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voyions dans ce cas au travers des parois du kyste était bien réelle, et pas une simple apparence produite par les replis d'un animal enroulé sur lui-même. C'est ce qui ressortait avec évidence du fait que l'un des individus tournait souvent de droite à gauche, tandis que l'autre se mouvait de gauche à droite. Plusieurs fois même nous vîmes un cysticole, d'abord unique, se scinder en deux sous nos propres yeux. Tout ce que nous pûmes constater sur la constitution de cet animal, c'est qu'il possédait plusieurs vésicules contractiles (fig. 5), circonstance qui l'éloignait toujours plus, soit de !'£/)«tylis plicati/is , soit de la Podophrya quadripartita. La première n'a jamais en effet qu'une seule vésicule contractile, et la seconde n'en a également qu'une ou, dans de rares exceptions, deux, et extrêmement rarement trois'. Le cysticole en contenait constamment un nombre plus considérable, au moins quatre ou cinq, et même bien davantage, comme nous pûmes nous en assurer plus tard. La rotation perpétuelle de l'animal faisait qu'il était fort difficile de s'assurer de la contractilité de ces vésicules.
En même temps que ces kystes , s'en présentaient d'autres sur nos familles d'Epistylis. Nous en avons déjà touché quelques mots ailleurs. C'étaient des corps ronds ou ovales un peu aplatis et enveloppés d'une membrane. Ils ne laissaient reconnaître aucun signe apparent de vitalité, et semblaient dans un état de repos parfait. Ces kystes étaient enfermés chacun dans une espèce d'urne rétrécie en arrière en forme de pédicelle. Leur position sur l'arbre épistylien nous sembla d'abord répondre assez exactement à celle des véritables Epistylis. En particulier, il n'était point rare d'en rencontrer deux à l'extrémité d'un pédoncule d'Epistylis dans une position telle qu'on était facilement sollicité d'y voir le résultat de la scission d'une de ces Vorticellines en deux, scission qui aurait été suivie de l'enkystement immédiat des nouveaux individus (V. PI. X, lig. 5). On pouvait facilement se représenter la chose en supposant que chaque individu se fût séparé de ses téguments, comme par une espèce de mue, et se fût enkysté, tandis que ces téguments auraient subsisté sous forme d'urne enveloppante.
(cependant nous étions loin de nous laisser aller à cette idée sans en avoir de preuves plus directes. D'ailleurs nous fûmes promptement conduits à la considérer comme tout
I II est vrai que nous avons constaté dès lors qu'on trouve parfois des Podophrya iiuadriparlita à vésicules «oritractiles nombreuses. Ce fait a toutefois ici peu d'inipoitance, comme on le verra. (Note de 1860).
à fait improbable. Les deux urnes fixées àrexlrémilé d'un pédicule d'Epistylis laissaient en effet toujours entre elles un petit espace (V. PI. X, iîg. 5), qui semblait indiquer qu'une Epistylis avait été là jadis, mais qu'elle avait fini par se détacher et s'en aller au loin et nos urnes semblaient par suite être des étrangères sur le pédoncule épistylien, des geais se parant des plumes du paon.
Nous n'avions du reste vécu dans l'incertitude que parce que les premiers arbres épistyliens que nous avions examinés ne présentaient qu'un fort petit nombre de ces urnes. Nous en rencontrâmes bientôt d'autres, qui en portaient un nombre fort considérable et nous nous assurâmes que ces urnes peuvent être fixées à une place quelconque de la colonie, les unes à l'aisselle d'une bifurcation, les autres dans l'espace qui sépare deux embraricliements successifs, en un mot à des places, où dans le type d'édification de VEpistylis p/icatilis, il ne doit pas y avoir d'individus. Nous en conclûmes par conséquent que ces kystes et leurs urnes n'appartenaient point aux Epistylis, mais à d'autres êtres vivant en parasites sur leurs tiges. Cette conclusion ne tarda pas à se trouver justifiée. Nous trouvâmes d'abord quelques unes de ces urnes, puis un grand nombre renfermant au lieu du kyste l'animal qui les forme vers une certaine époque de sa vie en vue de sa reproduction. Ce parasite fut reconnu être un Rhizopode, auquel nous avons donné le nom d'Urnula Episti/lidis (V. PI. VI, fig. 'i, a).
D'autres kystes encore plus petits se tjouvaient aussi sur les familles épistyliennes (V. PI. VI, fig. 1,f et f'). Leur contenu se divisait souvent en deux, puis en trois ou en quatre. Chacune des parties aussi formées était pourvue d'un nucléus et d'une vésicule contractile. Dans quelques cas (V. PI. VI, fig. 1 , f") on pouvait voir des cils s'agiter sur certains points de la surface de ces individus. Il ne nous a pas été possible de déterminer à quels infusoires ces kystes appartenaient ; mais il est certain qu'ils n'appartiennent point aux Epistylis. Ils sont, en etfet, beaucoup trop petits et se trouvent toujours près de la base d'une EpislyHs, sans répondre exactement à la place où devrait se trouver un nouvel individu.
Mais il en était tout autrement des gros kystes à forme sphérique ou ellipsoïdale
dont nous parlions d'abord. Ceux-là étaient toujours à une place, où dans le type de
l'arbre épistylien, il devait y avoir nécessairement une Ep'isiyhs. Les cysticoles se tour-
' naient dans leur intérieur avec une constance toujours plus désespérante, sans que nous
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pussions jamais parvenir à en voii un seul quittei' son étroile cellule. En conséquence, nous nous décidâmes un jour à la seule chose praticable en pareille occurence, à savoir à faire le guet. Nous fixâmes un certain nombre de kystes dans le champ du microscope, bien décidés à ne pas les perdre de vue jusqu'au moment oîi leurs habitants se décideraient ii venir s'ébattre au dehors. Il était dix heures du matin lorsque nous commençâmes cette œuvre de patience. Six heures du soir avaient sonné à l'horloge, lorsqu'il plut enfin à un cysticole de cesser ses monotones mouvements de rotation et de regarder ce qui se passait au dehors. Le kyste s'ouvrit et l'animal sortit lentement de sa cachette. Notre étonnement fut grand, en reconnaissant en lui un infusoire cilié sur toute sa surface, muni d'un grand nombre de vésicules contractiles et appartenant au genre Amphileptus ou au genre Trachélius de M. Ehrenberg'. Le même jour nous eûmes l'occasion de voir encore trois ou quatre cysticoles quitter leur résidence et nager librement dans les eaux. Tous atTectaient également une forme d'Amphileptus. Dei)uis lors nous avons été fréquemment dan? le cas de répéter cette observation.
De toutes les ligures d'Amphileptus jusqu'ici données c'est peut-être celle du Kolpoda oclirea dans l'ouvrage d'Otto Friederich Millier " qui offre le plus d'analogie avec notre Trachélien. M. Ehrenberg considère ce Ko/poda ochrea comme synonyme de son Amphileptus iongicollis^, ce qu'il n'est certainement pas. La figure de M. Ehrenberg qui concorde le mieux avec notre Amphileptus est certainement celle de son Trachelim Meleagris\ et nous croyons, en elïet, devoir le considérer comme étant le véritable Amp/dleptus (Trachélius Ehr.) Meleagris \
Quelques-uns de nos Amphileptus étaient gros et assez opaques (PI. VIIL fig- i<*)- D'autres (PI. VIII, fig. 11) étaient plus petits, plus plats et plus transparents, différence qui
I. Depuis lors nous avons discuté ailleurs (V. Tome I'' de ces Kliiiles) et tixé les liiuilcsde ces deux genres, et nous devons par suite nommer cet animal un Tracliélien apparlenanl au jjenre Amphikpliis. (Noti' de IStiO).
-1. Animalcula infusoria iluvialilia et marina, p. '.)5, Tah. Xill, lig. 9 et lu.