SITUATION
ments ne prennent pas des mesures pour corriger cette » dégradation, tel sera l’état misérable auquel seront n6-
» céssairement réduits les travailleurs pauvres de toutes les » sociétés civilisées, c'est-à-dire la grande majorité des pov pulations »
Que le grand évite avait raison, les mouvements récents des chartistes sont venus le prouver. . Des masses tuns édacation, fatiguées de travail, fatiguées de misère, se sont‘tout-à-coup ébranlées. A la voix de quelques meneurs, ute ont pris la beche et la pioche et sont descendues comifié des avalanches sur les cités paisibles. 11 a fallu livré? combat à ces Cyelopes; et quand on les battait d'un côté, on n'était pas sûr qu'ils n'asaient pas se relever d'un autre. Ils disposent d’un pouvoir physique immense; ils n’ont pas de principes, de lumières ni de frein ; ils sont habitués à toutes les fatigues et à toutes les privations; ils veulent plus de pain, plus de loisir et moins de travail, Que leur répondre ? Une nouvelle loi Agraire ue les satisferait même pas. Ne comprenant aucune économie, aucune modération, aucune vertu, ils auraient dissipé en peu de jours les richesses des provinces pillées par eux; l’affreux résultat d'une existence brutale et matérielle, c'est l'incapacité de mettre à profit le bien-être et le repos. Ainsi la civilisation a créé des fléaux inconnus ; l' industrie a donné naissance à desmonstres inouis. Les utopistes ont beau s'endormir au sein de leurs rêves, les prometteurs de destinées ont beau bercer l'humanité dans leur hamac tissu de phrases soyeuses; notre misère originelle se représente toujours, exigeant de nous un soin vigilant, une prudence attentive, et nous forçant à réparer sans cesse le vaisseau de cette cie vilisation, triomphante sans doute, et triomphante seulement à force de courage et de labeur. Montrer la face brillante des