‹ Etudes sur la bièreChapitre 148 sur 201 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Le 2.j. elle a pris une étonnante rapidité qui dure le a5 et le •'> :

déjà le 26 au soir elle se ralentit. Le 27, plus d'apparence de fermentation. Ce n'est pas, comme on pourrait le croire, tua arrêl ^uliit dû à quelque cause ignorée; la fermentation c>l réellement achevée, car le 28 une étude du liquide fermenté ne permet pas d'y retrouver la plus petite quantité de lactate de chaux. Si jamais l'industrie avait besoin de se procurer de grandes quantités d'acide butyrique, elle trouverait certainement dans le fait qui précède de précieuses indications pour une facile et abondante préparation de ce produit (1).

Avant d'aller plus loin, faisons une connaissance plus approfondie avec les vibrions des fermentations précédentes.

Le 27 mai 1862, on remplit complètement d'une solution de lactate avec phosphates (2) une fiole d'une capacité de 2ht,j8o. Aucune semence n'est ajoutée. Le liquide s'est troublé par un développement de bactéries, puis il a fermenté butvriquement. Le 9 juin, la fermentation était devenue assez active pour qu'en vingt-quatre heures on ait pu recueillir, toujours sur le mercure, environ ioocc de gaz. Le 1 1 juin, activité double évaluée d'après le volume du gaz dégagé en vingt-quatre heures. On examine

(1) Comment se rendre compte d'une si grande différence entre les deux fermentations qui viennent de nous occuper? Il faut l'attribuer, vraisemblablement, à la modification apportée dans le milieu par la vie préalable des bactéries ou à la nature des vibrions de la semence. On pourrait encore soutenir que l'action de l'air qui, dans notre seconde manière d'opérer, n'a pas été absolument écartée, puisque aucune précaution n'a été prise au moment du remplissage du ballon pour en éloigner l'influence, est intervenue pour amener une multiplication plus facile des vibrions anaérobies, comme cela aurait eu lieu, toutes choses égales, s'il se fût agi d'une fermentation par la levure de bière ordinaire.

(2) Cette fois le liquide avait la composition suivante : saturé de lactate de chaux pur à la température de 25° il renfermait, par ioocc, 253r,65 de lactate CeH5 05CaO. On l'amena à une grande limpidité par l'addition préalable de iSr de phosphate d'ammoniaque, puis filtralion.

Pour un volume de 8Ut de cette solution limpide, saturée, on a employé :

Phosphate d'ammoniaque 2?r

Phosphate de potasse i gr

Phosphate de magnésie i gr

Sulfate d'ammoniaque < -T. 5

une goutte du liquide trouble. Voici la légende du dessin ifi§- 7°) ' te^e cIue je ^a trouve dans mes notes d'observa-

Fig. 70.

lions : foule de vibrions très-agiles, assez même pour qu'on ait peine à suivre de l'œil leurs mouvements. J'en vois deux qui forment chaîne et paraissent faire effort pour se détacher. Evidemment un fil muqueux, gélatiniforme, invisible, les réunit,

Fi{j. 71.

car voilà qu'à la suite de leurs efforts ils ne se touchent plus. Cependant ils ne sont pas disjoints ; l'un est entraîné dans tous les mouvements de l'autre. Les voilà séparés, et ils s'éloignent chacun de son côté, bien plus agiles et rapides qu'auparavant.

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