‹ Études sur la langue séchuanaChapitre 7 sur 43 · HK · texte numérisé non relu

HK

Mang,

Qui,

On peut encore remarquer, comme ressemblance avec l’hébreu, les pronoms suffixes, l’emploi fréquent du nom comme adjectif, les formes du verbe; sauf ces points de rapprochement , l’on peut dire que le séchuana est autant éloigné de l’hébreu que Je français.

Si , d’après le principe posé par Jes philologues , une • langue a d’autant plus de droits à l’originalité qu’elle offre un plus grand nombre d’onomatopées-mères, le

séchuana doit être considéré comme un dérivé trèslôintain du langage primitif. Il possède un assez grand nombre d’onomatopées, mais, autant que nous pouvons en juger, elles sont restreintes à l’expression d’actes purement matériels, et n’ont pas servi par extension à créer les mots métaphysiques. La métaphore paraît avoir contribué davantage à enrichir la langue. Quelques-unes des figures que le mocliuana emploie journellement sont aussi remarquables par leur finesse que par leur nouveauté; d’autres, se rapprochant de celles qu’on rencontre dans nos langues européennes, surprennent d’autant plus agréablement, et montrent que l’esprit humain , partout le même , est guidé dans ses opérations par une logique naturelle, dont les climats et les races ne font pas varier les principes. Sous tous ces rapports , il nous semble que le tableau suivant ne sera pas parcouru sans quelque intérêt.

Sens propre. Sens figuré.

Makaka,

Lriniere ,

Impudent.

Loana ,

S’entrelacer,

Combattre, SflD.

’ Ntate ,

Celui qui m’aime,

Père.

Go na le pelu.

Avoir du cœur,

Etre courageux.

Pela etelele.

Long cœur,

Patience.

India,

Chien ,

Esclave.

Setunya,

Explosion ,

Événement imprévu.

Tsela,

Traverser,

Vivre.

Sitoa,

l Être empêché, ) ( Être faible, j

Pécher.

Tloka ,

Manquer de.

Commettre une faute.

Emela,

Se lever pour,

Plaider la cause de.

Legata,

Crâne ,

Indocile.

GRAMMAIRE. 7

Sens propre.

Sens figuré.

Lenaka,

Corne,

Prince puissant.

Molomo,

Bouche ,

Opinion, avis.

Lesika,

Fil.

Famille.

Go na le sebete.

Avoir du foie.

Etre endurant.

Bofifi,

Ténèbres,

Deuil.

Belega,

Se décharger.

Accoucher.

Seriti,

Ombre,

Ame d’un mort.

Baba,

Etre amer,

Etre malade.

Khopo ,

Tortu,

Méchant, injuste.

Luka,

Être droit,

Etre juste.

Khomo ,

Bœuf,

Chose précieuse.

Bogale,

Aigu, tranchant.

Colère.

Pela e seretse.

Cœur de boue.

Impur.

Bea pelu.

Poser son cœur.

Attendre.

Selemo,

Semailles ,

Année.

Goetla,

Arrivée \

Automne.

Pelu eu itata.

Mon cœur s’aime.

Je suis heureux.

Cette dernière figure , peut-être la plus frappante de toutes , est fondée sur l’idée très-philosophique que l’approbation secrète de la conscience est un élément essentiel du vrai bonheur. On aura également remarqué tsela , qui signifie proprement l’acte de passer une rivière , image naïve et frappante de la vie , et ce ’ntate qui est continuellement dans la bouche du jeune enfant mossouto, et dont l’existence suffirait pour prouver que les plus beaux mots, dans toutes les langues, sont ceux que le cœur a créés.

Le vocabulaire séchuana est riche en noms individuels. Le mossouto a dix mots à sa disposition pour signifier une bête à cornes ; il a consacré un mot distinct

1 Sous-entendu : des moissons.

à chacune des différentes combinaisons de couleurs qu’il a pu observer dans ses troupeaux bigarrés. 11 a un mot pour exprimer l’idée générique d’homme ( homo ), et un autre pour exprimer celle d’homme considéré sous le rapport du sexe (rir). 11 distingue également entre la terre prise en son ensemble comme globe (terra) , et la terre considérée comme matière (humas). Il a cinq mots différents pour exprimer le mot jour, considéré ou comme durée de douze heures , ou comme intervalle de lumière, ou comme époque , etc. Les mots métaphysiques sont les seuls dont la disette se fasse sentir.

Parmi les abstractions de l’esprit , celles qui expriment les qualités des objets ou des actes, considérées en ellesmêmes, sont assez familières au mochuana. Nous avons les mots grandeur, facilité , beauté, bonté, etc. On conçoit, en effet, que, ces mots exprimant des manières d’être d’objets matériels et sensibles, ils devaient être le résultat nécessaire de l’observation des objets eux-mêmes dans leur nature primitive ou dans les modifications et les accidents dont ils sont susceptibles.

Les abstractions de l’esprit , qui expriment les sensations ou les actes de l’âme n’existent encore , dans le séchuana, que sous la forme du verbe.

Les mots esprit, conscience , faculté, entendement, et, en général, si je puis m’exprimer ainsi, les expressions techniques de la métaphysique et de la théologie manquent entièrement.

Avant de passer à quelques détails de grammaire, je remarquerai que les principales qualités du sécbuana sont l’harmonie et la clarté. Les plus longs mots n’ont

GRAMMAIRE

jamais plus de quatre syllabes, et les plus courts jamais moins de deux. Ils se composent de syllabes simples, d’une consonne, et d’une voyelle suivant invariablement la consonne. Duclos a fort bien observé qu’il faut distinguer la syllabe réelle et physique de la syllabe d’usage, et que toutes les fois que plusieurs consonnes de suite se font sentir dans un mot, il y a autant de syllabes réelles qu’il y a de consonnes qui se font entendre. Si cette remarque avait besoin d’être confirmée, on en trouverait la preuve dans la perplexité que cause aux Béchuanas la prononciation de certains mots hollandais, où les consonnes n’ont pas été épargnées, et dans la métamorphose euphonique qu’ils leur font subir.

Les mots hak, vleesch , sont transformés, après avoir

passé par leur bouche, en halosi, velasi.

On jugera du degré de clarté de la langue par les détails de grammaire qui vont suivre.

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