L. — CONSIDÉRATIONS PRÉLIMINAIRES
Les observations du Chapitre précédent nous ont appris qu'il existe deux sortes de corpuscules : les uns, ceux que tout le monde connaît, sont brillants, à contours nettement accusés; leur contenu est rassemblé en une sorte de noyau de la forme du corpuscule principal ; les autres, ternes, très-pales, souvent à peine VIsibles, et présentant des formes diverses, cellules, corpuscules pyriformes ou ovoïdes de grandeurs variables, ete., ete. Dans les premiers, la matière paraît fortement concrétée et résistante. Les acides minéraux, les alealis, à moins qu'ils ne soient employés dans un grand état de concentration, ne les déforment point, non plus que la putréfaction et la dessiceation. Les corpuscules de la seconde sorte, au contraire, se détruisent ou se désagrégent facilement. Ils sont jeunes, très-délicats de structure, souvent comme sarcodiques. Nul doute que ce ne soit dans ces derniers que résident particulièrement, sinon exelusivement, l’activité vitale et la faculté génératrice. Ce sont les agents de la multiplication des corpuscules brillants, qui paraissent, au contraire, incapables de se reproduire ou de reproduire la matière des Jeunes corpuscules. Aussi je les considère comme des organismes cadues. Assurément il ne serait pas facile de démontrer cette impuissance de la reproduction chez les corpuscules ovoïdes âgés par des expériences directes : comment se convaincre qu'ils ne seraient pas associés à des corpuscules jeunes? Mais, outre que rien n'accuse chez ces corpuscules ovoïdes brillants un mode quelconque
de reproduction, les faits qui suivent établissent que ces organismes sont bien réellement sans vie, quand ïls ont été abandonnés à eux-mêmes et qu'ils ont subi une dessiceation à l'air libre, bien que leur aspect n’en soit pas changé. Par ces motifs, on est autorisé à admettre que ces organismes, déjà à l’état frais, doivent être également impropres à la reproduction. Car il serait assez diflicile de comprendre que, ne changeant pas d'aspect au contact de l’air, ils puissent perdre, par cette circonstance, la faculté de se reproduire, si elle existait réellement avant la dessiccation; au contraire, il est naturel que les corpuscules jeunes, très-tendres, sarcodiques, s’altèrent profondément, et que leur vitalité soit détruite par l’exposition à l'air. On ne saurait mieux comparer, ce me semble, les corpuscules ovoides qu'aux globules du sang, aux globules du pus, aux spermatozoïdes, aux granules d'amidon, ete., lesquels ne se reproduisent jamais sous leurs formes connues ordinaires. Ce rapprochement permettrait peut-être de présumer — je tenterai de le rechercher par des observations directes — que les globules du sang et du pus sont produits à la manière des corpuscules ovoïdes, et qu’à la manière de ces derniers, ils n’ont de faculté de reproduction et de multiplication que quand ils sont fort jeunes, naïssants, état qui est encore à déterminer, et point du tout lorsqu'ils ont laspect, la forme et la structure sous lesquels nous les connaissons (1). On à comparé les leucocytes à des amibes. Dans l'hypothèse à laquelle je suis conduit, les globules rouges devraient être assimilés à des pso-
rospermies x
(1) Lors de mes premières observations sur les corpuscules, en 1865 et en 1866, il me fut déja impossible de découvrir un mode quelconque de reproduction des corpuscules ovoides brillants, et je les comparai, en conséquence, à des organites analogues aux globules du sang, du pus, etc. Je reviens à cette assimilation, mais par des motifs tout autres. Les corpuscules brillants ne se reproduiraient pas plus que ne se reproduisent les globules dont je parle, mais ils ont la faculté de se multiplier lorsqu'ils sont plus jeunes, dans un autre état, et ils doivent, par censéquent, être considérés comme de véritables parasites indépendants.
LA PÉBRINE. 171
S IF. — EssAr INFRUCTUEUX DE CONTAGION AVEC D ANCIENNES POUSSIÈRES TRÈS-CORPUSCULEUSES.
Le 15 mai 1869, on a contagionné, trois jours avant la pose de la bruyère, 25 vers trés-sains, race blanche de pays, par un repas de poussières corpusculeuses conservées depuis 1866. Elles avaient été recueillies dans une chambrée détruite en 1865 par la pébrine et la flacherie.
La poussière, remplie de corpuscules très-distincts et sans altération apparente, a été déposée et un peu fixée par la pression sur la surface des feuilles, d’un côté seulement.
Les vers ont pris le repas avec répugnance, et deux ou trois mème ont paru ne pas manger.
Le 16, on relève un mort-flat ;
Le 17, trois autres morts-flats ;
Le 18, quatre nouveaux morts-flats.
Tous ces vers sont remplis de vibrions. Sur les sept, deux ont présenté en outre le ferment en chapelets de grains.
La montée, commencée Île 18, se termine le 21. On trouve trois morts-flats sur la bruyère.
Le décoconnage a eu lieu le 26 et a donné quatorze cocons. Après la sortie des papillons, commencée le 13 juin, on les a examinés :