‹ Études sur la maladie des vers à soieChapitre 66 sur 97 · PIE · texte numérisé non relu

PIE

LA FLACHERIE. 213

Jusque-là il n’y avait rien qui dût paraitre bien extraordinaire. C'était à la vérité une ponte issue de parents privés de corpuscules qui avait montré ce genre de mortalité, mais la maladie avait pu se déclarer accidentellement; rien n’obligeait à croire à une aflection héréditaire et indépendante. Toutefois je commençai à avoir des doutes sur la relation nécessaire de la pébrine et de la flacherie, doutes qui ne firent que s’accroitre quand, après avoir observé les quelques papillons nés de l'éducation dont je parle, je les trouvai exempts de corpuscules.

Ces premiers soupçons sur l’indépendance possible des deux maladies se transformèrent pour moi en une conviction motivée lorsque, dans mes nombreuses éducations d'avril et de mai de la même année, je rencontrai de nouveaux exemples de flacherie semblables au précédent dans les diverses races dont j'avais préparé en 1866 de nombreuses pontes issues de parents privés de corpuscules. C’étaient toujours les mèmes caractères : graines, vers, chrysalides, papillons exempts du parasite, coïncidant avec une grande mortalité par la flacherie, généralement de la quatrièéme mue à la montée à la bruyère. Bien plus, il était sensible que certaines pontes, prises dans un même grainage, avaient une prédisposition marquée a être atteintes de cette maladie, ce qui éveillait naturellement l’idée qu'elle pouvait être héréditaire. Sur le point principal de lindépendance de la pébrine et de la flacherie, l’incertitude n’était plus possible. Car les éducations atteintes, même au plus haut degré, par la maladie des morts-flats sans la moindre apparence de pébrine étaient propres à des graines nées de parents exempts de corpuscules et qui conduisaient à des reproducteurs également privés de cet organisme. Si l’on pouvait à la rigueur conjecturer que la flacherie était une conséquence

du 30 août 1858. M. Joly donnait à ces vibrions le nom de J’tbrio Aglaiæ. Ce fait a été observé de nouveau en 1861, par M. de Plagniol, maire de Chomérac (Ardèche), qui considérait en outre le vibrion comme lié aux corpuscules et pouvant le reproduire par oviparité, trompé sans doute par les petits corps brillants que l’on voit souvent dans l’intérieur des vibrions, et qui ont à peu près la forme et les dimensions des corpuscules de la pébrine. (Voir Journal d'Agriculture pratique, de Toulouse, 3° série, t. IX, p. 385, année 1858, et le travail publié, en 1861, par M. de Plagniol.)

de l’affaiblissement graduel des races sous l'influence de la pébrine, il était, dans tous les cas, impossible de mettre en doute une indépendance de fait entre les deux aflections.

Il ne sera pas sans intérêt d’opposer ici dans tous leurs détails les résultats de deux éducations, l’une saine, l’autre malade, prises parmi celles dont je parle. La première a été excellente puisqu'elle a donné quatre-vingt-onze cocons pour cent vers comptés à l’éclosion, tandis que celle du deuxième tableau a péri presque en totalité par la flacherie, sans manifester la moindre atteinte de la pébrine. Elle n’a donné que vingt-cinq cocons faibles

pour cenLr'yers.

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