‹ Études sur la langue séchuanaChapitre 14 sur 43 · DU VERBE · texte numérisé non relu

DU VERBE

Dans la langue séchuana, plus peut-être que dans aucune autre , cette partie du discours mérite le nom de mot par excellence. Il a été préalablement observé que le nombre des substantifs abstraits est fort limité ; les idées abstraites ne sont cependant pas étrangères au mocbuana, mais il ne les connaît guère que sous la forme du verbe. Ayant peu d’occasions de s’exercer au raisonnement, il n’a pas senti la nécessité de le faciliter et d’en abréger la longueur; son esprit , encore dans l’enfance , ne tendant qu’à la clarté , l’art de la parole est tout entier pour lui dans l’analyse. Les mots pensée, existence, consolation, lui sont à peu près inconnus; il ne me comprendra pas si je lui dis : «La pensée de l’existence de Dieu fait ma consolation;» mais il dira

GRAMMAIRE

fort bien lui même : « Je pense Dieu est, je suis consolé. » Peut-être est-ce à un emploi si fréquent que le verbe sécbuana doit la perfection qui le distingue. Interprète unique de tous les sentiments de l’âme, il a dû devenir d’autant plus souple, d’autant plus étendu, qu’il était plus nécessaire.

1. Le verbe a trois espèces, et chacune des espèces a trois voix. J’appelle la première espèce efficiente, la seconde caasative, la troisième relative. Les voix sont l’actif, le passif et le moyen. Ex. Reka, «acheter.»

espèce, DITE

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