‹ Études sur la littérature et les moeurs des Anglo-Américains au XIXe siècle [microforme]Chapitre 71 sur 138 · ICE · texte numérisé non relu

ICE

une. I faut lire les haut que les prin-

y a de la France ac - „ et. des États-Unis incipes, on marche mêmes erreurs ; on eat dangereux ; on 2e me s'il ut * On. regarde le

ac 1 à laquelle

de exclusive de linpour les pays très les États-Unis une plentrionale, ce n'est auche; ni un. gou- | peuple, mais mille s l'œil du philosophe, rase ou la cornue se te. Cette civilisation

orme, avec des cir-

ne contemplation ate lahoratoire est bi- 16 ne peut pas trou-

in un L'Aménrque.

Voyageurs anglais en Amérique."

Malheureusement la plupart des voyageurs qui parcourent les provinces de l’Union ne sont pas des philosophes, Miss Butler, actrice distinguée et spirituelle, décrit fort bien les singularités de mœurs et les nouvelles impressions produites par ces vastes paysages sur son imagination et sa sensibilité féminines, Le capitaine Hamilton apprécie avec finesse les relations diplomatiques et les tendances politiques de J’Union. L Allemand Puckler-Muskau est léger comme un Allemand qui se fait léger, c'est-à-dire-qu'il l'est trop.. L'autre Allemand, Grundt, espèce de docteur paradoxal, brouille toutes les idées et tous les faits par un confus assemblage de souvenirs européens et d'affectations philosophiques. Audubon, le poète et l'ami des oiseauxe s'occupe peu des hommes, des villes et des villages. Miss Martineau, partie d'Angleterre avec la ferme résolution d'admirer les États-Unis selon les lois de l'esthétique et de l'économie politique, est toute surprise d'avoir à modérer son admiration, et les nuances de blâme involontaire qui traversent cet enthousiasne préalable produisent un effet amusant, Marryatt, apportant dans ce nouveau monde les préjugés anglais, se venge à force d'épigrammes de l'ennui que lui a fait éprouver le pays des améliorations matérielles, Dickens prend son parti bravement ; sa plaisanterie aimable éclaire avec grâce quelques particularités de la vie intime en Amérique.

Tyrone Power est un acteur. II a le style vif, souple, facile, accidenté et nomade d’un mime qui court le monde,

r * ae) Ann ent CRAN

Il a vu les Américains par leurs meilleurs côtés, et c'est lui qui les juge avec l'indulgence la plus sympathique ; ils l'ont applaudi, il leur en sait gré. Rien de plus démocratique qu'un acteur, Cette habitude de la foule, cette servitude devant la masse, ce culte de l'apparence, qui plient le front et courbent le front des plus nobles, des plus dignes, des Talma, des Kemble, des Garrick, sont essentiellement démocratiques. II faut opposer Tyrone Power à Marryati et à Basil Hall pour connaître les mérites et les qualités des citoyens de l'Amérique, trop sévèrement jugés par la plupart des Anglais.

Le capitaine Basil Hall est de cette famille que l’Angleterre va perdre, qui ne pouvait naître que dans une île, et que nous voyons poindre avec la première civilisation britannique ; race qui aime à voir pour voir, n'est satisfaite qu'en courant et sort de chez elle pour « regarder » (to see sights), mot exclusivement anglais. « Dès ma première enfance, dit ce capitaine, je me suis désigné à moi-même un certain nombre de curiosités à voir, et je les ai vues. » Ces curiosités étaient le Japon, l'Amérique, l'Égypte et la Polynésie. Si tous ces touristes ont assez mal compris et jugé superficiellement les États-Unis, la comparaison de leurs récits donne à leur étude parallèle un caractère important; ils se contredisent et s'éclairent,

L'élément démocratique anglais s'étant détaché, vers le milieu du xvn' siècle, des autres éléments de la constitution britannique, s’est réfugié en Amérique. Là il fait son œuvre tout seul. C’est lui qui donne le singulier spectacle auquel nous assistons. Comme ce même élément, pendant le cours du xvin siècle, s'extravasa sur la France et y produisit les grands effets moraux par fesquels nous sommes encore dominés, il se trouva que des deux côtés de

Page 1