I. y.iii' Analoinie lier Tritliodina. Muller's 1855, p
cirrhes buccaux cliez cette même T. Pedicidus. Toutefois, si ses descriptions sont justes, ses figures, un peu trop théoriques, laissent beaucoup à désirer. Chez hi T. Mitra, M. Stein décrit la distribution des cirrhes d'une manière bien moins exacte. L'organe vibratile est, selon lui, bombé en forme d'une coupole, au pied de laquelle, sur le côté, est placée la bouche (entrée du vestibule). De l'ouverture buccale, M. Stein fait monter une rangée de cirrhes jusqu'au sommet de la coupole, puis il la fait redescendre, de l'autre côté, jusqu'à rai-hauteur de cette coupole. En outre, il décrit une seconde rangée de cirrhes, qui, partant également de l'entrée du vestibule, se dirige en sens contraire et descend sur le côté du corps, pour cesser après un parcours peu considérable. Ces deux rangées forment donc une zone de cirrhes verticale, perpendiculaire au plan de la couronne -ciliaire postérieure, et cette zone doit correspondre « au cercle ciliaire horizontal » (spire buccale) de la T. Pediculiis. — Nos observations ne s'accordent nullement avec ces données de M. Stein. Nous ne pouvons trouver aucune différence essentielle entre la spire buccale de la T. Mitra et celle de la T. Pediculus ou celle des autres Vorticellines. Nous représentons sur une de nos planches la T. Mitra (parasite de la Planaria torva) vue de profd (V. PI. IV, Fig. 7). La forme que nous donnons à l'animal est celle qu'on a le plus souvent l'occasion d'observer : l'axe du corps est très-fortement incliné sur le plan de l'organe fixateur, tandis que le plan du disque vibratile est à peu près parallèle à ce dernier : a h est la partie de la spire buccale qui est située sur la face ventrale et le côté gauche ; h c (non visible dans la figure) est la continuation de cette spire sur le dos et le côté droit; en c la spire reparaît sur la face ventrale et descend par l'entrée (o') du vestibule dans l'intérieur de celui-ci. Jamais nous n'avons pu voir d'autres cirrhes que ceux-là. En particulier, il n'en existe pas qui, partant de l'entrée du vestibule, descendent sur le côté du corps.
M. Stein nous a donné une description exacte de l'appareil fixateur des deux espèces déjà mentionnées, et il a constaté que leur organe moteur est une couronne de cils vibratiles et non une membrane ondulante, eomme l'avait cm M. de Siebold. M. Busch a depuis lors émis une opinion intermédiaire. Il pense que les cils sont libres seulement près de leur pointe, mais qu'ils sont intimement unis les uns aux autres près de
leur base. L'organe moteur serait donc une membrane ondulante dont le bord libre s'effilerait en cils. Nous pensons cependant que cette opinion n'est pas fondée, et que les cils sont indépendants les uns des autres, comme c'est l'opinion de M. Stein. Il est parfaitement vrai qu'on ne peut poursuivre en général chaque cil jusqu'à sa base, mais cela provient uniiiuement de ce que les cils, dans leurs mouvements, ne divergent pas autant à leur base qu'à leur pointe. M. Stein reproche à MM. E hrenberg et Dujardin d'avoir méconnu les dents internes du cercle à apparence cornée de l'appareil fixateur chez la Tr. Pediculus. Toutefois, il existe bien réellement une espèce chez laquelle ces dents font défaut. Nous-la dédions à M. Stein, et ces trois espèces se caractérisent par suite de la manière suivante :
i» Trichodina Mitra. Sieb. Vergl. Anal., p 12.
DiAGNOSE. Triiliodine à cercle de rdrj^anc Kxateur, dépomvii de dents.
(V. Stein. Die liifusionslliieie, p. 174 et suiv., pi. VI, fig. à".)
2» Trichodina Pediculus. Ehr. M., p. 2G5, pi. XXIV, fig. IV.
(Syn. Urceolaria Slellinu Diij. Inf., p. S27, pi. XVI, iig. 2.) DUGSOSE. Triehodine à cercle de l'organe fixateur dentelé, soit en dedans, soit en deliois. ;V. Stein. Die lufnsiunslliiore, p. 175 et suiv., pi. VI, lig. jS-.'ici.)
3° Trichodina Steiiiii.
(V. Pl.TI, Fig. (3-7.)
DiAGNOSE. Tridiodine à cercle de l'organe lixateur, dentelé seulement en dehors.
Nous avons observé cette espèce une seule fois, en 1855, mais en grande abondance. C'était, sauf erreur (car nous avons malheureusement négligé de noter ce point important), sur des Planaires.
Cette espèce nous a présenté une particularité intéressante. Lorsqu'on la considère d'en haut (V. PI. IV, Fig. 6), c'est-à-dire perpendiculairement au plan du disque vibratile, on distingue plusieurs cercles concentriques, dont, tantôt les uns, tantôt l.es autres, deviennent plus distincts, selon qu'on élève ou qu'on abaisse le foyer du microscope. Le cercle le plus externe est formé par la périphérie du corps, et il est suivi de près par un autre {d), (jui est le contour du disque vibratile (nous n'en avons pas dessiné les cirrhes afin de ne pas embrouiller la figure). Le cercle le plus interne (c) est le cercle à apparence cornée de l'organe lixateur. Parfois on peut aussi distinguer, chez
ET I.KS IÎIllZ(tPODES. 134
les individus très-transparenls, le cercle {m) qui correspond au bord libre de la membrane de cet organe. Enlin, on aperçoit un dernier cercle (p), situé immédiatement en dedans du contour du disque vibratile ((/), cercle qui présente des dentelures ou pointes saillantes en dedans. Ce cercle reste distinct pour des hauteurs très-différentes du foyer, ce qui montre qu'il ne représente que la coupe d'un cylindre vertical. Nous ne pouvons reconnaître dans ce cylindre cannelé que la limite interne des parois du corps. En dehors de ce cercle se trouve le parenchyme, en dedans est la cavité digestive. Si cette manière de voir est exacte, il est intéressant de noter l'existence des cannelures de cette paroi du corps, qui rappelle quelque peu les palis des polypes.
En considérant cette même figure, on peut s'assurer que la vésicule contractile {v r) n'est point placée aussi près du vestibule (u) ou de l'œsophage que chez la plupart des autres Vorticellines.
Le nombre des dents de l'appareil fixateur n'est point constant. En général, il varie entre 25 et 80, mais parfois aussi en dehors de ces limites.
Les Trichodines, qui vivent sur les branchies de la plupart de nos poissons, n'appartiennent certainement pas toutes à la même espèce. Nous signalerons, en passant, une espèce, fort petite et fort élégante, qui habite sur les branchies du Cobitis Tœiiia, près de Berlin, mais que nous n'avons pas étudiée suffisamment pour la décrire ici.
La Tnchodina Grandinella Ehr. n'est point une Vorticelline, mais appartient à la famille des Halterina. Il en est de même de la T. vorax Ehr. et de la T. Volvox Eichw.
APPENDICE A LA FAMILLE DES VORTICELLINES. A. Genre SPIROCHONA Stein.
Nous pensons devoir mentionner ici le genre Spirochona de M. Stein, dont la position nous paraît encore un peu douteuse. M. Stein le place sans hésitation parmi les Vorticellines, et il n'est, en effet, pas improbable que les véritables alBnités des Spirochona se trouvent dans cette famille. Pour ce qui nous concerne, nous n'avons rencontré qu'une ou deux fois la Spirochona yemmipara Stein, sur des Gammarus des
environs de Berlin, mais chaque fois dans des circonstances qui ne nous permettaient pas de les étudier; nous sommes donc obligés de nous en tenir à ce que M. Stein dit au sujet de ces animaux.
M. Stein dessine, soit chez la Sp. f/emmipara, soit chez la Sp. Schcutenii, la spire buccale comme étant léotrope, tandis que, chez les Vorticellines, elle est toujours dexiotrope. Si donc les dessins de M. Stein ne renferment aucune erreur à cet égard, il n'est pas improbable que les Spirochones devront former une famille à part, d'autant plus qu'il n'est pas encore démontré qu'elles aient un organe viLratile semblable à celui des Vorticellines. — Cependant, nous ne pouvons ajouter, pour le moment, trop d'importance à cette circonstance, puisque M. Stein, n'ayant pas reconnu l'existence d'une spire buccale chez les Vorticellines, n'a pu avoir connaissance de la direction de cette spire, et n'a, par suite, pas mis trop d'importance à la direction de la spire des Spirochones. — La suite devra donc nous apprendre si les Spirochones sont, oui ou non, de vraies Vorticellines.
B. Genre TRICHODINOPSIS.
(V. p: . IV, Ki<;. 1-5.)
Nous formons le genre Trichodinopds pour un anmial fort singulier, dont la place dans le système semble encore être des plus douteuses. Par sa forme extérieure, cet infusoire est une vraie Trichodine munie de son appareil fixateur, mais sa surface entière est couverte d'un habit ciliaire très-développé. Une Vorticelline ciliée, c'est certainement quelque chose de très-nouveau. Un examen attentif de l'appareil digestif ne tarde pas à montrer, du reste, des différences importantes entre les Trichodinopsis et les Vorticellines. Il existe bien chez elles une spire buccale, portée par une espèce d'organe vibratile, et cette spire paraît bien avoir la direction normale, mais, à la place du vestibule et de l'œsophage accoutumés, on trouve un appareil tout spécial qui n'a d'analogie chez aucun infusoire connu.
La Trichodinopsis parado.ro {V . PI. V, Fig. 1) habite par myriades l'intestin du Cydostoma elegans, et se trouve parfois aussi dans la cavité pulmonaire du même mollusque. Son corps représente un cône tronqué, dont la base est légèrement excavée et entourée d'un épais bourrelet. La surface du corps est tapissée de longs cils, implantés de manière à ce que la pointe soit toujours dirigée vers la partie antérieure
de l'animal. Ces cils ondulent d'une manière toute particulière, qui est propre à beaucoup d'autres infusoires parasites, en particulier à plusieurs Plagiotomes et Opalines. L'animal se promène sur la muqueuse du Cyclostome, en tenant toujours son organe fixateur tourné contre elle. Cet organe (Fig. '2) se compose, comme chez les Trichodines, d'un cercle à apparence cornée et d'une membrane susceptible de se voûter en forme de cupule. La largeur totale de cet appaieil est de 0"'"', 59; celle du cercle solide O'"'", 48. Le cercle lui-même est épais de 0"'"% 026,61 présente une sculpture tout-à-fait semblable à la torsion d'une corde. Des traces d'une torsion semblable se voient, du reste, aussi parfois chez les Trichodines. La surface plane, située à l'intérieur de ce cercle, est la seule partie de la surface du corps qui ne soit pas ciliée. A un très-fort grossissement, on y reconnaît un chagrin très-hn, mais très-régulier, et, en outic, des stries radiaires très-délicates, qui partent du bord du cercle et vont se perdant vers le centre. La couronne ciliaire est composée de cils plus vigoureux que ceux du reste du corps, et elle est implantée, comme chez les Trichodines, à l'extérieur de l'organe fixateur et tout autour de celui-ci.
La spire buccale est formée par des cirihes plus forts que les cils de la surface du corps. Elle nous a paru avoir la même direction que celles des Vorticellines; mais, au lieu de descendre dans nn vestibule constitué comme celui de ces dernières, elle conduit dans une espèce de canal compris entre deux cadres triangulaires, allongés (Fig. 3). Nous ne pensons du moins pas pouvoir décrire mieux l'apparence que nous aprésentéece singulier appareil, qu'en la comparant à celle de deux cadres triangulaires égaux, dont l'un des côtés serait beaucoup plus court que les deux autres. Ces deux triangles sont adjacents l'un à l'autre par l'un des longs côtés, de manière à former un angle dièdre. Ils ont, en un mot, une arête commune. Nous n'avons pas réussi à nous rendre compte d'une manière satisfaisante des fonctions de ce singulier appareil, ni de la distribution des cils qu'on aperçoit s'agitant dans son voisinage. Cette partie de l'organisation des Trichodinopsis nécessitera une révision scrupuleuse, et ce n'est qu'après cette révision qu'il sera permis de décider si ces animaux doivent, oui ou non, être placés auprès de la famille des Vortieellines.
L'observation de l'appareil buccal est d'autant plus difficile que cet appaieil est à demi enveloppé par un large nucléus qui diminue la transparence. Ce nucléus est une
plaque en général plus ou moins triangulaire et courbée en gouttière autour de l'appareil buccal. L'un des côtés de ce triangle, à savoir celui dont la direction se rapproche le plus d'un parallélisme complet avec l'axe du corps, est en général découpé en plusieurs lambeaux, souvent plus ou moins renflés (V. Fig. 4 et 5).
La vésicule contractile est unique et placée dans la partie supérieure du corps.
Lorsqu'on tue la Trichod'mopsis paradoxa par l'acide acétique, on voit se dessiner d'une manière fort nette un organe, en forme de calotte solide, qui est immédiatement superposé à l'appareil fixateur (V. Fig. i., p.). La fonction de cet organe nous est restée totalement inconnue. Est-ce peut-être une masse musculaire destinée à faire mouvoir cet appareil ?
La longueur totale de la Trichodinopsis paradoxa est d'environ 0"""', 13; sa largeur, de 0'"'", 078.
Les Cyclostomes, dans l'intestin et la cavité pulmonaire desquels nous les avons rencontrés, ont été recueillis sur le coteau de Pinchat, près de Genève.
II« Famille. — l KOrEIVTRi]«A .
La famille des Urocentrinâ est limitée, pour le moment, à Y Vrocentrum Turbo Ehr. (Infus., p. 208, PI. XXIV, Fig. VII), animal très-répandu, qui n'a pas été suffisamment étudié jusqu'ici. La rapidité excessive de cet infusoire en rend l'étude fort difficile; et comme, de plus, nous avons égaré quelques esquisses que nous en avions faites, il y a déjà quelques années, nous ne pouvons pas dire grand'chose à son sujet. — Nous avons placé dans le tableau de classification les Urocentrina parmi les infusoires ciliés à spire buccale Iseotrope. Toutefois, nous n'oserions, vu la perte de nos esquisses, assurer qu'il n'y ait aucune erreur à ce sujet. La bouche n'est pas, dans tous les cas, placée là où la dessine M. Ehrenberg, mais elle est logée dans le sillon
ET LES lîIlIZorODES. 135
transversal médian que représente cet auteur. Ce sillon n'est, du reste, point exactement transversal, mais oblique. C'est la partie inférieure du sillon qui porte les cirrhes buccaux. La vésicule contractile est placée tout près de l'extrémité postérieure du corps.
Quant à l'organe que M. Ebrenbeig désigne sous le nom d'un poinçon en forme de queue, il est formé par de longs cils agglomérés en un faisceau.
La place de l'orifice anal ne nous est pas connue d'une manière positive, mais il n'est pas probable que cet orifice occupe, relativement à la bouche, la même position que chez les Vorticellines. M. Lachmann paraît même s'être convaincu qu'il est placé à l'extrémité postérieure.
III» Famille. — OXITRICfllKA.
La famille des Oxytrichiens, telle que nous l'avons déhmitée, correspond à peu près exactement aux trois familles des Aspidiscina, Oxytrichina et Eitplotina de M. Ehrenberg. La famille des Aspidiscina devait forcément disparaître, attendu qu'elle était basée sur un caractère erroné. Tandis, en effet, que M. Ehrenberg classait avec raison ses Euplotina et ses Oxytrichina. dans son ordre des Catoireto, comme ayant la bouche et l'anus sur la face ventrale, il assignait à ses Aspidiscina une place parmi ses AIlotreta, sous le prétexte que leur anus est terminal. Cependant l'anus est, chez eux, placé sur la face ventrale tout aussi bien que chez les deux autres familles. Quant à la distinction que M. Ehrenberg faisait entre ses Euplotina et ses Oxytrichina, elle est trop peu importante pour justifier la formation de deux familles. Dans la classification du savant Berlinois, les Enplotina sont munis d'une cuirasse, et les Oxytrichinu en sont dépourvus, distinction très-claire sur le papier, mais qui l'est fort peu dans la pratique. En effet, la cuirasse des Euplotina n'est point un fourreau distinct du corps, comme
celui des Cothurnies et des Vaginicoles, ni même une cuirasse exactement adhérente, mais bien distincte, comme celle des Dystériens. Elle n'a, dans le fond, pas d'existence réelle en tant qu'organe à part. C'est une pure apparence produite par une certaine raideur dans les téguments et dans le parenchyme. La cuirasse diflïue aussi rapidement que le reste du parenchyme. Il n'est donc pas possible de distinguer les genres cuirassés {Euplotina de M. Ehrenberg, Plœsconiens de M. Dujardin) des genres non cuirassés {Oxijtrichina de M. Ehrenberg, Kéroiiiens de M. Dujardin). En effet, les premiers ne sont pas réellement cuirassés, mais n'ont quiine apparence de cuirasse, comme dit M. Dujardin, et les derniers ne sont pas dépourvus de toute apparence semblable. Ce n'est que grâce à une raideur de téguments analogue à celle de la prétendue carapace des Euplotes, que les Stylonychia et les Oxytricha ont un front distinct du dos.
Plusieurs des genres qui ont été réunis jusqu'ici avec les Oxytrichiniens doivent en être éloignés comme troublant l'homogénéité de la famille. Tel est le genre llalteria, que M. Dujardin range, on ne sait pourquoi, parmi ses Kéroniens, et qui doit former une famille à part. Tel est encore le genre Loxodes Duj., qui contient uniquement des animaux appartenant au genre Chilodon de M. Ehrenberg et qui n'offre aucune ailinilé avec les Oxytrichiniens. — Le genre Chlamidodon Ehr. est fondé sur une espèce marine à nous inconnue (C. Mnemosyne Ehr., p. 377, PI. XLII, Fig. VIII), mais qui n'a, bien certainement, rien à faire avec les Oxytrichiens. M. Lieberkûhn, qui a eu l'occasion d'observer le Chlamidodon Mnemosijnc dans la Baltique, près de Wismar, nous affirme que c'est un animal très-voisin des Chilodon : ce que nous sommes fort disposés à croire. — Les genres Discocephaliis Ehr. et Ceratidium Ehr. sont basés, par M. Ehrenberg, sur des êtres trop imparfaitement observés pour qu'il soit possible de leur accorder une place dans la nomenclature. Il en est de même des genres Stichotricha et Mitopitora de M.Perty. Les genres Kerôna Ehr. {Alastor Perty) et Himantophorus Ehr. nous sont malheureusement restés inconnus. Le premier se distingue des Stylonichies, et le second des Euplotes par l'absence des pieds-rames. Quant au genre Urostyla Ehr., nous aurons l'occasion d'en parler à propos des Oxytriques (V. 0. Urostyla). La famille fort peu natmelle des Cobalina, que M. Perty
KT LKs nmzoriiDES. 1 37
intercale entre ses Oxytrichina et ses Eiiplotiiia renferme des genres très-hétérogènes, dont un seul, celui des Alastor Perty {Keroiia Ehr.), est voisin des Oxytrichiens'.
La lamilie des Oxytri chiens renferme tous les infusoires marcheurs. Les extrémités que présentent ces nuiniaux peuvent se classer sous différentes rubriques que nous avons déjèi ou l'occasion de mentionner ailleurs sous les noms de pieds-crochets, de pieds-rames, de picds-cirrhes, de cirrhes marginaux, de soies. Les pieds-crochets ont été désignés par M. Ehrenberg sous les noms de Hakeii, Hakenfâsse et imcini, et par M. Dujardin, sous celui de pieds corniculés. Les pieds-rames sont les sti/li ou Griffe!, de la nomenclature de M. Elirenberg. Nous préférons le nom de pieds-rames (Ruderfùsso) parce que les appendices dont il s'agit ne sont jamais pointus, comme le pourrail faire supposer le nom de stijlf, mais larges et aplatis comme une rame. — Quant aux pieds-crochets, ils ne sont pas essentiellement différents des pieds-cirrhes. Les premiers se trouvent en particulier chez les Euplotes et les Stylonychies, et se meuvent comme de véritables pieds. Les seconds, qu'on trouve par exemple chez les Oxytriques, sont plus fins et s'agitent, dans des sens divers, d'une manicM^e qui rappelle déjà les mouvements des cils d'autres infusoires.
Soit les pieds-rames, soit les pieds-crochets, ainsi que les pieds-cirrhes et les cirrhes marginaux , sont susceptibles , dans toute la famille des Oxytrichiens , de se fendre dans le sens de leur longueur et de se transformer ainsi en un faisceau de soies fines, dont chacune peut s'agiter pour son propre compte (V. PI. VI, Fig. d, A, B et G . On voit cette division des appendices se manifester toutes les fois qu'un Oxytricliien a trop peu d'espace pour circuler librement entre les deux plaques de verre du porte-objet. Aussi est- il souvent fort difficile de compter le nombre réel des appendices d'une Stylonychie, parce que ce nombre se trouve plus grand à la fin de l'observation qu'au commencement. Cependant, la cause de cette difliculté une fois connue, il est facile d'éviter les erreurs qui pourraient en résulter.— Les cirrhes dont est muni le bord antérieur de l'animal, cirrhes que M. Ehren-
I. Qiiaiil au |iai-asilo de riiitcsliii du Julas inarginulus, ipiu M. Lcidy a décrit sous le nom de Nyclilhmis velox (Procecdings of the Akademy ol' Natural Sciences of Philadelpliia, vol. IV, p 2-5) el qu'il prétend être un infusoire prodie parent des Enplotes, il nVst pas probable (pi'il appartionneà la l'aniillo des Oxytrichiens. Toutefois, la description de M. Leidy ne nous permet pas de décider dans (pielle famille il doit rentrer.
berg désigne sous le nom de arrhes frontaux, ne paraissent pas être susceptibles de se diviser de la même manière.
Certains genres de cette famille iSchizopus, Campi/lopuf:) offrent, outre les appendices déjà mentionnés, des extrémités, dont le lieu d'implantation est très-remarquable. Ce sont de véritables pieds dorsaux, en ce sens que leur base n'est point fixée sur la face ventrale de l'animal, mais dans une excavation de la face dorsale. Ces pieds sont dirigés horizontalement, c'est-à-dire à peu près parallèlement à l'axe du corps, et ne servent pas à la marche. Ils sont susceptibles de se fendre longitudinalement jusqu'au bas, comme les appendices de la face ventrale.
Chez toutes les espèces jusqu'ici connues, la vésicule contractile est unique et l'anus est situé sur la face ventrale, du côté droit, non loin ilu bord postérieur. L'œsophage est toujours fort court.
Tableau Jcs genres de la famille des Ovylrichiens.
/ Partie aiiU'iieiire non Des pieds-eiiihcs distribués en ran- \ prolongée en forme gées régulières, longitudinales ou { decolbérissédesoies 1. OXYTRIÇ.HA.
Descnrliesmar- ^ obliques. J Partie antérieure pro-
■< i ginau\. ) f longée en forme de
col hérissé desoies. 2. STICHOCH-ETA.
Des pieds crocbels nou distribués eu rangées régulières 5. STYLONYCHIA.
f- j r> • 1 <■ ( l>cs pieds CIO- ( Pas de pieds dorsauv. i. EUPLOTES.
>. / / Des cirrbes fron- \ ' ) '
X\ Pas de cirrbes \ ,„ { cbels. ( Des pieds dorsaux. . . 5. SCHIZOPIIS.
taux, marginaux. { { Pas de pieds crochets 6. CAMPYLOPUS.
( Pas do cirrbes frontaux 7. ASPIDISCA.
i"' Genre. — OXYTRICHA' .
Les Oxytriques sont proches parentes des Stylonychies, dont elles ne se distinguent que par la présence de rangées longitudinales régulières de pieds-cirrhes sur la face ventrale.
1. Il est possible qu'une partie tout au moins des espèces décrites par M. Ebrenberg dans la famille des Enclielia, sous le luiui de Trichodcs, doivent rentrer dans le genre Oxytrique. En tout cas, les Jriclwdn de cet auteur ont tons été trop imparfaitement observés |)onr que la S)stémati(ine actuelle en puisse rien faire.
Les autres caractères distinctifs doulon pourrait être tenté dese servir, tels que les piedsrames ou les pieds-crochets, n'ont aucune valeur réelle. Les pieds-rames des Slylonychies se retrouvent en effet chez plusieurs Oxytriques, bien que dans un état en général rudimentaire, et les pieds-cirrhes des Oxytriques sont fréquemment susceptibles de se mouvoir d'une manière très-analogue à celle des pieds des Stylonychies.
MM. Ehrenberg, Dujardin et Perty ont décrit un grand nombre d'espèces appartenant à ce genre, dont la plupart ne sont malheureusement pas reconnaissables. Ces auteurs n'ont, en général, pas vu les rangées longitudinales de pieds-cirrhes, et, lorsqu'ils les ont aperçus, il ne leur ont accordé qu'une faible importance, négligeant d'en compter le nombre et d'en fixer la position. Or, ce sont précisément ces piedscirrhes qui fournissent les caractères les plus positifs pour la distinction des espèces. M. Dujardin caractérise les Oxytriques comme des animaux sans téguments, munis de cils vibratiles épars, entre lesquels sont d'autres cils plus épais, droits, flexibles, mais non vibratiles, ayant l'apparence de soies roides et de stylets. Il ajoute qu'une rangée régulière de cils obliques plus forts (les cils fronto-buccaux) se voit ordinairement en avant. Il n'est, dans le fait, pas une seule Oxytrique qui pût répondre à une semblable définition.
Il est utile de distinguer chez les Oxytriques, outre les cirrhes fronto-buccaux, deux espèces de cirrhes formant des rangées longitudinales, à savoir les pieds-cirrhes ou cirrhes ventraux, et les cirrhes marginaux. Ces derniers correspondent à ceux que nous désignerons, sous le même nom, chez les Stylonychies. Cette distinction est justifiée par le fait que les pieds-cirrhes forment des rangées assez exactement parallèles entre elles, tandis que les cirrhes marginaux (surtout la rangée gauche) s'éloignent souvent assez notablement de ce parallélisme pour suivre le bord de l'animal. De plus, chez les espèces qui portent en arrière des pieds-rames, les cirrhes ventraux ne dépassent jamais ces extrémités, tandis que les rangées de cirrhes marginaux se prolongent encore en arrière d'elles.
M. Ehrenberg, qui nous a donné jusqu'ici de beaucoup les meilleures figures d'Oxytriques, ne paraît pas s'être bien rendu compte de la configuration de la bouche. Tantôt il la représente comme une fente placée sur la ligne axiale du corps et bordée de cirrhes
particuliers, tantôt il dessine, au contraire, les cirrhes fronto-buccaux comme se continuant dans les deux rangées de cirrhes marginaux.
Du reste, la conformation des Oxytriques est parfaitement identique à celle des Stylonychies, que nous étudierons plus en détail. Leur vésicule contractile est, comme chez ces dernières, toujours située du côté gauche. M. Ehrenberg parle, il est vrai, de deux ou trois vésicules contractiles chez VOx. gibba; mais cet animal ne paraît pas avoir été observé très-exactement par lui, et il ne faut pas oublier que la vésicule contractile se dédouble lorsqu'une division spontanée est près d'avoir lieu. — Le nricléus paraît être doublé chez toutes les espèces. M. Ehrenberg en indique, il est vrai, jusqu'à trois chez son Ox. gibba, mais il est possible qu'il ait eu affaire à un commencement de division spontanée. M. Dujardin se contente de dire que, quelquefois, on voit à l'intérieur des Oxytriques des corps ovales ou arrondis, blancliâtres, demi-transparents, que M. Ehrenberg a pris pour des testicules.
La cavité du corps est relativement plus grande chez beaucoup d'Oxytriques que chez les Stylonychies. Chez ces dernières, cette cavité ne pénètre jamais dans la partie postérieure du corps , et atteint à peine le niveau de la ligne d'implantation des pieds-rames. Chez la plupart des Oxytriques, au contraire, la cavité s'étend jusqu'à l'extrémité postérieure du corps, dont le parenchyme n'est pas plus épais dans cette région que partout ailleurs. Les Oxytriques munies de queue font cependant exception, en ce sens, que la cavité du corps ne s'étend pas, chez elles, au-delà de la base de la queue.
L'anus est placé un peu en avant de l'extrémité postérieure du corps, à droite de la ligne médiane, c'est-à-dire à la base des pieds-rames, chez les espèces qui en possèdent. C'est aussi là que se trouve l'anus chez les Stylonychies. Chez les espèces urodèïes, l'anus est placé naturellement avant la queue.
Les Oxytriques se comportent, sous le rapport du aucléus et de la vésicule contractile, comme les Stylonychies (V. Genre Stijlonijchia) .
ET LES RIIIZOHODES. '141
ESPÈCES
r Oxijlnc/ia Urostyla. (V. PI. V, Fig. 2.)
DiACNOSE. .SL-|it rani;ocs liiiiyiliidiiiale.s de ciiilies sur la laci' vt'iilialc, duiit doux scidciiionl se prulongeiit jusque sons l'air lionlal. Huit ideds-ranies.
Cette espèce atteint une Ibit giande taille. Elle a, en général, une grandeur de O""",^^ et présente toujours une couleur brune intense, due à de petits granules pigmentaires disséminés dans le parenchyme de son corps. Son front est relativement élevé et séparé du dos par un sillon très-prolbnd , dans lequel sont implantés les cirrlios frontaux. La fosse buccale est profondément excavée, et son bord droit forme une sorte de lèvre mince qui domine la fosse, comme le ferait un bord de toit. Sous cette lèvre sont implantés des cirrhes analogues à ceux que nous verrons chez les Stylonychies. Ceux de ces cirrhes qui sont le plus en avant forment un faisceau qui se recourbe en arc du côté de la rangée buccale. Cet arc limite la fosse buccale du côté du front. Il en existe un semblable chez plusieurs autres espèces.
La face ventrale présente sept rangées de cirrhes longitudinales, les marginales comprises. L'extrémité postérieure est munie de huit pieds-rames peu développés, ordinairement un peu infléchis du côté gauche, et compris entre les deux rangées marginales. La rangée marginale droite fait une sinuosité profonde en se rapprochant de la ligne médiane, sinuosité qui est répétée par les rangées ventrales, car celles-ci cheminent assez exactement parallèles avec la rangée marginale droite. — Le front se détache chez cette espèce toujours très-nettement de la face ventrale et laisse complètement sur sa droite la pr.rtie antérieure de la rangée marginale droite et de la première rangée ventrale. La seconde rangée ventrale s'étend, depuis les pieds-rames jusqu'au niveau de la vésicule contractile, sans se continuer au-delà. La troisième et la quatrième, au contraire, s'étendent depuis les pieds-rames jusque sous l'arc frontal, en longeant le bord droit de la fosse buccale. Leur extrémité antéiieure s'infléchit vers la gauche parallèlement au bord du fnmt. L'origine de ces deux rangées se trouve donc séparée de la rangée marginale droite et de la première rangée ventrale par la
142 s^ÉTUDEs si;r les infusoires
moitié (li'ûite de l'arc frontal. 'La cinquième rangée ventrale commence à peu près au niveau de la bouche, un peu à gauche de celle-ci, et s'étend jusqu'aux pieds-rames. Enfin, la rangée marginale gauche prend son origine un peu plus en avant que la cinquième rangée ventrale et suit plus ou moins le bord gauche de l'animal, laissant la vésicule contractile sur sa droite.
Il n'est pas impossible que notre 0. Ui'oslyla soit VUrosti/la grandis de M. Ehrenberg (Inf. , p. 369. PI. XLI, Fig. VIII). Cet auteur décrit l'animal en question comme étant muni de rangées longitudinales de cils sur la face ventrale, et ayant une apparence jaunâtre lorsqu'il est vu sous le microscope. Il a cru remarquer, soit à la partie antérieure, soit à la partie postérieure, quelques soies plus longues placées entre les cils. A l'extrémité postérieure, il dit avoir vu une petite fente, indiquant sans doute l'anus, et bordée du côté gauche de cinq à huit styles. Ces styles sont peut-être les huit pieds-rames que nous avons décrits; mais nous n'avons rien vu qui ressemblât à une fente.
Malgré cela, la description de M. Elirenberg pourrait, à la rigueur, s'appliquer à notre Oxytricha Urostyla, si ce savant n'attribuait à son Urostijla f/raiidis un seul nucléus; or, notre Oxytrique en a toujours deux, comme les autres espèces du genre. Aussi n'est-ce qu'avec doute que nous citons VUrostijla grandis comme synonyme de V Oxytricha Urostyla.
2" Oxytricha fiisca. Perty. Zur Kenntii., etc., p. 154, PI. YI, Fis;. 19.
DiACNOSE. Forme fil' l'O. rcos(,i//((,- pns do pieds m rnnie. /^niÂXi
Nous avons fréquemment rencontré une Oxytrique voisine de la précédente, mais atteignant parfois une taille encore plus grande qu'elle. Comme elle, elle est blanche à la lumière incidente, tandis qu'elle présente une teinte enfumée lorsqu'elle est vue par transparence. Elle se distingue de XO. Urostylapav l'absence des huit pieds-rames. Nous n'avons pas réussi à compter jusqu'ici d'une manière certaine le nombre des rangées ventrales de pieds-cirrlies, bien que ce nombre nous ait paru être plus grand que chez l'espèce précédente. C'est sans doute cette espèce que M. Perty a décrite très-imparfaitement, sous le nom cVOxy/richa fasca, sans avoir mentionné les rangées de piedscirrhes.
3° Oxntrichamultipes. (V. PI. «Y, Fig. 1.)
DiACNOSE. Sept rangées de ciiTlies sur la face vcnlrale, dont (|iialie se coiiliniiiMil jiisiiiie sous l'arc lioiilal. Huil pieiis-rames. Pas île queue.
L'O. timllipi's ressemble beaucoup à \'0. Urostyla. Elle est un peu plus petite, n'atteignant qu'mie longueur de 0'""',10 à 0,15, et un peu plus étroite. Elle est, comme les deux espèces précédentes, blanchâtre à la lumière incidente, mais fondée lorsqu'on l'obseive par transparence. La teinte de cette coloration est un brun tirant en général d'une façon très-décidée vers le verdàtre. Le front est ordinairement moins saillant que chez l'O. Urostyla. Les rangées de pieds-cirrhes sont en nombre égal chez les deux espèces, c'est-à-dire qu'il y a chez l'une comme l'autre deux rangées marginales comprenant entre elles cinq rangées de cirrhes ventraux. Mais, tandis que chez VOxytricha Urostyla trois rangées ventrales seulement atteignent la partie antérieure du corps, et que deux d'entre elles seulement se prolongent jusque sous l'arc frontal, nous trouvons chez l'O. muliipes, en outre de la rangée marginale droite, quatre rangées de pieds-cirrhes se prolongeant à peu près parallèlement avec le bord droit de la fosse buccale jusque sous l'arc du front. Le cirrhe qui, dans chacune de ces rangées, se trouve placé le plus en avant, atteint des dimensions beaucoup plus considérables que les autres et prend une apparence tout-à-fait semblable à celle des crochets des Stylonychies et des Euplotes. Le cirrhe placé immédiatement en arrière de chacun de ces quatre crochets est également plus fort que les suivants, sans atteindre la taille des précédents. Tous les cirrhes des quatre rangées qui sont placés plus en arrière, à peu près jusqu'au niveau de la bouche, se meuvent également à la manière des pieds-crochets des Stylonychies, bien qu'ils soient de taille relativement petite. Ce sont de véritables pieds-marcheurs. C'est là le caractère saillant de cette Oxytrique, qu'on reconnaît aussitôt à cette multitude de crochets en activité sur la moitié droite de l'animal et aux quatre crochets, bien plus forts, situés en avant des autres.
La partie postérieure de l'animal est munie de huit pieds-rames, comme cela a lieu chez l'O. Urostyla. Cependant ces pieds sont relativement beaucoup plus forts que ciiez cette dernière, et leur ligne d'implantation est moins lapprochée de l'extrémité postérieure. Les deux rangées de cirrhes marginales se continuent en arrière
des pieds-rames, tandis que les rangées ventrales ne dépassent pas le niveau de ceux-ci.
Enfin, nous avons à noter que la vésicule contractile se continue, soit en avant, soit en arrière, en un vaisseau longitudinal, qui se montre d'une manière très-distincte au moment de la contraction de la vésicule, parce qu'il se trouve alors distendu par le liquide chassé dans son intérieur.
Nous avons trouvé cette O-xytrique dans diverses localités des environs de Berlin, en particulier dans les étangs du Grunewald, de Pichelsberg et de la Jungfernhaide.
4" Oxrjtricha gibba. (V. PI. V, Fig. 8.)
DiAGNOSE. Seuleiiieiil ciiKi laniîécs de pieds-cii-rlies sur la l'ace venlralo ; pas tlo (iiieiio.
Nous conservons le nom d'O. (libbit à l'espèce que nous avons figurée, PI. V, Fig. 8, sans oser affirmer d'une manière bien positive que ce soit l'animal auquel M. Ehrenberg a donné ce nom (V. Ehr. Infus., p. 365, PI. XLI, Fig. II). Mais les descriptions de cet auteur, qu'on pouvait taxer de soigneuses à l'époque où elles furent faites, sont tellement insuffisantes en face des progrès de la science actuelle, qu'il faut beaucoup de hardiesse pour en faire usage. La diagnose de M. Ehrenberg (0. corpore albo, hmceolato, utrmque obtiiso, ventre piano, setarum série duplici insigni, ore amplo rotundato) s'applique à notre Oxytriqiie, à l'exception de ce qui concerne les cirrhes et la bouche. Cependant nous ne pouvons guère nous arrêter au fait que M. Ehrenberg n'a compté que deux rangées de cirrhes, tandis que nous en trouvons six, les deux marginales comprises. En effet, tout ce qui a rapport aux pieds-cirrhes des autres Oxytriques est trop imparfait chez M. Ehrenberg, pour que nous puissions attacher grande valeur aux données relatives à ce cas particulier. M. Ehrenberg indique, d'ailleurs, que la rangée de cirrhes buccaux se continue directement dans les deux rangées ventrales, et que celles-ci se terminent par quatre ou cinq soies caudales plus allongées. Or, il est certain que chez aucune Oxytri(pio les cirrhes buccaux ne forment une rangée continue avec les cirrhes vi-ntraux. Ceque M. Ehrenberg dit des soies caudales est, par contre, également vrai pour notre Oxytrique. — Une autre preuve que M. Ehrenberg n'a pas accordé une grande attention aux ciirhes ventraux,
c'est que, flans les figures 11^^ et II, (1*1. XLI), il n'a dessiné les pie<ls-cirrhfts que du côté gauche.
Notre 0. f/Ma a dans le fait, comme nous le disions, en outre des deux rangées marginales, quatre rangées de cirrhes ventraux. Trois d'entre elles, disposées à droite du bord droit de la fosse buccale, s'étendent depuis l'arc frontal jusqu'à l'extrémité postérieure. La quatrième commence seulement au niveau de la bouche environ, un peu à gauche de celle-ci, et s'étend, comme les précédentes, jusqu'à l'extrémité postérieure. Les deux rangées ventrales médianes sont très-rapprochées l'une de l'autre, et celle qui est la plus voisine du bord de la fosse buccale, c'est-à-dire la troisième à partir de droite, est formée par des cirrhes relativement un peu plus petits et plus grêles que ceux des autres rangées ventrales. Le cirrhe, placé le plus en avant dans chacune des trois rangées qui se continuent jusque sous l'arc du front, atteint des dimensions considérables et se meut constamment, comme les pieds-crochets des Stylonychies et des Euplotes. Les cirrhes suivants sont plus ou moins aptes à se mouvoir de temps à autre d'une manière analogue, mais ce n'est jamais là qu'un phénomène passager.
M. Ehrenberg indique chez son 0. i/ihba deux ou tiois vésicules contractiles placées sur autant de glandes sexuelles (nucléus). Il est possible, partant, qu'il ait eu affaire, soit au prélude d'une division spontanée, soit à la formation d'embryons. Notre 0. gibba n'a, à l'élat normal, qu'une vésicule contractile, qui n'est nullement placée sur l'un des deux nucléus, mais occupe la même place que chez toutes les autres Oxytriques et chez les Stylonychies.
Cette Oxytrique, que nous avons rencontrée plusieurs fois dans les eaux douces des environs de Berlin, atteint une longueur de 0™"%40 à 0,13.
S'Oxijtricha Pelliomlla. Ehi'. Inf. p. 364. l'I. XI, Fig. 10.
Le nom d'O. Pelliondla doit être conservé à lapins commune des Oxytriques, quelque éloignée qu'elle soit de la description de M. Ehrenberg. Ce dernier n'a, en effet, vu ni les cirrhes marginaux, ni les langées de pieds-cirrhes sur la face ventrale, qui existent cependant chez toutes les Oxytriques. Cette espèce, plus petite que les autres,
est aussi d'une observation assez diiïicile. Nous préférons ne pas entrer dans des détails circonstanciés à son sujet, parce que nous ne l'avons pas étudiée d'une manière assez complète. M. Ehrenberg indique chez cette espèce que la division spontanée est précédée par la formation de quatre nucléus et la division de la vésicule contractile. Cette observation est très-exacte. Elle paraît être vraie de toutes les Oxytriques et Stylonycliies.
6" Oxiitrichu caudata. Ehr. hif. p. .%5. Pi. XL, Fig. 11. (V. PI. V, Fig. 7.)
!)l^c,^os^,. ('.iiii| raugées de ciirlies bien ilf\clii|i|ii'S sur la fuei' veiitialn Une queue uon léli'ailile
L'Oxytrique à laquelle M. Ehi'enberg donne ce nom paraît avoir été observée et figurée par lui d'une manière très-imparfaite. Ce savant indique, en effet, que la partie médiane de la face ventrale est dépourvue de cirrlies et ne présente qu'un large sillon longitudinal, disposition qui ne paraît exister cliez aucune Oxytrique. M. Ehrenberg n'a vu des cirihes chez son 0. caudata qu'autoui' de la fosse buccale, et, en outre, il indique cinq soies caudales. La circonstance que la fosse buccale est, pour lui, un sillon sur la ligne médiane, cilié sur tout sou pourtoiu', ne doit pas nous arrêter, puisque M. Ehrenberg dessine également souvent la bouche des Stylonychies de cette manière-là.
Nous croyons retrouver l'O. caudata Ehr. dans une Oxytrique assez fréquente, chez laquelle les cirrhes frontaux forment une rangée, qui, logée d'abord dans le sillon qui sépare le front du dos de l'animal, s'inlléchit ensuite du côté gauche de manière à arriver sur la face ventrale, comme chez les autres Oxytriques. Cette espèce possède, en outre des deux rangées de cirrhes marginaux , trois rangées de pieds-cirrhes ventraux. Deux de celles-ci sont situées à droite de la fosse buccale, et s'étendent depuis l'arc frontal jusqu'à l'extrémité de la queue ; celle qui est le plus rapprochée du boid de la fosse buccale est composée de cirrhes plus petits et plus grêles que l'autre. La troisième prend son origine un peu au-dessus du niveau de la bouche, et à gauche de celle-ci, pour s'étendre jusqu'à l'extrémité de la queue. — Les cirrhes marginaux du bout de la queue sont notablement plus longs et plus vigoureux que les auti'es,