‹ Etudes sur la bièreChapitre 26 sur 201 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

niacale, je fis observer qu'on devrait rechercher si, dans tous les ia-. 1rs mines n'étaient pas rendues ammoniacales par la présence du petit ferment de l'urée que j'ai signalé autrefois ( voir mon Mémoire sur les générations dites spontanées, pages ji et j2, année 1862), et qui a été depuis étudié avec un rare talent par M. \ an Tieghem dans la thèse qu'il soutint pour obtenir le grade de docteur. Ma proposition et les considérations qui la motivaient provoquèrent une discussion devant I académie de Médecine, où des opinions contradictoires furent émises. Je m'empressai de soumettre celles-ci à l'épreuve des faits. Or je ne trouvai pas un seul malade, avec urines ammoniacales, sans y rencontrer le petit ferment dont je parle. Mes prévisions se trouvèrent ainsi complètement justifiées.

Déjà en 1864, la Gazette hebdomadaire de Médecine et de Chirurgie avait publié une observation d'urine rendue ammoniacale dans la vessie, où l'auteur, le Dr Traube, s'exprime ainsi : « On croyait que , par suite de la distension résultant de la rétention du liquide, la vessie irritée produisait une quantité plus grande de mucus, et ce mucus était le ferment qui amenait la décomposition de l'urée, en vertu d'une force chimique propre. Cette opinion ne peut tenir devant les recherches de M. Pasteur : cet observateur a démontré, de la façon la plus péremptoire, que la fermentation ammoniacale, comme l'alcoolique, comme l'acétique, est produite par des êtres vivants dont la préexistence dans la liqueur fermentescible est la condition sine qua non du processus. Le fait précédent offre une démonstration remarquable de la doctrine de M. Pasteur. Malgré la longue durée de la rétention, la fermentation alcaline n'a point été produite par une sécrétion exagérée de mucus vésical ou de pus : elle ne s'est développée qu'à partir du moment où des germes de vibrions sont parvenus du dehors dans la vessie (1). »

(1) DatAINHB, Comptes rendus de l'Académie des Sciences, t. LVII, p. 220, année 1 863 .

Coze et Feltz , Recherches cliniques et expérimentales sur les maladies infec-

En définitive, on peut conclure rigoureusement que les liquides de l'économie, le sang et l'urine par exemple , peuvent donner asile à des ferments divers, au sein même des organes, quand des causes extérieures viennent à faire pénétrer dans ces liquides les germes de ces ferments et que des maladies plus ou moins graves en sont la conséquence : par contre on doit admettre que, dans l'état de santé, le corps des animaux est fermé à l'introduction de ces germes extérieurs. Toutefois, au sujet de cette dernière assertion, des expériences directes peuvent seules porter la conviction dans les esprits. Allons donc chercher dans l'intérieur des êtres vivants, en pleine santé, tel ou tel des matériaux qui s'y rencontrent pour les exposer, dans l'état même où la vie les a formés, au contact de l'air pur.

Dans ce but, je me suis servi d'un ballon de verre joint à un robinet de laiton par un tube de caoutchouc, comme l'indique la fig. 5. Les deux branches du robinet ont environ 12e; celle qui est libre est un peu effilée comme l'extrémité d'une canule. Afin de purger ce ballon de tout germe intérieur, on fait communiquer l'extrémité libre du tube de laiton avec un tube de platine fortement chauffé, après avoir eu soin d'introduire dans

tieuses Paris, J.-B. Baillière, 1872. Résumé de tous leurs travaux antérieurs

depuis i865.

Dr Lister, Journaux de Médecine et de Chirurgie, particulièrement dans la Lancet, de i865 à 1867.

Dr Giérin , Comptes rendus de L'Académie des Sciences, 23 mars 1874 et 28 mai 1874, et Rapport de M. Gosselin, décembre i85/|.

Dr Sêdillot, Comptes rendus de V Académie, novembre 187/j, t. LXXIX, p. 110S.

Pasteur, Mémoire sur la fermentation appelée lactique. (Annales de Chimie et de Physique, t. LU, 3e série, 1875.) — Animalcules, infusoires vivant sans gaz oxygène libre et déterminant des fermentations. [Comptes rendus de l'Académie des Sciences, t. LU, 1861.) — Recherches sur la putréfaction. (Comptes rendus de l'Académie des Sciences, t. LVI, i8G3.)

Gosselin, Robin et Pasteur, Comptes rendus de V Académie des Sciences, 5 janvier 1874. — Urines ammoniacales.

Traube, Gazette hebdomadaire de Médecine et de Chirurgie. — Sur la fermentation alcaline de l'urine, 8 avril 1864.

Ciiauveau, Putréfaction dans l'animal vivant. (Comptes rendus de l'Académie, 28 avril 1873.)

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