Mueller's Arcbiv. Juni
secondairement, par conséquent, avec les nôtres. Il est certain maintenant que l'organe ramifié que M. Ehrenberg représente chez le Tracheliiis Ovum, existe bien réellement, et qu'il est un intestin parfaitement incontestable, comme ce savant l'avait affirmé. C'est l'existence de cet organe qui nous détermine à distinguer génériquement le Tracheliiis Ovum des autres Trachelius de M. Ehrenberg. M. Perty avait déjà fondé pour lui le genre Harmodirus. Mais il est d'autant moins à regretter que ce nom ne soit pas conservé, que M. Perty fondait le genre Harmodirus non pas sur l'existence du canal alimentaire, qu'il n'avait pas su reconnaître, mais sur la présence d'un appendice en forme de trompe, oubliant que bien d'autres membres de la famille des Trachéliens sont munis d'un appendice semblable, tout en possédant, comme le Trachelius Ovum, un corps plus ou moins globuleux.
Nous avons déjà signalé ailleurs que M. Gegenbaur croit avoir trouvé une communication entre la cavité générale (distincte de l'intestin) du Trachelius Ovum et le monde extérieur. Nous n'avons pas eu jusqu'ici l'occasion de contrôler cette observation.
Les infusoires décrits par M. Ehrenberg, sous les noms de Trachelius Anas, T. Melcagris, T. vorax, T. Anaticula, rentrent dans le genre Amphileptus. 11 en est probablement de même du Trachelius Faix Duj.'
Le Trachelius Lamella Ehr. et sans doute aussi le Tr. strictus Duj. sont des Loxophyllum. Quant au Trachelius teres Duj., il est trop imparfaitement observé jusqu'ici. Mais c'est aussi sans doute un Loxophyllum ou un Amphileptus.
Le Trachelius apiculatus Perty est un Trachelophyllum. Le Trachelius noduli férus et le Tr. pusillus Perty sont, autant qu'on peut en juger par les mauvaises figures qu'en a données leur auteur, ou des Lacrymaires ou des Trachelophyllum.
Enfin, le Trachelius trichophorus Ehr. et le Tr. globulifer Ehr. n'appartiennent trèsdécidément pas au groupe des Trachéliens et ne sont pas même des infusoires ciliés.
1. La iliagnoso que M. Elirenljcrg donne do son T? laliccps de la nier dn Nord (Mnmlsber. d. k. p. Akad. d. Wiss. Zu Berlin, 18i0, p. ^20i) est trop insuffisante pour (pie nous puissions émettre une opinion sur les affinités de cet animal.
ET LES RIIIZOrODES. 347
Le premier est un Astasien, auquel on peut donner le nom d'Astasia trichophora. M. Ehrenberg, qui ne le rapporte qu'avec doute au genre Trachelius et ne peut s'empêcher de relever son analogie avec les Astasies, convient lui-même qu'il n'a jamais pu s'assurer de l'existence de cils à la surface du corps. Le second, observé par M. Ehrenberg entre des conferves de l'Irtisch, pourrait bien, selon le savant de Berlin, être encore plus parent des Trachelomonas que des Trachelius, et, sur ce point, nous sommes parfaitement de son avis.
44' Genre. — AMPHILEPTUS.
Les Amphileptus sont des animaux du groupe des Trachéliens, munis d'une bouche placée à la base d'un prolongement plus ou moins long, souvent en forme de cou, et ne présentant pas de distribution arborescente de la cavité digestive. Ce sont des animaux en général aplatis, mais susceptibles de se dilater excessivement et de devenir globuleux lorsqu'ils ont avalé beaucoup de nourriture. C'est un genre nombreux, dans lequel on pourra sans doute, plus tard, à la suite d'études plus approfondies, établir des coupes utiles. Ce genre comprend, comme nous l'avons déjà vu plus haut, presque tous les Trachéliens et les Amphileptus de M. Ehrenberg : les différences anatomiques par lesquelles ce savant avait cru pouvoir différencier ces deux genres n'existent réellement pas. Mais d'autres différences génériques plus certaines pourraient peut-être servir de base à d'autres distinctions. Chez certaines espèces, le prolongement en forme de col est très-long et étroit, et la cavité du corps ne paraît pas se prolonger dans son intérieur, tandis que chez d'autres cette cavité s'étend jusqu'à l'extrémité antérieure. Beaucoup d'espèces présentent, sur la partie du corps qui est en avant de la bouche, sinon une rangée de cirrhes buccaux, du moins une région présentant des cils plus forts que le reste de la surface du corps, région que M. Dujardin désigne assez heureusement sous le nom de crinière. C'est aussi dans cette région-là que sont logés, chez quelques espèces, des tiichocystes. D'autres Am-
phileptus ne laissent pas reconnaître de crinière proprement dite ;^ mais, comme on trouve tous les passages possibles entre les Amphileptus à crinière et ceux qui en sont dépourvus, nous n'avons pas osé baser des coupes génériques sur un caractère aussi incertain.
Les diverses espèces d'Amphileptus présentent des différences très-nombreuses, quant au nombre des vésicules contractiles et des nucléus. Certaines espèces possèdent une seule vésicule contractile, placée chez les unes près de la base du col, chez les autres, au contraire, près de l'extrémité postérieure. D'autres en présentent un grand nombre. Dans ce cas, les vésicules sont souvent disposées linéairement le long du bord ventral ou du bord dorsal, ou même de tous les deux, et ce sont elles que M. Ehrenberg a considérées comme des réservoirs [Safthlasen) contenant un suc propre destiné à jouer un rôle dans la digestion. Du reste, il est aussi des espèces qui présentent une distribution uniforme des vésicules contractiles dans tout leur parenchyme. Le nucléus est tantôt simple, tantôt multiple. Chez plusieurs espèces, il se montre très-constamment en nombre double.
L'anus est situé, comme en général dans la famille, non loin de l'extrémité postérieure. Dans les espèces qui se terminent en pointe, il est placé à la base de la pointe et, à ce qu'il paraît, en général du côté dorsal.
Nous ne figurons qu'un petit nombre d'Amphileptus, soit parce que ces animaux sont très-souvent de grande taille, soit surtout parce que les dessins de M. Ehrenberg sont en général parfaitement suffisants. Ce genre paraît , du reste , être trèsnombreux, et il n'y a pas de doute que la suite ne vienne à nous faire connaître beaucoup d'espèces non décrites jusqu'ici. Nous sentons vivement combien l'étude que avons faite de ce genre est encore superficielle, et combien tout ce qui tient à la délimitation des espèces laisse encore à désirer. Nous croyons toutefois rendre un service signalé à l'étude systématique des infusoires, et faire un premier pas vers une topographie raisonnée du groupe des Trachéliens en faisant tomber les barrières tout artificielles que MM. Ehrenberg et Dujardin avaient élevées entre les infusoires qu'ils répartissaient dans leurs genres Trachelius, Amphileptus, Dileptus, etc., et dans des familles éloignées les unes des autres.
ET LKS RHlZOrODES.
ESPECES
1° Ampliileptus Gùjas. (V. PI. XVI, Fig. 3.)
DiAGNOSE. Amphiloptus .^ tromiie fniniaiil un ciiuniicMiu- on un sixième de la lon.^uenr totale; œsophage muni tic plis siinnlaiit des baguettes; vésicules cnntraeliles semées dans tout le pareneljynie : iiinièrc très-nianpiée.
Cet infusoiie, un des plus grands qui peuplent nos eaux douces, s'est offert à nous, çà et là, dans les eaux de Berlin. Il n'a été décrit jusqu'ici, à notre connaissance, par aucun auteur. Il se promène majestueusement, glissant avec lenteur entre les algues, déployant toute la masse de son corps lorsqu'il vogue dans une eau libre, mais se repliant et se contournant bizarrement lorsqu'il rencontre des obstacles à sa progression. Son corps est en général assez renflé par les aliments qu'il contient, sans cependant devenir vraiment cylindrique. Sa trompe, plus aplatie que son corps, atteint environ un cinquième de la longueur de celui-ci; elle est munie d'une crinière trèsmarquée. L'extrémité même de la trompe présente comme une espèce de papille. Dans la région qui correspond à la crinière depuis l'extrémité de la trompe jusqu'à sa base, c'est-à-dire jusqu'à la bouche, le parenchyme contient des trichocystes parfaitement semblables à ceux du Paramecium Aurélia. Les bords de l'ouverture buccale sont tuméfiés en manière de bourrelet, mais sont appliqués l'un contre l'autre lorsque l'animal ne mange pas, de manière à former deux lèvres fermées. L'œsophage est conique et présente une striure longitudinale, qui rappelle tout-à-fait l'appareil buccal des Chilodon, bien que les baguettes soient moins nettement indiquées. Il ne parait cependant pas que la cuticule de l'œsophage présente chez cet Amphileptus de véritables indurations longitudinales en forme de baguettes; tout au moins, il n'y a pas de doute que les stries difQuent aussi rapidement que le reste du corps. Nous regardons donc comme probable que les stries présentées par l'œsophage ne sont que l'expression de plis de la cuticule. Lorsque l'Amphileptus avale un gros objet, les stries semblent disparaître, sans doute parce que les plis s'effacent par suite de la distension de l'œsophage.
Les vésicules contractiles sont très-nombreuses et distribuées à peu près uniformément dans tout le parenchyme. La trompe elle-même en possède plusieurs. Il ne
nous a pas été possible d'estimer avec quelque exactitude le nombre de ces vésicules. Les gros exemplaires peuvent en avoir jusqu'à cinquante et au-dessus. Ou voit, du reste, se répéter ici un fait dont on peut se convaincre chez la plupart des infusoires doués d'un grand nombre de vésicules contractiles, à savoir que les petits exemplaires possèdent moins de vésicules que les gros.
Le nucléus est un corps unique courbé en S et un peu renflé à ses deux extrémités, souvent aussi dans son milieu.
Nous avons mesuré des individus dont la taille atteignait jusqu'à un millimètre et demi.
2" Âmpkilcptus Cyfjnus. (V. PI. XVII, Fig. 4.)
DiACNOSE. Ampliileptus à trompe floxible à peu près égale au corps en longueur, munie d'une crinière ou moustache dévelui)pée ; vésicule contractile nnicpie à la base du col.
Cette grande espèce ne s'est présentée que rarement à nous. Elle se reconnaît immédiatement à sa trompe très-longue et aplatie en lame, qui s'agite élégamment dans l'eau comme la corde d'un fouet. Cette trompe conserve partout une largeur à peu près égale, ce qui lui donne l'apparence d'une vraie lanière. Elle est munie d'une crinière fournie qui se termine à la base du col, dans une excavation oîi se trouve la bouche. Cette crinière produit dans l'eau, comme cela a lieu en général chez tous les Amphileptus qui en sont pourvus, un tourbillon qui amène vers la bouche les objets avoisinants. Cependant, ces objets ne sont jamais ingérés dans la bouche par la force du remous des cils. Les lèvres jouent toujours un rôle actif dans la préhension de la nourriture, et l'acte de préhension est suivi d'une véritable déglutition.
Le corps est comprimé à un degré moindre cependant que la trompe, et il va en diminuant rapidement de diamètre, de l'avant à l'arrière, pour se terminer enfin en pointe aiguë.
La vésicule contractile est grosse et unique. Elle est logée à la base de la trompe, tout en étant opposée à bouche. En un mot, elle se trouve très-rapprochée du dos.
Le dessin que nous avons conservé de cet animal ne nous indique malheureusement rien au sujet du nucléus.
ET LES RHIZOrODES. 354
Le corps atteint une longueur de 0'""',2, la trompe et la queue non comprises.
Nous avons trouvé YAmphileptus Cijgmis dans de l'eau provenant du parc {Thier- (jarten) de Berlin.
3° Anrp/iileptus Anas.
Syn. Trachelius Anas. Ehr. Infus., p. im. PI. XXXIII, Fig. VI.
.' Amphileplus viridis. Ebr. Infus., p. 556. PI. XXXVllI, Fiy. II.
DlAO'OSE. Aniphileptiis à trompe allongée, nnniie de deux nudéiis arrondis cl d'une vésicule contractile unique située non loin de l'exlréniilé postérieure.
M. Ehrenberg donne une bonne figure de cet Amphileplus, dont il a reconnu le double nucléus. Il ne parle pas de la vésicule contractile; mais nous ne doutons pas que l'animal qu'il a eu sous les yeux n'ait eu une vésicule contractile unique, située non loin de l'extrémité postérieure, d'autant plus que ce savant dessine à cette place une vésicule qu'il considère comme une dilatation sphérique de l'intestin.
IS Amphileptus Anas a une assez grande ressemblance avec V Amphileplus viridis Ehr. Malheureusement, cette dernière espèce n'a pas été assez suffisamment caractérisée par son auteur. Le seul caractère réellement distinctif qui soit indiqué est celui de la couleur. Or, nous savons qu'une coloration verte peut résulter, chez tous les infusoires, d'un dépôt de granules de chlorophylle. Il n'y a donc pas là de quoi fonder une espèce. M. Ehrenberg ne dit rien des ou du nucléus. La vésicule contractile est située vers l'extrémité postérieure. Nous aurions réuni sans hésitation YAmphileptus viridis à V Amphileplus Anas, n'était le prolongement caudal dont le premier paraît être muni. Peut-être, ce caractère aidant, parviendra-t-on un jour à retrouver le vrai Amphileplus viridis.
4° Amphileplus vorax.
SïN. Trachelius vorax. Ehr. Infus., p. 321. PI. XXXIII, Kig. VI.
DiAGNOSE. Amphileptus à trompe de longueur moyenne, corps arrondi à l'extrémité postérieure ; nucléus unique ; probablement une seule vésicule contractile.
Cet Amphileptus, dont la description se trouve plus détaillée dans l'ouvrage de M. Ehrenberg, ne nous est pas connu. Mais il doit être facilement reconnaissable aux caractères indiqués, et se légitime parfaitement comme véritable Amphileptus.
5° Amphileptiis nwnilifjcr. Ehr. Infus., p. 350. PI. XXXVIII, Fig. \.
DiAGNOSE. Ampliilt'i>tiis à tronipo de longueur moyenne; corps arrondi à l'extrémité postérieure; un nucléus en cbapelet.
Cet espèce, de M. Ehrenberg, ne nous est pas plus connue que la précédente. Mais elle sera toujours reconnaissable à son nucléus. En effet, si celui-ci n'est pas toujours en chapelet (car il est probable que c'est là une forme que le nucléus n'affecte qu'en vue de la reproduction), il doit être, dans tous les cas, très-allongé, à peu près comme celui de V Amphileptus Gùjas. Or, c'est là une forme qui ne se rencontre que rarement chez les Amphileptus. Il est regrettable que M. Ehrenberg n'ait rien pu nous apprendre sur la ou les vésicules contractiles.
6» Amphileptus Anser. Ehr. Infiis., p. 355. PI. XXXYII, Fig. 4,
Syn. Dilcplus Anser. Du;. lui'., p. 407.
DiAGNOSE. Amphileptus à trompe allongée; corps terminé en pointe et muni d'une seule vésicule contractile, située près de l'extrémité postérieure; nucléus doidjle.
Cet élégant infusoire a été suffisamment bien décrit par M. Ehrenberg, qui en a déjà reconnu exactement la vésicule contractile et les nucléus. Nous avons seulement à ajouter que l'œsophage présente des stries longitudinales, semblables à celles que nous avons décrites chez V Amphileptus Gigas; mais nous ne saurions dire si ces stries répondent à de simples plis de la cuticule ou à des indurations en baguette.
7° Amphileptus margaritifer. Ehr. Inf., p. 35. Pi. XXXVII.
DiAGMoSE. Amphileptus à trompe allongée ; corps terminé en pointe et muni d'une rangée de vésicules contractiles le long du dos.
Cette diagnose n'est qu'imparfaite, parce que nous ne sommes nous-mêmes pas parfaitement certains de l'animal auquel M. Ehrenberg a donné le nom A' Amphileptus margaritifer. Toutefois, nous ne doutons pas qu'une étude plus approfondie des Amphileptus ne fixe d'une manière parfaitement positive l'espèce même de M. Ehrenberg. Ce savant n'attribue à son Amphileptus margaritifer qu'une seule vésicule contractile,
ET LES RIIIZOPODES. 353
mais il décrit en outre une rangée de vésicules renfermant un suc destiné à jouer un rôle dans la digestion. Or, pour nous, il n'y a pas de doute que ces dernières vésicules ne soient les vraies vésicules contractiles; car nous trouvons les vésicules contractiles disposées ainsi chez plusieurs Amphileptus, proches parents les uns des autres, et dont l'un doit être très-certainement V Amphileptus margaritifer de M. Ehrenberg. — Nous possédons différentes esquisses des Amphileptus en question, mais nous n'en communiquons aucune, parce que nous ne sommes pas encore en état de délimiter ici les espèces. Parmi les Amphileptus voisins de V Amphileptus margaritifer de M. Ehrenberg, les uns ont. l'extrémité postérieure terminée en pointe arquée, et l'anus situé à la base de cette pointe du côté du dos, tandis que les autres sont arrondis à l'extrémité et possèdent un anus tout-cà-fait terminal, dans l'axe même du corps. Ceux-ci ont la trompe aplatie en lanière, ceux-là l'ont presque cylindrique. Tantôt la rangée des vésicules contractiles se prolonge très-avant dans la trompe, tantôt elle semble cesser à la base de celle-ci. Le nombre de ces vésicules est aussi très-variable. Chez beaucoup d'individus, on trouve, outre la rangée dorsale, quelques vésicules contractiles distribuées, çà et là, dans le reste du corps ; quelques-uns présentent même une rangée ventrale parallèle à la rangée dorsale, mais, en général, formée d'un nombre moins considérable de vésicules. Parfois l'extrémité libre du col est surmontée d'une sorte de papille digitiforme. La bouche et le nucléus offrent aussi des différences. — Ce sont là tout autant de variations qui méritent d'être étudiées avec soin. Pour le moment, l'établissement de coupes spécifiques basées sur elles serait prématurée.
8° Amphileptus Melcagvis.
SïN. Trackelius Melcaç/ris. Ehr. Iiif., p. ,-"21. PI. XXXn[, fig. 8. (non Ainiihilrjidis Mclcagris. Elir. Inf.)
UiAGXOSE. Partie du corps située en avant ilc la houclie à peine rélrécie eu forme de trompe; vésicules contractiles distribuées sur tout le pourtour; nncléus double.
Nous n'osons affirmer d'une manière bien positive que notre Amphileptus Meleagris soit le Trackelius Meleagris de M. Ehrenberg, bien qu'il s'en rapproche à beaucoup d'égards. Le Trachelius Meleagris de cet auteur semble posséder une partie antérieure plus étroite que ne l'est le plus souvent la partie correspondante de notre
Amp/iikptiis Meleagris. Toutefois, ce dernier étant soumis à des variations de forme plus considérables que tous les autres Amphileptus, nous n'ajoutons pas trop de valeur à ce détail. U Amphileptus Meleagris est si commun dans la Sprée et les étangs des environs de Berlin, qu'il n'est pas probable qu'il ait pu échapper aux investigations de M. Ehrenberg ; et, comme parmi les dessins de cet auteur il n'en est aucun qui concorde mieux avec cet animal que celui du Trachelius Meleagris, c'est une présomption nouvelle en faveur de l'identité de son Trachelius et de notre Amphileptus.
De tous les Amphileptus que nous connaissons, celai-ci est l'espèce chez laquelle la bouche est le plus difficile à reconnaître. Les lèvres s'appliquent si bien l'une contre l'autre qu'il est à peine possible de reconnaître la positition de l'ouverture buccale lorsque l'animal ne mange pas. Mais lorsque V Amphileptus Meleagris est sur le point de saisir une proie, on voit la bouche s'ouvrir béante et engloutir tout à la fois l'objet désiré.
La partie antérieure du corps est à peine rétrécie en trompe, mais elle est très-aplatie, et la cavité digestive ne pénètre pas très-avant dans son intérieur.
Les vésicules contractiles sont nombreuses (douze à quinze environ) et disposées le long du bord, soit ventral, soit dorsal. M. Ehrenberg n'attribue, il est vrai, que deux vésicules contractiles à son Trachelius Meleagris, mais, comme chez V Amphileptus margaritifer , il décrit le long du bord dorsal une rangée de vésicules contractiles contenant un suc utUe à la digestion. Or, il n'y a pas de doute pour nous qu'ici, comme chez V Amphileptus margaritifer, les soi-disant vésicules à suc digestif {Saftblœschen) ne soient la rangée des vésicules contractiles. Que M. Ehrenberg n'ait pas vu la rangée ventrale n'a rien d'étonnant, parce qu'elle n'est, en effet, pjis toujours très-facile à reconnaître, surtout lorsque l'animal a pris beaucoup de nourriture. Pour peu qu'on fixe avec quelqu'attention la rangée de vésicules, on ne tarde pas à voir l'une des vésicules disparaître subitement, puis une seconde, puis une troisième, et ainsi de suite.
Les nucléus sont deux corps ronds ou ovales, déjà figurés par M. Ehrenberg.
La longueur moyenne de l'animal est d'environ 0'"'",2.
ET LES RHIZOrODES. 355
C'est sur cette espèce que nous avons fait les observations intéressantes qui seront rapportées dans la troisième partie de ce mémoire, à propos des kystes trouvés sur les pédoncules de VEpisUjUs plicati/is.
UAmp/iileplus Melcagris Elir. n'est pas synonyme de notre Amp/iilrptus Meleagris, mais du LoxophuUitm Me/rcif/ns Duj., dont il sera question plus loin.
9° Amphileptus longicollis. Ehr. Iiif., p. 357. PI. XXXVIII, Fig. 5.
DiAKNnsE. Rouelle plus rapprocliée de rextréuiité postérieure que de rextrémité anU'irieure ; crinifre très-prononcée; une rangée de 9 à 10 vésicules contractiles.
Cette espèce, qui nous est parfaitement inconnue, est clairement distincte de toutes les précédentes par la position de sa bouche. M. Ehrenberg lui attribue, comme à beaucoup d'autres espèces, une rangée de vésicules contenant un suc propre à la digestion, vésicules qu'il faut sans aucun doute considérer comme des vésicules contractiles.
iO° Amphileptus Anaticula.
Syx. Trachelius Ânalicula. Elir. 3. Al)li., p. 130.
(V. PI. XVI, Fig. 4.)
DiAGXOSE. Amphileptus en forme de poire, à trompe s'élargissant peu à peu en un corps globuleux ; vésicule contractile unique et terminale.
Cet Amphileptus, plus petit que tous les précédents, est une des espèces les plus communes. La bouche, située à la base d'une trompe ayant environ un tiers de la longueur du corps, est à peine reconnaissable sous la forme d'une légère dépression lorsque l'animal ne mange pas. Elle est susceptible d'une dilatation excessive, car V Amphileptus Anaticula est une des espèces qui avalent les proies relativement le plus grosses. Aussi n'est-il pas rare de trouver des individus tout-à-fait déformés par un objet aussi gros que l'animal même qui l'a avalé. La vésicule contractile est située tout-à-fait à l'extrémité postérieure. C'est aussi là que se trouve l'anus.
Le nucléus est un corps unique, arrondi.
La trompe est revêtue de cils légèrement plus longs que ceux du reste de la surface du corps.
La longueur de VAmpkileptus Anaticida est d'environ 0">"',08 à 0,1.
L'animal que M. Diijardin figure dans sa planche 6 sous le nom de Lacnjmaria farda Qi dont il ne donne aucune description dans le texte, est un Amphileptus trèsvoisin de VAmph. Anaticida, ou peut-être même identique avec lui.
Nous avons observé dans la mer, près de Bergen en Norwége, un Amphileptus proche parent de V Amphileptus Anaticida, mais s'en distinguant par la position de sa vésicule contractile. Celle-ci, au lieu d'être terminale, était située près de la bouche, à la base du cou. Toutefois, comme nous n'avons observé qu'un individu de cette espèce, du reste peu saillante, nous n'avons pas pensé devoir forger pour lui un nom nouveau.
Le BUcptus (jramdostis' de M. Dujardin est très-certainement un Amphileptus, probablement voisin de notre Àmphdeptus Cijfjmis. Il est à regretter que M. Dujardin ne nous apprenne rien sur son nucléus ni sur sa ou ses vésicules contractiles.
VAcineria incurvata Duj. est une espèce maritime qui appartient, nous le supposons, au genre Amphileptus. -^
Quanta V Acineria «CMteDuj. (Inf., p. 402. PI. 6, fig, 45), il ne nous est guère possible de la différencier de V Amphileptus Anaticida. Il est, du reste, à remarquer que le dessin que M. Dujardin donne de cette espèce est en opposition formelle avec la caractéristique du genre Acineria Duj.
Il est possible également qu'il faille rapporter au genre Amphileptus le Trachelius FalcDu]. (Duj., p. 400. PI. 6, Fig. 8, 9 et 17), à moins que ce ne soit un Loxophyllum.
V Amphileptus papillosus Ehr. (Inf., 357. PI. XXXVIII, Fig. 5) n'est très-certainement pas un Amphileptus ; nous avons même de fortes raisons pour supposer que ce n'est pas un infusoire cilié. M. Ehrenberg doutait lui-même fortement que la place qu'il lui avait assignée dans son système fût la plus naturelle.
I. Le nom de DUeptus graymlosus n'existe que dans l'explication de la planche 11 de M. Dujardin. Dans le texte (p. 409) l'auteur n'avait pas encore jugé à propos de donner un nom à cet animal, dont il ne louche un mot qu'en passant.
ET LES RIIIZOrODES. 357
Enfin, VAmphileplns Fasciola Elir. doit rcnlrer dans le genre Loxophylluni, à propos duquel nous en ferons mention tout à l'heure.
/5« Genre. —LOXOPHYLLUM.
. Les Loxophylliim sont des Tracliéliens excessivement aplatis, réduits en quelque sorte à l'état de feuille ou de lame mince. Ils sont, il est vrai, susceptibles de se gonfler considérablement comme tous les Trachéliens, par l'absorption d'une trèsgrande quantité d'aliments, mais leur corps n'en reste pas moins entouré d'un limbe aplati, laminaire, très-transparent, formé par une zone, dans laquelle ne pénètre pas la cavité du corps. L'existence de ce limbe permet de distinguer avec certitude les Loxophyllum des Amphileptus.
M. Dujardin, en fondant le genre Loxophyllum, le caractérisait d'une manière assez différente des lignes qui précèdent. Ce genre était formé, pour lui, par des animaux à corps très-déprimé, lamelliforme, oblique, très-flexible et sinueux ou ondulé sur les bords, ayant la bouche latérale et des cils en lignes parallèles écartées. — Cette définition avait l'inconvénient de ne pouvoir s'appliquer qu'au seul Loxop/tylhim Meleagris, et point du tout aux autres Trachéliens vraiment lamelliformes.
Le genre Loxophyllum, tel que nous l'entendons maintenant, a l'avantage de comprendre tous les Trachéliens essentiellement lamelliformes, qui ne se traînent jamais en tournant autour de leur axe, mais nagent, pour ainsi dire, constamment en conservant leur forme de lame étendue. Il y a bien, il est vrai, des Amphileptus qui nagent le plus souvent de cette manière, mais tous paraissent plus ou moins susceptibles d'un mouvement de rotation autour de leur axe longitudinal, tandis que les Loxophyllum se replient bien diversement, mais sans présenter de rotation semblable.
Tous les Loxophylles jusqu'ici connus ont une seule vésicule contractile placée près de l'extrémité postérieure, c'est-à-dire près de l'anus.
La partie du corps qui est située en avant de la bouche est tantôt très-rétrécie, de
manière ta figurer une espèce de Idiniève {Loxophijllum Fasclola), td^atàt non (L. Melca- (jris et L. armatum).
ESPÈCES
i° LoxophijJlum Mclmgris. Duj. Inf., p. 488. PI. XIV, Fig. 0-
Syn. AmphilciHiis Mdeagris. Elir. Iiifiis., PI. XXWUI, Fig. i.
(V. PI. XVI, Fig. 9.)
DiAr.NOSt:. LoNopliyllum à bouelie tivs-ia)iproclu'-t' do roxtréniilr anliTieuro ; liord dorsal cn-nelO ; un long mieléus en niliaii, ou une rangée de nucléiis ovales el nombreux; limbe faisant tout le tour du corjis ; pas de trichocvsles.
Cet infusoire nage élégamment et avec lenteur et frappe par son excessive transparence lorsqu'il ne renferme que peu de matières avalées. La surface est striée longitudinalement. Le bord dorsal présente une série de petits mamelons plus épais qui lui donnent une apparence crénelée déjà signalée par Otto-Friederich Mueller. M. Ehrenberg compte de sept à huit créneaux, mais le plus souvent il y en a davantage, et ce nombre est du reste très-variable suivant la grosseur des individus.
La bouche est située pas très-loin de l'extrémité antérieure, mais elle reste d'ordinaire complètement fermée, de sorte qu'elle est difficile à voir lorsque l'animal ne mange pas. Elle ne se montre alors que sous la forme d'une petite échancrure du bord ventral. Le limbe formé par le parenchyme est en général un peu plus large du côté du ventre que du côté du dos (côté crénelé). L'anus est situé non pas exactement à l'extrémité postérieure, mais sur le des, entre cette extrémité et une grosse vésicule, qui est la vésicule contractile. M. Ehrenberg avait déjà remarqué avec justesse que l'anus est placé, non pas du même côté (longitudinal) que la bouche, mais du côté opposé. Et en elïet, la place qu'il désigne comme étant l'ouverture anale (Ehr. PI. XXXVIII, Fig. IV, da) est parfaitement exacte. Par contre, M. Perty est bien décidément dans l'erreur lorsqu'il affirme que l'anus est situé sur le même bord que la bouche. C'est, du reste, sur la position de celte dernière qu'il paraît s'être mépris, puisqu'il la place sur le bord concave, c'est-à-dire sur le bord crénelé.
La vésicule contractile n'a pas été signalée par M. Ehrenberg, et ce ne sont naturellement ni M. Dujardin, ni M. Perty qui ont comblé cette lacune. Néanmoins, elle est très-facile à reconnaître, étant excessivement grosse et jamais voilée par les ali-
ments contenus dans la cavité du corps. Elle est située près du boni dorsal, non loin de l'extrémité postérieure. Il serait vraiment surprenant que cette vésicule eût échappé aux regards investigateurs de M. Ehrenberg, et, de fait, il n'en a point été ainsi. La vésicule se trouve clairement dessinée dans l'une des figures de M. Ehrenberg (Ehr. PI. XXXVIII, Fig. IV, 4) ; mais il est probable que cette vésicule, étant placée tout auprès de l'anus, M. Elirenberg l'a considérée comme une simple dilatation du canal alimentaire supposé. C'est du moins là une mépiise qu'a faite souvent le savant berlinois. Il ti-ansforme, par exemple, également la vésicule contractile du Spirostome ambigu on une dilatation d'un rectum supposé, parce que cette vésicule est logée tout près de l'anus.
De la vésicule contractile part un vaisseau qui s'étend parallèlement au bord dorsal et tout près de ce bord jusqu'à l'extrémité antérieure de l'animal. A chaque contraction de la vésicule, on voit ce vaisseau se renfler, puis se vider de nouveau dans la vésicule elle-même pendant la diastole de celle-ci.
M. Ehrenberg paraît, lorsqu'on lit ce qu'il rapporte du Loxophyllum Meleagris, n'avoir rien vu du nucléus. Il ne parle du moins pas de glande séminale. Et cependant le nucléus ne lui a pas échappé, comme nous allons le voir tout à l'heure. Cet organe est en général multiple. Il se présente sous la forme d'une rangée de corps ovalaires, incolores, qui s'étend parallèlement au bord ventral dans la plus grande partie de la longueur de l'animal, c'est-à-dire environ de la bouche à la vésicule contractile. Ces nucléus sont parfois au nombre de 12 ou 15; parfois aussi il y en a moins. Souvent la ligne formée par eux n'est pas exactement parallèle au bord ventral du Loxophyllum, mais présente une allure un peu sinueuse. Dans certains cas, la rangée des corps ovalaires est interrompue par un corps enferme de ruban, équivalant, par sa longueur, à trois ou quatre corps ovalaires ordinaires. Enfin, nousavons rencontré une îohun Loxophyllum . Meleagris chez lequel la rangée de nucléus ovalaires était remplacée par un long nucléus en ruban. Il est évident que nous avons ici afi"aire à quelque chose d'identique à ce que nous avons déjà vu chez les Stentors. Le nucléus est primitivement de forme rubanaire. Plus tard, il prend une forme de chapelet, puis enfin chaque élément du chapelet devient indépendant. C'est là un phénomène qui, sans doute, est en rapport avec la formation des embryons, comme nous aurons l'occasion de le montrer dans
la troisième partie de ce travail. Les individus chez lesquels la rangée des nucléus ovalaires est interrompue par la présence d'un corps rubanaire, sont des individus chez lesquels le nucléus est en voie de division. Des fragments se sont déjà séparés de lui à ses deux extrémités, mais la partie moyenne forme encore un corps continu plus ou moins en forme de ruban.
Il serait étonnant, comme nous le disions, qu'un tel nucléus eût échappé aux investigations de M. Ehrenberg. Mais il n'en est rien. La plupart des observateurs paraissent avoir vu les nucléus, mais ils les ont diversement et en général faussement interprétés. Déjà Otto-Friederich Mueller dit de son Kolpoda Mcleagris {Loxophylhim Meleagris Duj.) qu'il est orne près de son bord latéral postérieur (c'est-à-dire de son bord ventral, car il appelle le bord crénelé le bord latéral antérieur) de douze globules ou davantage, qui sont égaux entre eux, diaphanes et forment une rangée longitudinale droite ou ondulée suivant les mouvements de l'animal. Mais Mueller ne fait pas de supposition sur la valeur de ces globules. M. Ehrenberg remarqua, à la même place où Mueller décrit ses globules, huit ou dix taches claires et incolores, souvent difficiles avoir, qui sont, à n'en pas douter, les nucléus en question. Mais M. Ehrenberg avait malheureusement l'esprit préoccupé de ses idées théoriques sur la polygastricité. 11 avait vu, chez divers Amphileptus (^4. margaritifcr , A. lonfjicollis , A. [Trachelius Ehr.] Meleagris) une rangée de vésicules qu'il avait supposées remplies d'un suc propre à la digestion, bien qu'elles fussent en réalité des vésicules contractiles. Il s'imagina donc trouver dans ces taches claires du Loxojthyllum Meleagris l'analogue de ces vésicules : il en fit des vésicules à suc digestif {Saftblascn) .
M. Dujardin paraît n'avoir pas vu lui-même les nucléus. En revanche, M. Perty a su les trouver, puisqu'il dit que la seule trace d'organisation que lui aient offert même les plus grands exemplaires de Loxophyllitm Meleagris consistait en une rangée irrégulière de vésicules elliptiques, dans lesquelles il pense devoir chercher des blasties. Or, ce que M. Perty nomme blasties, ce sont, suivant sa définition, des corps reproducteurs. M. Perty a donc été guidé ici par une sorte d'instinct heureux, car les nucléus étant réellement des corps reproducteurs, méritent bien le nom de blasties dans le sens de M. Perty. Mais il ne faut pas les paralléliser avec tous les objets hétérogènes que le savant professeur de Berne a fait entrer, bon gré, mal gré, sous cette rubrique.
ET LES RIIIZOPODES. 361
Nous avons observé le Loxophijllum Meleagris dans des eaux stagnantes à Leszczyn, près de Rybnick en Haute-Sil6sie, et dans le Thiergarten de Berlin. La longueur moyenne des individus que nous avons observés était d'environ 0'"™,3.
2° Loxophyllum Fasciola.
Syn. Ampliilcplus Fasciola. Elir. Inf., p. Ô50, PI. XXXVIII, Fig. ô. Dilcplus Jùilium. Duj. Inf., p. 409. PI. XI, Fi-. 6. ? Pelccida costata. Perty. Ziir Kcnntniss, etc., p. 15"2, PI. VI, Fig. 7.
DUGNOSE. Loxophyllum à trompe allongée, en forme de lanière et formant à elle seule i>lus d'un tiers de la longueur totale; corps terminé en pointe plus ou moins obtuse; uudéus double; pas de tricliocystes ; bord dorsal non crénelé.
\J Amphileptus fasciola de M. Ehrenberg doit forcément rentrer dans le genre Loxophyllum, tel que nous l'avons défini. Les individus 1 à 4 de la figure III (PI. XXXVIII) de cet auteur représentent l'animal d'une manière suffisamment exacte, et nous sommes dispensés par là de donner un dessin nouveau. Les autres individus représentés par M. Ehrenberg ne sont pas gravés aussi correctement, et nous doutons en particulier que ceux qui portent les numéros 9 à 14 appartiennent bien à la même espèce que les autres.
Le limbe transparent, dans lequel ne pénètre pas la cavité du corps, est proportionnellement moins large chez le Loxophyllum Fasciola que dans l'espèce précédente, bien que toujours facile à reconnaître. La zone centrale du corps, c'est-à-dire celle *qui correspond à la cavité digestive, est souvent très-renflée par les aliments qu'elle contient. L'anus, comme M. Ehrenberg l'a déjà fort exactement remarqué, n'est pas situé à l'extrémité postérieure du corps, mais à la base de la pointe qui la termine. C'est pour cela que nous doutons un peu aujourd'hui que l'animal , représenté ailleurs par l'un de nous ' sous le nom à'Amphileptus Fasciola, soit bien réellement identique à celui que M. Ehrenberg a désigné sous ce nom. En effet, la figure en question représente un animal à anus tbut-à-fait terminal et dépourvu de tout appendice caudal. Il ne faut pas oublier cependant que la Lacrymaria Olor est tantôt arrondie, tantôt pointue en arrière.
i. LacUmann. Muller's Archiv., 1836. Tab. XIV, Fig. 12.
L'infusoire que M. Dujardin représente sous le nom de Dileptus Folium, nous semble parfaitement identique avec le LoxophyUum Fasciola. Seulement, M. Dujardin n'a pas reconnu les cils de la surface. Par contre, l'animal que le même auteur figure sous le nom d' Ampli ileptus Fasciola (Duj. PI. XI, Fig. 17), nous paraît être distinct de VAmphileptus Fasciola de M. Ehrenberg.
3° Loxophylhmi armatum. (V. PI. XIV, Fig. 17.)
Dl\GNOSE. Loxopliylhim tlt''[ioiu'vii d'iip|iendiee en forme de trompe; corps plus ou moins sémikinaire, n'ayant pas de limbe du côté droit; bouche située sur le côté gauclie, entre le premier et le second tiers de la longueur totale; limbe armé de longs trichocystes.
La face ventrale du L. armatum est plane et ornée de sillons longitudinaux entre lesquels sont implantées des rangées de cils fort courts. La face dorsale (celle qui est représentée dans la figure) est, dans toute la partie circonscrite par le bord interne du limbe — c'est-à-dire dans la partie qui correspond à la caviié digestive — tantôt bombée, tantôt plane, selon la plus ou moins grande quantité de nourriture absorbée par l'animal. Elle est garnie de cils courts et fins. Du côté droit, c'est-à-dire du côté qui est dépourvu de limbe, le corps atteint son épaisseur maximum, tandis que, du côté gauche, l'épaisseur diminue graduellement à mesure qu'on se rapproche du limbe. Celui-ci forme une large ceinture autour des trois quarts de la périphérie totale environ, savoir en avant, à gauche et en ai^ière. Il est, sur sa face supérieure aussi bien que sur sa face inférieure, ornée de rangées de cils qui sont disposés à peu près parallèlement au bord périphérique. Le bord, tout-à-fait externe, de ce limbe est un peu renflé en bourrelet. Au point où la partie postérieure du limbe atteint le bord droit de l'animal, elle se recoquille vers le haut (Voyez la figure). Des trichocystes longs et fins sont disposés radiairement dans toute l'étendue du limbe, tout en étant un peu moins distincts dans la partie postérieure.
La bouche est située sur le bord du limbe, à peu près à la limite commune du premier et du second tiers de la longueur totale, c'est-à-dire au point oi!i, dans notre figure, des trichocystes déchargent leur filament pour frapper un Cyclidium. L'anus est situé au point de recoquillement du limbe , sans que nous ayons pu déterminer avec certitude s'il est ventral ou dorsal. La vésicule contractile, située tout auprès,
devient souvent étoilée, ou se divise en deux a\i moment de la contraction. L'animal nage lentement, comme en chancelant, et se tourne de temps à autre autour de son axe longitudinal. Lorsque l'arête du limbe vient à toucher un corps étranger, les fdaments urticants sont décochés par les trichocystes et paralysent les petits infusoires qu'ils viennent à toucher. Si cette manœuvre n'apporte aucune proie au Loxophyllum, on le voit s'agiter avec inquiétude pendant quelques instants et en tous sens pour reprendre bientôt son mode de natation accoutumé. — Nous avons vu le L. armatîim se reproduire par division spontanée transversale.
Cette espèce a été observée par M. Lachmann, dans de l'eau provenant de la Bruyère aux Jeunes-Filles {Jungfernhaidé), près de Berlin,
4" Loxop/iyllnm Lamella.
SïN. Trachelius Lamella. Ehr. Infiis., |). 522. PI. XXXIII, Fig. IX.
DuGNOSK. Loxopliyllimi à forme linéaire, conservant à peu près partout le même nucléus double ; vésicule contractile unique; bord dorsal non crénelé; pas de trichocystes.
Les figures que M. Ehrenberg donne de cette petite espèce sont assez exactes, à la circonstance près que cet observateur n'a pas reconnu l'existence des cils (bien qu'il l'ait supposée). La partie antérieure du corps n'est pas rétrécie au même degré que chez le Loxophyllum Fasciola, mais la bouche est située à peu près à la même place. L'extrémité postérieure du corps est arrondie et l'anus exactement terminal. La vésicule contractile est située tout auprès, comme M. Ehrenberg le représente.
Les figures de M. Ehrenberg représentent toutes le Loxophyllum Lamella comme étant formé d'une masse centrale obscure et d'une substance marginale incolore. C'est parfaitement exact. La masse centrale obscure est la partie qui correspond à la cavité digestive pleine d'aliments. La substance marginale est le limbe formé uniquement par le parenchyme.
M. Ehrenberg suppose que le Loxophyllum Lamella pourrait bien n'être que l'état non adulte du Loxophyllum Fasciola. Nous croyons toutefois les deux espèces bien distinctes. Cependant les individus que M. Ehrenberg représente sous les numéros 9
à 14, de la figure III de la PI. XXXVIII, comme étant de jeunes Loxophijllum Fasciola, nous semblent être de vrais Loxophylhim Lamella.
L'infusoire que M. Dujardin représente et décrit sous le nom de Trachelius Lamella n'est point identique avec le Trachelius Lamella Ehr. C'est une espèce marine qui, peut-être, appartient aussi au genre Loxophyllum, bien que nous ne puissions l'affirmer. M. Dujardin n'en indique, du reste, ni la bouche, ni la vésicule contractile, ni le nucléus, ni l'anus.
M. Ehrenberg attribue SlU Loxophyllum Lamella une taille d'un soixante-quinzième à un vingt-quatrième de ligne. Ce dernier chiffre correspond à peu près à la longueur des individus que nous avons observés dans les eaux douces de Berlin.
Il est probable que l'infusoire décrit par M. Dujardin, sous le nom de Trachelius strictus (Duj. Inf., p. 400, PI. 7, Fig. 15), doit rentrer dans le genre Loxophyllum. Malheureusement, ce savant paraît l'avoir observé aussi et plus imparfaitement peutêtre que son Trachelius Lamella.
IIK^' Famille. — tOI>EPI]VA.
Les Colépiens sont des infusoires voisins des Trachéliens, mais ils s'en distinguent par la présence d'une cuirasse solide, formée par des bâtonnets solides disposés en treillis. Leur bouche et leur anus étant placés aux deux pôles opposés du corps, on peut dire que ce sont des Enchelys ou des Holophrya revêtues d'une cuirasse à jour. On pourrait sans inconvénient réunir cette famille à celle des Trachéliens ; toutefois il est à remarquer que la cuirasse est ici un caractère de plus de valeur que chez le
ET LES miIZOPODES. S65
Vorticellincs cuirassées dont M. Elirenberg formait sa famille des Ophrydines. En effet, les Vorticellines cuirassées peuvent à volonté quitter leur fourreau et se présenter complètement nues, comme les Vorticellines proprement dites. Les Colépiens, au contraire, ne peuvent se défaire de leur cuirasse et la conservent toute la vie. On rencontre, il est vrai, des individus dont une moitié du corps est nue, mais ces individus-là sont issus récemment d'une division spontanée. En effet, les deux individus résultant d'une division fissipare conservent l'un la moitié antérieure, et l'autre la moitié postérieure de la cuirasse primitive, et chacun forme une moitié de cuirasse nouvelle. Les deux moitiés de la cuirasse paraissent, du leste, ne jamais se souder complètement l'une à l'autre, et l'on aperçoit toujours la jointure. En effet, ces deux moitiés doivent plus tard se séparer l'une de l'autre, lorsque chacun des nouveaux individus se divisera à son tour. Parfois on reconnaît une jointure de la cuirasse, non seulement à l'équateur , mais encore entre le premier et le second tiers, ainsi qu'entre le second et le troisième.
M. Dujardin prétend que la cuirasse des Colépiens dilïlue aussi facilement que celle des Plœsconiens (Euplotes, etc.). Cela est exact lorsqu'il s'ag^it d'individus jeunes, chez lesquels cette cuirasse a une nature toute organique et très-délicate. Mais, chez les adultes , elle est consolidée sans doute par un dépôt de sels minéraux, et résiste à une calcination soutenue; de plus, les acides concentrés n'ayant souvent aucune action sensible sur la cuirasse du C. hirlus, on serait tenté de lui supposer une nature silicieuse. Cependant, il ne faut pas oublier que l'épreuve chimique d'objet si minces est entourée de si grandes difficultés que toute conclusion positive paraît un peu hasardée.
Notre famille des Colepina est identique à celle pour laquelle M. Ehrenberg a créé ce nom, et ne renferme que le seul genre Coleps. — M. Dujardin a eu la malheureuse idée de réunir ce genre avec des animaux qui ne sont pas même des infusoires (les Chcetonotus), dans sa division des infusoires symétriques.
ESPECES
i° Coleps hirtus. Ehr. Inf., p. 317. PI. XXXIII, Fig. 1.
DiAGKOSK. Corps étant un solide Je révoliition en forme de tonnelet allongé, arrondi eu arrière, où il est nnmi de deux ou trois [lointcs. liord antérieur régulièrement dentelé.
Cette espèce, qui paraît êti'e très-répandue pailout, est suffisamment connue. Nous remarquons seulement que M. Perty se trompe, lorsqu'il considère la cuirasse comme foimée par des granules entre lesquels sortent les cils. Les prétendus granules sont précisément les jours de la cuirasse, et les prétendus intervalles sont, au contraire, la partie solide. Cette méprise avait déjà été faite par M. Dujardin, tandis que M. Ehrenberg a bien reconnu le véritable état de choses.
2° Colfips uncinatus. (V. PI. XII, Fig. 9.)
Dl.\r,\0ST;. Corps ue formant pas nn solidede révolution, mais représentant un ovoïde très-aplati d'nu côté, qui se trouve être le coté ventral. Hord antérieur dentelé et présentant dn coté ventral deux épines on dents recourbées bcau- "couii plus fortes que les antres dentelures.
La forme si caractéristique de cette espèce résulte suffisamment de la diagnose. Les deux épines antérieures sont un pou recourbées en crochet. La partie postérieure est munie de quatre pointes acérées. Du reste, la cuirasse est constituée, comme celle du Coleps hirtus, et paraît ne présenter guère que douze côtes longitudinales. — La vésicule contractile est située près de l'extrémité postérieure, et le nucléus est un corps discoïdal placé vers le milieu du corps. Ces deux organes sont disposés de même que chez le C //irtns.
Nous avons observé cette espèce aux environs de Berlin. Sa longueur totale est de 0""",067.
5° Coleps Fusus. (V. PI. XII, Fig. 7-8.)
Diagnose. Corps formant un solide de révolution, régulièrement dentelé an bord antérieur, très-rétréei en avaul et se terminant eu eôue pointu en arrière.
Cette espèce, observée par M. Lachmann , dans la mer du Nord (à Glesnœs, sur la côte de Norwége), se distingue suffisamment des précédentes par sa forme.
Nous en avons représenté, d'après des esquisses de M. Lachmann, un petit individu (Fig. 7) et un autre plus gros et sur le point de se diviser transversalement (Fig. 8). Les côtes longitudinales sont au nombre de seize environ.
La cuirasse du Coleps Ftisus n'atteint pas tout-à-fait l'extrémité postérieure du corps, mais laisse saillir le parenchyme mol de l'animal, lequel forme la pointe terminale.
M. Ehrenberg décrit, sous le nom de C. amphacanthus (Inf., p. 318, PI. XXXIII, Fig'. IV), une espèce bien caractérisée, qui ne nous est pas connue. Il en est de même du C. ««ewri^î/s, du même auteur (Inf., p. 318, PI. XXXIII, fig. V). Quant au C. viriclis Ehr. et au C. elongatus Ehr., nous ne les croyons pas différents du C. hirlus. La première de ces prétendues espèces est seulement basée sur des individus colorés par de la chlorophylle, et la seconde sur une variété un peu allongée. Le C. inermis Perty (Zur Kenntniss, etc., p. 458, PI. VIII, Fig. IV) pourrait cependant être une espèce propre.
c-'Oifl'&cr ^
X« Famille. — IIAIiTŒKI^VA.
La famille des Halterina est composée d'infusoires à corps glabres, dont la rangée de cirrhes buccaux est le seul titre qui leui' assigne une place parmi les infusoires ciliés. Ce caractère suffit pour les distinguer de toutes les familles autres que celle des Vorticellines. Une confusion avec cette dernière est, de plus, complètement impossible, les Halterina ne possédant pas de disque vibratile.
Les Halterina sont des infusoires plus ou moins globuleux, dont la bouche est située au pôle antérieur et entourée d'une rangée de cirrhes vigoureux qui sont souvent les seuls organes locomoteurs présents, mais dont l'action est cependant parfois renforcée
par celles de soies saltatrices. Tous les animaux de cette famille se meuvent avec une rapidité extrême et restent rarement immobiles. Aussi leur étude est-elle fort difficile, et nous ne sommes pas encore arrivés à déterminer avec une parfaite certitude si les cirrhes buccaux forment un cercle parfait ou un tour de spire. C'est la première alternative qui nous semble la plus probable. Les Haiterina ont une bouche dilatable et avalent parfois d'assez gros objets. Aussi n'ont-ils pas d'œsophage cilié à sa surface.
Réparlilion ilcs Ilalléricns en genres.
Tj 1 Des soies fines servant au saut; animaux sauteurs I. HALTERIA.
Pas de soies servant un saut ; animaux essenliellemeut nageurs 2. STROMBIDION.
/" Genre. - HALTERIA.
M. Dujardin a caractérisé ce genre comme étant formé par des animaux à corps presque globuleux ou turbiné, entouré de longs fds rétracteurs très-fins, qui, s'agglutinant au porte-objet et se contractant tout à coup, lui permettent de changer de lieu brusquement et comme en sautant. Cette manière de saisir le rôle des soies saltatrices des Haltériens, est évidemment eironnée. Ces soies forment une ceinture équatoriale,* et si leurs extrémités venaient à s'agglutiner au porte-objet, une contraction des soies ne pourrait jamais avoir pour cifet une projection de l'animal en avant. Le seul résultat possible serait un élargissement de l'animal dans sa région équatoriale et une pression de son corps contre le porte-objet. D'ailleurs, il est facile de se convaincre, en observant les Halteria dans un verre concave plein d'eau, que ces animaux sautent lors même qu'ils sont beaucoup trop distants du fond du réservoir pour que leurs soies puissent contracter une adhérence avec lui. Le saut est produit par im mouvement brusque des soies, et celles-ci prennent leur point d'appui, non pas sur des corps solides voisins, mais dans l'eau elle-même.
Les Haltéries observées par tout le monde n'ont été bien vues par personne. M. Eh-
ET LES imizoroDEs- 309
renberg les a réunies en un seul genre avec les Tiichodines, qui ne leur ressemblent certes guère. M. Dujardin leur a assigné une place [tarmi ses Kéroniens. Celte étrange assimilation provient de ce que cet observateur a cru voir chez les Haltériens une rangée de cirrhes disposés obliquement en moustache comme les cirrhes buccaux des Oxytriques. Otto-Fr. Mueller représentait plus exactement le véritable état des choses lorsqu'il décrivait les cils comme étant répartis sur tout le contour d'une ouverture.
ESPECES
i" HaUeria grandinella. Duj. Inf., p. 415. PI. XVI, Fig. 1.
Syx. Trichodina gmmliiiellu. Elir. Inf., [i. 267. PI. XXIV, fig. V.
(V. PI. XIII, Fig. 8-9.)
DiACNOSC. Soies sallatrices longues cl Unes, iiou situées dans un étranglement circulaire. Pas de zone équatoriale formée par des filamcnls longs et arqués.
Cette espèce, fort commune dans la plupart des eaux douces, a été toujours fort mal figurée, au point d'être tout-à-fait méconnaissable. M. Dujardin est le seul qui ait aperçu ses soies saltatrices, mais il les a très-inexactement figurées et ne paraît pas s'être aperçu qu'elles sont implantées seulement sur l'équateur de l'animal. Dans l'état de repos, ces soies sontraides comme des aiguilles et légèrement inclinées les unes audessus, les autres au-dessous du plan équatorial. Quelquefois elles se portent toutes à la fois et brusquement en avant.
Le cercle des cirrhes buccaux présente une interruption correspondant à une légère échancrure du bord buccal, échancrure qui se retrouve peut-être chez tous les Haltériens.
Il est très à recommander de placer quelques Acinétiniens sur le porte-objet du microscope, lorsqu'on veut étudier des Haltéries. En effet, ces dernières ne tardent pas, au milieu de leurs bonds imprudents, à venir se jeter contre les suçoirs d'un Acinétinien, qui s'en empare aussitôt. L'IIaltéria, ainsi fixée, peut être étudiée beaucoup plus facilement.
2° Halteria Volvox.
Stn. Trichodina (Slcphanidina) Volvox. Eichwald '.
(V. PI. XIV, Fig. 10.)
DlAGNOSE. Soies saltatriccs longues cl fines, non situées dans un t'tranglement circulaire. Une zone équaloriale formée par des lilanients longs et recourbés en arrière.
Nous n'îivons observé qu'une seule fois cette espèce, au mois d'Avril 1855, à Berlin. Elle est parfaitement semblable à la précédente, si ce n'est que sa taille est un peu plus grosse et qu'elle présente une ceinture de longs cils recourbés en arrière, qui lui donnent une apparence fort élégante. Ces cils ne paraissent aucunement servir à la locomotion, du moins nous les avons toujours vus parfaitement immobiles. Ils sont bien plus longs que les cirrhes de la couronne ciliaire qu'on voit se former souvent à la partie postérieure de VHalteria grandinella, un peu obliquement à l'axe, couronne qui paraît être un prélude de division spontanée et qui doit former plus tard la rangée buccale du nouvel individu.
Il faut un peu d'audace pour identifier celte espèce avec le T. Volvox de M. Eichwald, et quiconque comparera les figures que donne cet auteur et la nôtre aura de la peine à se figurer qu'elles représentent le même animal. Toutefois, la description de M. Eichwald concorde assez bien avec l'animal observé par nous. 11 n'est, en particulier, pas possible de méconnaître la ceinture ciliaire de notre Halteria dans ce que M. Eichwald désigne sous le nom d'une couronne de cils rayonnants qui simule des plis (die faltenartigen Cilien des Strahlenkranzes).
5° Halteria Pulex. (V. PI. Xlll, Fig. lO-ii.)
DiAGNOSE. Soies saltatriccs courtes et fortes, implantées dans un étranglement circulaire.
Cette espèce est fort petite, sa taille ne dépassant pas 0™'",015. Sa partie antérieure est fort étroite et ses cirrhes buccaux ne sont qu'en très-petit nombre. Elle saute parfaitement comme VHalteria grandlnclla, dont elle se distingue facilement par la pré-
1. Dritter Nachtrag zur Infusorienkunde Rnsslands, Moscau, 1852, p. I2ô, PI. VI, Fig. 10.
ET LES RIIIZOPODES. 374
scnce de l'étranglement circulaire. La petitesse de l'animal nous a empêchés de reconnaître la vésicule contractile et le nucléus.
L7/. Pulcx est une espèce marine fréquente dans le fjord de Bergen.
Il est possible que l'animal dont M. Elirenberg a donné une diagnose sous le nom de Trichodina ? Acarus (Monatsb. d. k. p. Akad. d. Wiss. zu Berlin, 1840, p. 'âO'â) soit une Ilaltéric. Mais c'est ce que nul ne peut décider avec certitude en l'absence de toute figure. La Trichodina vorax du même auteur paraît appartenir également au genre Halteria.
S« Genre. — STROMBIDION.
Les Strombidion sont des Ilaltériens nageurs, dépourvus de tout organe propre au saut.
ESPÈCES
P Strombidion sulcatum. (V. PI. XIII, Fig. 6.)
DiAr.NOSE. Corps globuleux, un peu conique en arrière, orné dans sa partie^jostérieiire de sillons dans la direction delà génératrice du cône.
Cette espèce a tout-à-fait la forme et la taille de VHalteria grandinella. Sa couleur est en général d'un jaune brunâtre. Sa partie postérieure, légèrement conique, présente des côtes longitudinales en forme de bâtonnets rigides, laissant de larges sillons entre elles. Elle n'est pas très-rare dans le fjord de Bergen, mais elle progresse à travers l'eau de mer en tournant sur son axe avec une rapidité telle, qu'elle est bien difficile à poursuivre. Aussi n'avons-nous pu reconnaître ni son nucléus, ni sa vésicule contractile. Plusieurs fois , au milieu d'une course rapide, nous l'avons vue s'évanouir comme par enchantement en ne laissant que des globules épars. Chez aucun autre infusoire nous n'avons vu d'exemple d'une diflluence aussi rapide.
2° Strombidium Turbo. (V. PI. XIII, Fig. 7.)
DiACNOSE.'' Corps globuleux, à surface lisse non sillonnée.
C'est avec doute que nous rapportons cette espèce au genre Strombidium. En effet, la bouche n'est point située chez elle au centre de l'espace circonscrit par la rangée circulaire des cirrhes buccaux, mais tout-à-fait excentriquement, comme chez les Tintinnus. Aussi nous a-t-il semblé que la rangée de cirrhes ne forme point un cercle parfait, mais plutôt un élément de spirale. Le péristorne est muni d'une échancrure comme chez VHalteria grandinella. Chez le Strombidium sulcalum, au contraire, l'ouverture buccale nous a semblé être exactement centrale.
; Cette espèce se rencontre çà et là aux environs de Berlin, où elle n'a pas échappé non plus aux recherches de notre ami M. Lieberkùhn. Elle se reconnaît immédiatement à sa forme et à la vigueur de ses cirrhes buccaux, qui ne trouvent leurs rivaux que dans les cirrhes buccaux des Tintinnus. Sa longueur habituelle est d'environ 0'"'",035.
On rencontre aussi, aux environs de Berlin, une espèce très-voisine de celle-ci, mais qui a la forme d'un cylindre long de 0'""%10 et large de 0"^"\03. On peut se convaincre encore plus facilement chez elle de la position excentrique de la bouche. Le premier indice d'une division spontanée qui se prépare, est, chez cette espèce, la formation d'un faisceau de cirrhes implantés en spirale, qui apparaît latéralement vers le milieu de la longueur du corps.
ET LES RIIIZOPODES.
APPEIICE Al!\ Ill'SOIRES CILIÉS.
OPAIilSfES.
Nous ne pouvons quitter l'ordre dés infusoires ciliés sans toucher quelques mots des organismes encore problématiques auxquels on est convenu, depuis Puikinje et Valentin, de donner le nom d'Opalines. Plusieurs auteurs récents, et en particulier un homme dont le nom fait autorité, M. Max Schultze', sont disposés à supposer dans ces êtres des larves ou des nourrices d'helminthes. Il n'est, en effet, point improbable que plusieurs des animaux décrits sous ce nom générique aient une telle signification. Nous nous permettrons cependant d'élever des doutes sur la nature larvaire de certaines Opalines qui, comme VOpalina polijmorpha Schultze, VOpcdiua tmcinata Schultze et VOpalina recurva (décrite plus bas), possèdent des vésicules ou vaisseaux contractiles. Ces organes rappellent, en effet, entièrement les vésicules contractiles des infusoires, et semblent dénoter une parenté réelle entre ces espèces-là et les infusoires ciliés. Il est à remarquer, de plus, que ces mêmes espèces possèdent un nucléus parfaitement semblable au nucléus des infusoires. Ni le nucléus, ni l'organe contractile^ n'ont échappé aux diligentes observations de M. Schultze. Ce savant parle des nucléus comme de vésicules ovoïdes, qui, d'abord claires et transpai'entes, se remplissent plus tard de granules obscurs, et prennent l'apparence d'un amas de corpuscules germinatifs propres à engendrer, par voie métagénétique, un animal morphologiquement diftérent du parent. Telle peut être, en effet, la signification de ces organes, mais rien ne s'oppose à ce qu'ils ne soient parfaitement identiques aux nucléus des infusoires et
1. BeilrSge zur Naturgeschichte des Tiirbcllarien. Grcifswald, 18til, p 70.
2. M. de Siebold a été le premier à mentionner le vaisseau contractile de \'0. Plunariarum (O. polymorpha Schultze). (V. Vergl. Anat., p. IK. Annierkung.)
ne reproduisent des êtres semblables au parent. Quant aux organes contractiles, il est à remarquer qu'aucune nourrice d'helrriinthe n'en présente de semblables. M. Guido Wagener a bien reconnu déjà l'existence de rudiments de l'organe excréteur chez des embryons de Trématodes , mais chacun conviendra que les organes contractiles de certaines Opalines offrent bien plus d'analogie avec les vésicules contractiles des infusoires qu'avec le système excréteur des Cestodes et des Trématodes.
Nous pensons donc que la place provisoire des Opalines à réservoir contractile est plutôt auprès des infusoires qu'auprès des helminthes. Cette manière de voir ne préjuge cependant rien au sujet des espèces qui, comme VOp. Ranarum Purk. et Val. (Bursaria Ranarum Ehr.), l'Opaline cylindrique des grenouilles' et tant d'autres, sont dépourvues de tout réservoir contractile. '
UOpalina uncinata Schultze n'habite pas seulement la Planaria Ulvae. Nous avons trouvé du moins en très-grande abondance, sur la côte de Norwége, dans une Pla- f
naire du genre Proceros, une Opaline que nous ne pouvons en différencier d'aucune manière. L'un des crochets était constamment plus petit que l'autre, comme chez les individus observés par M. Schultze. Le nucléus occupait toujours la place que M. Schultze lui assigne sous le nom de tache claire (heller Fleck). «
Chez une autre Planaire maiine, que nous avons trouvée en très-grande abondance à Valloe, sur les bords du fjord de Christiania, et que nous croyons devoir rapporter à la Planaria limacina Fabr., habite une autre Opaline, voisine de l'O. uncinata Schultze. Nous lui donnons le nom d'O. recurva. On en trouve parfois jusqu'à trente ou quarante individus chez une seule et même Planaire. Ce parasite (V. PI. XXI, Fig. 9) atteint, lorsqu'il est étendu, une longueur d'environ 0'""\20. Il est rétréci en avant, et son extrémité antéiieure est recourbée du côté droit. Là se trouve un crochet unique, très-semblable à l'un des deux crochets de l'O. uncinata. Un vaisseau contractile s'étend obliquement dans toute la longueur de l'animal, de l'avant et de la gauche à l'arrière et la droite. Cet organe a ceci de particulier, que, parfois, au lieu
1. Ndiis croyons que celte Opaline est spécifiquement ditlcientc de la grande Opaline aplatie (Op. Ranarum) qui habite souvent avec elle. C'est cotte forme que nous croyons retrouver dans la prétendue Bursaria intesiinalis de M. Elirenberg.
de sabir une contraction totale, il s'étrangle de distance en distance de manière à se transformer en une série de vésicules rondes, disposées, à la suite les unes des autres, comme les granules d'un rosaire. Le nucléus est un corps ovale situé à l'arrière.
Pendant notre séjoui' en Norwége, nous avons observé une très-belle Opaline, parasite d'un ver appartenant à la division des lombrics. Ce ver, très-abondant sur divers points de la côte, en particulier auprès de la ville de Bergen, n'a malheureusement pu être déterminé par nous, mais n'appartient pas au genre Nais. L'Opaline qui l'habite paraît cependant être très-voisine de celle que M. Schultze a découverte chez la Nais lUtoralis, et à laquelle il a donné le nom d'O. lineata\ Peut-être même estelle identique avec elle. Cette Opaline est caractérisée par sa forme très-allongée, les stries fines et élégantes de sa surface et l'existence d'une double rangée de vésicules claires et transparentes (V. PI. XXI, Fig. 7-8). Au premier abord, on pourrait être tenté de comparer ces organes à des vésicules contractiles ; mais jamais nous n'avons aperçu chez eux la moindre trace de contractilité, et M. Lachmann, qui a étudié tout particulièrement cet animal, a. remarqué que ces organes sont ornés d'un contour tellement marqué, que leur contenu doit être doué d'un degré de réfringence plus grand que celui du liquide contenu d'ordinaire dans les vésicules contractiles. M. Schultze ne mentionne pas ces organes chez son 0. lincata, mais il les dessine exactement dans chacune de ses figures. Ce savant remarque que les fines stries de son 0. lineata ne proviennent point de la distribution linéaire des cils de la surface, mais qu'elles ont leur siège beaucoup plus profondément, savoir sous la peau, et qu'elles paraissent appartenir à une cavité médiane, ou à un corps caché à l'intérieur. Nous avons, au contraire, considéré les stries de notre Opaline comme existant à la surface même. Malheureusement, nous ne connaissions pas, à l'époque de notre séjour en Norwége, la description de M. Schultze, de sorte que nous ne pouvons affirmer ne pas nous être trompés à cet égard. — M. Schultze représente, dans la figure il de sa planche VII, une 0. lineata dans la division spontanée transversale. Si son Opaline est bien réellement la même que la nôtre, il y a plus dans ce phénomène qu'une simple division transversale ordi-