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On voit ici toute la différence qui peut exister entre Pétat corpusculeux des papillons et celui des œufs qui en proviennent. Bien que la grande majorité des’ papillons de ce dernier grainage fussent corpusculeux, aucun des œufs de bon aspect n’a offert de corpuscules. Notons pourtant que l'examen des œufs a eu lieu à la fin de février. S'il eût été fait à une époque plus voisine de l’éclosion, mieux encore sur des vers éclos, la proportion des sujets corpusculeux eût été trouvée un peu plus forte, car la détermination du nombre des œufs corpusculeux dans une graine, par la méthode italienne, donne des résultats variables avec l’époque de lexamen. La proportion apparente des sujets corpusculeux s'élève au fur et à mesure qu’on s'éloigne de l’époque de la ponte : le maximum existe pour les œufs à lPincubation ayant déjà changé de teinte, et pour les vers éclos. Ce fait est facile à expliquer, si l’on tient compte de la méthode d'examen; il est clair que si, dans un œuf, il n’existe qu’un ou deux corpuscules, la chance de les rencontrer dans le contenu de l'œuf broyé délayé dans une petite quantité d’eau est tellement faible, que, le plus souvent, ils échapperont à l'observation. Or il est bien ecrtain que les corpuscules ne se multiplient pour ainsi dire pas dans les œufs, tant que l’embryon n’a pas commencé son évolution. A l’incubation, au contraire, la multiplication des corpuscules se fait avec une rapidité et une intensité extraordinaires.
On peut résumer les faits qui ont été exposés dans ce paragraphe en disant qu'il existe deux sortes bien distinctes de graines non corpusculeuses : les unes proviennent de papillons non corpusculeux, les autres de papillons qui le sont à un degré plus ou moins marqué. Ce résultat infirme à certains égards la valeur de la méthode d'examen microscopique des œufs pour en reconnaitre la qualité. On ne peut douter que des œufs non corpusculeux issus de parents chargés de corpuscules soient, toutes choses égales, inférieurs en qualité à des œufs non corpusculeux qui proviennent de parents sains. Les premiers s’infectent bien plus facilement que les seconds, et ils donnent lieu à des vers affaiblis qui ont peu de résistance contre les influences d'éducation défavorables à la bonne marche des vers; ils sont plus sujets par là
mème aux maladies accidentelles. On en a une preuve frappante dans les éducations de pontes corpusculeuses. Les vers issus de ces pontes et qui ne sont pas corpusculeux n’ont pas du tout, en général, la vigueur des très-bons vers nés de parents sains. Foutefois, il est bon de remarquer que les différences que je signale sont plus accusées pour les races de pays que pour la robuste race japonaise, au moins telle qu’elle était dans les premières années
de son importation en Europe.
$ IV. — POURQUOI DES PAPILLONS CORPUSCULEUX DONNENT-ILS DANS CERTAINS CAS DES OEUFS CORPUSCULEUX, ET DANS D'AUTRES, DES OEUFS PRIVÉS DE COR- PUSCULES.
Lorsque je commençai mes études sur la maladie des corpuscules, la recherche de ces petits corps dans la chrysalide et le papillon était complétement négligée. Les personnes, en très-petit nombre, surtout en France, qui connaissaient le parasite, concentraient leur attention sur les œufs ou sur les vers. Quand on voulait savoir si, dans une chambrée, les vers étaient malades, on examinait au microscope une goutte de sang d’un certain nombre d’entre eux, et, suivant qu’on voyait ou non des corpuscules, on jugeait que les vers étaient malades ou sains.
J'ai déjà dit que, dès mes premières observations, j'avais constaté ce fait remarquable que, mème dans une chambrée malade, et à plus forte raison en bon état, la grande majorité des vers, au moment de la montée, pouvait ne pas offrir du tout de corpuscules, tandis que toutes les chrysalides et tous les papillons provenant de ces vers en étaient souvent remplis. C’est donc, disais-je, dans la chrysalide et le papillon que se développe de préférence la maladie, et c’est là qu'il importe le plus de la rechercher et d’en suivre les conséquences.
On sait que la chrysalide, selon les races et le degré de température, met de quinze à vingt Jours à se transformer en papillon. En étudiant l’époque d'apparition des corpuscules dans les chrysalides pendant cet intervalle, je ne tardai pas à reconnaître qu’elle est essentiellement variable. Pour une éducation
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déterminée, tantôt les corpuscules se montrent dans les chrysalides jeunes dès les premiers jours de leur formation, tantôt ils n'apparaissent que tout à la fin de la vie de la chrysalide, lorsqu'elle va se transformer en papillon. Cette circonstance remarquable, et dont je donnerai bientôt la raison scientifique, permet de répondre à la question posée par le titre du présent paragraphe. Toutes les fois que les corpuscules auront apparu visiblement déjà dans les chrysalides jeunes, les œufs des papillons correspondants seront corpusculeux en plus ou moins grand nombre. Au contraire, ils le sont peu ou pas du tout, si les corpuscules ne se montrent que dans la chrysalide très-ägée ou dans le papillon. La raison en est simple : on sait que le contenu de la chrysalide est comme un nouvel œuf pour la formation de tous les liquides et tissus du papillon. Lorsque, en même temps que se développent ces tissus, les corpuscules commencent déjà à se multiplier, on comprend que quelques-uns de ceux-ci puissent prendre naissance dans les matières de l’oviducte servant à la formation des œufs, et se trouvent par conséquent dans l’intérieur de ceux-ci, lorsqu'ils sont pondus. Mais si les corpuscules n'apparaissent en nombre plus ou moins grand dans le corps de la chrysalide que postérieurement à la formation et à la consolidation des œufs, ces derniers ne peuvent contenir le petit organisme. Une circonstance qui tend à confirmer cette explication de la cause de l’existence des corpuscules dans les œufs se trouve dans l’observation suivante, due à M. le comte de Rodez, qui l’a publiée pour la première fois en 1868 dans le Compte rendu des essais précoces faits à Granges cette mème année (1). Elle est relative à la prépondérance considérable des femelles sur les males pour la propagation des corpuscules. Une graine issue d’un couple dont le mâle est corpusculeux à un très-haut degré ne renferme peutêtre Jamais de corpuscules, si la femelle en est privée ou à peu près, et cette graine est relativement bonne, du moins la maladie corpusculaire est absente. Toutefois, ce sujet exige encore quelques études complémentaires.
(1 orr til, p.308;
Les constatations suivantes ne laissent pas de doute sur ce que je viens d'avancer, à savoir, que les chrysalides peuvent présenter des corpuscules à tous les âges, et que si elles en contiennent dès les premiers temps de leur vie, les papillons qui en proviennent donnent des œufs corpusculeux au plus haut degré. Je me bornerai à deux exemples, lun appartenant à une éducation de graine japonaise, l’autre à une éducation de race du pays.
J'avertis, une fois pour toutes, que, dans le but de ne pas allonger inutilement cet Ouvrage, je ne produis généralement qu'un très-petit nombre de mes observations pour chaque principe à établir. C’est par centaines que je pourrais compter celles qui sont relatives au fait dont je parle.
Éducation en 1866, dans le Gard, près d’Alais, d’un carton japonais, dit du Taïcoun, à cocons Hikies Rae parfaite : on obtient 40 kilogrammes de cocons à 700 par kilogramme. La montée a commencé le 29 mai avec ee d’ oeil On étudie Les chrysalides.
Le 2 juin, sur 10 chrysal., on en trouve 10 qui ne montrent pas de corp. visibles.
Le 4 juin, 10 )» » 8 » »
Le 6 juin, 10 » » 8 ) »
Le 8 juin, 10 » » 7 » »
Sur les trois chrysalides de ce dernier lot, qui étaient corpuseuleuses, une seule l'était beaucoup et les deux autres très-peu. Le 12 juin, on examine les premiers papillons sortis : sur 31, 5 seulement étaient privés de corpuscules.
Cette éducation est celle dont nous avons déjà parlé au paragraphe précédent, et dont les papillons ont fourni une graine qui n'offrait de corpuscules que dans les œufs de mauvaise apparence, le 27 et 28 février de l’année suivante. On voit que les corpuscules n’ont dû apparaitre (visibles pour le microscope sous leur forme brillante) que dans les trois derniers jours de la vie des chrysalides, du moins pour un grand nombre d’entre elles.
Éducation en 1868, dans le Gard, d’une graine à cocons jaunes. Une once de 25 grammes a produit 51 + kilogrammes de trèsbeaux cocons. La montée a eu lieu les 29 et 30 mai. Le 6 juin,
LA PÉBRINE. 73 c’est-à-dire huit jours après, sept chrysalides sur dix sont corpusculeuses. Le 8 juin, mème résultat. Le 10 juin, dix chrysalides sur dix sont corpusculeuses, et à un degré prononcé. Le 16 juin, sortie des papillons : tous, sans exception, sont chargés de corpuscules. |
La graine, examinée au mois de septembre, renfermait déjà 35 pour 100 d'œufs corpusculeux. Le 7 avril, avant la mise à incubation, il y en avait 58 pour 100. Enfin cette même graine, exposée le 4 mars, pour un essai précoce, dans un endroit chaud et humide, a donné des vers qui étaient tous corpusculeux à l’éclosion.
Les faits et considérations qui précèdent prouvent suflisamment que des papillons peuvent être corpusculeux au mème degré pour l’examen microscopique et leurs œufs se montrer au contraire extrèmement dissemblables quant à la proportion des corpuscules. Il suflira, pour se bien rendre compte à nouveau de ce fait, de comparer les observations suivantes avec celles des pontes
des pages 66 et 67.