L'erreur commise par eux a été reproduite par les autres écrivains grecs, qui n'ont appliqué le nom dlbérie qu'aux côtes orientales d'Espagne, jusqu'à l'époque où des explorations plus complètes ont permis do l'étendre à la Péninsule tout entière.
La similitude des noms de l'Ibérie caucasienne et de l'Ibérie asiatique, a produit de bonne heure, chez les anciens, la confusion qui a égaré Varron, quand il a fait venir les premiers habitants de l'Espagne de l'Ibérie caucasienne, et qui a trompé aussi Dionysius Âfer, quand il a fait, au contraire, venir du Caucase les Ibères espagnols. En assignant à ces derniers une origine Tubalienne, saint Jérôme a sacrifié à la même erreur, et forcé involontairement le sens d'un passage de Josèphe, qui limite cette origine aux Ibères asiatiques.
Les Grecs font indûment visiter l'Espagne par un certain nombre de leurs personnages mythiques ou légendaires.
Le nom d'Ibérie, appliqué à l'Espagne, est une expression purement géographique, dont l'ethnologie et l'histoire ne permettent de tirer aucun profit pour l'étude de l'origiDe des nombreuses peuplades qui occupaient Jadis cette Péninsule.
Les écrivains de Tantiquité signalent, en Espagne, de nombreuses tribus celtiques, et des colonies phéniciennes, grec* ques et carthaginoises ; nul ne constate, dans ce pays, Texistence d'un peuple particulier du nom d'Ibères, et il en est de même de tous les auteurs du moyen*àge*
Les Ibères ne formaient donc pas un peuple distinct, et par conséquent la logique, tout aussi bien que le défaut de témoi* gnages historiques, ne permettent pas de présenter comme des Ibères les anciens Vascons, dont les Basques sont les héritiers plus ou moins directs.
Les systèmes qui rattachent les Basques aux Ibères sont des créations récentes, fondées uniquement sur l'ancienne et déplorable métamorphose d'une appellation géographique en dénomination ethnique, et sur des considérations anthropologiques et philologiques auxquelles il n'y a pas lieu de s'arrêter. — r*" Partie, chap. III.
IV. Il n'y a pas lieu d'argumenter en faveur de l'existence d'un peuple Ibère, de son prétendu mélange avec les Celtes, tel qu'il nous est* raconté par Diodore de Sicile. L'histoire, qui infirme ce fait, constate aussi, conjointement avec l'archéologie préhistorique, que les Ibères n'ont point peuplé la Corse, la Sicile et la Sardaigne. — l^ Partie, chap. IV.
V. Aucune découverte anthropologique vraiment sérieuse ne permet jusqu'ici de rattacher directement les Basques aux populations de l'Amérique, ou à la race berbère qui a jadis occupé tout le nord de l'Afrique.
L'anthropologie constate, comme l'histoire, que les Basques sont un peuple fort mélangé. Néanmoins, la moyenne d'un certain nombre de caractères ethniques, permettrait généralement de constater un assez bon nombre de similitudes ou d'analogies entre les Basques modernes et la race à laquelle M. Pruner- Bey donne le nom de mongolouie. » II® Partie, chap. I.