‹ Etudes sur la fronde des ZygoptéridéesChapitre 78 sur 119 · CHAPITRE Y · texte numérisé non relu

CHAPITRE Y

Du genre ANKYROPTERIS au genre ST AUROPTERIS .

SOMMAIRE. — 1. Lecture de la trace foliaire de S., oldhamia , en partant de celle d 'A. westphaliensis . — 2. Objection touchant le mode d’émission des pièces sortantes. — 3. Objection touchant l’absence d’apolaire médiane chez S. olclhamia. — 4. Objection touchant la nature des pôles ligneux. — 5. Objection touchant l’orientation des demi-pièces sortantes par rapport à la pièce mère. — 0. Résumé.

1. Lecture de la trace foliaire de S. oldhamia, en partant de celle d' A. westphaliensis.

Nous sommes maintenant en possession des éléments nécessaires pour apprécier la position systématique du genre Stauropteris. Nous allons tenter d’abord de comparer la trace foliaire du Stauropterls oldhamia à la variété de la trace zygoptéridienne, qui nous paraît s’en rapprocher le plus, c’est-à-dire à la trace foliaire de V Anhyropteris ivestphaliensis. Pour plus de commodité, nous laisserons provisoirement de côté l’absence de plan de symétrie accessoire, qui est un caractère particulier aux genres Ankyropteris et Asterochlœna , mais qui n’inllue pas profondément sur leurs relations avec les genres voisins ; puisqu’il suffît de remarquer que la pièce sortante d Ankyropteris est équivalente à deux demipièces sortantes de Zygopteris .

La comparaison toute simple des frondes de S. oldhamia et d\4. westphaliensis conduit à dresser le tableau suivant (fi g. 24 du texte) :

lu Les quatre pôles fondamentaux intérieurs au bois de Stauropteris sont équivalents aux quatre pôles fondamentaux extérieurs au bois ü Ankyropteris.

CLASSIFICATION DES ZYGOPTERIDEES.

2° Los renflements récepteurs rudimentaires de Stauropteris sont équivalents aux renflements récepteurs d 'Ankyropteris; ils occupent en effet la môme position en arrière des pôles.

.‘3° Le renflement récepteur de Stauropteris ne joue qu’un rôle secondaire dans l’élaboration des pièces sortantes ; la région réparatrice de la masse ligneuse n’étant pas le renflement récepteur ne peut être que l’antenne. Les quatre massifs ligneux de la fronde de S. oldhamia représentent donc chacun une antenne terminée par un ren/lement récepteur rudimentaire.

4° Il n’y a pas chez Stauropteris d’apolaire médiane comparable à celle des Zygoptéridées.

5° Les deux maxima libériens médians avec gros tubes criblés de Stauropteris sont équivalents à ceux des Zygoptéridées.

6° Les deux sorties hâtives émises par la pièce sortante de S. oldhamia sont équivalentes aux deux sorties hâtives ' émises par celle d ' A. mestphaliensis, qui occupent d’ailleurs une situation semblable sur la fronde. Mais chez le premier la pièce sortante se coupe en deux demi-pièces et chez le second elle demeure indivise, en raison de l'absence de plan de symétrie accessoire (1).

Telle est l'interprétation de la trace foliaire des Stauropteris à laquelle nous sommes arrivé, après avoir étudié les principaux types de frondes de Zygoptéridées. (Jette interprétation, étayée sur les résultats obtenus précédemment et sur les fig. 23 et 24 du texte, pourrait être acceptée sans autre discussion. Néanmoins nous croyons u tile d’examiner diverses

objections qui pourraient être présentées contre les identifî-

(1) Chez Etapteris tubicaulis, Biplolabis Rômeri, Metaclepsydropsis duplex, on observe que chaque demi-pièce sortante, encore à l’intérieur du rachis primaire, émet une ramification sur son côté externe, c’est-à-dire sur son côté libre ; il y a donc très tôt insertion d’un rachis tertiaire, qui est anatomiquement 1 homologue de l’aphlebia d ' Ankyropteris et qui sera peut-être lui-même une aphlebia.

cations données ci-dessus. Ces objections porteront sur quatre points principaux :

1° Mode d’émission de la pièce sortante; rôle des différentes parties de la trace foliaire dans cette émission.

2° Absence d’apolaire médiane dans la trace foliaire de S. oldhamia.

8° Nature des pôles ligneux.

4° Orientation des demi-pièces pièce mère.

sortantes par rapport à la

2. Objection touchant le mode d'émission des pièces sortantes.

Première objection. — S. oldhamia diffère d ’A. westphaliensis parce que la pièce sortante s’attache sur toute la largeur de la masse ligneuse d’un pôle à l’autre, au lieu de n’occuper que la base de l’antenne. Qu’est-ce qui prouve que les antennes et les renflements récepteurs de S. oldhamia sont bien équivalents aux régions de même nom de la trace zygoptéridienne ?

Si les identifications proposées sont exactes, l’antenne de S. oldhamia serait réceptrice sur toute sa hauteur, depuis le pôle fondamental jusqu’à sa base. Ce phénomène n’a rien que de très naturel ; il n’est pas nouveau en lui-même, puisqu'il constitue l’un des caractères essentiels de la fronde db4. Williamsoni : chez celui-ci la pièce sortante, d’ailleurs très semblable à celle à' A. westphaliensis , occupe précisément toute la largeur de la pièce mère d’un pôle à l’autre ; le filament est entraîné tout entier par la sortie et doit être réparé après chaque nouvelle émission. Tout réside précisément dans ce fait que Tantenne joue un rôle réparateur de plus en plus important :

Chez A. corrugata , l’antenne reste inactive, comme chez les autres genres de Zygoptéridées.

Chez A. westphaliensis , la base de l’antenne antérieure seule devient réparatrice.

CLASSIFICATION DES ZYGOPTERIDEES.

Chez A. Williamsoni , les deux antennes, représentées en l’espèce par l’extrémité de l’apolaire médiane, sont réparatrices sur toute leur hauteur.

Il en est de même chez S. oldhamia , qui nous apparaît ainsi comme l’aboutissement logique des déformations de la trace zygoptéridienne, commencées chez les Ankyropteris.

Nous avons dit au chapitre précédent : A. vcestphaliensis a élargi notre conception de l’organe récepteur en nous apprenant que les deux régions de cet organe peuvent être toutes les deux réparatrices ; nous ajouterons: S. oldhamia nous apprend à son tour que l’antenne peut exercer la fonction réparatrice à l'exclusion presque complète du renflement récepteur (fi g. 24 du texte).

Quant à ce dernier, bien que son intervention dans l’élaboration de la sortie soit extrêmement réduite chez S. oldhamia , il n'en est pas moins comparable au renflement récepteur des Dvglolabis , des Zygopteris et des Ankyropteris. Nous avons remarqué au chapitre II, de notre étude sur Stauropteris , quelles renflements récepteurs sont surtout bien marqués lors de la formation du premier pôle de la sortie (lre phase) : ils sont à ce moment saillants et pointus ; quand la sortie est plus avancée (4e phase), ils s’arrondissent et s’effacent. Si nous examinons maintenant une section transversale doDijdolabis forensis ou d el). Rômeri( fig. 18 du texte), nous voyons qu’à droite où la sortie débute, les renflements récepteurs, gros et arrondis, dessinent une saillie assez forte par rapport à la direction générale de l’antenne ; au contraire, à gauche où la sortie vient justement d’être libérée, ils s’effacent presque complètement ; ils prolongent l’antenne au lieu de former une région distincte (1). Il fau t convenir que cette espèce de dégonflement des renflements récepteurs, consé-

(1) Ces observations sont en accord avec le rôle physiologique, que nous attribuons au renflement récepteur : réservoir d eau placé à la base des rachis secondaires.

cutif à la sortie, rappelle d’une façon très significative ce qui se passe chez S. oldhamia.

Les renflements récepteurs de S. oldhamia , par leur forme pointue, ressemblent peut-être davantage à ceux à'A. Williamsoni. Ceux-ci présentent du reste des variations du même genre, mais moins sensibles que chez D. fovensis (voir flg. 67, pi. IX).

Conclusion : Renflements récepteurs et antennes occupent chez S. oldhamia une situation analogue à celle des régions de même nom chez Ankyropteris et Diplolabis; ils remplissent des fonctions tout à fait comparables. L’équivalence de ces régions est donc probable.

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