‹ Études Sur la Bière: ses maladies, causes qui les provoquent, procédé pourChapitre 58 sur 186 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

conditions qui lui sontofferteSy elle périra comme un animal que la privation subite d^oxygène asphyxie ; que sa vie, au contraire, puisse se poursuivre, et Ton devra s'attendre à des phénomènes particuliers, soit de structure organique, soit d^action chimique, puisque les conditions de la nutrition ont été changées. L^observation démontre, en effet, que la vie des cellules du mycoderme submergé se continue, lente, diflicile, de courte durée, mais non douteuse, et qu'elle s'accompagne delà fermentation alcoolique, c'est-à-dire de la production d'alcool et d'un dégagement d'acide carbonique. Si l'on prélève une goutte du liquide tout chargé des cellules disjointes du mycoderme, l'un des jours qui suivent immédiatement la submersion du voile, on constate des changements faibles, mais sensibles, dans l'aspect d'un grand nombre de ces cellules : elles grossissent, leur protoplasma se modifie, plusieurs poussent de petits bourgeons ; toutefois il est visible que ces actes de nutrition intérieure et les mutations qui en résultent dans les tissus sont d'un développement pénible ; les bourgeons, quand il s'en forme, avortent promptement, et il n'y a pas génération de nouvelles cellules. Ces changements, néanmoins, s'accompagnent d'une décomposition du sucre en alcool et en acide carbonique.

En rapprochant ces faits de ceux que nous avons signalés dans les cultures du pénicillium et de Vaspergillus, nous sommes contraints d'admettre que la production de l'alcool et de l'acide carbonique à l'aide du sucre, en un mot la fermentation alcoolique, sont des actes chimiques liés à la vie végétale de cellules de natures très-diverses et qu'ils apparaissent au moment où ces cellules cessent de pouvoir comburer librement les matériaux de leur nutrition par l'effet de la respiration, c'est-àdire par l'absorption du gaz oxygène libre, et qu'elles poursuivent leur vie en utilisant des matières oxygénées qui, comme le sucre ou les substances explosibles, produisent de la chaleur en se décomposant. Le caractère ferment se présente donc à nous comme n'étant pas propre à tel ou tel être, à tel ou tel organe, mais comme une propriété générale de la cellule vivante caractère toujours prêt à se manifester et se manifestant réelle-

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