‹ Études sur la infusoires et les rhizopodes;Chapitre 74 sur 108 · Die Inlusionsthiere, p · texte numérisé non relu

Die Inlusionsthiere, p

ET LES RHIZOrODES. 335

diverticiiles jouant le rôle (restomac. Aussi comprend-on difficilement pourquoi M. Dujardin publie, quelques années plus tard, une figure bien plus imparfaite de ce même animal, en disant qu'elle a été dessinée avec toute l'exactitude possible. M. Ehrenberg avait très-exactement reconnu l'existence des trois vésicules contractiles, du nucléus et de l'orifice anal, tandis que M. Dujardin ne paraît pas avoir retrouvé ces organes. Chez son Loxodes dentatus seul, il paraît avoir vu le nucléus.

M. Stein a déjà relevé avec raison le fait que les exemplaires de petite taille du Chilodon Cticulhdus ont été nommés par M. Dujardin Loxodes Cucidlulus, lorsque ce savant ne savait pas distinguer l'appareil dégluteur, et Loxodes dentatus, lorsqu'il parvenait à le reconnaître.

La cavité digestive du C. Cucnllulns ne pénètre pas dans la partie très-amincie que M. Ehrenberg appelle du nom de lèvre. Le canal intestinal n'existe pas sous la forme que ce savant lui attribue, mais cependant ce canal n'est point un produit de son imagination; il est basé sur quelque chose de réel. L'œsophage est en effet un tube membraneux, à peu près rectiligne et fort long, qui s'étend jusque dans la partie postérieure de l'animal. Eu le prolongeant par la pensée un peu en arrière, de manière à lui faire atteindre l'anus et en le munissant de diverticules, on a l'intestin polygastrique de M. Ehrenberg. Malheureusement, ces modifications-là ne reposent sur rien. L'œsophage est purement tubuleux, et s'ouvre librement en arrière dans la cavité digestive. La partie antérieure de ce tube œsophagien est munie de baguettes disposées longitudinalement, de manière à former un appareil dégluteur semblable à celui des Prorodon et des Nassules.

Le nucléus est un corps ovale d'apparence très-variable. 11 est constamment muni dans son centre de ce qu'on est convenu de nommer, conformément à la nomenclature de l'école unicellulaire, un nucléole. Le plus souvent ce nucléus est granuleux dans là plus grande étendue, présentant seulement une aire elliptique transparente et d'apparence homogène tout autour du nucléole. Tantôt le grand axe de cette aire elliptique coïncide avec le grand axe du nucléus, tantôt, au contraire, il lui est perpendiculaire. Parfois le nucléus est entouré, en outre, d'un limbe transparent à aspect homogène. Chez certains individus, le nucléus, finement granuleux, est semé sur toute sa périphérie de plaques plus homogènes que le reste de sa substance. C'est cette

forme de nucléus que M. Dujardin a aperçue chez son Lox. dentatus, et qu'il appelle un disque granuleux à bord perlé (Duj. Explic. des planches, p. 11). Enfin, chez quelques-uns, le nucléus est rempli de faisceaux de corpuscules bacillaires, sur la signification desquels nous aurons à revenir dans la troisième partie de ce Mémoire. — La position du nucléus est extrêmement variable. Souvent il est détaché de la paroi du corps et flotte librement dans la cavité digestive.

M. Carter n'attribue au Chilodon Cucidluhis, dans l'état normal, qu'une vésicule contractile à position latérale et subterminale. Il est possible que les Chilodon de l'Inde se comportent, à ce point de vue, différemment que ceux d'Europe. Tous ceux que nous avons observés possédaient au moins trois vésicules contractiles, comme M. Ehrenberg l'indique. Deux d'entre elles sont situées à peu près au même niveau : l'une à droite, l'autre à gauche de l'appareil dégluteur. L'autre est située beaucoup plus en arrière, dans la moitié droite de l'animal.

Nous avons dit que le C. Cuctdhdiis possède au moins trois vésicules contractiles. C'est qu'en effel, il n'est pas rare de rencontrer des individus qui en présentent une ou deux de plus. Toutefois, il est à remarquer que les vésicules surnuméraires ne sont jamais très-éloignées par leur position de l'une ou de l'autre des vésicules normales; si bien, qu'on est tenté de songer à un dédoublement de ces dernières. Il se pourrait que tous les individus chez lesquels on trouve des vésicules surnuméraires fussent sur le point de se multiplier par division spontanée; mais, dans ce cas, il faudrait admettre qu'il n'y a pas de règle invariable dans l'ordre d'apparition des nouveaux organes, car c'est tantôt la vésicule postérieure, tantôt l'une des deux vésicules antérieures qui montre les premières traces de dédoublement.

M. Ehrenberg et M. Dujardin ne s'accordent pas sur le nombre des rangées longitudinales de cils que présente le CliiJudon CiicuUulus. Nous nous garderons bien de prendre parti pour l'un ou pour l'autre dans ce débat, car le nombre de ces rangées paraît varier, chez les Chilodon comme chez les autres infusoires, avec la grosseur des individus.

M. Ehrenberg fait varier la taille du C. Cucidluhis entre un quatre-vingt-seizième et un douzième de ligne. Cet animal est en effet soumis à des variations de taille très -considérables, plus considérables encore que ne le ferait supposer la diffé-

rence de grandeur attribuée, par M. Dujardin, à son Loxodcs Cucidlulus et son Chi~ lodon Cucidlulus.

2° Chilodon uncinatus. Ehr. Inf., p. 337. V\. XXXVI, Fig. 8.

DiAONOSE. Chilodon de la niÈme forme que le Chilodon Cucullulus, mais de taille plus petite, avec limbe périphérique plus larye et deux ou trois vésicules contractiles, dont une seule située auprès de l'aiipareil dégluteur.

M. Stein' a réuni le Chilodon îmcinatus au C. Cucullulus. Il ne veut voir en lui qu'une forme jeune et à lèvre plus fortement recourbée, produite par une division longitudinale de ce dernier. Sans vouloir contester absolument l'exactitude de cette assertion de M. Stein, nous croyons cependant devoir conserver, jusqu'à plus ample information, le nom établi, pour cette forme, par M. Ehrenberg. En effet, il nous a semblé reconnaître une différence constante entre les deux formes dans la position des vésicules contractiles. Le C/i. imcinutus nous a présenté tantôt deux, tantôt trois vésicules contractiles. Nous ne parlons pas du premier cas, qui ne repose peut-être, vu la petitesse de l'objet, que sur une erreur d'observation. Mais, dans le second cas, nous avons trouvé non pas, comme chez le Ch. cucullulus, deux vésicules antérieures situées sur le même niveau, et une seule vésicule postérieure située du côté gauche, mais une seule vésicule antérieure située du côté droit et deux vésicules postérieures situées à peu près sur le même niveau.

Le nucléus est rond, tantôt uniformément granuleux, tantôt perlé sur son bord.

Cette petite espèce est très-fréquente aux environs de Berlin, et nous l'avons trouvée très-fréquemment sans la précédente, ce qui ne paraît pas être arrivé à M. Stein.

Le Chilodon aureus de M. Ehrenberg (Ehr. Inf., p. 338, PI. XXXYI, Fig. IX) paraît, vu sa forme globuleuse, appartenir au genre Nassule. Il en est de même du Chilodon ornatus, du même auteur, ainsi que nous avons déjà eu occasion de le voir. — Le Cli. depressus Perty (Z. K., p. 446, PI. III, Fig. 7) est aussi proba-

i. Slein, p. lôO.

blement une Nassule, à en juger par les figures de M. Perty et par l'indication que cet animal progresse en tournant autour de son axe.

Le Loxodcs reliculatus Duj. (Duj., p. 453, PI. XIII, Fig. 9 à 10) est un Chilodon mal observé. M. Stein suppose que c'est tout simplement un Ch. Cuculhdus. Cela pourrait bien être.

Le Loxodes Cuculluliis de M. Perty (Zur Kenntniss, etc., p. 152, PI. VI, Fig. 9) est aussi un Chilodon mal observé, qui pourrait bien être, comme le précédent, un Ch. Cucullulm. '

Quant au Loxodcs hrcvis Perty (Zur Kenntniss, etc., p. 152, PI. VI, Fig. 11), nul ne peut dire si c'est un Chilodon, plutôt qu'un autre infusoire quelconque.

1P Genre. — TRICHOPUS.

Le genre Trichopus se compose d'infusoires non pas déprimés comme les Chilodon, mais comprimés comme les Dystériens, et caractérisés par la présence d'un faisceau de longs cils implanté sur le côté ventral, non loin de l'extrémité postérieure. Ce faisceau, assez compacte, se meut d'une manière qui rappelle tout-à-fait le pied des Dystériens. Les Trichopus font donc un passage évident des Chilodon aux Dystériens. Le dos et la plus grande partie des côtés sont dépourvus de cils. C'est encore un caractère qui appartient également aux Dystériens. Les Trichopus ne sont cependant pas cuirassés.

ESPÈCE

Trichopus Dysteria. (V. PI. XIV, Fig. 15.)

DiAGNOSE. Coi'ps rétréci en avant et atteignant sa plus grande largeur un peu en arrière du milieu ; un appareil buccal en baguettes.

Le nucléus est un corps discoïdal placé à peu près au centre de figure de l'animal. La vésicule contractile est unique et placée près du bord dorsal et

ET LES RIIIZOrODES. 339

postérieur. — Cette espèce a été trouvée, par M. Lachmann, dans le fjord de Bergen.

12' Genre. — LOXODES.

Les Loxodes sont des animaux du groupe des Trachéliens caractérisés essentiellement par une rangée de vésicules claires contenant chacune un corps très-réfringent, et par une distribution plus ou moins arborescente du canal digestif. Ce genre ne renferme jusqu'ici qu'une espèce, contenue déjà dans le genre Loxodes de M. Ehrenberg, bien que ce genre coïncide fort peu avec le nôtre.

ESPÈCE

Loxodes Rostrum. Ehr. Inf.. p. 324. PI. XXXIV, Fig. 1- Syn. Pelecida Roslrum. Duj. Inf., p. 40ô. PI. XI, Fig. .^

(V. PI. XVII, Fig. 2.)

DiAf.NOSE. Corps recourbé en cimeterre ; sillon buccal et œsophage colorés d'un pigment brun ; une rangée de petits nucicus arrondis.

Le Loxodes Rostnini esl recourbé en cimeterre, la pointe de celui-ci étant dirigé en avant. Le tranchant du cimeterre est l'arête dorsale ; le bord mousse, au contraire, correspond à l'arête ventrale. Le sillon buccal forme un arc de cercle à peu près parallèle aux bords de la partie antérieure de l'animal. Il présente une coloration due à de petits granules bruns, coloration qui se retrouve dans les parois de l'œsophage. Ce dernier organe se présentant en général dans un état de collapsus complet, de môme que chez les autres espèces de cette famille, n'apparaît que sous la forme d'une bande colorée étroite partant de la bouche et pénétrant dans le parenchyme. Cet œsophage est, comme on le voit par la figure, rectiligne et d'une longueur assez considérable. Parfois la teinte du sillon buccal et de l'œsophage est d'un brun foncé tirant sur le noir, parfois, cependant, elle est beaucoup plus claire. Il est, du reste, à remarquer

qu'on rencontre des individus qui, dans leur entier, sont affectés d'une coloration brunâtre souvent assez intense, tandis que d'autres sont, à l'exception du sillon buccal et de l'œsophage, parfaitement incolores. Il n'est pas impossible que le degré de la coloration soit en rapport avec l'âge de l'animal. En effet, la taille du Loxodes Rostnmi varie entre des limites très-considérables. Les individus les plus gros (dont la longueur dépasse notablement le maximum d'un cinquième de ligne indiqué par M. Ehrenberg), nous ont toujours présenté une teinte brunâtre de tout le parenchyme, et une coloration très-foncée du sillon buccal et de l'œsophage. Il est clair, toutefois, qu'on trouve des individus bien plus petits de taille et présentant néanmoins une coloration tout aussi intense. En effet, les individus qui résultent de la division spontanée d'un de ces gros exemplaires doivent forcément conserver la coloration de leur parent.

Le système digestif du Loxodes Rostrum présente une disposition toute particulière. La moitié postérieure du coips de cet animal se montre constamment occupée par une masse vésiculeuse , composée de grosses vésicules limpides et claires ne renfermant jamais de substances étrangères, et en outre d'une matière intervésiculaire. On trouve en général les Loxodes remplis de matières alimentaires qui, dans la partie qui avoisine immédiatement l'œsophage, remplissent à peu près uniformément toute la largeur du corps. Dans la partie postérieure du corps, ces matières alimentaires se comportent un peu différemment. Elles sont toujours logées dans les espaces intervésiculaires, et lorsqu'elles sont en circulation, elles progressent dans cette espèce de réseau trabéculaire, sans jamais pénétrer dans les vésicules elles-mêmes. Parfois, lorsqu'un gros objet, tel qu'un test de navicule, se meut dans ces espaces étroits, on voit bien cet objet faire fortement saillie dans une vésicule, mais sans cependant tomber dans sa cavité et en restant toujours séparé de celle-ci par une couche d'une substance incolore qu'on peut être tenté de considérer comme l'expression d'une membrane entourant la cavité.

Il n'est pas très-facile de se rendre compte, au premier abord, de la véritable structure anatomique de la partie postérieure du Loxodes Rostrum, d'autant plus que le système digestif et le système circulatoire paraissent enchevêtrés ici l'un dans l'autre, de manière à multiplier les difficultés de l'observation. Pendant longtemps nous avons cherché la vésicule contractile sans pouvoir parvenir à la trouver. Enfin,

nous remarquâmes que la partie postérieure du corps, qui est en général assez tuméfiée, présente de temps à autre, on peut même dire rythmiquement, une contraction subite de toute sa masse. A ce moment-là, on voit cette partie postérieure s'affaisser et diminuer de volume, sans cependant que nous ayons pu reconnaître qu'aucune vésicule disparût à ce moment-là. Bientôt la partie postérieure se tuméfie de nouveau par degrés jusqu'à ce que tout à coup une nouvelle contraction intime s'opère. Nous sommes donc arrivés à la conviction qu'il y a dans cette région du corps un orcjane contractile, sans arriver cependant à déterminer avec certitude quel est cet organe. On peut cependant supposer sans trop d'invraisemblance que les vésicules qui occupent la partie postérieure du corps sont toutes en communication les unes avec les autres et forment comme un vaste appareil contractile, qui, à chaque contraction, chasse une partie de son contenu dans les canaux non encore reconnus de la partie antérieure du corps.

Nos observations sur le Loxodes Rostrum en étaient là, lorsque M. Lierberkûhn nous annonça avoir reconnu chez cet animal un canal intestinal ramifié analogue à celui du Trachelms Oviim. C'est, en effet, là la manière la plus simple et la plus vraisemblable par laquelle on puisse expliquer la circulation des aliments dans les espaces intervésiculaires, et nous nous rangeons pleinement à la manière de voir de M. Lieberkuhn. Mais reste à savoir ce que sont dans ce cas-là les vésicules elles-mêmes. Sont-elles, comme nous le supposions tout-à-l'heure, un système de vésicules contractiles? Ou bien peut-être sont-elles des espaces remplis d'une liqueur incolore, comparables à ceux qui se voient chez le Trachelius Ovum entre les branches du canal alimentaire, c'est-à-dire une cavité abdominale séparée de la cavité digestive? C'est ce que nous ne pouvons décider ici d'une manière parfaitement positive. Les contractions que présente la partie postérieure du corps ne parlent point exclusivement en faveur du système de vésicules contractiles. En effet, l'analogie avec le Trachelius Ovum rappelle à notre esprit une observation que M. Gegenbaur veut avoir faite chez ce dernier. Cet observateur croit avoir découvert une ouverture qui met en communication la cavité abdominale (c'est-à-dire celle dans laquelle l'intestin est suspendu) avec le monde extérieur. S'il existait quelque chose d'analogue chez le Loxodes Rostrum, les contractions de la partie postérieure du corps pourraient bien s'expliquer par

l'expulsion d'une partie du liq<iide contenu dans la cavité abdominale. Il est tout au moins à noter que la partie postérieure du corps se tuméfie parfois très-considérablement, et que, par une contraction subite, on la voit s'affaisser d'une quantité très-appréciable, sans qu'on remarque qu'une tuméfaction de la partie antérieure se produise, ce à quoi l'on devrait cependant s'attendre, si le surplus du liquide était chassé de la partie postérieure dans la partie antérieure. Du reste, si les vésicules de la partie postérieure ne représentent que la cavité abdominale, la découverte de la vésicule contractile reste encore à l'état de desideratum, car nous ne croyons pas que M. Lieberkiihn ait rien observé de plus que nous sur cet organe.

Nous avons à mentionner ici les organes singuliers dont nous avons déjà touché quelques mots à propos de la caractéristique du genre. Ces organes, découverts d'abord durant le cours de l'été 1856, par M. le professeur Johannes Mueller', sont des vésicules parfaitement limpides, contenant chacune dans son centre un corps globuleux fortement réfringent. On dirait autant de vésicules auditives avec un otolithe, mais otolithe privé de mouvement. On pourrait aussi les comparer aux vésicules du sécrétum {Sekrelhlœschen) des reins de mollusques, ou encore mieux à celles des cellules graisseuses de la peau des Clepsines. Ces vésicules forment une rangée parallèle au bord dorsal de l'animal, ou, si l'on aime mieux, au tranchant du cimeterre. Elles sont situées entre ce bord et la ligne longitudinale médiane, à peu près à une distance égale de l'un et de l'autre. Leur nombre est très-variable suivant les individus. Lorsque les Loxodes ont pris beaucoup de nourriture, la rangée des vésicules en question ne s'aperçoit pas immédiatement: c'est ce qui explique pourquoi de nombreux observateurs ont observé le Loxodes Rostrum sans reconnaître ces singuliers organes. Depuis que M. Johannes Mueller a attiré notre attention sur ces vésicules, nous les avons retrouvées chez chaque individu, pour peu que nous les cherchassions avec quelque soin. M. Lieberkùhn les a également retrouvées dès-lors d'une manière constante.

Quant à la signification des vésicules de Mueller, elle est aussi complètement inconnue. Faut-il y voir un organe des sens, une sécrétion ou une excrétion? Ce sont là des questions auxquelles nul ne peut répondre. La nature chimique des granules réfrin-

1. Monalsbcricht der k. preuss. Akad. d. Wiss. zu Berlin, 18a6, 10. Jiili.

ET LES RHIZOrODES. 343

gents pourrait peut-être donner quelque éclaircissement sur cette question. Mais chacun sait les difficultés et l'incertitude qui accompagnent inévitablement l'étude chimique de particules aussi petites.

Les nucléus sont très-difficiles à reconnaître, parce qu'ils sont fort petits et que l'animal est rendu en général obscur par les substances avalées. Nous les avons cependant reconnus parfois sous la forme d'un assez grand nombre de corps arrondis à limbe clair, formant une ligne parallèle aux vésicules de Mueller. M. Lieberkûhn les a également vus sous cette forme.

-Maintenant nous avons à nous justifier d'avoir conservé le nom Loxodes Rostrum à l'intéressant infusoire que nous venons d'étudier, car on pourrait supposer que M. Ehrenberg, n'ayant mentionné chez son Loxodes Rostrum. aucune des singulières particularités énoncées plus haut, notre animal pourrait bien être différent du sien. Nous pensons d'une manière positive que notre Loxodes est bien celui d'Ehrenberg. Les particularités qui le distinguent ne sont pas du genre de celles qui sautent aux yeux dès l'abord. La forme du corps et celle du sillon buccal coïncident entièrement. 11 suffit de considérer les dessins de M. Ehrenberg pour s'assurer que son Loxodes Rostnnn était un animal du groupe des Trachéliens, et qu'il n'avait rien de commun avec le voisin étrange que lui donne M. Ehrenberg, savoir le Loxodes Rursaria, qui est un Paramecium. Ce savant remarque fort bien qu'on trouve souvent dans l'intérieur du corps du Loxodes Rostrum des Navicules, des Synedra, des Chlamydomonas, mais qu'on ne lui voit pas avaler de couleur. Or, c'est précisément ce qu'on peut diie de tous les Trachéliens.

M. Dujardin donne au Loxodes Rostrum le nom générique de Pelecida, parce qu'il transporte, sans raison bien valable, le nom de Loxodes à d'autres infusoires.

Le Loxodes Rostrum a été observé, par nous, comme par MM. Ehrenberg, Mueller et Lieberkûhn, dans des eaux stagnantes des environs de Berlin.

On a attribué le nom de Loxodes à de nombreuses espèces qui doivent être retranchées du genre tel que nous l'avons délimité.

Le Loxodes Bursaria Elir. est un Paramécien {Paramccium Biirsaria Focke).

Le Loxodes Cilhara Ehr. est un animal sur la position duquel nous ne nous permettons pas de décider. Nous n'avons jusqu'ici rencontré aucun infusoire que nous ayons pu lui rapporter avec quelque apparence de certitude. M. Dujardin croit pouvoir affirmer que le Loxodes Cii/iara Ehr. est un Bursarien ou un Paramécien, mais nous n'osons pas nous prononcer d'une manière aussi positive que lui.

Le Loxodes plicaius Ehr. est fort probablement un Aspidisca, comme M. Ehrenberg le donne déjà à entendre lui-même. C'est sans doute une des espèces que M. Dujardin a décrites dans son genre Coccudina.

Le Loxodes Cticullulus Duj. est un Chilodon, dont M. Dujardin n'a pas reconnu l'appareil buccal. C'est sans doute le Chilodon Cucullulus Ehr.

Il est difficile de dire ce qu'est le Loxodes reticulatiis Duj., dont M. Dujardin lui-même fait précéder le nom d'un point d'interrogation. Il n'est pas probable qu'on puisse jamais le retrouver avec certitude, ni surtout en faire un Loxodes.

Le Loxodes marinus Duj. est peut-être un Chilodon marin; mais, à en juger par la figure de M. Dujardin, nous serions encore plus tentés d'y supposer un Dystérien imparfaitement observé.

Le Loxodes dentatus Duj. est très-probablement le Chilodon Cuculluhs Ehr., et, par suite, identique avec le Loxodes Cucullulus Duj. M. Dujardin dit lui-même que son Loxodes dentatus ne diffère du Loxodes Cucullulus que par un appareil buccal semblable à celui des Chilodon.

Le Loxodes CuculHo Pcrty est aussi fort probablement le Chilodon Cucullulus Ehr. Quant à la forme dont M. Perty fait, sous le nom de Loxodes caudatus, une variété de son Lox. CuculHo, nous n'oserions affirmer si c'est un Chilodon ou autre chose, et nous ne pensons pas que personne soit beaucoup plus heureux que nous.

Le Loxodes brevis Perty est, nous le craignons, une forme tout-à-fait indéterminable.

Le Pelecida coslata Perty, qui devrait rentrer dans notre genre Loxodes, puisque le genre Pelecida de M. Dujardin est identique à notre genre Loxodes, est cependant probablement un Amphileptus. Les dessins de celte espèce, que donne M. Perty,

semblent devoir se rapporter, les uns au Loxop/iijlhim Fasciola, les autres au Loxoph. Lamella.

13' Genre. — TRACHELIUS.

Les Trachelius sont des animaux du groupe des Trachéliens, dont la bouche est située à la base d'un prolongement en forme de trompe, et conduit dans un canal alimentaire ramifié. Ce canal s'ouvre à l'extrémité postérieure du corps, à l'extérieur. C'est là que se trouve l'anus. Les Trachelius se rapprochent, par conséquent, beaucoup des Loxodes, mais ils s'en distinguent par l'absence de la rangée d'organes problématiques qui distingue ces derniers. Jusqu'ici, nous ne connaissons qu'une seule espèce rentrant dans le genre de Trachelius ainsi délimité.

ESPÈCE

Trachelius Ovum. Ehr. Inf., p. 323, PI. XXXIII, Fig. 13-

Syn. Amphiltptus Ovum. Diij. Inf., p. 187.

Uaimodirus Ocum. Pertj. Zur Kenntiiiss, etc., p. 151,

DiAGNOSE. Corps globuleux prolongé en avant eu un appendice en trompe Irès-mobile ; vésicules contractiles nombreuses ; nucléus eu forme de ruban.

Nous n'entrons dans aucun détail circonstancié relativement à cette espèce, attendu que nous n'avons rien à ajouter qu'une confirmation entière à des communications orales qui nous ont été faites par M. Lieberkûhn, il y a déjà quelques années, c'est-à-dire à une époque oïi nous ne connaissions pas encore le Trachelius Ovum. M. Lieberkûhn n'a pas, il est vrai, fait connaître ses observations; mais M. Gegenbaur vient de publier récemment' une note sur le Trachelius Ovum, note qui se trouve coïncider, sur la plupart des points, avec les observations de M. Lieberkiihn, et

Page 1