‹ Études sur la doctrine chrétienne du péchéChapitre 22 sur 47 · LA CONVERSION · texte numérisé non relu

LA CONVERSION

sa conscience solution de. continuité. — Car voici ce qui a lieu. Les épreuves et les mortifications de la vie, des appels fréquents adressés à sa conscience font sentir à l’homme naturel son état moral ; l'Évangile lui présente le chemin du salut!. Par la grâce de Dieu, ces sollicitations ont prise sur la volonté. Il naît dans l’homme des émotions qu'il n’a pas encore ressenties, la honte et le mépris de lui-même, l'admiration et la sympathie pour le Sauveur, des remords qui l’effraient, des espérances qui le tranquillisent. Ces mouvementis intimes sont inévitables, mais ils ne sont pas irrésistibles. L'homme les subit malgré lui ; il peut les retenir et les fixer, il peut les négliger et oublier. La grâce, en introduisant dans l’homme de nouveaux sentiments, lui rend une partie de sa liberté, lui donne la faculté de s'ouvrir ou de se fermer à ces impressions salutaires?, S'il se soustrait à l’action divine, s’il étouffe dans l'oubli et dans le péché les appels de la grâce, c’est sa faute et sa ruine. S'il les accueille, ils deviennent de plus en plus nombreux; les émotions passagères deviennent des sentiments profonds et durables, le remords se change en contrition, la sympathieen affection, et lorsque ces deux dispositions atteignent la racine de la volonté et réunissent leurs courants, il en jaillit la

* 1 Per prœdicationem verbi Deus operatur, emollit corda nostra;, trahitque hominem, p: 671. Dominus in conversione per Sp. S. tractionem ex hominibus repugnantibus et nolentibus volentes homines facit, p. 582. — Aflictiones et calamitates sunt reales conciones legis, ergo sunt medium per quod Sp. S. vult opus suum inchoare. Joh. Gerhard, Loci, édit. Cotta, v. p.158, 176.

2 In conversione ita agitur déhrtes Rominis a Deo ut possit agere et non agere. Gerhard, L. c:, p: 172.

+8 Tpsi suæ perditionis causæ sunt.: Form. Conc., p. 818. Hoc sibi ipsis imputare debent, p. 617. Ca

foi, et la foi est la grâce même, immanente dans l’homme et devenue sa propriété, sa volonté, sa nature morale, sa vie individuelle. La conversion est donc l’œuvre de Dieu, commencée dans l’homme sans le concours de sa volonté, mais se continuant et s’achevant par son concours !. La vie nouvelle provient de Dieu, et de Dieu seul, mais elle ne devient pas sans l’homme une vie humaine. La grâce surnaturelle est dans le chrétien la nature morale, la libre détermination de la volonté. — Le fait de la régénération ne nous fait donc revenir en rien sur le jugement que nous avons porté sur l’homme naturel, et nous maintenons, contre les arguments du Synergisme, la doctrine de la servitude de la volonté.

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