CHAPITRE III
formes observés par M. Raver et par lui, en i8jo, joueraient le rôle des vibrions dans la fermentation butyrique.
Moins «le <lciix ans après, parurent les premiers travaux de MM. Coze el Feltz. Ces habiles et courageux expérimentateurs placent le point de départ de leurs belles recherches dan- La lecture de mon travail sur la putréfaction, publié en 1 863.
Je pourrais citer encore l'expérience saisissante et admirablement conçue de M. le Dr Chauveau sur le bistournage; mais je ne résisterai pas au désir de reproduire ici une lettre qui m'a été adressée en i8~4> Par 1° célèbre chirurgien d'Edimbourg, le Dr Lister.
« Edimbourg, 10 février 187^-
» Mon cher Monsieur,
» A oulez-vous me permettre de vous offrir une brochure que je vous envoie par le même courrier et qui rend compte de quelques recherches sur un sujet que vous avez entouré de tant de lumière: la théorie des germes et de la fermentation. J'aime à croire que vous pourrez lire avec quelque intérêt ce que j ai écrit sur un organisme que vous avez le premier étudié dans votre Mémoire sur la fermentation appelée lactique.
» J'ignore si les annales de la Chirurgie britannique ont jamais passé sous vos veux. Dans le cas où vous les auriez lues, vous avez dû y trouver, de temps à autre, des nouvelles du système antiseptique que, depuis ces neuf dernières années, je tâche d'amener à la perfection.
» Permettez-moi de saisir cette occasion de vous adresser mes plus cordiaux remerciments pour m'avoir, par vos brillantes recherches, démontré la vérité de la théorie des germes de putréfaction et m'avoir ainsi donné le seul principe qui pût mener à bonne fin le système antiseptique.
» Si jamais vous veniez à Edimbourg ce serait, je crois, une vraie récompense pour vous, que de voir à notre hôpital dans quelle large mesure le genre humain a profité de vos travaux. Ai-je besoin d'ajouter quelle grande satisfaction j'éprouverais à vous montrer ici ce dont la Chirurgie vous est redevable.
» Excusez la franchise qui m'est inspirée par notre commun
amour de la Science et croyez au profond respect de votre
très-sincère
» Joseph Lister. »
Le pansement ouaté du Dr Alph. Guérin, chirurgien de l'Hôtel-Dieu de Paris, pansement qui a rendu déjà de grands services à la Chirurgie et qui a été l'objet d'un Rapport trèsfavorable à l'Académie des Sciences de Paris, a été imaginé par son auteur, à la suite des réflexions que lui avait suggérées la lecture de mes recherches.
La Commission chargée du Rapport a fait, par l'organe de M. Gosselin, de sages réserves au sujet des idées théoriques de l'auteur, par la raison que M. Alph. Guérin ne les avait pas suffisamment établies expérimentalement; mais je ne doute pas que, le jour où l'on abordera cette démonstration, les faits confirmeront la vérité et la fécondité des vues du chirurgien de l'Hôtel-Dieu.
Le Dr Déclat a fondé toute une médecine des maladies infectieuses sur l'emploi d'un des meilleurs antiseptiques connus, l'acide phénique, d'après cette présomption, que l'auteur dit lui avoir été suggérée également par mes études sur les fermentations, savoir : que les maladies qui se transmettent sont le produit, chacune, d'un ferment spécial, et que la Thérapeutique médicale ou chirurgicale doit s'efforcer d'empêcher la pénétration des ferments venus de l'extérieur dans les liquides de l'économie ou, s'ils y ont pénétré, de trouver des antifervienls pour les y détruire, sans toutefois altérer la vitalité des éléments histologiques des liquides ou des tissus.
Sans doute, il faut marcher dans cette voie avec une grande prudence, comme l'a fait remarquer avec autorité M. Séddlot ; pourtant il n'est pas douteux que, plus on y avance avec rigueur, plus se confirment les idées qui ont guidé les praticiens célèbres qui l'ont ouverte. Je peux en citer un nouvel exemple.
En 1874» à la suite d'une Communication à l'Académie des Sciences, par MM. Gosselin et A. Robin, sur l'urine ammo-