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LA REPRODUCTION DE LA CELLULE

La reproduction est asexuelle ou sexuelle : nous examinerons séparément l'une et l'autre.

1° LA REPRODUCTION ASEXUELLE.

La reproduction asexuelle est, chez les Chlamydomonadinées, une multiplication par spores, et la cellule-mère qui les produit est un sporange.

Dans ces Algues unicellulaires, le sporophyte, c'est-àdire l'individu végétatif, est unicellulaire et se transforme directement en sporange. Chez la plupart des plantes, le sporophyte est au contraire pluricellulaire, et certaines cellules seules produisent les sporanges ; il n'existe alors aucune difficulté pour séparer le stade végétatif du stade reproducteur ; à partir de l'organisme unicellulaire, les premières divisions donnent naissance à des cellules qui restent réunies et s'agencent de diverses façons pour former le sporophyte propre à l'espèce; elles n'ont aucun rapport avec la reproduction : plus tard seulement, d'autres divisions se montrent dans des organes spéciaux du sporophyte et sont des divisions dépendant de la reproduction.

Une distinction aussi tranchée n'existe pas chez les Chlamydomonadinées ; toutefois, il y a lieu d'être réservé : et il ne faut pas affirmer trop vite que le développement de ces algues ne renferme rien de comparable à celui des sporophytes pluricellulaires. Dans certaines algues, près-

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que toutes les cellules sont susceptibles de se transformer en sporanges ; certaines seules se détruisent et disparaissent : plus le degré dedifférenciation du sphorophyte est élevé, plus le nombre des cellules mortelles augmente.

Or, il n'est pas absolument certain que, chez les Chlamydomonadinées, toutes les cellules soient nécessairement capables de se transformer en sporanges.

Nous avons fait remarquer à la partie descriptive, p. 100-102, que, dans certaines cellules du Chlorogonium euchlorum ,\si division du noyau était directe : il n'est pas douteux que, dans les cellules d'un sporophyte ordinaire, ce mode de division est une marque de sénilité. D'autre part, comme nous l'avons dit, certains auteurs admettent une division directe régénérative, précédant la naissance des cellules-mères séminales. Il ne nous a pas été possible de nous prononcer d'une manière certaine dans un sens ou dans l'autre, mais la question est posée pour les organismes unicellulaires : elle est assez importante pour attirer maintenant d'une manière particulière l'attention des observateurs.

Il sera bien intéressant, par exemple, d'étudier àce point de vue les Volvocinéés : dans la plupart des genres (Gonium, Pandorina, etc.), toutes les cellules sont capables de fournir de nouvelles colonies ; or, dans les Volvox, il n'en esl plus de même ; quelques-unes seulement se transforment en colonies-filles, ou en gamètes. Ne serait-ce point que les dernières divisions des noyaux, à la formation définitive des colonies, présenteraient des différences ; que les unes auraient lieu par karyokinèse et les autres par

division directé ?

Nous livrons cette appréciation à nos collègues en algologie, craignant de manquer du temps nécessaire et des matériaux d'étude indispensables pour mener nous-même à bien cette vérification.

Chez les Chlamydomonadinées, la division du noyau se

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fait normalement par karyokinôse ; le nombre des spores formées dans chaque sporange est rarement de deux, plus souvent de quatre, quelquefois de huit, assez exceptionnellement de seize ou davantage.

Le sens des cloisonnements successifs ne saurait servir, dans un genre déterminé, à établir un groupement d'espèces ; il est soumis , en effet, à des variations qui dépendent de la situation des fuseaux ; ceux-ci sont souvent placés dans un espace restreint et ils prennent, comme nous l'avons vu, des positions assez différentes. La première division seule a de la fixité ; elle est perpendiculaire à l'axe dans le Chlorogonium euchlorum, dans le Chlamydomonas Dilli, le Chl. vEiriabilis, etc. ; elle est parallèle à l'axe dans le Phacotus lenticularis, le Chlamydomonas Monadina,\e Carteria cordiformis, etc.

La cellule qui se transforme en sporange, peut continuer à se mouvoir pendant la formation des zoospores, comme dans le Chlorogonium euchlorum ; plus souvent, elle perd ses flagellums et passe à l'état de repos, comme dans le Chlamydomonas Dilli, et le Chl. variabilis.

Il ne faut pas confondre ces sporanges immobiles avec des colonies palmelloïdes ; dans ces dernières, les cellules elles-mêmes sont inactives et dépourvues de flagellums ^ elles végètent et se reproduisent au milieu d'une substance gélatineuse qu'elles sécrètent en plus ou moins grande abondance. Nous avons rencontré de belles colonies palmelloïdes dans le Phacotus lenticularis et \q Chlamydomonas Dilli.

La bipartition de la cellule suit d'assez près la division du noyau ; la limite de séparation est d'abord indiquée par une lame de cytoplasme homogène, à laquelle succède ensuite une cloison incolore qui se dédouble ; cette séparation n'est pas toujours terminée à la seconde mitose; dans le Phacotus lenticularis, les bipartitions de la cellule sont souvent très en retardsur les divisions du noyau.

L'orientation des zoospores, dans le sporange, a pu être déterminée pour plusieurs espèces ; le C/iiamT/domonas Dilli est particulièrement favorable à ce genre d'observation à cause de la disposition de son cytoplasme. Nous avons constaté que, dans un sporange à deux zoospores, ces zoospores sont, selon les cas, tournées du même côté, ou orientées en sens inverse ; il en est de même lorsque le sporange renferme quatre zoospores : dans chaque couple, l'orientation varie de la même manière. Nos dessins du Chlamydomona.s Monadina représentent fréquemment les zoospores de chaque couple ayant leur avant du même côté; dans le Carteria cordiformis, au contraire, les zoosporec sont orientées en sens inverse.

La structure des zoospores, au moment de leur formation, est souvent très différente de ce qu'elle devient dans la cellule adulte ; les rapports du cytoplasme et du chloroleucite se modifient. Pour s'en rendre compte, il suffit de se reporter à la description du Chlamydomonas Monadina et du Carteria multifilis ; on y verra que les jeunes zoospores, au moment de la séparation, ont leur cytoplasme disposé latéralement en bande pariétale, alors que, plus tard, il se trouve dans une chambre axiale limitée par le choroleucite.

Chez les Briophytes et les plantes vasculaires, la formation des spores, dans la cellule-mère, est accompagnée d'une division réductrice : le nombre des chromosomes diminue de moitié. Chez les Chlamydomonadinées, on n'observe aucun changement dans le nombre des chromosomes : il reste constant, ou à peu près, pour une même espèce, au cours des diverses générations asexuelles qui se succèdent.

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