Loc. cit
ET LES limzni'ODES. 403
« J'ai toujours trouvé dans sa compagnie la forme d'Acinète que j'avais rencontrée avec elle la premièi e fois, ce qui suifit déjà à faire conclure qu'il existe un rapport intime entre ces deux espèces d'infusoires. » (!)
Ailleurs ' il conclut tout aussi rapidement à l'existence d'une parenté entre la Podophrija Cydopnm et le Zoothamnium Parasita St. {Carchesium pj/ffinœum Ehr.) parce que tous deux habitent sur les Cyclopes.
« L'être acinétaire qui habite sur les Cyclopes, dit-il, otTie tellement de rapport avec l'Acinète à pédoncule court des lentilles d'eau (la Podophrya que M. Stein considère comme une phase du développement de la Vordcella nebulifera), soit pour ce qui tient à la forme de son corps, soit pour ce qui concerne les embryons ciliés, qu'on doit supposer que son pédoncule, lequel reste toujours fort court, ne répond point au pédoncule d'un Epistylis. Il faut au contraire admettre qu'il est formé de la même manière que celui des Podophrya (c'est-à-dire de la Podophrya fixa) et des Acinètes de la lentille d'eau (Podophrya Lemnarum), car celui-ci parait également solide dans sa partie inférieure. Dans ce t^^.VAcinète dus Cyclopes ne pourrait appartenir qu'au Zoothamnium qu'on trouve constamment dans sa société, et cjne M. Ehrenherg nomme Carchesium py g mœum. {Zoothamnium Parasita St.). Or, comme ce dernier infusoire présente les mêmes variations de taille que les Acinètes en question, je ne crois pas me tromper en rjpportant ces derniers à ce Zoothamnium, plutôt qu'à VEpistylis diyitalis , avec laquelle j'avais cru d'abord lui trouver une parenté. »
La conclusion est au moins hasardée. La seule raison un peu valable que M. Stein mette ici en avant pour relier la Podophrya du (^yclope avec son Zoothamnium Parasita, c'est qu'on les trouve fréquemment ensemble sur le même crustacé. Mais ce ne sont pas là les seuls parasites des Cyclopes. On trouve sur eux nombre d'autres infusoires, même des Vorticellines, comme VEpistylis diyitalis et peut-être aussi VEpistylis anastalica. On pourrait donc à tout aussi bon droit soutenir que la Podophrya du Cyclope est une phase du développement de l'une ou de l'autre de ces Epistylis. En effet, les arguments que M. Stein tire de la constitution du pédicule pour prouver que sa Podophrya n'appartient pas à une Epistylis n'ont pas une grande valeur; lui-même considère
i. Loc. oit., |i. Ui;.
comme phase possible de VEpistijlis branchiophila Perty une Podophrya dont le pédicule est tout aussi court que celui de la Podophrya du Cyclope. On aurait donc droit à s'attendre de la part de M. Stein à une grande défiance quand à la justesse de son rapprochement ; et cependant c'est en se basant sur cette prétendue aflînité de la Podophrya du Cyclope et du Zoothamnium Parasita^ qu'il déduit sans plus ample préambule la parenté d'une autre Podophrya avec une seconde espèce de Zoothamnium ' :
« Soit à Tharand, soit à Niçmegk, dit-il, je rencontrai fréquemment, en société du Zoothamnium affine St., sur les pattes de la crevette des étangs {Gammarus Pulex) une Acinète qui se trouvait d'ordinaire cachée sous les articulations, particulièrement entre les articles les plus ténus des extrémités. Il n'est pas rare d'observer six à huit de ces Acinètes, situées les unes à côté des autres, sur une même articulation; elles possèdent un pédicule fort court, souvent à peine appréciable, mol et extensible et un corps qui, soit dans ses contours, soit dans la position de ses tentacules, est parfaitement semblable à l'Acinète du Cyclope que nous avons figurée. (Voy. Stein, Pl. III, fig. 38 et notre Pl. II, fig. 5 et 6). Or, comme nous pouvions rapporter cette dernière (ici M. Stein renvoie le lecteur au passage que nous venons de citer à propos de la Podophrya du Cyclope et du Zoothamnium Parasita) au Zoothamnium qui vit sur les Cyclopes, nous devrons considérer également r Acinète qu'on rencontre sur les pattes du Gammarus Pulex comme une phase du développement du Zoothamnium affne ^ »
Les hypothèses se suivent rapidement. De ce qu'il a supposé que la Podophrya du Cyclope pouvait bien être un état du développement du Zoothamnium qui vit sur ce même Cyclope, M. Stein déduit que la Podophrya de la crevette doit appartenir au Zoothamnium qui vit sur cette même crevette. Mais ici encore nous devons nous demander si l'on ne rencontre pas sur les Gammarus d'autres infusoires auxquels on pourrait s'amuser aussi à rapporter cette même Podophrya. Très-certainement, quand ce ne serait que ces Lagenophrys (L. Ampulla St.), ces élégants animalcules de la famille des Yorticelles, dont nous devons la connaissance à M. Stein lui-même, qui nous a bien fait connaître chez eux un mode de gemmiparité des plus intéressants, mais
!. Loc. cit., p. 219.