CORPUSCULES JEUNES EN VOIE DE DIVISION SPONTANÉE
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palement pour but de faire comprendre au lecteur la marche habituelle de la contagion, sa lenteur au début, les particularités qu’elle offre dans divers organes, et dans un mème organe avec le temps, et surtout le genre d'observations par lequel M. Duclaux et moi, nous avons réussi à fixer nos opinions sur les divers modes de multiplication des corpuscules.
En résumé, quand on contagionne les vers à soie avec un repas de feuilles corpusculeuses, voici la série des phénomènes que l’on observe ordinairement :
1° Presque immédiatement après l’ingestion des corpuscules, on peut trouver, en cherchant avec beaucoup de soin dans l’intestin du ver, les corpuscules ingérés. Ces corpuscules sont généralement ovoïdes, brillants, sans vacuoles aux extrémités, c’est ce que nous désignons sous Île nom de corpuscules ovoïdes, brillants, ou de corpuscules adultes, corpuscules vieux, dgés.
29 Vers le cinquième ou le sixième jour de la contagion, on commence à rencontrer dans la tunique interne de l’intesuin, et collés contre ses parois, si même ils ne sont pas développés dans son intérieur, des corpuscules de forme spéciale. Ce sont de véritables gourdes en forme de poire, qui paraissent creuses, et que leurs parois, parfaitement transparentes, ne permettent d'apercevoir, que sous laspect d’un contour pyriforme, quelquefois légèrement accusé par deux lignes très-fines, parallèles l’une à l’autre. La grande courbure du corpuscule est ordinairement très-régulière et presque circulaire. Il n’en est pas de mème pour la courbure de la partie eflilée qui, souvent, parait trèsbrusque et très-aplatie. L'aspect est le même que si la poire était ouverte à cette extrémité, et fermée simplement par un opercule ou une membrane aplatie. Mais, dans aucun cas, il n’a été possible de voir un corpuscule nettement ouvert à cette place.
Comment prennent naissance ces corpuscules ? C’est ici qu'intervient probablement le petit organisme qu’on rencontre souvent dans l’intérieur du corpuscule pyriforme : un tout petit granulin ayant absolument le même degré de réfringence que la paroi qui limite le corpuscule. Ce granulin est quelquefois adossé à la paroï, mais il peut être libre à l’intérieur du corpus-
cule, où il est même agité, dans certains cas, du mouvement brownien. Dans quelques corpuscules, on voit deux ou trois de ces granulins, et au moment où ils apparaissent, c’est-à-dire huit ou neuf jours après la contagion, on en rencontre généralement de tout pareils avec le mème degré de réfringence et de grosseur autour du corpuscule. Il semble mème quelquefois, ainsi que nous l’avons dit précédemment, que le granulin extérieur soit sorti du corpuscule par une rupture de la paroï encore visible. Quoi qu'il en soit de ce fait, le granulin, puisqu'il apparait au moment où la multiplication des corpuscules est le plus rapide, doit jouer un rôle dans leur développement. Peut-être se gonfle-t-il; peut-être détermine-t-il autour de lui le dépôt d’une matière spéciale, de façon à devenir le centre d’un nouveau corpuscule. Il serait difficile de répondre avec précision à ces questions.
La multiplication des corpuscules ne se fait dans l'intestin qu'avec une assez grande lenteur. Pendant cinq ou six jours après leur apparition, ils restent isolés les uns des autres, et ce n’est qu'après un temps assez long qu’on rencontre ces amas qui se forment si facilement dans tous les autres tissus du ver, aussitôt que ceux-ci commencent à être envahis. En considérant donc le granulin comme organe reproducteur, il semblerait que chaque granulin donne un seul corpuseule, et c’est ainsi qu’on expliquerait la lenteur relative de l’envahissement de la membrane interne de l'intestin. Cette membrane n’est évidemment pas trèsappropriée à la formation des corpuscules; dans les autres organes, les circonstances, sous ce rapport, sont bien plus favorables.
Les corpuscules ingérés ne bornent pas, en eflet, leur action à la tunique interne de l'intestin. Deux ou trois jours après la formation dans cette tunique des corpuscules pyriformes, et avant qu'on en voie de développés nulle part ailleurs dans le corps, on voit apparaitre sur la peau de la larve, des taches, d’abord trèsfines, qui grossissent et deviennent bien visibles, le dixième ou douzième jour de la contagion. Ces taches ne reposent jamais tout d’abord sur un tissu corpusculeux, et l’envahissement graduel
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du centre à la circonférence ne commence qu’après leur apparition, circonstance assurément fort digne de remarque.
Ce n’est que huit à dix Jours, et quelquefois davantage, après la contagion, que l’on commence à rencontrer des corpuscules soit dans les glandes de la soie, soit dans les tubes de Malpighi. Les glandes sont aussi rapidement, sinon plus rapidement, envahies que les tubes, qui, débouchant dans l'intestin, paraissent pourtant plus en rapport avec le foyer de Ta contagion. Le dessin ci-dessous représente linsertion des tubes de Malpighi à la partie postérieur? du canal intestinal.
Dans ces organes, les caractères du eorpuscule sont diflérents de ce qu'ils sont dans l’intestin ; le corpuscule pyriforme y devient rare,et d'autres formes moins fréquentes dans l'intestin deviennent prédominantes. Parmi ces formes, les plus importantes sont les suivantes:
19 La forme ovale ordinaire, la plus connue, maïs présentant assez souvent, surtout à l’origine du développement, la même particularité que les corpuscules pyriformes, c’est-à-dire la présence, à une ou aux deux extrémités, de vacuoles à reflet bleuâtre ;
29 Enfin, et accompagnant toujours ces corpuscules lorsqu'ils sont en voie de développement, des cellules rondes presque indistinctes, parfois petites et homogènes, ressemblant alors à des globules de matière grasse, devenant granuleuses lorsqu'elles grossissent, se creusant de vacuoles dans lesquelles on voit quelquefois un ou deux granules mobiles. Sous les deux aspects, pleins et
Oo oranuleux, les cellules sont une seule et même chose, car lors-
qu'elles sont pales et homogènes, il suflit d’humecter la préparation avec une goutte d’eau d’iode pour voir la matière intérieure se contracter, devenir granuleuse en laissant deux ou trois espaces vides, pendant qu'un nombre égal de granulins se condensent en divers points de la cellule primitive qui conserve souvent son aspect rond et régulier. La segmentation se fait même quelquefois avec une telle netteté, et les granulins se disposent vers le centre de la cellule avec une telle régularité, qu’on croirait voir la coupe d’un pistil avec ses ovules.
Lorsque les cellules sont grosses et vieilles, leur segmentation apparait avec netteté et sans aucun réactif, et on aperçoit souvent à l’intérieur comme un contour à peine accusé de corpuscules avec ses dimensions ordinaires. Quelquefois mème, on voit des cellules qui ressemblent à des abricots, et qui sont comme formées de deux corpuscules associés, voyageant ensemble dans le liquide.
Quant aux granulins intérieurs, ils ont le mème aspect que ceux que l’on rencontre dans les corpuscules en poire. Examinés à un fort grossissement, on les dirait müriformes et comme mamelonnés à leur surface. D'un autre côté, les cellules aecompagnent constamment les corpuscules en voie de développement. On les retrouve dans la chrysalide, dans le papillon, et leur présence coïncide toujours avec la présence d’amas plus ou moins volumineux de corpuseules.
Tous ces faits concourent à faire penser que la cellule est
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comme une forme primitive et jeune des corpuscules, et la présence à l’intérieur de ces cellules de granulins simples ou multiples, simples d’abord, multiples ensuite, tend à montrer que si chaque cellule est produite par un seul granulin, la multiplication des granulins dans son intérieur produit ultérieurement la division de la cellule.
Maintenant, comment ces corpuscules, une fois formés à l’intérieur de la cellule, se séparent-ils? On n’a pas rencontré de cellules renfermant des corpuscules nets et accusés, adultes. D'autre part, partout où l’on voit de ces cellules, on voit en même temps nager à côté d'elles des portions de matière sans délimitation de formes nettes, qui présentent toutes les transitions de visibilité et d'aspect entre la cellule et le corpuscule adulte. Les cellules paraissent formées d’une espèce de sarcode, de matière diffluente et gélatineuse douée d’une certaine cohésion, s’écrasant facilement, prenant un aspect polygonal lorsque les cellules sont pressées les unes contre les autres, reprenant la forme ronde lorsque avec une goutte d’eau on délaye le tout. Enfin, les masses irrégulières de même aspect qui les accompagnent, et qui forment la transition entre la cellule mate et pale et le corpuscule brillant et adulte, sont fréquemment pointues vers deux extrémités opposées.
Il semble donc que le corpuscule se sépare de la cellule à l’état sarcodique, et que ce soit ensuite qu'il prenne la forme et l’aspect ordinaire, après s'être plus ou moins divisé transversalement lorsqu'il était encore sous sa forme jeune et pale.
Dans les œufs, on rencontre en très-grande abondance les corpuscules ovales ou en forme de 8, à double vacuole aux extrémités. Les vacuoles en sont plus ou moins volumineuses. Lorsqu’elles sont très-grandes, il est encore possible de voir dans l’intérieur un granulin de même nature que ceux des corpuscules pyriformes et des cellules; et on voit même quelquefois la portion de paroi voisine de la vacuole à l’extrémité du corpuscule tellement diminuée qu’elle en devient invisible. Le granulin pourrait bien sortir par là pour aller donner naissance à un nouveau corpuscule, et, en résumé, tous ces modes de développement auraient pour point de départ un phénomène unique, correspondant à la
production et au développement ultérieur d’un eranulin ou nu-
cléole (1).
(1) Le n° ? du Journal séricicole publié à Goritz (Basse-Autriche), par le Dr Haberlandt, porte la date du 15 juillet 1869. Je l'ai reçu à Paris cinq jours après, le 20 juillet. Ce numéro, traitant de la nature des corpuscules et annonçant, sur ce point, la publication d’un Mémoire plus étendu, j'ai dû établir l’indépendance de mes observations et de celles de MM. Haberlandt et Verson. Dans ce but et pour écarter tout débat de priorité, s’il y avait lieu, j'ai déposé à
la séance du lundi suivant, 26 juillet, entre les mains du Secrétaire perpétuel de l’Académie des Sciences, un paquet cacheté renfermant, entre autres, les dessins originaux et les photographies prises au microscope insérées dans le présent Chapitre et accompagnées de légendes descriptives, faisant connaître tous les faits exposés dans ce Chapitre. J'ai joint, en outre, aux planches dont il s’agit, une planche représentant les vibrions de la flacherie sous leurs deux modes de reproduction, par scission et par noyaux intérieurs (rappelant la forme des corpuscules de la pébrine et un peu leur volume et leur éclat), ainsi que la résorption graduelle de la matière du vibrion entourant le noyau brillant.
Je fais remarquer que ces corpuscules brillants n’ont aucun rapport quelconque avec les corpuscules de la pébrine, mais qu’ils constituent un mode particulier de reproduction des vibrions. Dans la Note que je viens de rappeler, MM. Haberlandt et Verson me paraissent avoir confondu les corpuscules brillants des vibrions, tantôt avec un des ferments de la flacherie, celui que j'ai désigné sous les noms de ferment en chapelets de grains, tantôt avec les corpuscules de la pébrine. Sur les points où ces savants bacologues sont en désaccord avec moi, je maintiens l’exactitude de mes observations.
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