‹ Études sur la infusoires et les rhizopodes; (volume 2)Chapitre 32 sur 65 · iDfusionstbiere, p · texte numérisé non relu

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Telle fut la première observation de M. Stein sur les métamorphoses des Vorticellines : on le voit, une pure hypothèse. M. Ehrenberg fut plus prudent en se refusant à voir dans ces coips pyriformes autre chose que des parasites. Il est regrettable que M. Stein n'ait pas imité cette défiance salutaire ; cela lui aurait épargné bien des méprises. C'était du reste de sa part conclure un peu à la légère, car les grandes affinités qu'il mentionne entre les Epistylis et les Acinètes consistent simplement dans la forme de poire allongée que toutes deux peuvent plus ou moins affecter et dans le fait que la Podophrya quadripartita habite avec les Epistylis. Les différences sont par contre nombreuses et importantes : lenucléus des uns (les Epistylis) a la forme d'une bande contournée ; celui des autres est un noyau elliptique ou arrondi ; les uns ont un pédicule large, les autres un pédicule mince ' ; les unes possèdent une bouche et un œsophage, les autres de nombreux suçoirs; les unes ont des organes vibratiles, les autres n'en ont pas, etc.

Ailleurs, M. Stein" revient à VEpistylis plicalilis et à son soi-disant état acinétiforme. Il y est dit : « Le corps des gros Acinètes mesurait l/''24 de ligne en long et 1/20 de ligne dans sa plus grande largeur. Celui des plus petits individus mesurait 4/50 de ligne, soit en long, soit en large. La longueur des pédoncules variait entre 1/48 et •4/70 de ligne. Les plus gros individus de VEpistylis plicalilis que j'ai eu l'occasion d'observer mesuraient 4/44 de ligne en longueur. Pour ce qui concerne la taille, les Acinètes poïivaient par conséquent fort bien être une phase postérieure du développement d'Epistylis, qui se seraient détachées de la colonie-mère et seraient venues se fixer sur les ramifications d'une autre colonie. Sur la coquille de la Paludine on ne pouvait réussir à trouver nulle part un seul Acinète, tandis qu'on en trouvait en abondance sur les arbres d'Epistylis ou tout au moins dans leur voisinage immédiat. »

(l nous faut convenir que M. Stein se laisse entraîner un peu loin par les analogies. Une similitude de taille n'est certes pas un argument de grand poids. Puis nous ne trouvons rien d'étonnant à ce que l'Acinète en question ne se trouve que sur les Epistylis. N'est-ce pas un fait reconnu que nombre de parasites épizoaires et autres se trouvent

1. Voyez PI. VI, li'^. 7 ime Epistylis poilanl une Podophrya iluiit le pédoiuulc est bic'ii plus mime que le sien. •1. Loc. cit., p. 96.

exclusivement sur un certain animal, même lorsqu'on ne peut comprendre l'avantage qu'ils en retirent. Les Claviger et nombre d'autres Psélaphides, par exemple, résident exclusivement dans des nids de fourmis, sans que personne ait songé jusqu'ici à trouver un rapport génétique entre eux et les Hyménoptères dont ils habitent les demeures.

Nous verrons d'ailleurs que les Acinètes font très-souvent des Epistylis leur pâture, ce qui dénoterait des habitudes de cannibales peu communes chez les infusoires. De plus, les Podophryes ne sont point les seuls animaux qui vivent exclusivement sur les Epistylis. On rencontre également en grande abondance sur les colonies à'Episttjlis plicatilis un rhizopode vivant dans une coque à forme urcéolaire (V. PI. VI, fig. 2, A.), rhizopode que nous avons décrit ailleurs sous le nom d'Urnula Epistylidis'. Jusqu'ici nous n'avons rencontré cet animal nulle part ailleurs que sur ces Vorticellines. Il donne naissance à des embryons doués d'organes locomoteurs, que M. Stein aurait aussi bien le droit de considérer comme une phase du développement des Epistylis que les embryons de la P. rjuadripartita. — On trouve également vivant en parasite sur les pédoncules d'Epistylis une autre espèce d'Acinétinien (V. PI. IV, fig. 44 et 45) fort différente de la première, et décrite ailleurs par nous sous le nom de Trichophrya Epistilidis '. Nous ne voyons pas pourquoi elle aussi ne pourrait pas faire valoir ses droits sur Y Epistylis plicatilis. — On rencontre enfin, souvent en grande abondance, de petites Amœba qui se promènent lentement sur les pédicules à' Epistylis plicatilis (V. PI. VI, fig, 2, B.) entre les Podophrya quadripartita, les Trichophrya Epistylidis et les Urnula Epistylidis. Ces Amœba sont munies tantôt d'une, tantôt de deux vésicules contractiles. Nous ne voulons pas prétendre que ce parasite soit spécial à cette Epistylis ; mais nous mentionnons son existence pour montrer que les cas de parasitisme ne sont pas rares chez les infusoires, et que, du fait que deux espèces vivent l'une sur l'autre, il ne faut pas conclure à un rapport génétique entre elles.

Nous avons observé d'autres parasites encore sur les Epistylis, et tous pourraient donner lieu, à aussi juste titre que la Podophrya quadripartita, à des conjectures analogues à celles que M. Stein a faites sur cette dernière. Nous avouons nous-mêmes que

l. Voy. le Tome I" de ces Études, p. 457. %. Ibid., p. 38G.

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nous avons cru, pendant un certain tem ps, avoir à faire dans l' Urnulu Epistylidis à un état particulier des Epistylis. C'est qu'en effet, lorsque ces animaux s'apprêtent à la reproduction, ils s'enkystent dans leur coque, dont l'ouverture reste béante vers le haut (V. PI. X, fig. 5]. Cette coque urcéolaire offre une grande analogie de forme avec une Epistylis, et nous croyions, pendant un certain temps, n'avoir à faire là qu'avec la cuticule d'une Epistylis à péristome ouvert, admettant que le parenchyme du corps de l'animal s'était séparé des téguments pour s'arrondir et s'enfermer dans un kyste, en profitant de l'ancienne enveloppe comme d'un abri contre les attaques extérieures] Mais bientôt nous eûmes l'occasion de voir d'autres Urnula Epistylidis étendre leurs bras au loin, puis se reproduire de diverses manières, et nous dûmes renoncer à notre hypothèse.

La seconde Vorticelline chez laquelle M. Stein crut observer une transformation en Acinète était une Cothurnie, la Cot/mrnia (Vaginicola) cnjstallina Ehr. Nous tenons à attirer tout spécialement l'attention sur la description que ce savant donne du phénomène; car plus tard il la cite comme le compte-rendu d'une observation directe, la seule qui, par conséquent, se trouverait rapportée sur ce sujet dans son livre. On verra qu'il s'agit ici de rien moins que d'une observation. Laissons donc de nouveau parler M. Stein':

« Trois jours après avoir fait une provision de Vaginicoles, dit-il, je trouvai un grand nombre d'individus métamorphosés d'une manière surprenante en une Acinète, que je reconnus bientôt être celle que M. Ehrenberg a décrite dans son ouvrage sur les infusoires sous le nom d'Acineta mystacina, et qu'il a observée quelquefois sur des conferves aux environs de Berlin. Que les Acinètes n'étaient pas, comme on pourrait être tenté de le croire, de nouveaux arrivés dans la colonie infusorielle, c'est ce qui ressort avec plus de certitude encore de l'observation suivante : J'avais de suite, dans les premiers jours, afin de pouvoir les produire dans un cours, mis à part un certain nombre de filaments de conferves, qui étaient peuplés de Vaginicoles avec une richesse toute particulière, et je les avais jetés dans un verre rempli d'eau de fontaine parfaitement pure. Je dus différer la production de mes animalcules pendant quelques jours, et lors-

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