I . Loc. cit., p. 6i
iOO ÉTUDES SUR LES INFUSOIRES
infusoires, les formes dans lesquelles viendrait se résoudre le monde microscopique. L'analogie entre la C.ot/iurnia {Vaginicola Ehr.) crystallina et YAcinela niystacina est-cllo bi(Mi réellement aussi grande que M. Stein le prétend ? Non certes, bien loin de là; r^. myslacina (V. PI. I, fig. il et \% olVre, suivant lui, une grande ressemblance avec une Cothurnie contractée. Mais on n'a qu'à considérer la figure que nous donnons d'une Cothurnie à l'état libre, contractée et nageant dans les eaux à l'aide d'une couronne ciliaire postérieure, pour estimer ce rapprochement à sa juste valeur (V. PI. I, fig. 14). Chacun reconnaîtra que sous cette forme, qui se rapproche de celle d'une boule, la Cothurniepeut se comparer à tout animal plus ou moins globuleux, mais pas plus à VAcmeta mi/stacina , qu'à maint et maint autre infusoire. Il sullll de comparer les figures que nous donnons de cette Acincte (PI. I, fig. 1 et ''2) avec une Cotlmrnia cnistallina, sous sa forme habituelle ^Pl. I, fig. 4), pour s'assurer que le seul rapport consiste en ce que toutes deux sont munies d'une coque ou fourreau, fourreau dont la forme s'écarte toutefois singulièrement chez l'une de ce qu'elle est chez l'autre. Il est bon nombre d'autres Acinétiniens qui vivent dans une coque : toutes les espèces du genre Acineta, par exemple, et cette coque est fort loin, dans ces espèces, d'olVrir la moindre analogie avec des coques de Cothurnies, de Vaginicoles, ni d'aucune Vorticelline ou autre infusoire connu. Chez la Coihurnia cryslallina le fourreau est largement béant vers le haut; chez V Acineta mystacina, il est fermé par un espèce de toit pyramidal, dont les différentes pièces laissent entre elles des fentes permettant aux suçoirs (puisque telle est la nature des prétendus poils ou soies des Acinétiniens) de faire saillie au dehors. La Cothurnie a vm nucléus très-allongé en forme de bande contournée (fig. i); l'Acinète a un nucléus à peu près rond (fig. 2). En somme, il nous semble à peu près totalement impossible pour un observateur impartial de ramener la gaîne ou fourreau d'une Cothurnia cryxtallhia à la coque de VAcincfa mystacina. Comme on le voit par la planche I, fig. 4, la première est une espèce de cylindre à peu près partout d'égale largeur, tandis que la seconde (fig. 1 et 2), qui varie du reste à l'infini, est toujours très-rétrécie à sa base. Ce rétrécissement va même d'ordinaire jusqu'à transformer la partie inférieure de la coque en un véritable pédicule creux. Comment expliquer ce rétrécissement? Comment admettre que la Cothurnie puisse modifier de cette manière une coque déjà formée?
ET LES RIIIZOPODES. iOI
M. Stein a bien reconnu lui-nnême cette difficulté, et il avoue ' que c'est là une objection qui pourrait bien s'opposer réellement à ses déductions. Il cherche en conséquence à la renverser en supposant qu'au moment où la Colhurnie va se métamorphoser en Acinète elle se détache de la partie postérieure de sa gaîne, se porte vers la pfirtie antérieure et presse violemment, à l'aide de son corps contracté, contre cette partie, tout en tendant à se porter en avant. Cette pression devrait être si énergique, quQ les parois de la gaîne, cédant à l'action dans la partie postérieure, se rapprocheraient de l'axe en produisant ainsi une forme pédicellée. — On le voit, M. Stein une fois sur la voie des hypothèses ne s'arrête plus; il est entraîné sur la pente. Les hypothèses sont bien permises, jusqu'à un certain point, lorsqu'on a une base fixe comme point de départ, mais lorsque ce point de départ est déjà lui-même une hypothèse, et qu'on cherche à le justifier par de nouvelles hypothèses qu'on en déduit, il n'y a pas chance de rester dans le vrai.
En somme, VAcineta mystacina reste pour nous un Acinétinien, c'est-à-dire un animal muni d'un grand nombre de suçoirs, à l'aide desquels il prend sa nourriture, suçoirs qui conduisent directement dans la cavité générale du corps', tandis que la Cothurnia crystaUina est un animal tout différent, une Vorticelline munie d'un vestibule et d'une seule bouche, d'où part un œsophage qui conduit la nourriture dans la cavité du corps. M. Stein, qui refuse aux Acinètes la faculté de prendre directement des aliments', admet, lui, qu'une Cothurnieou tout autre Vorticelline qui se transforme en Acinétinien perd ses organes digestifs. A l'entendre, le vestibule et l'œsophage seraient résorbés et il n'en resterait plus trace.
Après avoir lu ce qui précède, on est réellement stupéfait lorsqu'on arrive à la page * où M. Stein parle de VAcineta linrjuifera (Acinete mit dem zungenformigen Fortsatz), qu'il cherche à reliera VOpercularia berberino St., et qu'on l'entend s'exprimer comme suit :
« Il n'est pas nécessaire, dit-it, d'avoir recours à des métamorphoses plus considé-