‹ Études sur la maladie des vers à soieChapitre 20 sur 97 · NOMBRE · texte numérisé non relu

NOMBRE

JOURS PR RE EXAMEN DES OEUFS, EXAMEN DES VERS, de la ponte. par champ. le 6 mars 1568. les 14 et 15 avril 1868.

Aaiulr80 Mâle..... 800 } 30 œufs un à un, pas | 12 vers un à un, pas Femelle.. 200 } de corpuscules, de corpuscules.

7'juin 1467 ( Male: 77 200 }. 30 œufs un à un,pas | 18 vers un à un, pas | Femelle. 200 | de corpuscules. de corpuscules.

g juin! 186) ; Mâle. .... 190 } 30 œufs un à un, pas | 18 vers un à un, pas Femelle.. 400 | de corpuscules. de corpuscules.

1x 101n 01867 Mèle..... 200 ) 30 œufs un à un, pas | 18 vers un à un, pas Femelle.. 300 ) de corpuscules. de corpuscules.

Si les papillons très-corpusculeux des pontes qui précèdent ont donné des œufs qui, même au moment de l’éclosion, n'étaient pas corpusculeux, il faut l’attribuer à ce que les chrysalides n'ont pris que fort tard des corpuscules, et que ceux-ci se sont déve-

loppés alors avec une très-grande abondance. L’inverse s'était produit pour les papillons des pontes précitées (pages 66 et 67). IT se pourrait également que, dans un cas, on eût examiné les papillons encore vivants, et, dans l’autre, après leur mort naturelle.

On voit, par les résultats de ces observations, combien il est nécessaire d’avoir étudié la marche du développement des corpuscules dans les chrysalides pour préjuger de l’état plus ou moins corpusculeux des œufs que fourniront les papillons de ces chrysalides.

$ V. — LE CORPUSCULE EST-IL L'INDICE D'UNE MALADIE RÉGNANTE TRÈS-DÉVELOPPÉE.

Que le corpuscule soit le signe d’un état morbide, cela ne peut faire doute pour personne. Toutes les fois qu’un ver est corpusculeux dès son jeune âge, par exemple à l’époque de la première ou de la seconde mue, on peut être assuré qu'il périra avant de pouvoir faire son cocon; à fortiori, s’il est corpusculeux au sortir de l'œuf. S'il ne devient corpusculeux qu’à la troisième mue ou après celle-ci, il peut vivre quelquefois jusqu'au moment de la montée, et mème filer son cocon; mais celui-ci, le plus souvent, est un cocon très-faible (1). Un des organes du ver où la multiplication des corpuscules est la plus abondante est précisément celui de la soie. Dans les cellules qui entourent le canal où se réunit la matiere soyeuse, cellules qui sécrètent celle-ci, les corpuscules sont tellement nombreux, quand le ver est corpusculeux d’une manière un peu prononcée, qu'elles sont gonflées par la masse intérieure des corpuscules; il en résulte des nodosités mème visibles à l'œil nu sur tout le parcours de l’organe de la soie, lequel perd complétement sa transparence et prend un aspect porcelainé. La figure ci-après représente l'organe de la soie dans un ver très-corpusculeux, au grossissement de +. Toutes les nodosités blanchätres sont des amas de corpuscules en nombre incalculable. La sécrétion de la matière soyeuse est nécessairement fort

(1) Ces faits précis sont faciles à vérifier par des expériences de contagion directe, expériences qui permettent de suivre un ver depuis le jour où il a absorbé des germes du parasite jusqu’à sa mort. J'y reviendrai dans un Chapitre spécial.

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diminuée et même supprimée, lorsque le phénomène dont il

s'agit est accusé dans toute la longueur de l’organe. Ces faits

P LACKERBAUER de) BATTLEVSsC

Organe de la soie dans un ver très-corpusculeux. (Grossissement +)

expliquent comment les vers corpusculeux ne donnent que des cocons plus où moins faibles ou n’en donnent pas du tout. Ce n'est pas la matière soyeuse elle-même qui renferme des corpuscules, elle n’est que diminuée en quantité ou supprimée, parce que sa sécrétion se fait alors à l’aide de cellules dont la fonction physiologique est plus ou moins altérée. Jai vu des vers corpus-

culeux faire pendant vingt-quatre heures le mouvement de va-et-

vient, de zigzag, que font les vers en train de filer leur cocon, sans que, à aucun moment, la filière donnàt le moindre fil de soie. En ouvrant alors ces vers, je trouvais l’organe de la soie d’un blanc de porcelaine dans toute sa longueur. Les cellules de la glande, chargées de sécréter la soie, ne fonctionnaient plus, parce que leur rôle physiologique avait été suspendu par le développement très-abondant du parasite sur tout le parcours des tubes glanduleux.

La figure ci-après représente l’organe de la soie au grossissement de £ dans un ver sain au même àge que celui de la figure qui précède. Volume, structure, aspect, tout diffère extraordinairement entre les deux organes sécréteurs, et la seule comparaison de ces deux figures suflit à donner une idée des ravages surprenants que le développement du parasite amène dans la larve.

Quant au nombre des sujets corpusculeux, dans l’état actuel des choses et aux ravages produits par la pébrine, les faits que je vais exposer porteront la conviction dans tous les esprits. Je ne veux pas préjuger en ce moment la question de savoir si la maladie des corpuscules est à proprement parler la maladie régnante, mais je vais établir avec une entière certitude que chaque année, à la veille des éducations, il existe, en nombre incalculable, des œufs corpusculeux destinés à fournir des vers incapables d’arriver jusqu'à la bruyère, et que, par ce seul fait, une multitude infinie d'éducations sont frappées d’insuccès ou diminuées dans leurs rendements.

A l'approche des éducations, les petits propriétaires des environs d’Alais viennent s’approvisionner de graine au marché de cette ville, où des marchands plus ou moins inconnus préposent à la vente de leurs semences des agents quelconques. Il est probable que les choses se passent de même dans les autres centres séricicoles. Les propriétaires aisés se gardent aujourd’hui d'acheter des graines offrant aussi peu de garantie, Autant que possible, ils s'adressent à des graineurs dans lesquels ils ont confiance et qui ont intérêt à livrer une graine qu'ils jugent de bonne qualité. Quoi qu'il en soit, ces graines, vendues au marché, sont élevées et alimentent une foule d’éducations.

LA PÉBRINE.

CTÈ

P LACKERBAUER del BATTLEL s@

Organe de la soie dans un ver sain.

(Grossissement ?)

Le 6 avril 1868, j'ai acheté cinquante lots de graines prélevées sans choix sur le marché d’Alais, auprès d’un nombre égal de vendeurs. Voici le tableau des résultats de l’examen microscopique de ces graines. La proportion des sujets corpusculeux est un minimum, car l’examen a été fait sur les œufs avant l’éclosion et non sur les vers éclos. Les noms d’origine inscrits au tableau

sont ceux qui ont été donnés par les vendeurs.

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