‹ Études sur la maladie des vers à soieChapitre 72 sur 97 · LES DIVERS AGES DE LA LARVE __ RACES DU PAYS · texte numérisé non relu

LES DIVERS AGES DE LA LARVE __ RACES DU PAYS

Imp. Geny-Gros, Paris

LA FLACHERIE. 227

digestives, et que la mortne soit habituellement la conséquence du développement de ces êtres microscopiques. Si les fonctions de nutrition ont une importance de premier ordre chez tous les animaux, leur parfaite régularité doit être surtout nécessaire dans un animal dont le poids, dans l'intervalle de trente à trentecinq jours d'existence, devient huit à dix mille fois plus grand qu'il n’était à sa naissance.

En jetant les yeux sur la planche ci-contre, on sera frappé de la rapidité d’accroissement de volume et de poids du ver à soie dans un temps très-court. Cette planche représente, dans sa grandeur naturelle, un ver de race indigène à l’éclosion et aux époques de ses quatre premières mues (1). Tandis que le poids du ver à l'éelosion est compris entre + et 1 milligramme, il est des vers qui pèsent, à la fin de leur vie, à l’état de larve, 6, 7 et 8 grammes et plus.

Lorsqu'on pénètre dans une magnanerie dont les vers périssent de la flacherie, on perçoit une odeur aigre, désagréable, due aux acides gras volatils qui se dégagent des vers malades, acides formés précisément par la fermentation des matières contenues dans le canal intestinal (2). Une éducation d’une centaine de vers seulement, atteints de flacherie, suflit pour répandre autour du panier qui la contient une odeur très-prononcée, surtout si l’on flaire de près la litière, et alors même qu'on éloigne sans cesse tous les vers au moment de leur mort, circonstance qui démontre que l'odeur dont je parle est propre aux vers encore bien vivants.

Pour se convaincre que, dans les cas de flacherie, la mort

est due essentiellement à une altération des fonctions digestives

(1) J'ai signalé ailleurs (worr p. 9 de l’Zatroduction) la teinte noiràtre des vers corpusculeux. On voit dans [a planche à quoi elle est due. Elle ne résulte pas d’une plus grande abondance des poils, mais de la teinte de la peau des anneaux et des tissus sous-jacents. La planche représente par opposition deux vers sortant de leurs coques, l’un corpusculeux, l’autre sain, au grossissement de £. Outre la teinte noiràtre de la partie antérieure du corps dans le ver corpusculeux, la figure fait voir que ce ver est plus grele que le ver sain.

(2) Les acides dont il s’agit sont saturés en partie par les matières alcalines qui accompagnent toujours la digestion normale chez les vers sains, ou par les ammoniaques composées que dégage la putréfaction des vers morts où mourants.

survenant à la suite d’une fermentation, il est utile de comparer l’état des matières contenues dans le canal intestinal des vers malades, avec celui que présente la feuille de mürier triturée et abandonnée à elle-même, dans un vase plus ou moins bien clos, à la température des mois de mai et de juin. On reconnait alors, facilement, que dans les vers flats, le canal intestinal se comporte à la manière d’un tube fait de matière minérale, de verre, par exemple, où on aurait introduit de la feuille de mürier broyée. De part et d'autre, ce sont les mèmes organismes; de part et d'autre, également, on trouve, tantôt une seule des productions dont nous avons parlé, tantôt plusieurs associées, avec dégagement de gaz, en plus ou moins grande abondance. Parfois, lorsqu'on ouvre un ver atteint de flacherie, sans endommager Îles tuniques du tube digestif, on voit sous l'enveloppe distendue et translucide de ce tube, se rassembler continüment de petites bulles de gaz, qui s'élèvent, comme elles feraient du fond d’un vase où fermenterait de la feuille de mürier.

La planche ci-jointe représente quelques-unes des diverses variétés de vibrions que l’on rencontre dans le canal intestinal des vers malades de la flacherie :

a, débris de feuille, trachées, ete.;

HE PRET NC EE PURE chaine de vibrions : les lignes ponctuées simulent la marche ondulée de ces chaines;

9, RFO vibrions avec corpuscules brillants : dans quelquesuns, on a figuré la résolution de la matière environnant ces points brillants, lesquels sont libres en m,....; dans ce cas, ils ressemblent assez à des corpuscules de pébrine.

Les chrysalides mortes dans leurs cocons, noires, pourries, donnant lieu à ce qu'on appelle des cocons fondus, sont ordinairement remplies de vibrions immobiles, ou réduits à ces espèces de kystes, g, h, k,... semblables aux corpuscules de pébrine.

Les vibrions sont rares dans les chrysalides et les papillons vivants. Leur présence est au contraire extrèmement fréquente dans les vers atteints de flacherie. On peut mème dire qu’elle n’y fait pour ainsi dire jamais défaut, quand c’est sous la forme de chenille qu'ils meurent de cette maladie. Lorsque les vibrions

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