‹ Études Sur la Bière: ses maladies, causes qui les provoquent, procédé pourChapitre 133 sur 186 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Prenons un liquide formé de 9 à 10"* d'eau pure et de (i)

Lactate de chaux pur aaS

Phosphate d'ammoniaque 0,76

>• de potasse 0,4

Sulfate de magnésie 0,4

Sulfate d'ammoniaque 0,2

Le 26 mars 1875, on en remplit un ballon de la forme cijointc, de 6^" de capacité, reposant sur un foyer. La capsule

Fig. 69.

où plonge la tubulure recourbée du ballon, capsule reposant également sur un foyer, est remplie du même liquide. On porte simultanément à TébuUition le liquide du ballon et celui de la capsule, et Ton maintient Fébullition pendant plus d'une demi-heure afin de chasser tout l'air dissous. Le liquide

(1) Si la solution de lactatd de chaux n'était pas limpide, on pourrait la clarifier par filtration, après addition préalable d'une petite quantité de phosphate d'ammoniaque, qui forme du phosphate de chaux. C'est au liquide filtre et clair qu'on ajoute les phosphates. Ces solutions se troublent très-facilement au contact de l'air par la formation spontanée des bactéries.

sort et rentre à diverses reprises dans le ballon, chassé par la vapeur; mais la portion qui rentre est toujours àTébullition.

Le lendemain, après le refroidissement, on transporte Textrémité du tube abducteur dans un vase plein de mercure, et tout Tappareil est mis à Tétuve à une température de nS^ à 3o® ; puis, après avoir rempli de gaz carbonique le petit entonnoir cylindrique qui surmonte le robinet, on y fait passer, avec les précautions voulues, lo^*^ d*un liquide composé comme le précédent, mais en fermentation active depuis plusieurs jours à Fabri de Tair et qui s^est rempli de vibrions. On tourne alors la clef du robinet placé au bas de l'entonnoir, en ne laissant dans ce dernier qu'une petite quantité de liquide propre à garantir davantage l'accès de l'air. La mise en levain se trouve ainsi pratiquée sans que le liquide fermentescible, ni le levain, n'aient été en rapport avec l'air extérieur.

La fermentation, qui, d'une manière générale, est plus ou moins lente à se déclarer, suivant l'état de la semence et le nombre de vibrions qu'elle a apportés dans le ballon, a commencé à devenir visible, pour le cas de notre expérience, dès le 29 mars, par de très-petites bulles; c'est seulement à partir du 9 avril qu'on a vu s'élever de quelques points du fond du ballon où se trouvait un dépôt de phosphates terreux, des bulles plus grosses, de plus en plus nombreuses, en même temps que le liquide, très-limpide dans les premiers jours, se troublait par suite de la présence et du mouvement des vibrions, et que du carbonate de chaux cristallisé se formait sur les parois.

Il n'est pas sans intérêt de remarquer que, dans notre mode opératoire, tout conspire à éloigner Finfluence de l'air. En effet, le liquide chassé du ballon à l'origine, d'une part, par l'élévation de température de l'étuve qui Fa fait se dilater et de l'autre par les gaz de la fermentation, s'est déversé sur le mercure. Là, exposé à l'air, il se remplit promptement de bactéries, car ce liquide est un des plus propres que je connaisse pour le développement de ces petits organismes (i)« Ceux-ci s'opposent à toute

(i) Le naturaliite Cohn, de Breslau, qui a publié en 1879 un bon traTiil

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