S HIT. — LA PÉBRINE ET LA FLACHERIE COMPOSENT TOUT LE MAL
Les auteurs bacologues, depuis Olivier de Serres jusqu’à M. Cornalia, ont décrit un grand nombre d’aflections dont on trouve la nomenclature complète dans divers Ouvrages, notamment dans les Études de M. de Quatrefages, qui a reproduit la liste donnée par M. Cornalia dans sa Monographie du ver à soie, publiée à Milan en 1856.
Je crois qu'on exagère beaucoup et qu'on a exagéré de tout temps le nombre des maladies auxquelles sont sujets les vers à soie, du moins celles qui peuvent prendre un assez grand développement pour causer Ja ruine totale d’une éducation. Aux divers âges de l’insecte, une même maladie revèt des formes qui n’ont entre elles aucune analogie apparente. [l'en est résulté na-
turellement, dans le langage usuel des magnaneries, une foule
(1) « Un sériciculteur digne de la confiance la plus illimitée, M. Buisson, m'af- » firmait, il y a deux jours, qu’une graine corpuseuleuse à 80 pour 100 examinée » par M. Pasteur lui-même avait donné une récolte splendide. » (Moniteur des soies, numéro du 11 juillet 1869, p. 8.)
Après des explications catégoriques, mais péniblement obtenues, il fut reconnu que, dans aucune circonstance, je n'avais étudié une telle graine pour M. Buisson, et que la semence qui, d'après cet éducateur, avait donné exceptionnellement une belle récolte n’avait été soumise qu'à un examen microscopique dérisoire. (On peut voir, à ce sujet, la polémique que j'ai soutenue dans le Moniteur des soies de juillet à septembre 1869.)
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de dénominations qui ont fait admettre l'existence de maladies imaginaires.
J'ai donné P'aucoup d’attention à cet objet, et je dois dire que je ne conn‘1s guère que quatre maladies bien caractérisées chez les vers À soie. Ce sont la grasserie, la muscardine, Ta flacherie et ia pébrine. Foutes les autres me paraissent rentrer dans celles-ci. L’apopleæie, l'hydropisie, l’atrophie, l'étisie, la négrone, les passis, les arpians, peut-être même les lucettes, ne sont que des formes de la flacherie ou de la pébrine (1). J'ai déjà fait observer que la muscardine n'intervient pas du tout dans le flcau ; la grasserie est ce qu’elle a toujours été, plutôt diminuée qu'accrue. Jeregarde donc comme certain que les désastres de la sériciculture doivent être attribués uniquement à deux maladies, la pébrine et la flacherie. Elles composent tout le mal, et il m'est arrivé très-rarement, soit dans ma magnanerie expérimentale, soit dans les magnaneries industrielles, de rencontrer une grande mortalité quine füt pasla conséquence de la maladie des corpuscules ou de celle des mortsflats. Cinq ou six fois j'ai eu occasion de voir des chambrées atteintes de muscardine, et une fois seulement j'ai vu la grasserie détruire une éducation. Aujourd’hui, comme autrefois, on rencontre assez souvent des vers gras au moment de la montée à la bruyère, mais la perte qui en résulte est, en général, de peu d'importance. Il est mème des éducateurs qui ne voient pas, sans quelque satisfaction, la grasserie sévir à un faible degré dans leurs chambrées, prétendant que cette circonstance est une garantie de bonne récolte.
(1) Je connais peu la maladie des courts. J'en ai rencontré des exemples isolés: jamais je n’ai eu l’occasion de voir périr une chambrée entière sous cette forme.