INTRODUCTION
Les Chlamydomonadinées constituent un groupe de transition qui établit un passage entre les Flagellés et les Chlorophytes ; c'est un des premiers échelons de la série végétale ; la nutrition holophytique s'y montre pour la première fois. Il semble que ce soit aussi chez ces algues ou leurs ancêtres directs que s'est manifestée tout d'abord la sexualité; il en résulte une alternance dans la reproduction agame et la reproduction sexuelle qui se retrouve dans presque tous les végétaux.
Les Chlamydomonadinées forment donc, il semble, le pivot principal du règne végétal : tout ce qui touche à leur organisation, à leur structure, à leur développement, intéresse la série entière des Chlorophytes.
Le plan que nous avons tracé récemment de l'évolution végétale dans ses rapports avec la nutrition (1) indique les points qui doivent attirer de préférence l'attention des naturalistes : il est certain qu'une étude approfondie des
(I) P.-A. Dangeard : ^influence du mode de nutrition dans l'évolution de la planle(Le Botaniste, 6« série, 26 mars 1898).
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Chlamydomonadinées était devenue nécessaire : on le comprendra mieux après avoir parcouru ce travail. Nos recherches ont porté principalement : 10 Sur la distinction, dans la cellule, du protoplasma proprement dit et du chromatophore .
Dans presque tous les cas, les doubles colorations nous ont permis d'établir une limite nette entre le protoplasma et le chloroleucite ; nous avons réussi de la sorte a compléter certaines descriptions et à rectifier de nombreuses erreurs. L'unique chloroleucite de la cellule a parfois sa masse traversée par des trabécules protoplasmiques. La structure du protoplasma est homogène ou granuleuse ; on y distingue parfois un réticulum à mailles fines; celle du chloroleucite est alvéolaire; les alvéoles de grandeur variable contiennent les grains d'amidon. 2° Sur la structure du noyau et son mode de division. La structure du noyau varie beaucoup plus qu'on ne l'a supposé; c'est ainsi que l'intervalle compris entre la membrane nucléaire et le nucléole reste parfois complètement insensible à l'action des réactifs; plus souvent, il se colore uniformément en rouge ou en bleu; enfin, on peut y distinguer des granulations chromatiques à l'état de fin pointillé; lorsqu'elles sont plus grosses, on aperçoit, assez rarement du reste, un réticulum de linine.
La karyokinèse est de règle dans cette famille; la decouverte de la division indirecte dans presque tous les genres {Chlorogonium, Phacotus, Carteria, Chlamijdomonas) constitue Ynn des résultats les plus importants de ce travail. Nous avons réussi à compter le nombre des chromosomes qui est constant dans une même espèce, mais variable dans les espèces voisines et les différents genres ; les divers stades de la karyokinèse rappellent ceux que l'on a décrits dans les plantes supérieures.
3» Sur le mode de bipartition de la cellule dans la formation des zoospores et des gamètes.
Les cloisons et par suite les ligaes de séparation des cellules-filles sont perpendiculaires au fuseau achromatique. Celui-ci, d'autre part, a une orientation qui dépend, en grande partie tout au moins, de la disposition relative du protoplasma et du chloroleucite dans la cellule ; il en résulte que nous connaissons maintenant la raison principale qui fait que les divisions sont tantôt longitudinales, tantôt transversales.
4" Sur le mode de réduction du nombre des chromosomes.
Le nombre des chromosomes est le même dans les sporanges ordinaires et dans les gamétosporanges ; nous nous sommes assuré qu'il reste constant chez ces derniers au cours des bipartitions successives. La réduction chromatique n'a donc pas lieu avant la fécondation, ce qui vient à l'appui des idées que nous avons émises tout récemment sur la signification de la reproduction sexuelle (1). Il est tout à fait probable que cette réduction se fait à la germination de l'œuf.
5" Sur les phénomènes de fécondation.
Dans les deux gamètes qui s'unissent pour former l'œuf, les noyaux qui se fusionnent ne présentent aucune différence sensible ni de grosseur ni de structure; on y distingue un nucléole et en général des granules chromatiques. Il se produit une attraction manifeste entre les deux noyaux qui arrivent au contact; en ce point la membrane nucléaire disparaît; les deux nucléoles restent quelque temps distincts, puisse fusionnent en un nucléole unique qui augmente de volume, ainsi que le noyau luimême. En somme, la fusion des noyaux se présente exactement comme dans la baside ou l'asque des champignons supérieurs (2), comme dans l'oogone d'un Œdogonium ou d'une Vaucherie.
(1) P.-A. Dangeard : Loc. cit., p. 52-63.
(2) Consulter : Le Botaniste, série IV-V.
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Ce mémoire est précédé d'un historique et d'une indication des méthodes d'observation.
Il est divisé en deux parties.
La première partie comprend la description des espèces observées au cours de ce travail.
La seconde partie est consacrée à des considérations générales sur la structure et le développement des Chlamydomonadinées.
HISTORIÛUE
Nous nous bornerons, dans cet historique, à donner une courte analyse des travaux les plus récents sur les Chlamydomonadinées ; les autres, indiqués seulement par leur titre dans la liste ci-dessous, ont déjà été, pour la plupart, signalés dans nos précédentes publications (29- 30-32) ; le lecteur pourra s'y reporter, s'il le juge à propos.
A. Bibliographie ancienne.
1. Girod-Ghantrans : Recherclies chimiques et microscopiques sur Uis Conferves',, Bisses, Tremelles. Paris, 1802.
2. Ehrenberg : Die infusionsthierchen als volkommene organismen.
Leipzig, 1838.
3. Carter : On Ihe fecundation in Eudornia elegans and Cryploglena (Ann. of natural history, 1838).