‹ Études sur la infusoires et les rhizopodes; (volume 2)Chapitre 47 sur 65 · C'esl-à-diie la rangée des cils buccaux I · texte numérisé non relu

C'esl-à-diie la rangée des cils buccaux I

reste fixé à la même place où se trouvait le polype primitif, polype dont il formait une partie intégrante, avant que la division eût pris place. »

A cette description de Trembley nous n'avons, au fond, que peu de chose à ajouter. La crête dont M. Ehrenberg se sert pour distinguer les espèces, n'est, en effet, que le premier indice de la division spontanée qui s'apprête, ainsi que l'observateur genevois l'avait déjà constaté, il y a plus d'un siècle. Ceci se passe aussi bien chez les individus verts que chez les incolores, chez les individus dont le nucléus est simplement ovale ou en ruban, que chez ceux où il affecte la forme de rosaire. Lapreniière apparition de la crête, qui est d'abord tout à fait droite, se manifeste sons la forme d'une légère ondulation. On ne sait si l'on doit rapporter celle-ci à une espèce de membrane, ou à des cils déjà formés, incertitude dans laquelle on se trouve également plongé au sujet de la première apparition de la couronne ciliaire postérieure des Vorticellines. Puis, l'extrémité de la crête, qui est la plus éloignée de la bouche, commence à se courber du côté du ventre (PI. IX, lig. 3). A cette place, il se forme un enfoncement, ou fossette, dans les téguments, et la crête semble y descendre. Peu à peu cette fossette se creuse davantage, formant un entonnoir dans lequel la rangée de cirrhes (crête) forme deux tours de spire; c'est la bouche du nouveau Stentor. Plus tard l'enfoncement pénètre plus profondément encore, modifie. sa forme primitive et forme ainsi l'œsophage qui se revêt de cils sur toute sa surface. Cet organe est, dans l'origine, terminé en cul-de-sac, et jamais nous n'avons vu de nourriture pénétrer dans son intérieur, aussi longtemps que la séparation des deu){ individus n'est pas complète.

Avant même que la nouvelle bouche soit formée, on voit immédiatement au-dessous de la place qu'elle occupera plus tard, une des varicosités du vaisseau longitudinal s'enfler et présenter des contractions spontanées. C'est là la première apparition de la vésicule contractile du jeune Stentor '. Une fois la bouche formée, la crête, jusqu'alors droite depuis son origine jusqu'à ce point-là, s'infléchit par degrés en une ligne courbe, et les lignes produites sur la surface ventrale par les élévations pyramidales des téguments, subissent une modification toute semblable. Pendant ce temps, les stries du

i. M. Ehrenberg n'a observé de division spontanée que chez son Stentor Itor.iclii et son SI. polymorphus . Mais il rapporte avoir Iroiivé son Stentor Muelleri avec deii\ vésicules contraclilus. ce qu'il considère comme un prélndr de division spontanée

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côté dorsal, et surtout celles qui sont situées entre les cils buccaux du nouvel animal et le dos de-l'ancien, s'allongent, et même il s'en forme de nouvelles. La suite de l'acte de division est parfaitement conforme à la description de Trembley, avec cette adjonction que la courbure des stries, sur la partie de la surface ventrale de l'ancien individu qui est destinée à former le front (Ehr.) du nouveau , va toujours en augmentant, et finit par former des espèces de cercles ou d'ellipses concentriques. Ces cercles ou ellipses ne sont point cependant fermés, mais l'extrémité gauche de chaque strie frontale, se prolonge directement en une strie longitudinale de la surface du corps. Ce n'est que lorsque la séparation des deux individus est déjà très avancée, ou même presque terminée, que le nucléus se divise. Le nouvel individu reçoit pour son compte, une partie de ce dernier, partie dont les dimensions sont très variables suivant les cas (Voyez PI. IX, fig. 4, la représentation d'une division spontanée dans le milieu de son exécution).

La durée totale du phénomène est extrêmement variable. Parfois il suffit d'un peu plus d'une demi-heure pour que la division soit complète. Souvent, cependant, on voit des Stentors déjà munis de la crête, premier indice de la division qui commence à s'opérei', nager pendant des heures entières ou rester un temps tout aussi long fixés à la même place, sans qu'on aperçoive le moindre progrès dans la marche delà division. Parfois même l'on rencontre des Stentors dont la division est déjà tellement avancée, que le disque frontal du nouvel individu est déjà complètement formé, et qui ont néanmoins besoin de plusieurs heures encore pour arriver au moment de la séparation définitive.

M. Ehrenberg donne la figure d'un Stentor occupé à se diviser ' , qu'il rapporte à son St. Rœselii, et il représente les deux gemmes fissipares, comme ayant chacune une crête latérale, bien que la division n'en soit qu'au moment où le nouveau disque frontal se forme. Si ce n'est pas là une erreur, il faut peut-être admettre que la séparation complète des deux individus s'était trouvée tellement retardée, que chacun d'eux était déjà occupé à subir une seconde division spontanée, bien qu'ils eussent encore un seul et même nucléus commun.

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