AVERTISSEMENT. IX
des concurrents de 1845 1 . 11 avait compris la •question dans le sens général et élevé qui paraissait lui avoir été d'abord attribué. Cette méprise, si c'en était une, peut paraître excusable, puisqu'elle avait été partagée par tous les concurrents, et que la question fut en trois années l'objet de trois interprétations différentes de la part de ceux qui l'avaient posée. Quoiqu'il en soit, en relisant à vingt ans de distance ce travail presque sorti de notre mémoire et devenu pour nous comme celui d'un étranger, nous avons cru y trouver une analyse de faits économiques non encore approfondis, des considérations générales et des prévisions que les événements survenus dans ce long intervalle n'ont pas infirmées. Ce sont ces analyses et ces considérations, extraites du mémoire présenté à l'Académie en 1845, qui constituent la première partie de ce volume. Nous n'y avons fait que les faibles additions et retouches nécessaires pour les mettre en rapport avec les faits de l'histoire contemporaine.
1. Noire Mémoire doit se trouver encore dans les carions de l'Académie des sciences morales et politiques , sous celte épigraphe empruntée à l'excellent article de M. Thiers sur Law :
« Les banques résultent d'une prospérité antérieure, serrent « puissamment ù l'accroître, mais ne la précèdent jamais, t»
XII AYEHT1SSEMEKT.
Ces explications sur l'origine de ce travail nous ont paru de nature à établir l'indépendance et l'impartialité qui ont présidé à sa composition. A l'époque où nous recherchions les principes supérieurs qui doivent présider à l'organisation du système circulatoire des divers États, il n'était question ni d'une banque de France affranchie de toute limite dans le taux de ses escomptes, ni d'une banque de Savoie aspirant à partager son monopole. Demeuré étranger à tous les intérêts privés qui s'agitent aujourd'hui autour de la question générale, nous n'avons eu, en abordant dans notre seconde partie les débats actuels, qu'à appliquer les idées fondamentales que nous nous étions formées depuis de longues années, et nous n'avons consulté que les grands intérêts de la société laborieuse, devant lesquels doivent s'effacer toutes les prétentions des associations particulières ou des individus.