DEUXIEME PARTIE
sortantes, avant même leur individualisation complète. Le système libéro- ligneux de ces écailles se présente, en effet, si les figures de Renault (24, fig. 4 et 8, pi. XI) sont exactes, avec un faciès de chaîne à courbure directe ; il est comparable au système libéro-ligneux des rachis tertiaires (VA. westpha- Uensis : le bois a la forme d’un anneau fermé, ou bien ouvert à sa face antérieure.
La présence de stipes axillaires est un caractère extrêmement remarquable des stipes d 1 Ankyr opter is . 11 a été d’abord signalé par Stenzel (37) en 1889. Depuis il a donné lieu à d’intéressantes considérations sur les affinités des Zygoptéridées. Ce caractère a suggéré à M. le Dr Scott et à M. L.-A. Boodle un rapprochement avec les Hyménophyllacées (|2b
Nous décrirons de même très sommairement le Rachiopteris corrugata, qui est le stipe (VA. insignis Will.. Cette identification est aujourd’hui certaine. La préparation n° S. 4515 de la collection générale de plaques minces du British Muséum (South Kensington) offre en effet un stipe de R. corrugata entouré de sept frondes d 7 A. insignis ; bien que les frondes soient détachées du stipe, leur connexion avec lui n’est pas douteuse, et se trouve confirmée par l’identité de leurs tissus : tissu fondamental, tissu sclérifié, liber tapissant les deux faces de l’apolaire médiane, thylles remplissant les vaisseaux scalariformes.
R. corrugata a été décrit en 1876 par Williamson (42).
La masse ligneuse du stipe de A. corrugata n’est pas étoilée comme celle de R. Grayi ; elle est arrondie ; elle forme un anneau tapissé de liber à l’extérieur et rempli à l’intérieur par un tissu à parois minces, liber ou plus probablement fibres primitives (t. i ., fig. 87, pl. XII).
Pour donner une trace foliaire l’anneau ligneux forme une saillie très volumineuse (<p, fig. 87) ; le tissu interne pénètre à l’intérieur de cette boucle sortante et se divise en deux cornes ; au sommet de ces deux cornes, on trouverait des
GENRE ANKYR0PTER1S.
groupes de protoxylème, placés à la face interne du bois et se rapprochant de plus en plus de la périphérie.
La masse sortante semble donc constituée primitivement par un anneau ligneux, contenant une petite quantité de fibres primitives à son intérieur. Mais en se détachant de la masse ligneuse du stipe, cet anneau devient de plus en plus compact : Les deux groupes de protoxylème (pôles trachéens) placés à ses extrémités deviennent intérieurs au bois et le tissu interne se réduit beaucoup. La trace foliaire sortante prend alors l’aspect d’une masse ligneuse ovale, pourvue d’un pôle intérieur, Tÿ, Trf, à chacune de ses extrémités, tapissée de liber sur ses deux faces et ayant encore en son centre quelques fibres primitives qui achèvent de s’éteindre ; la trace sortante est plus ou moins courbée et sa convexité est tournée vers le stipe (fig. 88, pi. XII).
Il ne se détache pas de stipe axillaire de la face antérieure de la trace sortante.
Les deux pôles trachéens se divisent perpendiculairement au plan de symétrie de la trace et cette division entraîne comme chez R. Grayl , la formation de deux boucles périphériques (fig. 89, pl. XII).
L’émission de la trace foliaire sortante rappelle aussi bien chez R. corrugata que chez R. Grayl , l’émission de la pièce sortante sur les rachis primaires. En suivant de très près ce phénomène, on peut y distinguer deux stades essentiels :
1° Dans un premier stade, la masse ligneuse sortante forme un anneau allongé dans le sens tangentiel, pourvu d’éléments de protoxylème situés sur son bord interne {stade annulaire). Cet état n’est que transitoire. L’anneau peut être virtuel, c’est-à-dire remplacé par une masse de bois pleine à pôle central.
2° Dans un second stade, la masse ligneuse sortante prend une forme ovale ; elle est pleine, sauf peut-être une petite quantité de fibres primitives retenues à son intérieur. Elle est pourvue à ses extrémités de deux groupes de protoxylème