‹ Études sur la littérature française (volume 4)Chapitre 15 sur 18 · LES DÉRACINES DE M. MAURICE BARRES · texte numérisé non relu

LES DÉRACINES DE M. MAURICE BARRES

Le nouveau livre de M. Barrés a d'abord un mérite qu'il faut s'empresser de reconnaître : c'est qu'il ne ressemble pas aux précédents. Non certes que ceux-ci fussent dénués d'agrément. Une hardiesse provocante, l'outrance dans le paradoxe, l'affectation de légèreté, la recherche de l'esprit, la préciosité du style leur donnaient au contraire un genre de séduction très particulier. Seulement le genre est épuisé ; l'auteur en a tiré tous les effets qu'il pouvait; il les a répétés jusqu'à satiété; il n'y avait plus moyen d'y revenir et il fallait de toute nécessité trouver autre chose. M. Barrés est trop intelligent pour ne pas l'avoir compris. lia senti le besoin de se renouveler. Il s'est rendu compte qu'il était arrivé à ce tournant où un écrivain, favorisé par le succès, se doit à lui-même de justifier sa réputation. C'est pourquoi il s'est astreint pendant plusieurs années à ne rien publier ; il a réfléchi ; il a travaillé; il nous revient aujourd'hui transformé

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