MÉTHODES D'OBSERVATION
Les Chlamydomonadinées se rencontrent un peu partout; on les trouve dans les mares^ les réservoirs, les bassins de toutes sortes et même dans les sources. Quelques espèces affectionnent les eaux renfermant des substances organiques^ d'autres recherchent les eaux de pluie; elles sont tantôt mélangées à d'autres algues, tantôt à l'état de cultures presque pures. Si l'on connaît un bassin renfermant d'ordinaire plusieurs espèces, on réussira souvent à les obtenir séparément en variant les heures et les jours des récoltes.
Pour les méthodes de fixation et de montage, le lecteur consultera avec profit les livres spéciaux de technique histologique (2) ; nous nous bornerons dans ce court
(46;ChocIat: Matériaux pour servir à l'histoire des Proiococcoïdèes (Bulletin de l'herbier Boissier, vol. II, n» 9, 1894).
(1) Mon Clilamydomonas intermedius est peut-être votre Ch. Reinhardi (lettre ouverte à l'auteur).
(47) Ohodat : Matériaux pour servir à V histoire des Pvotococcoïdées (Laboratoire de Botanique de l'Université de Genève. 3e série, IV^ fascicule, 1896).
(2) Henneguy : Traité des méthodes techniques de Vanatomie microscopique. Paris, Octave Doin, 1887. — Zimmermann : Die morphologie und Physiologie des pftamlichen ZéllkerneSi lén.i, 1896. Etc.
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exposé à l'indication des procédés qui nous ont le mieux réussi.
Sauf de très rares exceptions, nos échantillons ont été fixés à l'alcool absolu soit immédiatement après la récolte, soit dans le courant des cultures, au moment que nous jugions le plus favorable; pour quelques-unes, nous nous sommes servi du liquide de Flemming sans que les résultats aient été meilleurs. Le procédé suivant est commode : on promène à la surface de l'eau des cultures une lamelle qui se charge des algues venues en grand nombre au contact de l'air, et on plonge directement cette lamelle dans le liquide fixateur. En répétant l'opération plusieurs fois, on arrive à obtenir ainsi une quantité suffisante do matériaux pour l'étude.
Notre objectif principal était l'étude de la karyokinèse dans ces algues; comme elles se multiplient avec une très grande rapidité, nous pensions qu'il était facile de rencontrer des noyaux en division. Or, en réalité, il faut souvent passer en revue des centaines d'individus avant de rencontrer un seul oas de mitose ; encore est-il nécessaire d'avoir choisi, pour la- fixation, des cultures renfermant de nombreux sporanges en formation.
Pour la coloration et le montage, comme il s'agit de cellules isolées et très petites, il est nécessaire de prendre quelques légères précautions dans le transport des objets et leur désydratation ; on peut ainsi se dispenser d'avoir recours à l'inclusion dans la paraffme et à la méthode des coupes en série, si usitée en pareil cas. Nous prenons les dépôts accumulés au fond des cuvettes, après la fixation, avec une simple pipette, et nous les transportons dans un verre de montre où ils sont soumis à l'action des réactifs colorants.
A) La méthode qui nous a fourni les meilleurs résultats, surtout pour la distinction du protoplasma et du chloroleucite, consiste dans l'action successive du picro«
carmin et de l'hématoxyline ; mais il est plus commode et souvent aussi plus avantageux de verser dans la cuvette deux ou trois gouttes de picro-carmin de Weigert et d'ajouter aussitôt quelques cristaux d'hématoxyline. S'il s'agit de l'étude des noyaux en division, il y a grand avantage à employer des degrés variables de coloration; cette remarque s'applique d'ailleurs également à la méthode suivante.
B) Dans une solution aqueuse de fuchsine acide, on place quelques cristaux d'hématoxyline : si la coloration est bien réussie, les stries du fuseau achromatique se voient avec la plus grande netteté, ainsi d'ailleurs que les chromosomes : ces derniers sont tellement distincts qu'il devient possible, malgré leur petitesse, de les compter.
C) Une double coloration avec le picro-carmin et le bleu de Loffier différencie nettement le protoplasma et le chloroleucite.
D) Après une double coloration au picro-carmin et à l'hématoxyline, le bleu de Loffier laisse le noyau et le protoplasma colorés en rose; les pyrénoïdes prennent une couleur bleue.
E) Le mélange de bleu.de Loffier et de fuchsine acide colore en bleu foncé les pyrénoïdes.
Les résultats sont d'ailleurs un peu variables selon la durée de la coloration et aussi selon la nature des individus.
F) Nous n'avons jamais réussi la méthode de Flemming au violet de gentiane, safranine et orange ; elle exige des manipulations nombreuses, dont quelques-unes d'une durée très courte, ce qui est presque impossible avec des cellules isolées ; pour l'employer avec succès, il aurait fallu avoir recours à l'inclusion dans la paraffine. En présence des belles préparations que nous obtenions autrement, nous avons renoncé à cette méthode.
G) La rubine S et la coccinine peuvent être employées avec succès pour colorer les pyrénoïdes.
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On a recommandé récemment, pour l'étude des algues en préparations durables, un certain nombre de réactifs, tels que le rouge de Magdala seul ou associé au bleu d'aniline, etc. (1); après les avoir essayés, nous avons conlinué à donner la préférence aux méthodes indiquées plus haut, lorsqu'il s'agit des détails cellulaires.
Les objets colorés peuvent être examinés dans l'eau, dans la glycérine étendue^, dans la glycérine gélatinée, etc. ; ces divers milieux ont leur utilité pour certains détails ; mais c'est encore le baume de Canada au xylol que nous préférons, lorsqu'il s'agit de conserver les préparations pour une étude ultérieure; les objets traités par l'hématoxyline et le picro-carmin conservent particulièrement bien leur coloration. Lagrande difficulté est d'obtenir une déshydratation suffisante; pendant les décantations que l'on est obligé de faire pour arriver à Talcool absolu, beaucoup d'individus se perdent. Il est quelquefois utile, lorsqu'on ne dispose que d'un nombre restreint d'échantillons, de remplir la cuvette d'essence de girofle, lorsqu'on juge la déshydratation à peu près suffisante; on enlève ensuite l'excès d'essence de girofle, lorsque le dépôt est formé, et on transporte ce dernier directement dans le baume.
^ (I) Pfeiffer de Wellheim : Préparation des algues d'eau douce, (raduc- .tion J. Ohalon (Bulletin Société Belge de microscopie, t. XXIV).