Klebs G. : Bot. Zeit, no 13,29 mars
32. Dangeard: Mémoire sur les Algues (Le Botaniste, I-^b série, 1889).
B. Bibliographie nouvelle.
Nous signalerons en premier lieu deux mémoires remarquables dus au professeur Goroschankin;
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Le premier donne une description détaillée du Chlamydomonas Bra.unii Goros ; la phase végétative, la conjugaison des gamètes, la fusion des noyaux, la germination des zygotes, le développement de formations palmelloïdes y sont représentés dans deux magnifiques planches (33).
Le second mémoire (34) qui a pour titre Chlamydomonas Reinhardi (Dangeard) und seine verwandten, contient la description de neuf espèces que l'on peut distinguer au moyen de la table suivante qui indique en même temps leurs particularités de structure.
l Un pyrénoïde : chromatophore entier. . 2 ^ ( Pas de pyrénoïde: chromatophore perforé. C. retinulata Goros , ( Deux flagellums 3
( Quatre flagellums C.'multifilis Frcsenius.
/ Noyau au-dessus du pyrénoïde : chroma-
\ tophore en forme de coupe 4
) Noyau au-dessous du pyrénoïde : chro-
[ matophore souvent en forme d'anneau. C. Kuteinikowi Goros. ■ Deux vacuoles pulsatiles : zygote avec I membrane lisse, rarement avec de petites
\ éminences 5
j Trois vacuoles pulsatiles ou davantage : I zygote avec une membrane nettement
\ épineuse étoilée C. Perty Goros.
Flagellura aussi long que le corps ou
plus long «6
Flagellura plus court que le corps ; chromatophore souvent strié longitudinale-
jnent C. Sleinii Goros.
■ / Tache rouge en forme de demi-sphère ou
\ de disque ; pyrénoïde globuleux (1-3). . 7 ^ i Tache rouge en forme de bâtonnet ; py-
( rénoïde recourbé C. Braunii Gorosch.
Pyrénoïde au milieu du corps ; rarement
2 ou 3 8
Deux pyrénoïdes; l'un au-dessus, l'autre au-dessous du noyau C. metastigma Stein.
(33) Goroschankin : Beitrâge zur Kenntnîss der Morphologie und System, der Chlamydomonaden.l, Moscou, 1890.
(34) Goroschankin: Beitrâge zur, etc. II, Moscou, 189 h
/ Flagellum une et demie fois plus long l que le corps ; aucune trace de mem-
8 I brane verruqueuse ........ 9
/ Flagellum de la longueur du corps ;
\ membrane verruqueuse 'C. De Baryana Goros.
/ Corps ovale, pyrénoide souvent excen- ( trique; parfois deux ou trois groupés en- \ semble ; zygote avec une membrane lé-
9 / gèrement épineuse C.Ehrenbergii Goros.
/ Corps sphérique, rarement en forme d'.^l-
I lipse ; un pyrénoïde postérieur ; zygote
\ avec membrane lisse C. Reinhardi Dangeard.
Le seul examen de ce tableau montre avec quel soin a été composée cette monographie des Chla,mydomonas ; nous observerons toutefois qu'une espèce étudiée par nous sous le nom de Ch. Morieri et bien caractérisée par la façon dont se comportentles gamètes pendant la fusion en zygote, est désignée ici sous le nom de Chl Ehrenbergii : ce dernier nom est ainsi un synonyme qui doit régulièrement être abandonné; quelques autres observations trouveront leur place plus loin.
Artari, dans un mémoire sur les Protococcoideae (35), décrit incidemment une nouvelle espèce, le Chlamydomonas apiocystiformis : elle est, d'après l'auteur lui-même, très voisine du Ch. De Baryana Gorosch. dont elle ne diffère que par la forme de la tache oculaire et la longueur des flagellums.
Cette espèce doit son nom à la façon dont les zoospores, après quelque temps de mouvement, se fixent sur un substratum, perdent leurs cils, épaississent leur membrane et donnent naissance à deux ou quatre cellules arrondies.
On doit à M. Golenkin un travail sur le Phacotus angulosns, qu'il désigne avec Seligo sous le nom de Pteromonas alata»
(35) Artari : Untersuchungen ûber die Entwicklung und Systemilih einiger Protococcoideen. Moskau, 1892, p. 30-40.
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D'après lui (.36), les noms de Phacotus angulosus Steln, Cryptoglena angulosa Carter et Pleromonas alati Cohn sont synonymes; dès lors, nous ne voyons pas pourquoi cet auteur conserve le nom de Pteromonas alata, qui est le plus récent (1884) (37).
On peut à la rigueur admettre que l'espèce en question diffère génériquement du Phacotus lenticularis ; il n'y a là qu'une question d'appréciation ; mais en tout cas, si l'on veut conserver le nouveau genre Pteromonas, la loi de priorité exige que l'espèce soit désignée sous le nom de Pteromonas angulosa.
Seligo a donné à ses figures une teinte bleue qui a conduit Hansgirg à placer cette espèce, avec doute cependant, parmi les Cyanophycées (38); De Toni, dans son Sylloge, montre la même hésitation (39). Wille adopte la dénomination de Pteromonas alata, mais il conserve avec raison ce genre dans les Phacotese (40),
Schmidle étudie avec beaucoup de soin le Chlamydomonas Kleinii sjd. nov., qui n'est autre chose que le Ch. grandis St. Dans ce travail, on trouve non seulement l'indication du mode de formation des sporanges et des œufs, mais aussi des essais intéressants de culture dans des milieux nutritifs (41). Les résultats de ces cultures montrent que, sous l'influence de changements dans le mode de vie, les individus varient légèrement, mais la situation respective des organes reste la même.
(36) M. Golenkin: Pteromonas alata Cohn. Fin Beilrag zur kennlniss eniielliger Algen (Bulletin soc. imp. des naturalistes de Moscou, n" 2, 1891).
(37) Seligo : Untersuckungen ûber Flagellaten (Cohn's Beitrage zur Biologie der Pflanzen, Bd. IV, 1884).
(38) Hansgirg: Addenda in sijnopsis generum subgenerumque Myxophycearum (Notari-sia, vol. IV, p. 658, 1889).
(39) De Toni : Sylloge Algarum, vol. I. Patavii, 1889.
[hO) Wille: Voluocacao (Engler-Prantl. Die naturl. Pflanzenfamilien, I, Theil, IIAbth,, Leipzig, 1890).
(4i) Schmidle; Chlamydomonas Kleinii (Floraj 1893, I, p. 16-^6).
Cette conclusion n'est pas sans importance, car elle va à rencontre des idées de Francé. Celui-ci, dans une revision du genre Chlamydomonas (42), n'accorde, en effet, aucune valeur à la plupart des caractères considérés par Goroschankin comme spécifiques ; il n'admet comme espèces valables que les suivantes :
Dans le genre Chlamydomona.s : C. jnilvisculus Ehrbg., C. tingens Br., C. obtusa, Br., C. Morieri Dang., C. Imlophila Fr.
Dans le genre Carteria : C. muUifilis Frés., Carteria minima Dang., Carteria Klebsii Fr. [Pithiscus Klebsii Dang.)-
La position relative des organes n'entre aucunement en ligne de compte dans cette classification : c'est ainsi que sous le nom de Ch. obtusa. Br., l'auteur réunit les C. grandis St., C. obtusa Cohn, C. operculata St., C. obtusa Br., C. Steinil Gorosch.
Malheureusement ce travail ne s'appuie sur aucune preuve expérimentale ; il est d'ordre purement spéculatif.
Le même reproche ne saurait être adressé au mémoire de Dill (43) : c'est l'un des plus importants qui aient été publiés sur ce sujet. Dill a entrepris de nombreuses cultures comparatives dans des milieux différents : eau pure, liquide de Knop, tourbe ; elles ont été faites dans les conditioiis les plus variées ; cependant l'organisation générale de ces algues ne s'est pas modifiée ; la situation relative des organes est restée la même : on observe seulement des différences dans l'épaisseur de la membrane : pour une seule espèce, le Ch. longistigma, la culture en milieu nutritif a produit une division du pyrénoïde.
Les espèces nouvelles décrites par Dill sont :
Dans le genre Chlamydomonas : C. longistigma, C. parie-
(42) Francé : Zur Syslematik einiger Chlamijd., 1892.
(43) O. Dill : Die Gatlung Ctilarriydomonas und ihre nachslen Ver-^ wandten (.Jahrb. fur wiss. Botanik, XXVIII, 1895);
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fana, C. pisiformis, C. angulosa, C. gicjantea, C. stellata, C. gloeocystiformis.
Dans le genre Carteria : C. obtusa,.
Pour la première fois, les espèces de Chlamydomonas sont groupées d'après la façon dont elles se divisent.
he genre Chlorogonium, voisin des Chlamydomonas, a été l'objet d'un travail tout récent de Francé (44);
Ce genre s'est enrichi également d'une espèce nouvelle, le Chlorogonium tetragamum, qui vient d'être décrite par Knut Bohlin (45) ; ce dernier étudie en même temps deux espèces d'algues inférieures remarquables par des prolongements en forme de bras : elles font partie des Chlamydomonadinées : Fauteur crée pour ces algues le nouveau genre Brachiomonas, dans lequel elles prennent place sous le nom de B. sahmarina etB. gracilis.
Nous avons rencontré la première de ces espèces, il y a une dizaine d'années, au laboratoire de Luc-sur-Mer, dans une eau qui séjournait depuis quelque temps au fond d'un bateau abandonné sur la grève; son aspect singulier nous avait frappé et nous avions suivi son développement, sans réussir à observer la formation des gamètes. Cette lacune nous avait empêché de donner immédiatement la diagnose de cette algue. Nos dessins s' étant ensuite égarés, nous avions reculé devant une description faite de souvenirs trop peu précis : tout au moins, pouvons-nous indiquer ce second habitat, dont pourront profiter ceux qui fréquentent le Laboratoire en question.
Signalons, en terminant cet historique, quelques données fournies incidemment sur les Chlamydomonadinées par le professeur Chodat de Genève. Ce savant, dont les travaux
(44) Francé : Uber die organisation von Chlorogonium (Termesz. Fûzetek., V. XX, 1897).
(45) Knut Bohlin : Zar Morphologie iind Biologie einzelliger Algen (Ofversight of. Kong]. Vetenskaps-Akademiens ForhandUngar, 1897, no 9, Stockholm, 1897).
sur les algues sontbien connus, décrit (46) quelques stades du Clilamydomonas intermedius, espèce très voisine du Chlamydomonas Reinhardi Dang. (1).
Nous devons encore si,i>-naler comme nouveautés : Chl. per tusa Chod., Chl. stellata. Chod., Pteromonas angulosa Ch. (47). La première espèce se rapproche de Ch. grandis Stein, par la présence de deux pyrénoïdes, l'un antérieur, l'autre postérieur ; la fenêtre placée entre ces pyrénoïdes correspond sans doute à la place occupée par le noyau et le protoplasma incolore ; les deux autres espèces devront être l'objet de nouvelles études.