‹ Etudes sur la fronde des ZygoptéridéesChapitre 7 sur 119 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

la première hypothèse qui se vérifie et c’est pourquoi nous avons donné dès le début à tous nos pétioles l’orientation correspondante.

Forme des massifs ligneux. — La forme des massifs ligneux n’est pas quelconque ; elle est fort différente de celle d’un coin ligneux de racine ; le pôle n’est pas périphérique, il est nettement intérieur : il est séparé du bord externe du massif par une ou deux assises de vaisseaux scalariformes. Considérons le massif ligneux postérieur droit fig. 11, pl. II. Le bois ne se dirige pas en ligne droite du pôle AJ vers le centre de figure de l’organe ; il décrit une sinuosité ; il se creuse contre le massif libérien médian postérieur et se bombe au contraire contre le massif latéral. En arrière du pôle AJ, le bois présente une saillie plus ou moins forte, qui s’avance audessus du massif libérien médian comme pour l’englober, cette saillie représente un renflement récepteur rudimentaire Rp. Les deux pôles fondamentaux : AJ et AJ sont dédoublés et ont donné chacun un second pôle : la et lp (fig. 11 et 12).

Les deux massifs ligneux de gauche ont une forme un peu différente ; cela résulte, comme nous le verrons plus loin, de ce qu’ils viennent justement d’émettre leur pièce sortante.

Le renflement récepteur rudimentaire varie légèrement de forme au cours des modifications produites par l’émission de la pièce sortante. C’est durant la première phase qu’il est le mieux caractérisé ; il a presque toujours à ce moment une forme plus ou moins pointue. Dans les phases suivantes, il ne forme plus qu’une saillie peu marquée à contour arrondi.

Remarques préliminaires sur la méthode employée au cours de cette étude et sur le mode d'exposition adopté.

P — Pour étudier la formation des sorties dans la fronde du S. oldhamia, il aurait été nécessaire d’avoir une série de coupes successives, pratiquées dans le même pétiole sur l’étendue de deux segments entiers. Malheureusement, le procédé par lequel les préparations, qui nous ont servi, sont mises en circulation dans le commerce, ne permet pas de réunir une semblable série. M. James Lomax, le lapidaire anglais, tire habituellement un grand nombre de préparations

STAUROPTERIS OLDHAMIA.

d’un même coal-ball ; mais ces préparations sont vendues isolément soit à des Musées, soit à des savants anglais ou étrangers. Les coupes d’une même série sont ainsi dispersées de tous côtés et il est très rare de voir trois préparations successives tomber dans la même main. Grâce à l’obligeance de M. G. de Candolle et de M. le Professeur Chodat, qui ont bien voulu nous communiquer quelques sections de la collection de l’Université de Genève, nous avons pu établir des séries partielles de trois préparations, qui nous ont rendu de grands services pour certains points délicats. Mais la plupart du temps, nous avons dû nous contenter de comparer entre elles des sections aussi semblables que possible, pratiquées dans des pétioles différents. Nous croyons être arrivé ainsi aux mêmes certitudes que si nous avions eu à notre disposition une série de coupes, pratiquées dans le même pétiole. Pour nous mettre à l’abri de toute critique, nous avons multiplié un peu le nombre des photographies, afin de bien montrer, que nous n’avions pas commis d’erreur d’orientation, en passant d’une phase à la suivante.

II. — Nous ferons une autre remarque préliminaire sur le mode d’exposition que nous avons adopté. On a souvent reproché à divers auteurs d’employer des verbes de mouvement pour décrire des plantes, dont toutes les parties sont en réalité immobiles. Ce reproche nous a toujours paru mal fondé : l’examen, surtout un peu rapide, d’une série de coupes successives, donne effectivement l’impression de mouvements exécutés par les masses ligneuses, par les pôles ou par les masses libériennes : c’est le principe même du cinématographe. Pour notre part, nous emploierons constamment et sans aucun embarras les expressions indiquant le mouvement, tout en sachant bien qu’il s’agit de solides ligneux ou libériens immobiles dans l’espace ; ces expressions ont le grand avantage de parler à l’esprit. Du reste la meilleure façon de se rendre compte de la forme d’un solide est encore d’en faire suivre les arêtes directrices par des mobiles et de noter la position de ces mobiles à un certain nombre de niveaux déterminés par des plans sécants. Dans le cas particulier qui nous occupe, les arêtes directrices, qui nous donneront le squelette du parcours de faisceaux de la fronde de S. oldhamia, sont les cordons trachéens, le mobile idéal qui les parcourt, est le pôle ; les plans sécants sont des sections transversales convenablement choisies.

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