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les deux genres comme distincts, c'est principalement pour ne pas être obligés de
changer des noms devenus habituels.
ESPECES
i° Holoplmja Ovmi. Elir. Inf., p. 3U. PI. XXXII, Fig. VU. (V. PI. XVII, Fig. 5.)
DlAGNOSE. Iloloplirja on fnrirc d'ovoulc plus on moins cylindrique ; lèvres formant nnc petite saillie ; vésicule contractile tout auprès de l'anus.
L'IloIophrya que M. Ehrenberg a décrite ?>ou?, \& nom A' Il olophrij a Ovmn est, d'après les données de ce savant, colorée d'un vert intense, teinte qui serait inhérente à l'ovaire. Nous ne pouvons attacher d'importance à ce caractère, car nous savons que M. Ehrenberg considère comme des ovules verts les granules de chlorophylle, qui, dans des circonstances non encore déterminées, paraissent pouvoir se déposer dans le parenchyme de tous les infusoires. Nous pensons donc que 1'//. Oviini de M. Ehrenberg doit pouvoir se rencontrer tout aussi bien incolore que verte. L'infusoire que nous lui rapportons s'est toujours présenté à nous parfaitement incolore, ou diversement coloré par les matières qu'il avait avalées. Sa forme normale coïncide avec celle que M. Ehrenberg donne, dans ses planches, à 1'//. Ovinn. Elle représente un cylindre àbases bombées. La bouche est indiquée par une petite élévation circulaire formée par les lèvres contractées, comme le serait un sphincter. Celle bouche est susceptible de se dilater très-considérablement. Lorsque l'Holophrya a beaucoup mangé, les lèvres s'effacent si bien, qu'il n'est plus possible de reconnaître la position de la bouche, et le corps devient tout-à-fait sphérique.
La cuticule est striée obliquement, mais les stries ne sont bien visibles que lorsque l'animal n'est pas trop rempli de nourriture.
La vésicule contractile est située auprès de l'anus. Elle est, par conséquent, opposée à la bouche.
Le nucléus est unique et arrondi.
Nous avons trouvé VHolop/inja Ovum entre des confei vcs puisées dans les étangs du Parc {Thicryartcn) de Perlin, La taille, d'un quarante-huitième à un dix-huitième
de ligne, cru'indique M. Ehrenberg, correspond à peu près aux variations de longueur que nous avons observées.
L'Holophri/a discolor Ehr. (ïnf., p. 314, PI. XXXII, Fig. VIII), que nous ne connaissons pas par nous-mêmes, paraît si; distinguer de la précédente, surtout par l'amincissement de son pôle postérieur.
UH. brunnca Duj. (Inf., p. 497, PI. XII, Fig. i) est une très-grosse espèce, que nous croyons avoir rencontrée quelquefois, mais que nous n'avons pas étudiée d'assez près pour entrer dans aucun détail à son sujet. Quant à 1'//. Coleps Ehr. (Inf., PI. XXXII, Fig. IX), il n'est guère possible de dire si elle appartient réellement au genre Holoplirya, attendu que M. Ehrenberg n'indique ni la position de sa bouche, ni celle de son anus.
6''= Genre. — UROTIUCHA.
Les Urotricha sont des infiisoires proches voisins des Ilolophrya, dont ils se distinguent par la présence d'une soie sallatrice, analogue à celle des Cyclidium, dont est armée l'extrémité postérieure. Nous n'avons, il est vrai, pas constaté la position de l'anus chez la seule espèce du genre jusqu'ici connue; mais il est probable que l'anus est, comme dans les genres précédents, directement opposé à la bouche.
ESPÈCE
Urotricha farda. (V. PI. XVIII, Fig. 9.)
DiAGSOSn. Urotricha (!e forme pins on iiinins ovoïde ou ellipsoïJale ; lèvres formant une petite proéminence circulaire.
L'Urolric/ta farda est un infusoire fort commun; aussi la petitesse de sa taille estelle, sans doute, la seule circonstance qui l'a fait échapper jusqu'ici aux investigations des observateurs. Cet animal se distingue dès le premier abord par le mouvement tout
ET l,F.S HIIIZOPODES. " 315
particulier ries cils de sa surface, qui soiriblent s'agiter en désordre, sans rappeler aucunement le mouvement des cils vibraliles. \.'lJrot.riclia farcta s'agite, par suite de ce mouvement, en décrivant lentement des cercles d'un diamètre peu considérable. Paifois, elle fait un bond subit qui la transporte à une fort petite distance de son point de départ. Ce saut est produit |)ar le mouvement de la soie sallatiice. Lorsque cette dernière est en repos, elle ne gît pas dans la prolongation de l'axe du corps, mais elle atïecte une position oblique.
La bouche est située au pôle antéiieur, c'est-à-dire à celui qui est dirigé en avant pendant la natation. Elle est d'ordinaire complètement fermée, mais les lèvres forment souvent une petite proéminence circulaire, qui, lorsqu'elle est très-prononcée, donne à l'animal l'apparence d'une bouteille munie d'un col très-court. — Cette bouche est susceptible de se dilater très-considérablement dans le but de saisir une proie. En effet, Vlhotricha farcta appartient à la catégorie d'infusoires qui peuvent avaler des proies aussi grosses qu'eux-mêmes.
La vésicule contractile est située tout près de l'extrémité postérieure. Oi'iwt au nucléus, nous ne l'avons pas reconnu d'une manière positive.
M. le professeur Johannes Mueller, qui a observé, comme nous, VUrotricha farcta, pensait, à ce qu'il nous disait, devoir la rapporter au Pantotricinm Lat/enula de M. Ehrenberg. Ce dernier observateur plaçait ses Pantotrichum dans sa famille des Cyclidina, groupe fort peu naturel, qu'il caractérisait simplement par l'absence d'un canal alimentaire (!) et la présence d'appendices eh forme de cils. Pour ce qui concerne les Pantotrichum mêmes, il n'est pas possible de déterminer avec une parfaite certitude ce qu'ils sont réellement. Les uns (P. Enchehjs Ehr.) sont peut-être fort voisins des Cyclidium ; les autres, et parmi eux le /'. Laf/cnula Ehr., en sont bien décidément fort différents. — M. Lieberkiihn ne pense pas que le rapprochement tenté par M. Joh. Mueller, entre le Pantotrichum Lagenula et l'infusoire que nous venons de dé^ crire sous le nom d'Urotricfia farcta, soit bien fondé. Il croit plutôt retrouver le Pantotrichum en question dans un infusoire flagellé, à nous inconnu, hérissé sur toute sa surface de soies courtes et roides. C'est cette communication de M. Lieberkiihn qui nous décide à ne pas assimiler le Pantotrichum Lagenula à notre Urotricha.
L'Urofricha farcta abonde aux environs de Berlin et apparaît souvent dans les infusions; elle offre en moyenne une longueur de O'^'^.O^.
7' Genre. - ENGHELYODON.
Les Enchelyodonsont des animaux d'une forme parfaitement identique à celle des Enchelys, dont-ils ne se différencient que parce que leur bouche et leur œsophage sont armés d'un appareil dégluteur comparable à celui des Prorodon ou des Dystériens. On pourrait penser que la place de ces animaux serait plus naturelle dans le genre Prorodon lui-même que dans un genre à part. Mais il suffit de les voir pour comprendre qu'ils ont, dans le fait, une plus grande affmité avec les Enchelys qu'avec les Prorodon. Cette affmité ne consiste pas seulement dans l'analogie de forme (les Enchelyodon sont rétrécis en avant comme les Enchelys, ce qui n'est pas le cas pour les Prorodon), mais encore dans l'identité de la manière de se mouvoir. Les Enchelyodon (tout au moins VE. fardiis) sont revêtus de cils fort courts, comme les Enchelys, et semblent, comme ces dernières, avoir de la peine à mouvoir leur corps, trop lourd pour leurs organes locomoteurs. Les Prorodon, au contraire, sont trè.s-agiles dans tous leurs mouvements. Eu égard à la forme, on peut dire que les Enchelyodon sont des Enchelys à appareil dégluteur, tandis que d'un autre côté les Prorodon sont des Holophrya munies également d'un appareil dégluteur.
ESPÈCES
i° Enchelijodon farctus. (V. PI. XVII, Fig. 3.)
DiACNOSE. Enclielyodon à appareil buccal clroit; niicléus en bande longue cl arquée; vésicule conlradilc sise à l'extrémité postérieure.
U Enchelyodon fnrcfus varie assez considérablement de forme, selon qu'il a beaucoup mangé ou peu. Certains individus ont exactement la forme d'un œuf de pigeon. D'autres sont relativement bien plus allongés.
L'œsophage est muni de baguettes, ou peut-être seulement de plis simulant des
baguettes, et pénètre très-avant dans la cavité du corps. Sa partie antérieure fait en général un peu saillie au-dessus du niveau de la surface du corps, comme le fait l'appareil du TrachelopInjUum apiculattiin.
La vésicule contractile est située tout-à-fait à l'extrémité postérieure. L'anus est tout auprès. Lorsque la vésicule se contracte, son contenu est chassé dans un sinus qui enveloppe celte vésicule de toutes parts, à l'exception du point qui est le plus voisin de la cuticule. Lorsque la vésicule est au milieu de la systole, on voit par suite sa membrane se dessiner comme un anneau tangent à la cuticule et environné de liquide de toute part. Cet anneau va se rétrécissant toujours davantage, tout en restant tangent à la vésicule, et finit par disparaître complètement. La systole est alors achevée et la totalité du liquide a passé dans le sinus. Bientôt la diastole commence ; la vésicule reparaît d'abord comme un anneau infiniment petit, tangent à la cuticule. Cet anneau va grandissant par degré et finit par atteindre la grandeur primitive de la vésicule. La totalité du liquide a alors repassé du sinus dans la vésicule. Le jeu de la diastole et de la systole étant relativement lent, est d'une observation facile.
Le nucléus est une bande longue, arquée et étroite, disposée obliquement de l'avant et de la droite à l'arrière et la gauche.
Nous avons trouvé V Enchel ijodon farcius dans les tourbières de la Bruyère aux Jeunes-Filles (Jungfernhaide), près de Berlin.
Les plus gros exemplaires atteignaient une longueur de 0'"'",2.
2" Enchehjodon elongatus. (V. PI. XIV, Fig. 16.)
DlAGNOSE. Encheljodon à corj s mince et allongé, muni d'un appareil buccal très-court; nucléus en forme de disque ovale.
L'appareil buccal de VE. elongatus est fort court, et l'on ne réussit à y distinguer ni stries, ni baguettes. L'animal se tourne autour de son axe comme une Enchelys ; parfois il recule brusquement pour s'avancer ensuite de nouveau. La vésicule contractile est située à l'extrémité postérieure, tout auprès de l'anus. — Cette espèce a été observée par M. Lachmann, soit dans le fjord de Christiana, soit dans celui de Bergen.
^e Genre. — PRORODON.
Les Prorodou sont des infusoires de forme plus ou moins ovoïde, ayant la bouche située à l'un des pôles et l'anus au pôle opposé. Sous ce rapport, ils sont semblables aux Holophrya, mais ils se distinguent de celles-ci par la présence d'un appareil déglutem- résistant, présentant, en général, une armure en baguettes. Ce genre a été établi d'une manière très-claire par M. Ehrenberg. Il paraît être composé d'espèces nombreuses, et cependant M. Dujardin n'en a vu aucune.
La bouche des Prorodon n'est pas située aussi mathématiquement au pôle antérieur que la diagnose semble l'indiquer. Au contraire, elle paraît chez la plupart des espèces, à l'exception peut-être du Pr. nivcus Ehr. et duPr. Ures Ehr., ne pas répondre exactement à l'axe longitudinal du corps. Elle affecte en général, par rapport à cet axe, une position quelque peu latérale, et le côté vers lequel elle dévie pourrait, par suite, être considéré comme le côté ventral. La position extra-polaire de la bouche pourrait faire craindre un passage graduel du genre Prorodon au genre Nassula. Toutefois, nous n'avons pas jusqu'ici rencontré d'espèce dont la position pût paraître douteuse. La bouche des Prorodon, tout en ne répondant pas exactement à l'axe longitudinal, n'en est pas moins toujours située dans la région polaire. Chez les Nassula, la bouche est au contraire bien décidément latérale.
M. Ehrenberg fait consister essentiellement le caractère des Prorodon dans la présence des baguettes de l'appareil dégiuteur. Nous avons préféié ne pas insister trop sur ce point et caractériser plutôt le genre par la présence d'un appareil dégiuteur résistant. En effet, chez l'une des espèces {P. edentatus) nous n'avons jamais réussi à reconnaître l'existence de baguettes.
Les baguettes paraissent exister bien réellement chez plusieurs espèces et ne pas être une simple apparence produite par des plis de l'œsophage. Elles sont sans doute formées par des indurations Iméaires de la cuticule.
Tous les Piorodon sont vifs et allègres dans leurs mouvements. Chez tous, la progression en avant est unie à un mouvement de rotation autour de l'axe longitudinal.
ESPÈCES
r Prorodon niveus. Ehr. Inf., p. 315, PI. XXXII, Fig. 10.
UlAG.NOSE. Prorodon de forme clli|iti(Hie, comprimé ; a|i]i.ireil dégliileiir comprimé, large, court et composé de baguettes; nucléus formant une longue bande courbée en S; vésicule contractile terminale.
Cette grosse espèce (elle atteint environ 0"^™,3 de long) a été suffisamment bien figurée par M. Ehrenberg; aussi est-il inutile de nous en occuper en détail. La forme de son nucléus empêche de la confondre avec aucune des espèces suivantes. La bouche est à peu près exactement polaire.
2° Prorodon teres. Ehr. Inf., p. 316, PI. XXXII, Fig. il-
DUKNOSE. Prorodon cjlindrique ; appareil dégluteur non comprimé, composé de baguettes; vésicule contractile terminale.
Nous n'avons pas observé de Prorodon que nous pussions rapporter avec certitude à cette espèce. M. Stein, qui paraît l'avoir rencontrée plusieurs fois, nous apprend que son nucléus est muni d'une nucléole comparable à celui du Paramecium Bursaria (V. Stein. Die Infusionsthiere, etc., p. 243). A en juger d'après les figures de M. Ehrenberg, la bouche du Prorodon teres est exactement polaire, ou peu s'en faut.
3° Prorodon griseus. (V. PI. XYIII, Fig. 3.)
DiAGNOSE. Prorodon cjlindrique, à bouche subterminale ; appareil dégluteur comprimé, large, et formé par des baguettes; uucléus ovale, présentant deux zones : l'une périphérique et incolore, l'autre centrale, granuleuse et munie d'un nucléole; vésicule contractile à peu près terminale.
Le Prorodon griseus a la forme d'un cylindre à peu près deux fois ou deux fois et demi aussi long que large, et arrondi ît ses deux bases. Sa surface présente des stries fines, longitudinales et très-rapprochées les unes des autres. C'est un animal en général assez transparent, qui présente une coloration grise lorsqu'il est vu par transparence, mais qui paraît blanchâtre à la lumière incidente.
La bouche est sub-polaire. C'est une fente large et étroite, qui occupe une position oblique par rapport à l'axe idéal de l'infusoire. Son bord est formé par l'extré-
mité des baguettes de l'appareil dégluteur. Les baguettes elles-mêmes deviennent toujours moins distinctes à mesure qu'on descend plus profondément dans l'œsophage et paraissent finir par s'évanouir complètement dans la cuticule qui tapisse cet organe. C'est, du reste, ce qu'on observe chez toutes les espèces à appareil en baguette. — L'appareil dégluteur n'est point droit comme chez le Proroclon nivcns, mais lésèrement courbé en arc.
La vésicule contractile est une très-grosse vésicule située à l'extrémité postérieure de l'animal, comme chez la plupart des Prorodon.
Le nucléus est un corps discoïdal un peu ovale, placé, en général, un peu en arrière de la mi-longueur de l'animal. Il est formé principalement par une masse centrale granuleuse, sur le centre de laquelle se trouve appliqué un petit corps pyriforme, que, d'après la malencontreuse nomenclature de l'école unicellulaire, on doit nommer un nucléole. Tout autour de cette masse centrale granuleuse se voit une couche périphérique, ou limbe transparent, à apparence assez homogène.
Le Prorodon griseus atteint une longueur de 0'"'",'iO.
Nous avons rencontré cette espèce dans un canal d'eau stagnante formé, dans le jardin de l'École vétérinaire de Berlin, par un alfluont de la Sprée, nommé la Panke.
40 Prorodon armatus. (V. PI. XVIII, Fig. 2.)
DlAGMOSE. Proi'odon de forme glolnileiise un peu rt)niiuiince; appareil clégliiteur large, eoiirt et imini de bagueltes; Ijoiiche sul)-|iolaire ; iiiditié aiUérienrc. du eorps armée de Iriihocysles, qui vcinl en diminuant graduellement de longueur à mesure qu'on s éloigne du pôle antérieur et qu'on maiclie vers l'équateur.
La forme normale de ce Prorodon est bien différente de celle de l'espèce précédente. Nous n'avons plus affaire à un cylindre, mais à un corps aplati, qui, vu de face, présente un contour à peu près circulaire, et, vu de tranche, offre une périphérie en ellipse plus ou moins allongée.
Le P. armalus se distingue facilement de toutes les autres espèces connues i)ar la présence de trichocystes disposés, dans le parenchyme, perpendiculairement à la cuticule. Ces trichocystes sont fort longs dans la région polaire antérieure, mais ils vont en diminuant rapidement de longueur à mesure qu'on s'éloigne du pôle. La partie postérieure de l'animal parait en être complètement dépourvue, et nous n'avons pas
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même pu suivre les Irichocystes jusqu'à la ligne idéale et transverse, qu'on peut nommer l'équateur du Prorodon.
La bouche est sub-polaire et forme une fente allongée, oblique à l'axe, et bordée par les baguettes de l'appareil dégluteur. Celui-ci est relativement assez court.
La vésicule contractile est située au pôle postérieur, tout auprès de l'anus. Lorsqu'elle se contracte, on voit régulièrement apparaître, autour de la place qu'elle occupait, un groupe de Irois ou quatre vésicules, qu'on doit considérer comme des sinus analogues à celui que nous avons décrit chez VEnchelyodon farctus.
Le nucléus est relativement petit, elliptique.
Nous avons observé une seule fois cette espèce dans les environs de Berlin. Sa longueur était de 0°"",iO.
5° Prorodon cdcntatus. (V. PI. XVIII, Fig. 4.)
DUGNOSE. Corps m forme dVllipsoïde allongô ; houclie sub-polaire; appareil (Jrgliileur étroil, dépourvu de baguettes, mais fort long, atteignant parfois la moitié de la longueur totale; nucléus ovale, allongé; vésicule contractile terminale.
Le Prorodon edentatus présente, à la surface, des stries longitudinales assez écartées. Les cils sont partout d'une longueur à peu près uniforme, sauf au pôle postérieur, où ils s'allongent considérablement, à peu près comme cela se voit chez le Paramccium Aurélia.
Le caractère distinctif de cette espèce consiste dans son appareil dégluteur étroit, formant un cône très-allongé, dont la base répond à la bouche et dont le sommet fait saillie dans la cavité du corps. Nous n'avons jamais réussi à reconnaître dans cet appareil la moindre trace de baguettes. Mais nous ne voyons pas dans cette circonstance une raison suffisante pour justifier l'érection de cette espèce et de la suivante en un genre paiticulier.
Le nucléus est un corps ovale très-allongé, placé obliquement à l'axe, et, en général, dans la moitié postérieure de l'animal. Il présente fréquemment une apparence mamelonnée.
Le Prorodon edentatus est l'espèce la plus commune aux environs de Berlin. Il est en général parfaitement incolore. Sa longueur habituelle est de 6"^'", 40 à 0,15.
6° Prorodon marinus. (V. PI. XVIII, Fig. 5.)
DiAGNOSE. Prorodon cylindrique; bonelic presque cxacleniLMil polaire; appareil dégliileiir très-étroit et tr6s-court, sans baguettes ; vésicule contractile terminale.
Le Prorodon marinus représente un cylindre environ deux fois ou deux fois et demie aussi long que large. Les quelques exemplaires que nous avons observés étaient tellement remplis de granules fins et fortement réfringents, qu'ils en paraissaient presque noirs, et qu'il était fort difficile de reconnaître leur organisation intérieure.
La bouche est à peu près exactement polaire, et conduit dans un appareil trèsétroit et beaucoup plus court que chez aucune des espèces précédemment décrites. Nous n'avons pas réussi à reconnaître de baguettes. Chez un exemplaire (celui que nous avons figuré), la partie postérieure de la cavité du corps était occupée par une large vacuole, remplie par un liquide qui tenait en suspension de petits corpuscules bacillaires, qu'on aurait pu prendre pour des trichocystes d'infusoire. Il est possible, du reste, que telle fût bien réellement leur nature, et que ces corpuscules fussent les restes d'un infusoire digéré par le Prorodon. Le nucléus s'est donné à reconnaître vaguement, dans la masse peu transparente du corps, comme un disque ovale et clair.
La longueur du corps est d'environ 0'"'",10.
Nous avons observé cette espèce, en 1855, dans le fjord de Bergen.
50 Prorodon margaritifer . (V. PI. XVIII, Fig. 1.)
DtAnNOSE. Prorodon cylindrique à bouche snb-polaire; appareil dcglulcnr muni de baguettes ; vésicules contractiles nombreuses, distribuées unilorménieut dans tout le parenchyme; nucléus formé de deux corps elliptiques unis ensemble par un disi[ue circulaire plus petit.
Ce Prorodon se distingue, à première vue, de toutes les autres espèces par ses vésicules contractiles. Tandis que, chez tous les autres Prorodon la vésicule contractile est unique et située tout auprès de l'anus, les vésicules sont, chez le Prorodon margaritifer, très-nombreuses et dispersées dans tout le parenchyme. Peut-être aurait-on pu voir dans cette circonstance une raison suffisante pour fonder un genre à part. Toutefois, comme nous n'avons pas, en général, ajouté d'importance au nombre ni à la
ET LES RHIZOPODES. 2'iS
position (les vésicules contractiles, dans l'établissement des genres, nous avons préféré laisser notre infusoire dans le genre Prorodon, oîi il occupe une place toute naturelle.
La couleur du Prorodon margaritifer est (sous le microscope) un gris-brun analogue à celui du Prorodon yrisins. Les vésicules contratiles ofTrent, par contre, la teinte rosée qui leur est habituelle chez la phipart des infusoires. Comme ces vésicules sont très-nombreuses, et que tantôt l'un, tantôt l'autre se contracte, le Prorodon présente, en tournant vivement autour de son axe, un aspect tout particulier. On croirait presque voir un ciel grisâtre, laissant cependant percer les étoiles.
Le Prorodon margaritifer est strié longitudinalement par des sillons fins et rapprochés. La bouche est sub-polaire et forme une fente allongée, étroite et oblique à l'axe. Elle présente sur son pourtour des baguettes nombreuses, mais courtes.
Le nucléus a une forme toute paiticulière. Il est composé de deux corps elliptiques disposés obliquement à l'axe, de manière à converger en arrière l'un vers l'autre. Ils ne se touchent cependant pas l'un l'autre, mais sont unis médiatement par un petit disque circulaire. Chacun des corps elliptiques est composé d'une zone centrale plus obscure et d'une zone périphérique plus transparente, qui forme une sorte de limbe incolore. Ce nucléus compliqué paraît être en général libre dans la cavité du corps. En effet, bien que l'animal tourne continuellement autour de son axe, le nucléus présente toujours la même apparence et semble rester parfaitement immobile. On est forcé, par suite, d'admettre que l'animal tourne autour de son nucléus, quelque peu vraisemblable que cela puisse paraître en soi-même. M. de Siebold a déjà prétendu que, dans certains cas, les infusoires tournent autour de leur nucléus, assertion qui, d'après M. Eckhard, serait basée sur une pure illusion d'optique. L'observation que nous venons de rapporter nous paraît parler en faveur de M. de Siebold, car nous avons pu nous convaincre que l'image que nous avions sous les yeux n'était pas une simple coupe du nucléus suivant le plan du foyer du microscope, mais qu'elle représentait bien la totalité du nucléus.
Le Prorodou vorax Perty (Perty. Zur Kenntniss, etc., p. 1-47, PI. III, Fig. 9) doit se distinguer du P. nivcus seulement par les baguettes plus délicates de son appareil dégluteur. Nous sommes disposés à croire que ce Prorodon est bien une espèce distincte, mais, malheureusement, M. Perty ne nous apprend rien sur son nucléus ; c'est là une lacune regrettable, puisque le Prorodon nivcus est caractérisé essentiellement par son nucléus en forme de bande courbée en S. Aucune autre espèce n'a présenté jusqu'ici de semblable nucléus.
Le Habrodon curvatus Perty (Zur Kenntniss, p. 147, PI. V, Fig. 10) nous est resté inconnu jusqu'ici. Ce doit être un animal très-voisin des Prorodon, ou peut-être encore davantage des Enchelyodon. Les dessins de M. Perty semblent suffisants pour qu'on puisse reconnaître cette espèce dans l'occasion.
9" Genre. — N A S S U L A.
Les Nassula sont des infusoires dont la bouche est armée, comme celle des Prorodon, d'un appareil dégluteur; mais, tandis que la bouche est terminale chez ces derniers, elle est latérale chez les Nassula. Il est vrai, comme nous l'avons vu tout-âl'heure, que la bouche des Prorodon est plus souvent encore sub-polaire que située exactement au pôle antérieur de l'animal, mais il ne peut cependant résulter de cette circonstance aucune incertitude dans la délimitation des deux genres. En effet, si chez certains Prorodon la bouche n'est pas exactement terminale , elle est du moins toujours située dans la région polaire, tandis que chez les Nassules elle est bien décidément latérale et dépassée en avant par ime portion notable de la longueur du corps. A ce point de vue, les Nassules se rapprochent des Chilodon, mais elles s'en différencient par la circonstance qu'elles offrent une forme à peu près cylindrique, tandis que les Chilodon sont très-aplatis et même dépourvus de cils sur leur face dorsale.
Nous ne mettons ici, pas plus que chez les Prorodon, une grande importance aux
baguettes de l'appareil rlégluteur, parce que M. Stein nous a fait connaître une espèce de Nassnlc dont !'a|ipaieil paraît être parfiuteinent lisse.
Le genre Nassula, ainsi délimité, coïncide parfaitement avec celui de M. Ehrenberg, qui est basé sur les mêmes caractères. Il est vrai que nous y faisons rentrer le Chilodon ornatus de cet auteur. Mais c'est évidemment par une méprise que M. Ehrenberg classait cet animal parmi les Chilodon; il était en cela en contradiction avec lui-même. D'ailleurs, il remarque en propres termes que son Chilodon ornatus serait peut-être mieux placé parmi les Nassules.
L'appareil dégluteur paraît souvent faire une saillie assez prononcée au-dessus du niveau des téguments. M. Dujardin remarque avec raison qu'il difflue facilement à la mort de l'animal, et qu'il ne jouit pas par conséquent d'une consistance bien ferme.
Certaines Nassules paraissent avoir constamment, dans une région déterminée de la partie antérieure de leur corps, un amas de granules colorés d'un bleu violet. M. Ehrenberg veut voir dans cet amas un organe sécrétant un suc propre à la digestion, peut-être de la bile [Saft- oder Gallorgan). C'est là, jusqu'ici, une pure hypothèse. M. Stein a donné une toute autre explication de cette coloration. « La nourriture de ces animaux, dit-il', consiste essentiellement en Oscillariées ; ils en avalent même parfois des fragments si longs que leur corps se trouve par suite allongé audelà de la norme et déformé. Durant l'acte de la digestion, les éléments discoïdaux des Oscillariées se séparent les uns des autres, et prennent une couleur qui lire d'abord sur le vert-de-gris, puis passe au bleu sale et plus tard au brun de rouille, pour se dissoudre enfin en une masse finement granuleuse, qui donne à tout le corps une teinte jaune-rouille uniforme. Ce sont ces fragments d'Oscillariées colorés d'un rougebleu qu'Ehrenberg a vus chez les Nassula, les Chilodon et les autres infusoires vivant d'Oscillariées, et qu'il a considérés comme des organes sécrétant un suc utile à la digestion. »
Nous n'osons pas suivre M. Stein dans tous les détails de cette explication. Il est parfaitement vrai que les Nassula vivent en général d'Oscillariées, et que la couleur