‹ Études sur la infusoires et les rhizopodes; (volume 2)Chapitre 49 sur 65 · Wiegiiiami'.s Archiv. 184(5, \i. 'i-Àl · texte numérisé non relu

Wiegiiiami'.s Archiv. 184(5, \i. 'i-Àl

2. Les figiire.s que M. Eckhard domie de diverses Vorlkelliiies sont égalemenl de la pUss grande inexactitude. il représente bien le disque comme entouré de cirrlies sur tout son pourtour, mais il dessine mi canal alimentaire dont l'ouverture anale et l'ouverture buccale sont fort éloignées l'une de l'antre, sur les bords du disque, à peu près aux deux extrémités d'un même diamètre.

3. Depuis lors nous avons vu la lorination des end)r\ons chez ini plus jjraiid nombre d'individus, sans que les données de M. EckUard aient gagné pour nous en vraisemblance.

i. Parmi plusieurs centaines de Stentoi', nous n'en avons trouvé que cinq, durant le mois de novembre iSSS, qui renfermassent des embryons déjà pourvus chaciui d'une vésicide contractile, l'ar contre, nous avons obser\é bien plus fréquemment les modifications du nucléus, dont nous allons parler, ainsi que la division spontanée. Mallieurensement il parait que les conditions anormales où se trouvent les infu.soires sous le microscope retardent considérablement la marche de leur développement, soit qu'on observe sous une |)etite plaque de verre, soit qu'on enlève celle-ci. Les Stentor en particulier, vu leur grosseur, paraissent souffrir tout spécialement de l'insuftisance du liquide dans lequel on les observe.

Chez quelques-uns, une partie du nucJéus était simplement en forme de ruban, tandis ({ue le reste pi ésentail plusieurs étranglements, de manière qu"on pouvait trouver tous les passages possibles, depuis le nucléus en ruban jusqu'au nucléus en patenôtre, sur lesquels M. Ehrenberg s'est basé pour différencier des espèces. Chez d'autres, enlin, le nucléus était entièrement partagé en un certain nombre de fragments (au nombre de deux à huit), dont les uns étaient encore pfus ou moins allongés, les autres ovales ou sphériques. Une fois, nous vîmes l'un de ces fragments s'allonger peu à peu Jusqu'au point d'acquérir une longueur double de celle qu'il possédait d'abord. Sans doute, il était en voie de reproduire un nucléus aussi long que cet organe l'est d'ordinaire. D'autres, au contraire, grossissaient bien," mais, au lieu de s'allonger, se rapprochaient toujours plus de la formr d'une sphère.

Une fois nous rencontrâmes un individu dont le nucléus dans son tiers inférieur (c'est-à-dire celui qui est dirigé vers la pointe de l'animal) offrait l'apparence d'un ruban uniforme comme d'ordinaire; la partie supérieure, voisine de la bouche, n'offrait non plus rien d'anormal ; le centre au contraire était renflé en boule et se détacha, pendant la durée même de l'observation, de la partie supérieure. Entre cette boule centrale et le commencement du tiers inférieur, le nucléus se trouvait interrompu (Voy. PI. IX, fig. "2) et dans l'intervalle se voyait une énorme sphère de O'""\065 de diamètre, dont le contenu offrait une apparence toute autre que celle du nucléus. Elle renfermait en effet quatre petits globes à couleur plus claire, mesurant 0""",035 en diamètre, globes dont la périphérie offrait une apparence claire et uniforme, tandis que le centre, sur un diamètre équivalant à peu près au tiers du diamètre total, paraissait grossièrement granuleux et un peu plus sombre. Dans l'un de ces petits globes on remarquait une petite vésicule douée de contractions qui présentaient uu rhythme régulier. Au bout de peu de temps une vésicule semblable se montra aussi chez les autres. Plus tard on put reconnaître des cils sur toute leur surface. Ces cils en général très fins se montraient plus forts à une certaine place. Enfin ces petits globes commencèrent à tourner autour de leur axe. Parfois ils se contractaient, de manière à ce que leur surface se ridât, présentant des bosselures et des enfoncements. A ce moment là les cils étaient beaucoup plus faciles à reconnaître. Il n'était guère possible de douter que nous eussions à faire

1^8 ÉTUDES SUR LES fN'FUSOIRES

là à de vrais embryons', car on ne peut admettre que des animalcules qui auraient été avalés par le Stentor, commenceraient seulement alors à se munir d'une vésicule contractile et de cils. Ils devraient bien plutôt cesser peu à peu de se mouvoir et leurs contours devraient devenir de plus en plus indistincts. Trois de nos jeunes individus ne donnaient au contraire dans l'origine aucun signe de vie ; le troisième ne donnait à i econnaître son existence individuelle que par les contractions de sa vésicule contractile et durant une observation prolongée pendant plusieurs heures, nous vîmes des signes de vie se manifester chez eux avec une évidence toujours croissante.

La position de la grosse sphère entre les deux moitiés du nucléus semblait montrer que les embryons s'étaient développés dans un fragment de ce dernier, fragment qui s'était séparé par un acte de division spontanée de l'organe. Cette hypothèse devait gagner singulièrement en vraisemblance par les observations que nous fîmes depuis lors au sujet des modifications du nucléus et que nous avons déjà rapportées. Malheureusemeut il ne nous fut pas possible de constater tous les passages d'un fragment du nucléus à la sphère renfermant les embryons. Une fois seulement nous vîmes une portion renflée du nucléus qui, tout en étant encore unie à ce dernier, semblait former un degré intermédiaire. Ce fragment était en effet granuleux à l'intérieur, comme le contenu des embryons. Ce centre était entouré d'une masse plus claire, rappelant ta formation analogue que nous avons mentionnée chez les embryons, tandis que la périphérie fort mince offrait la même apparence que le nucléus lui-même. Immédiatement à côté de cette partie renflée du nucléus se trouvait un globe encore plus gros, contenant un coips qu'on pouvait déjà reconnaître pour un embryon. Celui-ci ne tarda pas en effet à laisser voir une vésicule douée de pulsations rhythmiques.

11 n'y a pas lieu de s'étonner que nous n'ayons pu observer un nombre plus considérable de formes intermédiaires, car c'est toujours un hasard, lorsque l'individu qu'on prend pour sujet de ses observations appartient à l'une de ces phases. Les modifications grossières du nucléus se laissent bien en- effet reconnaître sans qu'il soit besoin de procéder à un nouvel examen très minutieux, mais les fins détails de structure nécessi-

I. M. Ehrenherj; a préleiKliufiu- les eiiilii.vi.ii.s que M. Eikliarii cioyaii -.rciii oliseivt'-s chez les Sleiitor. n'étaient (lue des Vorticelles avalées.

KT LES UIIIZOPODES. ■) §9

tent une grande attention et une lumière favorable. Cependant chez les individus incolores, grâce à leur plus grande diaplianéité, on reconnaît facilement la présence d'embryons déjà bien développés. Il est peu probable qu'on arrive facilement à constater tous les passages ; en effet sur plusieurs centaines de Stentoi- que nous avons examinés, nous n'en avons trouvé que cinq qui continssent des embryons déjà formés, c'est-à-dire une proportion d'à peine un pour cent. Peut-être la formation d'embryons est-elle plus fréquente au printemps, car c'est dans cette saison que M. Eckhard l'observa. M. Oscar Sclimidt', qui dit avoir vérifié les données de M. Eckhard, n'indique pas l'époque de l'année à laquelle il fit ses observations ".

Chez deux autres Stentor nous vîmes un nombre d'embryons moins considérable que chez le premier : l'un n'en contenait qu'un seul, l'autre deux, enfermés chacun dans un corps sphéroïdal particulier. Chez l'un de ces individus le nucléus était normal, c'est-à-dire en forme de bande, seulement un peu renfié à l'une de ses extrémités, chez l'autre il possédait plusieurs renflements. Enfin dans un cinquième nous observâmes un Stentor renfermant environ douze embryons dont quatre étaient contenus dans une sphère commune. Deux autres corps sphéroïdaux en contenaient chacun deux. Les autres embryons remplissaient chacun pour leur propre compte une sphère isolée.

La grosseur des embryons est très variable. Ceux du dernier Stentoi- mentionné, dans lequel ils étaient contenus en grand nombre étaient relativement peu gros. Leurs dimensions étaient un peu inférieures à celles des quatre embryons enfermés dans une sphère commune que nous avons mentionnés tout d'abord. Chez les trois Stentor qui ne renfermaient chacun qu'un seul embryon, celui-ci atteignait une grosseur bien autrement considérable. Le plus gros que nous ayons observé mesurait 0""",057 en diamètre.

Nous retrouvons donc ici le même phénomène que chez VEpistylis plicatilis et la Poduphri/a quadripartita. Un fragment du nucléus se sépare du leste et donne naissance tantôt à un seul embryon, tantôt à plusieuis.

Dans deux des cas observés, le Stentor qui renfermait des embryons était en même

1 Kruriep's iXoli/.eii. I8i9, |>. H.

2. Depuis lors nous avons été dans le cas d'observer la tormatiim des rmbrvoii? ehez les Stentor dans luules les saisons de r.nimée indifl'éreninienl. (Note de ISliO).

temps occupé à se multiplier par division. Chez l'un nous suivîmes même la marche du phénomène depuis la formation de la crête latérale jusqu'au moment où le disque frontal du nouvel individu fut complètement formé. L'embryon se trouvait logé précisément ta côté de la vésicule contractile de ce dernier. Malheureusement la nuit tombante .nous força d'interrompre notre observation et le lendemain nous ne pûmes retrouver notre Stentor.

Nous n'avons pu réussir à épier le moment où les embryons des Stentor quittent leur parent, et les essais que nous avons tentés dans le but de produire une parturition artificielle ne furent point couronnés de succès. M. Eckhard et M. Oscar Schmidt disent avoir observé plusieurs fois la sortie des embryons, sortie qui aurait lieu pendant la natation de l'animal-parent. Ce que M. Eckhard rapporte au sujet des embryons tout formés nous a semblé fort peu clair. Il s'attendait, dit-il, à ce que la coque des germes devenus libres éclatât, si bien qu'il paraîtrait que les embryons qu'il observa avaient été mis au monde avec le corps sphéroïdal qui les contenaft dans la cavité du corps du parent. Il considère la rangée de cils plus forte, qu'il croit avoir vue, comme la bouche. Du reste il ne sait pas que faire de cette observation ; il ne sait comment il doit l'interpréter et il se demande s'il a peut-être eu devant lui le commencement d'un phénomène de gemmation, attendu, dit-il, que ces corps se trouvaient précisément à la place où les bourgeons apparaissent d'ordinaire. Or, il est assez curieux de noter que personne n'a observé jusqu'ici de gemmation proprement dite chez les Stentor efnul ne peut par suite comprendre les paroles de M. Eckhard. Il ajoute du reste lui-même que cette hypothèse n'est pas admissible et que c!est plutôt là un mode de reproduction particulier, analogue à la formation des germes chez les vers intestinaux.

M. Oscar Schmidt s'exprime d'une manière encore plus indécise que M. Eckhard. <t Moi aussi, dit-il, j'ai vu déjeunes individus de forme sphérique ou cohique sortir des Stentor. -» Il ajoute qu'il serait possible que la foimation de ces corps fût liée à la forme en patenôtre du nucléus. On est du reste bien plus incertain encore sur la valeur réelle de ces observations, lorsqu'on entend M. Schmidt dire que les Stentor doivent leur origine à des germes très petits trouvés libres dans l'eau, et qu'on peut suivre toutes les phases du développement de ces animaux depuis la larve transparente qui ne présente qu'une légère teinte bleuâtre, qui est munie de longs cils et chez laquelle la

ET LES RHIZOPODES. 'J9'l

spirale oiliaire ne se développe que plus lard, jusqu'à la forme de l'animal adulte. Quels sont ces petits germes'? Quelle est cette larve? D'où sont-ils venus? Il est vraiment regrettable que iM. Schmidt ne nous ait pas donné de détails à cet égard, car ces données ne nous sulTisent pas à décider si cet observaleui a réellement vu là l;i véiitable postérité des Stentor.

A l'époque où nous étudiions la leproduction des Stentor, nous trouvâmes, une ou deux fois', libresdans de l'eau qui contenait une foule deStentor, des aninialculesquiétaient probablement des embryons sortis de ces derniers. Le plus petit d'entre eux (PI. IX, fig. 7) n'avait que 0""",03l) de diamètre, taille qui tient à peu près le milieu entre celle des plus gros et celle des plus petits embryons observés dans le corps du parent. C'était un animal ovale, terminé en pointe d'un côté et portant du côte opposé une ligne arquée, formée par des cils plus forts que ceux qui couvraient le reste du corps. Le centre était granuleux et représentait peut-être le nucléus. Au dessous de la ligne de cils plus forts se trouvait la vésicule contractile. Il ne nous fut pas possible de constater l'existence de la bouche. Durant l'espace d'une demi-heure la rangée de cils s'allongea quelque peu et se courba de manière à foi mer au bout de ce temps un demicercle complet. — Nous trouvâmes plus tard un autre animalcule dont la forme était la même que celle otfei te par le premier au moment où nous le quittâmes. A l'extrémité gauche de la rangée de cils (en nommant dos le côté contre lequel était dirigée la convexité de l'arc îormé par celle-ci) commençait à se former une espèce d'ertfoncement, dans lequel cette rangée de cils descendait. A partir de cette phase nous trouvâmes tous les passages désirables, jusqu'à la forme-et la taille des Stentor adultes. Le plus grand nombre des petits Stentor étaient contractés de la même manière que les gros le sont aussi souvent pendant la natation. Les plus petits de ceux qui possédaient déjà une ouverture buccale et une spirale de cils -enroulée à gauche, comme celle des adultes, mesuraient environ 0™"',075 en diamètre. Le moins gros de ceux que nous vîmes nager sans être contractés était large d'environ 0"i"',035 en maximum et long de 0""",J3. Il possédait ainsi que tous les individus plus petits et beaucoup plus gros que lui, un nu-

1. Dcpiiis lors lÉims axiiiis rm|ii(innii'iil eu l'iucusiiui irobsem'i- ilcs jt'iines luniies de Sleiilor (Note de I8ti0).

cléus ovale. Cet organe était même chez quelques-uns tout à fait sphéroïtlal. Comme terme de comparaison nous ajouterons que les individus adultes à demi contractés comme celui de la lig. 2 (PI. IX) étaient longs d'environ 0'""',35 et larges de 0'""','14. Cependant on en trouvait de plus gros encore. Lorsqu'ils étaient allongés, ils pouvaient atteindre une longueur de 0'"'",52.

La plupart des jeunes exemplaires étaient incolores ; quelques-uns renfermaient déjà (juelques grains de chlorophylle isolés. Parfois nous pouvions aussi reconnaître chez eux les soies plus longues qui sont semées à intervalles réguliers entre les cils des Stentor , d'autres fois nous ne réussissions pas à les distmguer, ce qui tenait peut-être uniquement aux conditions d'éclairage.

On voit donc que l'embryon des Stentor n'a pas besoin de subir de métamorphoses bien considérables pour devenir semblable à son parent et nous ne croyons pas qu'il ait été ni figuré ni décrit par aucun auteur comme devant former un animal à part'.

1. Depuis la rédattiuii île ces lignes, M. Balbiani (JouriiaUlf la l'iijsiologie, 1860, p. 77 et Sa) a publié d'iutéressantes observations sur la lissiparité des .Stentor. Ces observations concordent avec celles de Trembley, et par conséquent avec les nôtres. Cependant M. Balbiani mentionne en outre un fait (|ui nous aurait complètement échappé^ Suivant cet auteur, au moment où la division d'un Stentor ou d'un Spiroslome commence, on voit la longue chaine des grains ovariques (segments du nucléus en tornie de rosaire) se contracter Iciilement et se retirer graduellement des exlrérailés àxï corps vers le centre et, par la cocclescence de tous les grains entre eux, ne former bientôt plus qu'une petite niasse ovoïde et compacte. Cette masse, après être restée quelque temps stationnaire, reprend peu à peu sa forme; primitive en repassant par toutes les apparences qu'elle avait revêtues dans le premier stade de son évolution. Elle finit ainsi par atteindre et même par dépasser de beaucoup sa longueur première, en présentant, à mesure qu'elle s'accroit, des flexuosités de plus en plus nombreuses et prononcées, pour se loger dans U- corps de l'animal en voie de lissiparité. Puis le partage a lieu. Telle est la description de M. Balbiani. Quelque surprenant et énigmatique que paraisse ce phénomène, il faut bien l'admettre, s'il a été exactement observé. Toutefois, malgré l'exactitude qui caractérise généralement les belles observations de M. Balbiani, nous doutons encore, car jamais nous n'avons rien vu de semblable et à moins que M. Balbiani n'ait poursuivi toute cette évolution sur nu seul individu, il pourrait bien avoir été induit en erreur |iar des rapprooliements un peu précipilés. (Note de 1860).

ET LES RHlZOrODES. 193

REPRODUCTION

nms PARAiriEciEnis.

A. PARAMECIUM BURSARIA.

Les premières observations sur la formation d'embryons internes, chez le P. Bursaria, sonl, ainsi que nous l'avons déjà indiqué ailleurs, dues à M. Focke '. Le parenchyme du corps de cetinfusoire est semé, comme on sait, de trichocystes fusiformes. — Sur la face interne des parois du corps, ou parfois assez profondément dans le parenchyme lui-même, se trouvent des corpuscules bien connus, sur lesquels il n'y a pas grand'chose à dire, si ce n'est que M. Ehrenberg les considère comme des œufs, opinion qui ne repose sur aucune base quelconque ". Tantôt ils sont d'un gris pâle, ou tout à fait incolores; tantôt verts en tout ou en partie. D'ordinaire, on voit un certain nombre de granules tout semblables, qui circulent avec les aliments dans la partie digestive.

I. Amtliclier Bericlit ilcr Naturlorscherversamiiilimjj! in Breuien, IKI-i, p. 110.

i. M. Werneck nomme, sans plus amples fornialit/'S, le noyau pins olaii- Je ces granules une vésicule germinalive.

^g/i ÉTUDES SUR LES INFUSOIRES

Il est probable qu'ils ont été détachés des parois du corps. Il ne paraît pas possible d'admettre une distinction d'espèces, basée seulement sur la présence ou l'absence de la chlorophylle, bien que les individus incolores prennent en i^énéral une l'orme un peu diliérente de celle des autres. Les individus verts nagent, en généial, de manière à ce que la face aplatie de leur corps soit exactement leur face ventrale, si bien que la bouche se trouve alors au milieu de la face inférieure, et que les vésicules contractiles sont situées sur la face dorsale médiane. Les individus incolores, au contraire, aplatissent leur corps d'une manière un peu différente, de sorte que la face aplatie ne correspond plus exactement au côté ventral, et que leur bouche se trouve placée du côté droit de leur ligne médiane, tandis que les vésicules contractiles sont repoussées tout à fait du côté gauche. Cependant, on rencontre aussi de temps à autre des individus verts qui affectent la forme d'individus incolores, comme, par exemple, celui que nous avons représenté sur notre planche (PI. X, fig. 20), et vice versa.

M. Focke croyait avoir trouvé les embryons dans le nucléus, qu'il qualilie par suite, ni plus ni moins que d'utérus. M. Cohn ' éleva des doutes contre cette manière de voir, parce qu'ayant écrasé des Paramecimn Bursario, renfermant des embryons, il avait trouvé le nucléus à côté de ceux-ci. M. Slein arriva par la même expérience au même résultat, et s'appuyant sur des observations faites par' lui, au sujet de la Podophrya fixa, il pense que les embryons se forment à côté du m?/c/«o/<', mais sans participation inunédiate de celui-ci. Nous-mêmes, nous n'avons observé chez ce Paramecium que des embryons déjà tout formés et renfermés dans une cavité spéciale, tandis que le nucléus se trouvait en outre toujours présent. Les premiers stades de développement nous ayant donc échappé, ce n'est que par analogie que nous pouvons nous faire une idée du mode de formation des embryons chez le Paramecium Bur.saria. Il est peu probable que nous soyons conduits par là sur une fausse voie, car nous avons fait des observations très intéressantes et assez complètes sur la première origine de l'embryon de deux autres espèces appartenant à ce même genre Paramecium. Ces observations nous ont conduits à un résultat auquel ne s'oppose aucun fait connu, et qui concorde parfaitement avec le mode de développement que nous avons eu l'occasion d'observer chez les Stentors et les Epistylis.

I. Zeitscliiill liii' wissensohattliclie Zoologie. Ul''' Haiid.

Nous rapporterons brièvement que les premiers stades de développement ries embryons, observés par M. Stein, répondaient à une époque où ceux-ci sont rléjà munis de vésicules contractiles. Nous avons vu, nous-mêmes, des embryons enfermés dans une cavité particulière, et possédant déjà une vésicule contractile et un nucléus. Au commencement de notre observation, sa surface ne présentait pas encore de cils distincts, mais peu à peu nous les vîmes apparaître plus clairement. Dans un autre cas, nous trouvâmes quatre embryons de diverses grosseurs, enfermés dans une cavité commune. L'un d'eux était cilié dès l'origine ; chez les autres, nous vîmes les ondulations des cils commencer à se manifester plus tard seulement. Chacun possédait déjà son nucléus et sa vésicule contractile. Nous eûmes la satisfaction d'assister cette fois là à l'acte même de la parturition. 11 se forma derrière la bouche un canal, an travers du parenchyme du corps de l'animal-parent. Le canal vint s'ouvrir à la surface, et les embryons s'échappèrent. Deux d'entre ceux-ci sortirent immédiatement, l'un après l'autre, puis vint une pause de plus d'une demi-heure. Au bout de ce temps, le troisième embryon gagna l'extérieur et, dix minutes plus tard, le dernier suivit son exemple. 51. Cohn dit que les embryons sortent d'ordinaire à une certaine place déterminée, qui coïncide parfaitement avec celle observée par nous. Cependant il vit une fois deux embryons sortiien même temps, à deux places diii'érentes du corps. M. Stein n'a jamais vu le moment de la parturition; cependant il a observé l'embryon peu de temps après que celui-ci eut quitté le sein de son parent.

Les trois observateurs qui ont étudié avant nous la foniiation des embryons chez le Paramecium Bursaria, savoir : MM. Focke, Cohn et Stein s'accordent assez entre eux dans la description qu'ils font de ces derniers, et, en effet, leurs données concordent parfaitement avec nos propres observations. L'embryon est un corps ovale, allongé, presque cylindrique (PI. X, fig.23 et 24) et légèrement aplati. Sa surface, entièrement ciliée, présente deux ou trois petits processus terminés en bouton. Ceux-ci ne sont pas toujours présents, au dire de M. Cohn, qui les considère, de même que M. Stein, comme des filaments gélatineux éphémères. MM. Focke et Cohn attribuent à cet embryon deux vésicules contractiles. M. Stein dit qu'il en possède une ou deux. Ouant à nous, il nous a été impossible d'en voir plus d'une. Comme MM. Cohn et Stein, nous n'avons vu que des embryons parfaitement incolores. M. Focke, au contraire, prétend en avoir observé

196 ÉTUDES SUR LKS (NFUSIURES

qui contenaient déjà des granules de chlorophylle. Il est fort possible, selon nous, que les embryons en renferment en eiï'et quelquefois, de la même manière que nous avons vu souvent, chez VOphryodendron abictinum, certains embryons renfermer les corpuscules particuliers à cet animal, bien que d'antres n'en continssent point.

Personne n'a malheureusement réussi jusqu'à ce jour à observer directement quel est le sort qui attend les embryons des Paramccmni Biirsaria. M. Stein émet l'idée, assez vraisemblable à nos yeux, que ces jeunes individus se miuiissent d'une bouche, organe qui leur fait défaut au moment de leur naissance, et que, subissant une légère modification, ils deviennent semblables à leur parent'.

Les mesures suivantes, ayant rapport au développement du P. Bursaria, sont peutêtre susceplibles d'offrir quelque intérêt.

Longueur des embryons observés par nous. . . 0""",040 — 0,052

Epaisseur du côté mince 0, 043 — 0,017

Epaisseur du côté large 0, 018—0,020

Les embryons observés par M. Gohn semblent avoir été plus petits que les nôtres. Il donne, en effet, les mesures suivantes :

Longueur (1/125 — 1/70 de hgne) 0""", 01 7— 0,059

Largeur (1/200 — 1/166 de ligne) .... 0, 010—0,016

Comme point de comparaison; nous donnerons encore les mesures suivantes :

Longueur des plus gros P. Bmsuria observés par nou.s. . . . 0""",180 Largeur maximum 0, 070

I. Celle liypolliése ilc M. Slcin a tioiivé ri-eeiiinient une emiliiiiiation ciiiiipleli' llaIl,■^ les reclicitiics de M. lialbiaiii (.loiiriial de la Physiologie, 18n«, p. ii'), qui a vii les jeiinos embiyoïis perdre les pelils (ilanieiils lermiiiésoii bouton, acquérir une boiiclie et devenir en peu de temps seniblal)les a leurs parenls. Il est vrai ipie M. Stein a, daus l'intervalle iTageblatt der Versammlung der Naturforsclier nnd Aeizle u\ Wien, 1830, w" 5, et der Orgaulsmus dei- Infusionslliiere, Leipzig, IM.ïi)), abandonné sou liypotlitse, puisqu'il admet que ees embryons, gardant les petits Ulanients terminés ■^n boulon cl perdant lonr revèleiiienl ciliaiie, se lixent sur quelque eorps étranger pour s"y transformer eu Podopluya.

ET LES RHIZOrODES. -j 97

Les plus petits exemplaires du Paramccmm Bursaria, déjà munis de bouche, qui aient été observés par M. Slein, étaient longs de i/43 de ligne; leui grosseur coirespondait donc à peu près à celle des plus gros embryons que nous ayons observés.

B. PARAMECIUM PITRINUM.

Nous avons été assez heureux pour observer chez cette espèce la formation des embryons, d'une manière assez complète. Le nucléus atteint en moyenne une longueur de 0""",030; il a une apparence assez homogène, et il est, en général, réniforme. Nous avons observé souvent, dans cet organe, une division spontanée; nous avons vu le nucléus entier se renfler, ou bien, dans d'autres cas oij le nucléus était étranglé, la tuméfaction se restreindre à l'une des moitiés de l'organe. Parfois, aussi, c'étaient des fragments déjà complètement séparés du nucléus, mais olîrant la même apparence que la substance de celui-ri, qui subissaient les modifications suivantes. Dans ces parties renflées nous aperçûmes souvent un nombre plus ou moins considéiable de petits globules, dont le diamètre ne dépassait pas 0™'",003 à 0»'"\010. Lorsque l'observation se prolongeait un certain temps, nous en voyions grossir quelques-uns. Dans les plus gros on pouvait voii' une tache, qui paraissait plus ou moins claire, selon que l'objet était plus ou moins exactement au foyer. Celte tache paraissait et disparaissait alternativement avec une grande régularité, de sorte qu'on ne tardait pas à reconnaître en elle une vésicule contractile avec son rliythme normal. Chez de plus petits individus, la tache était également présente, sans qu'on pût cependant constater chez elle l'existence de contractions (Voy. PI. X, fig. 17 et 18, deux nucléus renfermant des globules).

Les petits globules représentaient évidemment diverses phases du développement des embryons. Ceux-ci paraissaient donc se développer , tantôt dans le nucléus même, tantôt dans un fragment séparé de celui-ci par une division spontanée.

Chez d'autres Parameeium piitrinum, nous observâmes un état plus avancé du développement des jeunes individus. Ces Parameeium renfermaient, en effet, déjeunes embryons déjà tout formés, munis d'une vésicule contractile, et couverts de cils fort longs. La longueur de ces embryons variait entre ()""", 008 et 0""'\0'I3, tandis que leur longueur oscillait entre 0""", 006 et 0,008. Ils correspondaient donc parfaitement, pour ce qui tient à la grosseur, aux plus gros des embryons encore dépourvus de cils. Ils étaient renfermés chacun isolément dans ime cavité spéciale (V\. V, fig. 19) qui n'était probablement qu'une goutte liquide au milieu du chyme plus épais remplissant la cavité digestive du parent. Ils s'agitaient vivement dans cette étroite prison, et prenaient part avec elle à la circulation générale des matières contenues dans la cavité digestive du parent. Nous ne pûmes malheureusement réussir à épier le moment même de la parturition. Par contre, on voyait dans l'eau un assez grand nombre de petits animalcules dont la forme correspondait exactement à celle des embryons. — On nous objectera, sans doute, qu'il est alors fort possible que nous n'ayons eu à faire qu'à de petits êtres précédemment avalés par les Parameeium, mais cela n'est pas possible, car nous les avons observés durant des heures entières, et, pendant cet espace de temps, toute espèce de particule nutriîive aurait di'i être entièrement digérée. Nos animalcules, au contraire, continuaient à s'agiter avec une vivacité extrême. Nous n'avons, du reste, jamais vu de Parameeium avalei' d'animalcules de cette taille, surtout lorsque e^ux-ci sont aussi alertes que ces petits embryons.

La forme des embryons du Paramecmm pulrimim s'écarte notablement de celle des embryons du P. Bursarid. Outre qu'ils sont passablement plus petits de taille, ils se distinguent tout particulièrement par leur forme ovoïde un peu plus mince à l'une des extrémités qu'à l'autre, de la forme presque cylindrique des seconds. Nous avons déjà dit que leurs cils sont relativement fort longs. En effet, non-seulement ils atteignent souvent une longueur égale à celle du corps, mais encore ils la dépassent. On peut même dire hardiment que ces cils sont, absolument parlant, bien plus longs que ceux des embryons du Parameeium Bursaria, quoi que ceux-ci soient beaucoup plus gros.

Nous avons encore à mentionner un lait curieux : Ciiez les Paramecium putrimiiii qui ne sont pas dans le moment de la formation des embryons, le nucléus occupe d'ordinaire une place déterminée dans la moitié postérieure du corps. Chez les individus qui produisent des embryons internes, au contraire, ce nucléus se trouvait tantôt ici, tantôt là, sans règle lixe, et même sa position variait chez le même individu d'un moment à l'autre. De même, lorsque les embryons étaient lormés non pas dans le nucléus lui-même, mais dans un fragment détaché de celui-ci, ce fragment pouvait tantôt se trouver à côté du nucléus, tantôt s'en éloigner considérablement.

La longueur des Parani/'ciiim pulrinnm que nous avons observés oscillait entre 0'"'",087 etO,4^'2. Ils étaient à peu près deux fois aussi longs que larges.

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