‹ Études sur la infusoires et les rhizopodes; (volume 2)Chapitre 11 sur 65 · Braun's Verjungung. p · texte numérisé non relu

Braun's Verjungung. p

ET LES RHlZOrODES. 25

une forme plus allongée que celle des microgonidies, et quatre longs cils flagelliformes. Bientôt la cellule-mère éclate et les zoogonidies se trouvent libres. D'après M. Cohn ' le nombre de ces cils varie de deux à quatre, et les microgonidies ne sont point libres au moment où elles quittent la cellule-mère, mais enveloppées dans une grande cellule commune, à consistance gélatineuse et très-transparente , ce qui explique pourquoi elles continuent pendant un certain temps à s'agiter en une seule masse. Cette vésicule, qui n'est probablement que le vaisseau primordial de la cellule-mère, ne tarde pas à se dissoudre et les microgonidies s'éloignent dans toutes les directions. — D'après M. Braun, les microgonidies s'agitent pendant trois heures environ, avec beaucoup de vivacité, dans les 'alentours de la cellule qui leur a donné naissance, puis passent à l'état de repos, prennent une forme sphérique qui les fait ressembler à des Protococcus, végètent ainsi pendant quelque temps et finissent par périi' sans se reproduire. Ce serait pai' conséquent une génération toute stérile.

M. Braun nous a enseigné à connaître des phénomènes analogues chez beaucoup d'auti'es algues d'eau douce {Draparnaldia, Stigeoclonium , Oedoffoniiim , Bidbochate, Pediastnim, etc.,) et les observations de M. Thuret sur les algues marines, rendent de même très-vraisemblable l'existence de microgonidies chez un grand nombre de Fucacées et autres algues. Il décrit par exemple chez les Algues phéosporées deux espèces de zoogonidies, contenues dans deux genres de sporanges différents, et désignés par lui, en raison de leur forme, sous les noms d'oosporanges et de trichosporanges '.

En soi-même, il était déjà peu probable que toute cette descendance de 30,000 à 400,000 individus par utricule, n'eût aucun autre but dans la nature que de végéter quelque temps sous forme d'une petite plante composée d'une ou de deux cellules et de périr sans se reproduire. Mais de récentes observations sont venues jeter un jour tout nouveau sur ces singulières gonidies infusoriformes de second ordre.

Déjà depuis plusieurs années on a reconnu, comme on sait, dans les anthéridies de beaucoup de cryptogames la présence de corpuscules plus ou moins filiformes, parfois ciliés à leur surface, que, vu leur analogie avec les zoospermes des animaux, on a con-

I. Ferd. Colin. Beilrâge zur Eniwickliiiigsgeschichte der microscopischen Algen und PiUe. 1835, p. 220 et suiv. ■2. Gustave Thuret. Recherches sur les zoospores des algues. Anii. des .Se. nat., S' série, i. U, p. 231.

sidérés comme des phytospermes ou spermatozoïdes végétaux, des anthérozoïdes, pour parler avec MM. Derbès et Solier. Pour ne citer qu'un exemple vulgaire, chacun a vu ceux des Characées. MM. Naegeli, Henfrey, Leszczyc-Suminski, Hofmeister, Itzigsohn, etc., ont surtout contribué à étendre nos connaissances sur ce terrain. En 1845, MM. Thuret et Decaisne ' faisaient connaître chez les Fucoïdéesde petits corpuscules doués de mouvement, munis de deux cils: l'un court, dirigé toujours en avant pendant la natation, l'autre long et traîné passivement en arrière. En un mot, ces corpuscules avaient une grande analogie de forme avec les Amphimonas et les Heteromita* de M. Dujardin. MM. Thuret et Decaisne les considéraient déjà comme des spermatozoïdes, bien que leur forme différât de tous ceux connus jusqu'alors. M. Thuret tit plus tard des observations qui lui démontrèrent, qu'en effet, un contact de ces corpuscules, engendrés par les anthéridies, avec les spores des fucacées, était nécessaire pour que la fécondation s'opérât \ M. Pringsheini, de son côté'', ne tarda pas à découvrir cliez les Vauchéries des corpuscules tout semblables, et parvint même à les suivre jusque dans l'intérieui- des sporanges, où ils vont opérer la fécondation. Il n'y a donc plus de doute sur leur véritable valeur physiologique. M. Pringsheim fit en même temps connaître une observation des plus intéressantes. Il s'agissait de la seconde espèce de zoogonidies des Bulbochaete et des Œdogonium, qui existe en outre des spores immobiles et des zoogonidies ordinaires, en un mol, des microgonidies de M. Braun. Ces miciogonidies qui, abstraction faite de la taille, ont tout à fait la même conformation que les macrogonidies, mettent fin à leur phase errante en se fixant, chose singulière, toujours sur le spoiange ou dans son voisinage. Là, elles éclatent.

I. Tliinot et Dfciiisiie. Hoflienlics sur les anlluTidios et les spoits des fucacées. Annales des Sciences naliirelles, 31^ série, t. 5. lS4b.

i. Comme on a heaucoup parlé de ce lapport de forme, ef ([ue néanmoins, abslraclion faite de la taille, la dislancr qui sépare ces infusoires des phjiospermes est, à notre avis, fort grande, nous avons crn devoir donner une Dgure d'un animal qui doit rentrer dans le genre IMcromita Duj. Nous avons observé cet infnsoire sur la côte occidentale de Norwége, dans de l'eau de mer puisée sur les rives du Ijord de Bergen. Cet Heteromita (pi. IX, fig. 1) possède une vésicule contractile (e v) dont les pulsations sont parfaitement régulières. Tons les Cercomonas, Amphimonas et Helcromita que nous avons observés jusqu'ici étaient munis de eel organe, en nombre simple on mulliple, suivant les espèces. Cela sullira, pensons-nous, pour qu'on nous épargne des tliéorifs sur ces pliyti)S|iermes de taille colossale. La longueur de noire Heteromita = 0"i"',"218, les flagellum non compris.

3. Mémoires de la Société d'Histoire naturelle de Cherbourg. IMo*.

i. Monatsbericlit der Berliner Akadeniie der Wissenschafien . Maerz 185b.

tantôt immédiatement, tantôt après avoir développé une ou deux cellules fort petites et déversent leur contenu. M. Pringsheim a constaté également que les sporanges des Œdogonium sont munis d'un petit pertuis, d'une sorte de micropyle comparable au micropyle des œufs d'animaux, et que, par conséquent, l'émission du contenu des microgonidies a toujours lieu dans le voisinage de ce micropyle, de manière a pouvoir facilement arriver au contact de la future spore. Le même résultat est atteint chez les Bulbocliaete, au moyen de la production d'une fissure dans la membrane du sporange.

Voilà donc la signification de ces pseudo-animalcules à peu près éclaircie. Les microgonidies sont probablement des espèces de machines destinées à transporter le suc fécondateur, des spermatophores comparables à ceux des Céphalopodes ou des Insectes. On n"a pas reconnu jusqu'ici, il est vrai, de spermatozoïdes dans leur intérieur, comme dans les spermatophores des animaux, mais on n'en connaît pas davantage dans le pollen des phanérogames, et il n'est pas prouvé que la substance fécondante doive toujours affecter la forme de filaments mobiles '.

Ces faits sont .confirmés par les intéressantes observations de M. Cohn " sur la reproduction de la Sphœroplca amudina. Cette conferve engendre dans ses utricules des spores qui offrent une analogie de forme étonnante avec les spores étoilées qu'on trouve dans le Volvox stellatus de M. Ehrenberg. Ces spores restent immobiles pendant tout l'hiver dans l'intérieur des cellules-mères, et, lorsque celles-ci se décomposent, elles restent libres sur le sol, sans apparence de vie, si ce n'est que leur contenu, d'abord vert, passe peu à peu au rouge-brun. Au printemps, le contenu de ces spores se divise et donne naissance à des zoogonidies munies de deux cils flagelliformes, qui ressemblent tout à fait au Cldamydococcus (Protococcus) pluvialis. Ces zoogonidies se

1. Moiiatsbeiiclil der Berliiier Akadeiiiie der Wissenschallen . Mai I800, p. 535-351.

"i. Depuis la rédaction de ces lignes, les observations remarquables de M. Pringsbeini sur le développement des Vauchéries, et surtout des OEdogoniées et des Saprolégniées se sont multipliées. Nous sommes obligés, ue pouvant entrer iei dans des détails, de rent^yer aux intéressants .Mémoires, publiés par ce savant botaniste dans le journal édité par lui sous le nom de Jahrbiicher der wissenschaftUchen Bolanik. Toutes ces observations concourent à montrer de la manière la plus évidente que les microgonidies sont des plantules engendrées par voie agamogénéti(iue, mobiles dans leur jeune âge, et destinées à jouer le rôle d'anthéridies par rapport aux hypnospores des oogonies. On peut se demander si une partie des organismes décrits sous le nom de Cliaracium par M. Alex. Braun, ne sont peut-être pas des microgonidies de diverses algues (Note de 1860).

5g ÉTUDES SUR LES INFUSOIKES

fixent bientôt et germent. M. Cohn a observé que lorsque les cellules de Sphteroplea s'apprêtent à la l'ormation des spores, il se forme à certaines places de leur membrane de petits trous, au nombre de deux à six. Tandis que ces cellules donnent ainsi naissance à des spores, et jouent par conséquent le rôle de sporanges, on voit d'autres cellules subir des modifications d'un genre différent. Il se forme dans leur intérieur, non pas des spores, mais des myriades de petits corpuscules en forme de bâton, qui s'agitent vivement à l'aide de deux cils, dirigés l'un en avant, l'autre en arrière, comme dans les spermatozoïdes des Fucoïdées et des Vauchéries. Ce sont, au fond, de véritables microgonidies. Les cellules qui les renferment laissent bientôt aussi reconnaître une ou plusieurs ouvertures ; les microgonidies en profitent pour sortir, se trouvent libres et se meuvent rapidement dans l'eau. Elles s'approchent des cellules où se forment les spores immobiles, et pénètrent dans l'intérieur par les étroites ouvertures dont elles sont munies. Elles s'accolent aux jeunes hypnospores, et là, se transforment en un liquide gélatineux. Ainsi s'opère la fécondation.

Si nous jetons un coup d'œil rétrospectif sur tes faits que nous venons de passer en revue, la première remarque qui se présente à notre esprit, c'est la grande parenté qui existe entre le règne animal et le règne végétal, parenté qui se montrera encore plus évidente à nos yeux lorsque nous examinerons de près les organismes dont nous nous occuperons dans le paragraphe suivant. Nous avons vu M. Unger se laisser entraîner à considérer les spores végétales comme douées de volonté, et M. Kiitzing le suivre sur celte voie glissante. Il nous faut avouer que nous comprenons encore mieux celte hallucination, jusqu'à un certain point justifiable, que l'explicalion du mouvement des zoogonidios qu'a imaginée M. N?egeli. Le célèbre botaniste ne veut voir dans les mouvements des cils de ces dernières, qu'un produit du courant engendré dans le milieu ambiant par les actions diosmotiques et par le mouvement de la cellule ellemême '. Pour corroborer cette assertion, il ajoute que l'immobilité et la roideur de ia

I Cuttuiigen ciii/clligci- Mhi'ii. IN4!>, p. ii.

cellule végétale sont une loi générale et sans exception. A notre avis, les mouvements des spores prouvent précisément l'exception en dépit de la loi. Nous ne croyons pas davantage devoir nous ranger à l'avis de M. Wenham ', qui semble ne vouloir faire du mouvement ciliaire chez les végétaux qu'une vaiiété du mouvement moléculaire.

Que quelques-uns prétendent trouver dans les mouvements des zoogonidies quelque chose qui fasse l'impression de l'obéissance à vuie force aveugle, c'est un sentiment tout subjectif, qui n'aura certainement rien de général. Il subsiste toujours un fait inexplicable: ce senties observations de M. Colin sur '.esmicrogonidies de ]a Spharopleo annulina. Lesmicrogonidies de cette algue s'agitent dans un grand bassin d'eau, souvent fort loin de la cellule-femelle dans laquelle elles doivent pénétrer. L'entrée de celle-ci ne leur est permise qu'au travers d'une ouverture à peine plus large que le diamètre de leur propre corps, et cependant, d'après les observations de M. Cohn, elles gouvernent en ligne droite sur la petite ouverture et pénètient, en général, du premier coup dans l'intérieur. Parfois, mais rarement, il leur arrive de manquer le but, et alors elles tentent lui nouvel essai ".

D'autres considérations peuvent rendre l'idée de M. Unger encore plus séduisante. C'est, par exemple, la division spontanée qu'on observe dans de certaines circonstances chez les zoogonidies végétales. Nous n'avons pas seulement en vue ici ces formes doubles ou liiples déci'ites par M. Braun ' ot M. Cohn ', formfs qui ressemblent, les premières du moins, à un infusoire dans le moment de la division fissipare. C'est là un état qui s'explique tout naturellement par un arrêt dans le développement des zoogonidies. Il s'agit d'un autre fait: M. Alex. Braun , par exemple, rapporte avoir vu plusieurs fois des zoogonidies de Vauc/ieria clavala éprouver de la peine à sortir par l'ouverture de déhiscence de la cellule. Elranglées par le milieu, en cherchant à se

1. Winbiini. On Ihc liiriihilion ol Ihe sap in ihf loaC-rclls of Aniioliaris. — Qnarterlv Jounial ol' micioscopical Science. Jnly 1833, p. 583.

2. S.ins (ionle tous ces |iln''nnnièiics doivoiit .Tvoii Icnr siuirce dans la conil)inaison do certaines lois physiques ; mais il nons faut reconnaître qne ces lois sont encore niyslérienses aujonrd'liui (Note de 1860).

ô. Verjiingnng, p. 286.

4. Entwicklungssescliiclite der niikiiisko|iis(lipn \li;eii und Pilze, p. 523.

h. Verjiinonng, p. 174.

libérer ', elles finissaient par se partager en deux: l'une des moitiés continuait sa course vagabonde, l'autre restait prisonnière dans la cellule. La même chose se présenta à lui chez le Sligeoclonium suhspinosum. L'une des moitiés de la spore finit par se séparer de l'autre, avec laquelle elle n'était plus unie que par un long filament. Celui-ci finit également par se briser, et la partie libérée de la spore continua sa route comme si rien ne lui était arrivé. M. Cohn '' a observé un phénomène tout semblable chez une Vauchérie : l'une des moitiés de la zoogonidie s'échappa, l'autre germa dans l'intérieur de la cellule-mère. M. Thurot "' a constaté le même fait également chez une Vauchérie, et il croit devoir en tirer la conclusion que les zoogonidies sont dépourvues de membrane *.

Ceci nous a rappelé un fait curieux : Un Acinétinien avait capturé une Sti/tonychia Mijtilus Ehr. et était occupé à la sucer. L'opération de la succion est toujours assez longue et dure parfois plusieurs heures. La Stylonychia vivait toujours, mais, peu soucieuse de se laisser ainsi sucer jusqu'au bout, elle n'imagina rien de mieux, pour échapper à ce malheureux sort, que de se diviser en deux, opération qui, chez ces animaux, exige souvent moins d'une heure. L'une des moitiés se sauva par ce moyen et échappa ainsi aune mort presque inévitable. Nous n'osons décider si la coïncidence de la division spontanée et de cette position critique était purement fortuite ou non. Si la seconde alternative est la plus juste, ne serait-on pas presque tenté de voir dans la zoogonidie de la Vauchérie un instinct analogue de conservation personnelle?

On a voulu chercher aussi à distinguer les mouvements des spores végétales de ceux des animaux par la constance de leur direction. La rotation des zoogonidies des Vauchéries est, par exemple, toujours dirigée de droite à gauche ; chez les zoogonidies d'Œdogonium, cette direction est inverse ; mais on trouve des exemples tout semblables chez plusieurs de ces êtres à position douteuse, qui offrent en outre d'autres caractères par lesquels ils semblent se rapprocher au contraire du règne animal. Ainsi

t. C'est là la meilleure preuve que la sortie des spores est bien active, et non purement passive comme M. Braun parait l'admettre ailleurs.

2. Beitr.^ge zur Enlwickliingsgeschichte der Infusorien. — Zeitschrift fiir wiss. Zoologie, * ter Bd. 18n5.

5 Reclierches sur les zoospores des algues. Annales des Sciences naturelles, 3" série, t. 14. p. 244.

4. Nous avouons que nous ne pouvons pas très-bien nous représenter des cils vibraliles implantés simplement sur un vaisseau primordial, qui n'aurait que la consistance d'une gelée.

les familles fie Pandorina nagent, d'après M. Braun, toujours de gauche à droite ; les Chlaniydococcus, de droite à gauche, et ainsi de suite. Il est même certains infusoires ciliés qui paraissent toujours soumis à une loi analogue.

On a également voulu voir quelque chose de tout végétal dans la particularité qu'oiïrent les zoogonidies de n'apparaître qu"à certaines heures. Déjà Treutepohl doit, au dire de Meyen, avoir constaté chez la Voucheria clavata que la tuméfaction de l'extrémité de la cellule s'opère de nuit, et que les zoogonidies s'échappent le matin suivant. M. Unger ' appuie également sur le lait que les ffccoMc/?e»/CT?;s des Vauchéries ont presque toujours lieu entre huit et neuf heures du matin. M. Thuret ' relève aussi le fait que c'est le matin qu'on trouve le plus grand nombre de spores de conferves en mouvement. M. Fresenius ^ a observé la même chose. Enfin, M. Braun ' dit que si l'on veut observer les gonidies d'Hydrodictyon, il faut s'y prendre de bonne heure: les macrogonidies forment de nouveaux léseaux peu après le lever du soleil, c'est-à-dire à quatre ou cinq heures du matin pendant le gros de l'été, et entre six et huit heures sur la fin de la saison chaude. Parfois, dans les jours sombres de l'automne, le phénomène se prolonge jusqu'à dix heures. Les mictogonidies quittent leurs cellules un peu plus tard, à savoir entre sept et neuf heures en été, et entre dix et deux heures en automne.

Si ces faits sont intéressants en ce qu'ils montrent le rôle important que joue la lumière dans l'économie de la nature, ils ne disent rien dans la question de l'animalité des êtres. Ne savons-nous pas combien les animaux aussi soni liés aux influences climatériques de toute espèce ?

En somme, il n'existe pour nous qu'une seule différence objective bien constante entre les animaux et les végétaux inférieurs. C'est la présence chez les infusoires et les rhizopodes amœbéens d'une ou de plusieurs vésicules contractiles ■\ Jusqu'ici rien de semblable n'a été observé chez aucune spore végétale, tandis qu'il semble probable que

1. Unger. Die Pflauze im .Moiiieiil der Thieiwcrduug. Witii. 1812, |i. '11.

2. G. Thuret. Note sur les organes locomoteurs des algues. Ann. des Se. nat. 184Ô, p. ■!%%.

5. Georg Fresenius. Zur Controverse iiber die Verwandinng der Inl'usorien in Algen. iS47, p. 4. t. Braun. Uelier die Ersclieinung der Verjungung, p. 237-258,

5. Depuis la rédaction de ces lignes, M. le professeur de Uarj a publié un travail remarquable sur révolution des organismes connus sous les noms de iMyaoïiiyci-ln et de .Vyxogaslrrx (Die Mycclozoen, Zeitsehiill f. wiss. Zoologie

celte vésicule est présente chez tous les infusoires sans exception. Nous avons constaté sa présence chez les Heteromita et les Cercomonas ; mais nul, que nous sachions, n'a pu la voir chez des microgonidies ou des phytospermes, malgré l'analogie de forme de ces différents organismes. Tant qu'il en sera ainsi, nous aurons le droit de considérer comme appartenant plutôt au règne animal, tout être muni de cet organe. Une autre différence plus capitale encore, mais moins générale, est celle relative àl'inlussusceplion. Partout oîi l'on rencontre une ouverture buccale, l'on a à faire à des animaux. Mais ce n'est pas là un caractère absolu, car, bien que certains auteurs ne veuillent voir dans les Astoma de M. de Siebold que des plantes, il n'en lestera pas moins des organismes, dépourvus soit d'ouverture anale, soit d'ouverture buccale, soit d'appareil digestif dans toute l'étendue du terme, organismes qui devront néanmoins toujours être rangés parmi les animaux. Telles sont, par exemple, les Opalines, les seuls des Astoma de M. de Siebold auxquels on ait épargné le déménagement perpétuel d'un règne dans un autre. Tels sont également les Helminthes cestoïdes, les Acantocéphales ', les Grégarines, etc. Ce caractère faisant donc défaut, la vésicule contractile nous reste seule, et nous nous y tenons.

X. 1859). Ces êtres jusqu'ici classés parmi les cliainpigiious, préseiileiit des phénomi^nes de reproduclion analogues à ceux des algues zoosporées. Leurs zooyonidies jouissent en outre de la particularité de posséder une rcsicule contractile animée de pulsations plus ou moins rlijtliuiiques. Plus tard, ces /.uogonidies passent à un état parlaitement identique aux Ama'ha. Durant celte phase, les Myxomycètes \ivent d'une véritable vie de rliizopode et donnent naissance h des corps reproducteurs, sporanges ou sporocystes, qui, par leur conlormation, paraissent entièrement semblables au péridium des cbampignons gastéroniycètcs. M. de Bary pense voir là des raisons suffisantes pour éliminer ces organismes du règne végétal et les classer, sous le nom de MycHozoaires, dans le règne animal. Il est certain que si nulle erreur ne s'est glissée dans les résultats de ce savant observateur, l'aUînité des Mycéto/.oaires avec les Rliizopodes est évidente. Toutefois, il nous semble également impossible de les éloigner des Gasléroniycètes. Et pourtant personne ne voudra considérer nu Lycoperdon ou un Rovista comme un animal, car alors quelle est la plante qui ne risquerait d'être accusée d'animalité '! C'est là une preuve nouvelle eu laveur de l'opinion défendue par nous que la distinction entre un règne dit animal el un règne dit végétal est purement artificielle Cela nous semble incontestable au point de vue pratique, cela nous semble même évident d'une manière absolue. On nous objectera peut-être qu'il y a une dift'érencc priuci(iiclle philosoplii(|uemenl nécessaire entre l'animal et la plante. L'animal étant sensible, par opposition à la piaule qui ne l'est pas, pas mêuu; le Mimosa ; le mouvement de l'animal étant volontaire, el celui de la plante ne l'étant pas, il semble que l'animal le plus inférieur, ayant déjà un élément de liberté, se dilTérencie bien de la plante (pii ne l'a pas. Cette distinction est plus spécieuse que réelle. Nous voyons la sensibilité décroître par degrés dans la série animale et liuii- par s'éteindre coni|)lètement. U en est de même des lacidtés intellectiudies ou dites instinctives, si bien (pie nous arrivons à des animaux dont la vie n'est plus qu'une espèce de rêve: de cette vie à peine consciente, nous passons graduellement à celle qui est purement automatique, el nous voguons alors en pleine végétabililé (Note de 1S60).

t. Depuis que ces ligues étaient écrites M. David Wcinland a décrit un canal alimentaire cliez un Ecliinurbynclius américain. Toutefois, celte découverte n'a été confirmée par aucun observateur (IVotf de 1860).

Nous croyons donc devoir rayer les zoogonidies végétales du règne animal en général, et de la classe des infusoires en particulier, nous contentant de voir chez elles des plantes qui revêtent, pour un court laps de temps, une forme pseudo-animale. C'est là un phénomène analogue à celui qu'on observe chez les polypes hydro-médusiens, par exemple, ("es derniers sont, dans leur jeune âge, des pseudo-infusoires ciliés (planula) ; les zoogonidies d'algues sont des pseudo-infusoires flagellés , parfois aussi ciliés. Dans les deux cas, la ressemblance avec les infusoires est purement extérieure et superficielle. On nous accordera du reste, sans peine, que les infusoires flagellés, tout en étant des animaux, ne sont pas plus éloignés des algues, dans la série des êtres, que les hydro-méduses ne le sont des infusoires ciliés.

B. neRtniiiliRrées, niatomacëes, Volvoeinëes. Protoco«4*R«*ées, Siislènes et autret» or^^anlsmeH à position tlouteuse.

On s'étonnera peut-êtie de nous voii amener ici en cause les Desmidiacées et les Diatomacées, pensant que nous aurions dû les laisser de côté, comme rentrant incontestablement dans le règne végétal. Cependant, la place naturelle de ces organismes est loin d'être décidée. M. Ehrenberg ne cesse pas de les considérer comme des animaux polygastriques dépourvus d'intestins {Polijgastnca anentera). M. Focke, dont les observations sur ces deux groupes dénotent un si grand degré d'exactitude, laisse dans le doute si les premiers sont des animaux ou des végétaux, et accorde aux seconds l'animalité et des organes locomoteurs rétractiles en forme de pieds. N'a-t-on même pas voulu voir, durant ces derniers temps, en Angleterre, que les Navicules se meuvent à l'aide de cils, etc. '. La question est donc loin d'être décidée. Pour ne citer que les

i. M. Hogg, Tauteur de cette découverte réelle ou prétendue, préteud même que les Diatomées peuvent faire cesser i volonté les mouvements de ces cils. (Vojez Hogg: Cilia in Dialomacea. Quarterly Journal of microscopical Science April IS3S, p. 23i>.) — Ces cils sont toutefois pour nous encore Irfes-probléniatiques, pour ne pas dire davantage.

34 ÉTUDES sua LKS INFUSOIRKS

Closlerium, ont-ils cessé d'être ballottés entre les deux lègnes? Après qu'Otto- Fr. Miieller et Nitzsch en eurent fait des animaux, Lyngbye n'y voulut voir que des algues. Bory de Saint-Vincent les restitua au domaine de la zoologie ; mais bientôt M. Turpin revint à l'idée de Lyngbye et Agardh suivit son exemple. M. Ehrenberg, dans ses divers travaux sur les infusoires, attribue aux Closterium une bouche et des organes digestifs que nul, il est vrai, n"a prétendu retrouver depuis lors. Et si les observateurs plus récents, MM. Morren, Kalfs, Smith, Jenner, Nsegeli, Braun, etc., ont paru faire pencher la balance du côté de la végétabilitc de ces organismes, 31. Focke ' ne paraît pas tout à fait sûr que ce ne soient pas des animaux ". Un des grands botanistes de l'époque actuelle, M. Schleiden \ les exclut même très-positivement du domaine de la botanique. Aussi, bien que nous penchions plutôt à accorder à ces organismes une nature végétale, croyons-nous devoir donner ici un bref exposé de leur mode de reproduction.

D'un autre côté, il est une autre division de la classe des infusoires, telle que l'admettait encore M. Dujardin, qu'on a voulu retrancher, en majeure partie tout au moins, du règne animal, pour la rejeter dans le règne végétal, c'est celle des infusoires tlagellés. M. de Siebold, pai' exemple, dans son Manuel d'anatomie comparée, exclut complètement de la série animale toute la famille des monades, et bien des savants semblent partager aujourd'hui ses vues. Le groupe des Volvocinées est également rejeté, presque d'un commun accord, dans le domaine des algues. LesEuglènes, les Dinobryons, sont considérés par beaucoup comme formant un groupe d'êtres douteux, que chacun se renvoie ou bien s'arrache, suivant les dispositions de caractère.

1. Focke. Pliysiologische Sludien. Erstes Hell. Biouicii, 1817, p. 57 et (il.

2. M. Focke a, connue ron sait, découvert chez le CloutcriuM I.uhuUi des cils vibi'atiles (Loc. cit., p. ot), dont l'existence a été depuis lors fort coutestée. Toutefois, M. Osboriie (On Econoniy of Closlerium Lunulii. — Qnatcriy .lournal of microseopal Science. Oct. IS'ii, p. 53) les a décrits de nouveau avec une grande exactitude. Il a même voulu observer un courant, pénétrant de l'extérieur dans l'intérieur du Closterium, par une ouverture placée à chaque extrémité de celui-ci. Nos observations cuiicordent parfaitement avec celles de MM. Focke et Osborne pour ce qui concerne les cils ; mais nous n'avons pu voir les courants, ni nu'me l'ouverture décrits par ce deruior, bien qu'imc ouverture semblable nous paraisse exister réellement chez d'autres espèces, comme par exemple chez le Closterium Uianœ Ehr. , et probablement aussi chez les Tetmemorus Ralfs. — Nous avons observé le mouvement des cils ■■'bratiles chez plusieurs espèces de Closterium. M. Herbert Thomas (Quarterly Journal of microscopical Science. Oct. 18bi, p. 36) soupçonne un mouvement ciliaire analogue chez le Cosmarium margarilifeium. Toutefois, c'est en vain que nous avons cherché à le constater chez cette Desmidiacée et chez d'autres espèces voisines.

5. Schleiden. Grundziige der wissenschaftiichen Hotanik. Ersler Theil. Leipzig, 1849, p. 316.

KT I.IOS lUIlZOPODES. 35

M. de Sicbold admetlait encore, sous le nom (ÏAstoma, certains organismes llagellés parmi les intusoires : c'étaient les Peridinium et les Astasies. Mais M. Leuckarl ' range, soit les Péridiniens, soit les Astasiées (Eugiènes comprises) dans le règne végétal.

Nous avons maintenant des matériaux en main, qui semblent montrer que tous ces êtres, ou tout a» moins une grande partie d'entre eux, doivent rentrer bien réellement dans la série animale. Ceci est important, car cbacun se souvient du célèbre Mémoire de M. Unger, que nous avons déjà souvent mentionné, Mémoire dans lequel ce savant distingué défendait l'idée de la métamorphose des plantes en êtres animés. Jl est incontestable que l'animalité des monades une fois démontrée, les partisans de M. Unger prétendront au premier abord pouvoir y trouver un appui immense en faveur de leur théorie. En effet, la distance qui sépare une monade de la spore d'un C/iytridium paraît n'être pas grande. Les zoogonidies des algues appartenant aux genres Cladophora, Ectocarpiis, Chœtophora, llothrix, Draparnaldia, etc., semblent offrir une grande analogie avec divers genres de la famille des Monadiniens, et cependant nous avons vu qu'on ne peut guère les considérer que comme de vraies plantes. — Nous croyons néanmoins qu'il est possible de lout concilier, de laisser les zoogonidies de Chytridium, de Cladophora, d'Ectocarpus, etc., être ce qu'elles sont bien réellement, c'est-à-dire des êtres végétaux doués de mouvement, issus de végétaux, et devant rester végétaux ; et, d'un autre côté, de laisser aux Monadines, aux Eugiènes, aux Dinobryons, aux Volvocinées même, leur caractère d'animalité. Il est en effet une grande différence entre ces deux catégories d'êtres. Nous savons, il est vrai, que le mouvement n'est point une propriété caractéristique des animaux, puisqu'il a été constaté chez un fort grand nombre de plantes, et que la distinction entre mouvement volontaire et inconscient n'est pas possible au point de vue objectif. Mais il est, comme nous avons déjà eu l'occasion de l'indiquer, d'autres caractères qui, jusqu'ici, n'ont été observés que chez des animaux, et dont la présence devra toujours, ce nous semble, décider de l'animalité des êtres qui les possèdent. Tels sont, par exemple, l'existence d'un cœur et l'ingurgitation spontanée et directe de substances dans l'intérieur du corps par une ouverture buccale. Or, nous avons vu dans la partie anatomique de ce travail, que la

I. BeigiiLinn iincl Lenckarl. Vergleicliernio Analomic iind l'Iiysiologie. Stuttgart. l8-i2, p. I3i.

3fi CTl'DES SUR LKS INFUSOIRES

vésicule contractile des infusoires doit être considérée connme l'analogue d'un cœur. Peu importe, d'ailleurs, qu'on préfère avec MM. Schmidt, Gray ', Carter, Leuckart, etc., considérer cet organe comme le centre d'un système aquif'ère ou exciéteui- ", il n'en reste pas moins vrai que c'est un organe purement animal, dont l'analogue n'existe pas, ou n'est du moins pas connu jusqu'ici dans le règne végétal. Or, une Euglène, par exemple, possède, comme nous le verrons, une vésicule contractile, et ce simple fait suffit à l'éloigner considérablement d'une zoogonidie quelconque. Les monades paraissent également toutes avoir une ou plusieurs vésicules contractiles, et partout où nous trouverons un semblable organe, nous pencherons à admettre l'animalité de l'être qui le possède.

Cela posé, passons à l'étude de la propagation dans les différents groupes, à commencer par les Desmidiacées.

C'est surtout à MM. Morren, Ralfs, Na^geli, Smith et Alex. Braun que nous devons la connaissance du mode de reproduction des Desmidiacées. Les travaux remarquables de MM. Nœgeli '' et Alex. Braun " nous ont tout particulièrement fourni des données intéressantes à ce sujet. Ces deux savants ont cherché à démontrer chez ces organismes la présence d'une espèce de génération alternante. M. Nsegeli admet chez les Desmidiacées des séries successives de génération par fissiparité. Ces séries sont séparées les unes des autres par une génération de transition, où une copulation soit conjugaison a lieu entre deux individus. En d'autres termes, une suite de générations a lieu par simple division spontanée; la dernièie génération de celte série au lieu de se diviser se copule et produit ainsi la première génération de la série suivante. Ces cycles vont se répétant à l'infini. Tantôt les cellules ou individus appartenant à chacune de ces .séries restent unis ensemble (Drsniidiuni, Didi/moprivni, Eijalothcca), tantôt ils végètent

1. Sillinian's Ainciicaii .Idiinial. .Mais 18o5. M. Giaj vfiil avoii- iihsei-vr chez le Paiiuiiiciuin Aiircliii nu canal, partant de la vcsionle coniraclilo et allant s'onviii- dans l"iTsnpliagc. Ndiis ne croyons pas qnc personne puisse retrouver ce canal.

2. Nous devons dire que l'un de nous, M. Lachniann; [parait pemlicr réceninn'nl pimr l'upininu ipii l'ait du sjslèiin circulatoii'e des infusoires nu système aqnirère on e>,cr(''teur [JS'oIr rir 1S60).

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