‹ Études sur la littérature et les moeurs des Anglo-Américains au XIXe siècle [microforme]Chapitre 121 sur 138 · FRE · texte numérisé non relu

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610 SAMUSL SLICK,

— but, chut, dit Achab effrayé, et il impose silence à son vieux condisciple. Puis il le fit entrer dans une petite chambre secrète, située tout au fond d'un corridor, au bout de la maison, sans tapis, sans dorure, sans luxe, et réservée au grand plaisir des Américains, qui est de fumer. Les deux amis allumèrent deux pipes, et la confession du ministre cemmengo.

— Savez-vous, lui dit Slick, que selon mon calcul vous avez bien mené votre barque? La maison est jolie, et votre: revenu se trouve sans doute a ee cette maison atteste,

— Trois mille dollars per an,

— Jolie affaire, La spéculation est bonne je ne — pas que la prédication vendit si bien, J'aurais pris ce genre de commerce-là,

— Si vous me promettes de — Samuel, de vous instruirai -dessus, N

— Silencieux comme le tombeau, dit Slick.

— En bien l mon cher ami, je n'ai eu besoin que d'une nouvelle règle de grammaire, et la voici : le féminin est

us du masculin, ei le masculin au-dessus du neutre. Je flatte les ſemmes, elles me donnent. les hommes, Il n’est pas toujours commode de faire avaler la flatterie à notre honorable sexe, surtout dans ce pays d'intérêt, Mais l’homme dont on flatte la femme vous est acquis, Il n'y tient pas, c'est une affaire. faite ; il vous suit où vous voulez, La femme est la roue. de devant, Faites-la bouger, tout le reste marche. Hier je prêchais sur la mort d'un enſaut, fils d’une veuve; je sun tableau si doux, si charmant, si triste, si merveilleux, si touchant, de la tendresse maternelle veillant près du lit du jeune malade, de la vertu féminine, de la bonté féminine, du pardon féminin (par parenthèse, c'est

il imposa silence à trer dans une petite d d'un corridor, au „ sans luxe, et

. qui est de fumer, et la confession du

Plon mon calcul vous son est jolie, et votre:

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MARCHAND D'HORLOGES. ha

la seule créature au monde qui ne pardonne jamais), j introduisis dans mon oraison tant d'anges, de larmes, de vertus et de tendresses, toujours au féminin ; je citai un si. grand nombre de beaux vers tirés de Scott et de Byron, que mon succès fut complet. C'était touché à merveille, « Ah! me nager qu er a eu | puis que vous avez pris ici votre location, jamais vous n° ven aussi bien parlé, — Madame, lui dis-je en serrant sa mais j'ai peint d'après natare.—Rien de plus pathétique, dit une autre. Mon modèle n'est pas éloigné, repris-je. » — Elles étaient toutes enchantées. Le lendemain, je reçus à peu près cent dollars en numéraire et cinquante en nature; les chères créatures étaient à moi. Voilà comme on preche, mon ami Samuel. C’est là le résultat du système volontaire, Croyez-vous qu'elles seraient assez niaises pour ouvrir leur bourse à un critique, à un moraliste qui leur apprendrait que la chair est faible, et le sexe aussi. Elles le laisseraient prêcher dans le désert et s'étendre à son aise sur les vices humains. Je reste célibataire, et je calcule que c'est là le seul moyen de conserver la faveur publique ; toutes les filles à marier comptent n'avoir un jour, et toutes les mères me portent aux nues.

— Quand je retournerai au pays, reprit le nnd

d'horloges, je ne manquerai pas de dire à votre vieux pré-

cepteur quel raffiné coquin vous êtes devenu, mon cam -

rade Achab, et quel escroc de qualité superſine vous êtes aujourd'hui.

— C'est le système et non pas moi, qu'il lontaoensee. Le système me fait ce que je suis ! Je ne le fais pas,

— Système ou non, Achab, vous êtes un drôle, Mais je calcule qu'il vaut mieux n’en rien dire, et laisser les pauvres femmes à qui vous servez votre poudre de perlimpin-

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612 SAMUEL SLICK,

pin, continuer leur métier de dupe. Servez une rente de + cinquante dollars par an à la pauvre Polly Bacon, et je 14 ne dirai pas un mot de ce qui vous regarde. Allons, soyez bon enfant, 223 par là, Je suis sérieux. Sacrifiez- 44 vous, »

Achab Meldrum baissa la tête, maugrés tout bos et hey la ronte.

Une année après, Slick et son compagnon se trouvaient à la porte de Thèbes, non pas de Thèbes l’égyptienne, ni de Thèbes la ville grecque, mais d'un petit hameau formé de cinq ou six huttes de bois, auxquelles la singulière prötention.des habitants, préparant des tortures aux géographes de l'avenir, avait imposé cette dénomination grandiose. Toutes les portes étaient fermées ; pas un habitant dans les rues. On voyait, au milieu de ce silence général, la truelle du maçon plantée dans son baquet de plâtre, Techafaud dressé, l'établi du menuisier sur lequel on avait déposé le rabot, et tous les symptômes d'une interruption subite et momentanée des travaux commencés. A force de chercher, Slick découvrit une auberge outr'ouverte, et dans l'unique chambre dont elle se composait, l'aubergiste lui-même assis et fumant. — « Je calcule que vous n'êtes pas, lui dit Slick en entrant, le seul habitant de eite location. — Je calcule que non, lui répondit l’auber- 75 3 ils sont tous allés dans la forêt, écouter le prédicades nouveaux korkornaïtes. —Je ne presume pas avoir encore entendu parler de ces gens-là ; qu'est-ce qu'un kor- | Rornatet — Us pourront vous le dire eux-mêmes, je n'en sais rien; je sais seulement que c’est aujourd'hui le jour de la grande abeille religieuse (religious bee), qu'on appelle encore rassemblement, ou bien « remuement de piété » (stir), Tous les peuples ont leurs stimulants; les

Servez une rente de Polly Bacon, et je arde. Allons, soyez sérieux. Sacrifiez-

gréa tout bas et paya

ce silence général, paquet de plâtre, l'ésur lequel on avait d'une interruption unencés. A force de rge outr'ouverle, et composait, l'auber- Je calcule que vous le seul habitant de jui répondit l’auberécouter le prédicae presume pas avoir ju est ce qu’un koreux-mêmes, je n'en aujourd'hui le jour ous bee), qu'on apn « remuement de eurs stimulants ; les

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Chinois l'opium, les Hollandais le skidam, les Anglais le gin, les Irlandais le whiskey. Nous autres Américains, qui allons de l'avant (go ahead), nous les réunissons tous ; nous avons le tabac, le rhum, le thé vert, la politique et le remuement de piété, Chaque secte nouvelle opère son remuement. J'ai quatre enfants dont l'un est hixaîte, le second universitaire, le troisième socialiste, le quatrième grelotteur, et je calcule que le cinquième, si Dieu m'en donne un cinquième, sera un korkornalte.

— Je mo sens curieux de voir la chose, dit Slick, et il suivit avec son compagnon de route les indications du maître d'anberge qui lui montra le chemin. Près d'un pont, sur le domaine d'un colon qui ne l'avait pas encore défriché complétement , et près de la lisière d'une forêt dont les arbres gigantesque versaient leur ombre sur cette scène bizarre, on avait élevé une vingtaine de tentes semblables aux wigwams des Indiens, et l'on y débitait des liqueurs, du tabac, des gâteaux, du vin, comme dans une foire. Au centre, une sorte de grange, bâtie de planches, servait de théâtre aux chefs du « remuement de piété, »

dont la voix perçante et eriarde frappait au loin les échos

des rochers, de la rive et des bois; quelques centaines d'hommes, assis sur les vieux troncs des arbres que la hache avait abattus, causaient religion ou politique, buvaient l'eau de menthe et le grog. et attendaient le retour de leurs femmes ou de leurs filles qui remplissaient la grange. Slick et l'Anglais trouvèrent moyen de pénétrer dans le temple, et de s'asseoir sur un banc de bois, au moment où un nouveau prédicateur montait sur la table qui servait de chaire ou de tribune. C'était un personnage maigre, pâle, exténué, l'œil cave, le front entouré d'un foulard rouge qui semblait redoubler sa pâleur de cadavre, le cou nu et

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CET SAMUBL SLICK ;

l'air sl profondément douloureux et résigné , qu'on l'eût pris pour un condamné marchant au supplice et non pour un ministre de l'Évangile. II faisait peine à voir,

Tout se tut. Il prononça lentement quelques mots, puis des murmures entrecoupés, puis un axiome, puis un autre, et, sa voix s'élevant par degrés, il entra dans son sujet, qui n’était autre qu'une eſſroyable peinture des supplices réserves aux damnés Ses gestes s'animèrent, son œil s'enflamma, sa parole devint aigre et véhémente; on le vit auer à grosses gouttes, et enfin ôter son habit, Cette cérémonie achevée, il recommença son infernale description, dont les images, empruntées à tout ce qu'il y a de révoltant et de hideux dans la vie physique, inspiraient un si profond dégoût et étaient tellement dénuées de raison, de sens et de philosophie, que Slick et son compagnon quittèrent leurs places et sortirent de la grange, pendant que les femmes épouvaritées tombaient dans des convulsions hystériques, poussant de longs hurlements et se jetant dans les bras les unes des autres. — « Je spécule , dit Slick en sortant, que j'ai vu ce gaillard quelque port; on prétend qu'il s'appelle Concorde Fisher; mais c'est un faux nom, j'en. suis sûr, » II ne se trompait pas.

Le lendemain, il vit entrer dans la chambre de sa taverne ce terrible prédicateur, qui avait quitté le mouchoir rouge et qui lui dit tout bas : „ Samuel, je vous ai rocounu hier: c'est bien vous, et vous êtes précisément l'homme que j'ai le plus besoin de retrouver. Je suis Achab Meldrum, Mon ober ami, nous prêchons ici l’abetinence : il n'y a que cela qui réussisse dans ces cantons; mais c'est ma foi plus facile à precher qu'à pratiquer, Je n'en puis plus; au nom du ciel, laites:moi donner un verre

résigné , qu'on l'eût supplice et non pour peine à voir.

quelques mots, puis pxiome, puis un autre, ra dans son sujet, qui re des supplices résermèrent, son œil s'enémente; on le vit suer nbit Cette cérémonie dle description, dont qu'il y a de révoltant nspiraient un si proées de raison, de sens ompagnon quittèrent pendant que les fems convulsions hystériet se jetant dans les ule , dit Slick en sorport; on prétend qu'il t un faux nom, j'en

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— Je calcule que c'est bien fait, répondit Slick, éternel bypocrite que vous êtes. Pourquoi diable ne bnves-vous pas votre eau-de-vie comme tout le monde, comme un homme, la main haute, au-dessus du comptoir, sans barguigner et sans niaiserie ? Je n'approuve pas toutes vos parades.

Cependant le brave marchand d' horloges fit apporter à son ancien condisciple la liqueur reconfortante; et, lorsqu'il le vit un peu ranimé :

— Ah ça! lui dit-il, Achab, que diable venez-vous faire ici? La dernière fois que je vous ai vu, votre commercé de sermons allait mervelileusement, et vous tiriez bon parti de votre règle grummaticale sur le féminin supérieur au masculin... Allons, ne pleurez pas, Achab, à quoi cela sert-il? Avalez-mol cette eau-de-vie, et faites moi l'histoire de votre nouvelle règle grammaticale et de ses résultats.

— Hélas! reprit Achab en sanglotant, cela n'a pas bien fini; les pères et les inères se sont formalisés de ce que leurs nes venaient trop fréquemment me soumettre leur conscience et lutter avec moi contre le mauvais esprit. Le juge la lanterne se mettait en route, et je crois que l’on m'aurait accroché à ma porte, selon votre justice républicaine, sans autre forme de procès, quand je fus averti de ce qui me pendait à l'orcille, et je levai le pied. Je me suis alors enrôlé parmi les korkornaïtes, et j'ai un succès magnifique, Mais la vie que je mène est une vie du diable, et jem'exténue à crier, à boire de l'eau et à jouer le mélodrame, Je crois que je vais me faire socialiste. Ces gens-là ne sont pas si serrés, et leur règle me convient assez : il s'agit de faire tout ce que l'on veut. Qu'en pensez-vous, Samuel 7 Y a-t-il quel que fonds à faire là-dessus ? Est-ce une bonne aſſaire ? Cela

SAMUEL SLICK, :

durera-t-il? Quand je spécüle , j'aime à mettre toutes les chances de mon côté.

— Achab, reprit Samuel, vous me faitestrembler. Vous êtes devenu un vrai démon. Faites-vous fermier ou marchand, et quittez le métier de prêtre. — Moi! reprit Achab, qui était plus d'à moitié ivre, je ne ferai jamais de métier vulgaire. Va pour le socialisme ! c'est facile, c’est libre, c'est à la mode... — Et il tomba sous la table.

C'est par des exemples de ce genre que Samuel initie le lecteur au génie populaire de cette nation. Il visite les manufactures en sa qualité de dessinateur, et croque (1) les ouvrières (takesoff the factory girls). La politique, les arts, le commerce, s'offrent à lui, personniſiés et vivants : excellente méthode qui ne livre rien à l'hypothèse et donne tout à l'expérience.

Que résulie-t-il de ce travail d observation, le plus attentif, le plus profond et le plus naïf auquel on ait encore soumis cette nouvelle partie du monde; travail qui ne se contente pas de généraliser philosophiquement certains résultais ei d'appuyer des déductions zur des conjectures, mais qui, pénétrant dans le secret des mœurs, recherche les plus petits mobiles de l'élaboration actuelle et pèse avec soin tous les éléments constitutifs de la société américaine? — Qu'il n’y a encore rien d' ache v dans ces régions, et que la formation qui s'y opère, avançant avec une rapidité formidable, dévorant le temps et l’espace, mais trouvant encore devant elle beaucoup d'espace et de temps, est à peine parvenue à la moitié de son œuvre. Nous autres Européens du Midi,

(i) v. plus haut, l'analyse du Lowell Offering, p, 310.

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ing, P. 510.

auxquels Rome, déjà languissante et dégénérée, a transmis sa langue que nous avons mutilée,, ses institutions que nous avons déformées, et ses souvenirs que nous avons adorés comme des pédants, nous portions des rides dans noire berceau. Les Américaius n'héritent d'aucune civilisation matérielle. Ils ont devant et derrière eux la forêt et l'océan, Aussi leur activité physique est-elle sans bornes. Mais ils ont hérité de tant-de civilisations intellectuelles, qu'ils en sont écrasés; aussi ne peuvent-ils avancer d’un seul pas dans cette voie. Directeurs de la civilisation industrielle, ils marchent à la suite de la civilisation intellectuelle, C'est dans l'ouvrage de M. Halliburton qu'il faut étudier comme dans un miroir ce prodigieux mouvement et celle complète nullité,

Par quelle singularité, dira-t-on, vous avisez-vous de chercher, aux limites du monde civilisé, non loin de Terre- Neuve et du Labrador, un livre qui n'a rien de littéraire, dont aucun journal ne parle, qui n'est pas écrit en anglais et qui ne traite point des grands intérêts de l'humanité? La vie des planteurs dans la province de Tenessée et celle des colons de la Nouvelle-Écosse nous importent assez peu. Quelle nouvelle légi:'stion, quel système ingénieux nous apportez-vous ? Quelle recette inconnue sur les destinées humaines se trouve, comme le disent les penseurs récents, formulée dans cet ouvrage inutile? — Aucune , sûrement, Mais en fait de systèmes et de théories, rien ne nous manque; ces ballons qui flottent dans notre atmosphère, les uns plus haut, les autres plus bas, pour les menus plaisirs de nos yeux, en vérité doivent nous suflire, Continuez cet amusement facile, dernier charme des esprits impuissants, et faites beaucoup de lois; l'Europe en attend beaucoup encore, Bâtissez avec euthousiasme ces

SAMUEL SLICK,

édifices de papier et ces sublimes châtesex de cartes, 1 sez à d'autres esprits leurs Fim

Aucune époque avant la nôtre n'a été visible et ae rente dans son mouvement intime de chaque jour et de chaque nuit. Nous pouvons écouter le mouvement secret du monde, sentir battre ce pouls gigantesque, surveiller avec an intérêt triste et ardent les palpitations de ce point central et vivant, qui est le cœur de l'humanité, ot que Ton appelle, faute d'un autre mot, la civilisation; observer si ce point vital se déplace, et dans quelles régions se porte la vie; enfin saisir au passage et sténographier, au moment meme où il éclot, le drame éternellément improvisé qui s'appelle l'histoire et que d'autres essaieront d'écrire un jour. Dans les époques anciennes, les intelligences les plus rares ne pouvaient y réussir; on no voyait qu'à deux pas de soi, Jules César savait très-mal ce qui se passait dans la Perse ou dans l'Arménie, et les mouvements intérieurs de l'Inde ou de la Samethrace étaient presque inconnus de Rome souveraine. Maintenant tous les ressorts qui meuvent cette grande machine des sociétés font leur œuvre à ciel ouvert, et le monde entier est de cristal, C’est un plaisir magnifique et grandiose de prêter l'oreille au bruit sourd et mesuré de ses rouages, et d'assister aux transfor. mations régulières que l’on prenait jadis pour des phénomènes inattendus et mystérieux,

Aiesi l'on peut contempler à loisir ce miracle, facilement explicable, de l'Amérique septentrionale qui se peuple et se fertilise, attirant à elle la vie et le force de l'Europe vieillissante, et sur le point d'absorber ou d’anéantir les possessions étrangères qui Tenvironnent. Vaste ruche de travailleurs, magasin, boutique, ferme, arsenal, manufacture, atelier, elle se croit démocratie et n'est qu uno fa-

Atesux de cartes, Lals-

été visible et transpae chaque jour et de le mouvement secret igantesque, surveillor lpitations de ce point le l'humanité, ét que à civilisations observer quelles régions se porte ographier, au moment ]ément improvisé qui spaieront d'écrire un s intelligences les plus voyait qu'à deux pas e qui se passait dans la wements intérieurs de

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jsir ce miracle, facileertrionale qui se peue et la force de l'Eubsorber ou d’anéantir ronnent. Vaste ruche erme, arsenal, manuatis et n'est qu uno fa-

brique. Ses heures de loisir ne sont pas venues, le géant n'a pas encore de musc les. Mais ce qui recule démesurément la solution du problème, c'est qu'elle étend ses limites par le magnétisme de l'exemple. Le Texas est à elle, les vieux Français du Canada penchent vers elle, la Nouvelle-Écosse languissante espère retrouver la vie, si elle devient à son tour république. Ainsi se multiplient les termes du problème, Par-delà les mers, tout est avenir, espérance et ardeur, tandis que le passé pèse sur nous et que nous nous agitons sur nos cendres.

Des deux sociétés nouvelles et menaçantes qui se forment, l’une sous la loi du czar, l’autre sous l’invocation de Washington, la plus intéressante par son énergie, ses traditions, sa filiation teutonique et sa forme libre, c'est l’Amérique septentrionale,

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