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Ayant pris pour unité l'intensité primitive, j'ai pu calculer l’affaiblissement de cette intensité pour différentes régions et dresser ainsi les courbes (PI. I, fig. 1 et fig. 2, trait plein) dont les abscisses représentent les longueurs d'onde et les ordonnées, les affaiblissements correspondants de l'intensité lumineuse. La courbe de la fig. 1 correspond à une solution de méthémoglobine très étendue, tandis que celle de la fig. 2 correspond à une solution moyennement concentrée.
J'ai dressé de la même façon les courbes des spectres de l'hématine en solution très étendue (PI. I, fig. 3, ou moyennement concentrée, PI. I, fig. #, pointillé) dans l'alcool acidulé par l’acide sulfurique. Je donne, tableaux [, I, TE, IV, les différentes valeurs de I’ correspondant à différents X, valeurs qui m'ont servi pour le tracé de mes courbes. J’insisterai plus loin sur la comparaison des spectres que figurent ces courbes.
Spectre de la méthémoglobine alcaline. — Je me suis ensuite occupé de l'étude du spectre de la méthémoglobine alcaline. Il suffit pour obtenir ce spectre d'ajouter quelques gouttes d’une solution de potasse caustique ou d’une solution ammoniacale à la méthémoglobine acide. On voit aussitôt les deux bandes intermédiaires se foncer de plus en plus, tandis que la bande dans le rouge disparait, ainsi que celle dans le bleu ; en même temps se montre une troisième bande entre C et D, tout près de D. La couleur de la solution est alors redevenue rouge. Le spectre de la méthémoglobine alcaline est donc constitué par trois bandes (PI. IT, fig. #, et PI. IIT, fig. 2) ; la première, peu foncée, est comprise entre les divisions 93 et 100 de mon micromètre ; elle a son milieu à 96 ‘/, qui correspond à une longueur d'onde de 603 millionièmes de millimètre ; la deuxième, plus foncée que la première, n’est cependant pas très noire, elle s'étend de 100 à 106, et son milieu correspond à 103 ou à une longueur d'onde de 578,5 millionièmes de
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millimètre ; enfin la troisième, qui est peut être un peu plus foncée que la seconde, mais qui en tout cas présente à çe point de vue peu de différence avec elle, est comprise entre les limites 110-120. Elle a son milieu à 115, ce qui équivaut à une longueur d'onde de 538,5 millionièmes de millimètre. (Les chiffres donnés par Jæderholm sont 602, 578, 539 millionièmes de millimètre). Les bandes 1 et 2 sont juxtaposées et en réalité le spectre est notablement obscurei de 93 à 106 ; toutefois ce qui montre bien qu’il s’agit ici de «deux bandes, c’est que la plage ainsi obseurcie présente deux maxima d’'obseurité et que la partie comprise entre 98 et 100 est notablement plus éclairée que les régions voisines.
Si l’on considère la solution sous une grande épaisseur ou si l’on emploie des solutions suffisamment concentrées, les deux premières bandes tendent à se confondre, mais présentent cependant encore une séparation assez nette.
La deuxième et la troisième bande occupent sensiblement la place des deux bandes x et 6 de l’oxyhémoglobine, ces deux bandes ne seraient-elles pas dues à un reste d’oxyhémoglobine ou à une transformation partielle de la méthémoglobine en oxyhémoglobine, lors de l’addition d’ammoniaque ou de potasse? Une pareille interprétation ne peut guère, nous l’avons déjà vu, être admise. L'aspect des deux bandes (2 et 3) n’est pas en effet le même que celui des bandes correspondantes de l’oxyhémoglobine, puisque la bande 5 est plutôt plus foncée que la bande 2 et que toutes deux disparaissent sensiblement ensemble, lorsqu'on diminue graduellement l'épaisseur. J'ai de plus constaté ce que Jæderholm avait déjà indiqué avant moi, c’est que les deux bandes 2 et 3 du spectre de la méthémoglobine alcaline occupent absolument la même place, que cette méthémoglobine ait été obtenue à l’aide d’une solution d’oxyhémoglobine, ou encore à l’aide d’une solution d’hémoglobine oxycarbonée. Dans ce dernier cas, on peut, en
OS à A
réduisant la méthémoglobine par le sulfure ammonique, reproduire le spectre de l’hémoglobine oxycarbonée et constater très nettement que les deux bandes se déplacent vers E, en même temps qu’elles deviennent plus noires et que la première bande disparaît. Les deux bandes 2 et 3 ne sont donc pas dues à de l’hémoglobine oxycarbonée ou oxydée non décomposée et font bien partie du spectre de la méthémoglobine alcaline.
Spectres de l'hématine acide; leur différenciation d'avec le spectre de la méthémoglobine acide. — Etant bien fixé sur les apparences spectrales des deux modifications acide et alcaline de la méthémoglobine, je m'occupai de la différenciation de cette substance d’avec l’hématine, dont le spectre en solution acide présente de grandes analogies avec celui de la modification correspondante de la méthémoglobine. Il faut remarquer toutefois que la position des bandes dans la méthémoglobine acide est absolument constante, quel que soit le moyen employé pour obtenir cette méthémoglobine. Nous allons voir qu'il n’en est nullement de même avec l’hématine acide, et nous verrons en particulier que la position de la bande dans le rouge peut varier de quantités assez notables suivant la nature du dissolvant; 1l serait fort possible que l’on n’eût pas toujours affaire ici à des composés identiques.
Une solution d’hématine pure dans l’alcool acidulé par l'acide sulfurique possède sous une faible épaisseur une coloration brune ; examinée au spectroscope, elle présente les apparences suivantes (PI. IT, fig. 5); on distingue d’abord très nettement une bande noire dans le rouge, qui est comprise entre les divisions 88-93 du micromètre ; son milieu correspond à la division 91; le spectre présente ensuite un léger obscurcissement à partir de la division 100 ; cet obscurcissement reste sensiblement uniforme jusqu’à la division 110, où il devient
De ce
brusquement plus complet ; il ne passe plus de lumière à partir de 130. Si on dilue fortement la solution, le spectre s’éclaircit considérablement et présente alors des ombres à 89-93, 100- 105, 111-120, 124-138 (PI. II, fig. 6). Toutefois ces bandes sont peu obseures et ne se distinguent que vaguement.
Le spectre de l’hématine, en solution dans l'alcool acidulé par SO*H, ressemble sans doute beaucoup à celui de la méthémoglobine acide; mais il en diffère pourtant et par la position et par la teinte de ses bandes. Dans le spectre de l'hématine en solution dans l’alcool acidulé par l'acide sulfurique, la bande dans le rouge est plus rapprochée de D que celle de la méthémoglobine; de plus cette bande paraît moins foncée parce que les plages voisines sont moins lumineuses ; il en est de même des autres bandes qui sont Lien moins nettes, bien moins tranchées que celles de la méthémoglobine ; le spectre de l’hématine “paraît en quelque sorte plus effacé, plus estompé; il y a moins de contraste entre les parties obscures et les parties lumineuses; les courbes figurées (PI. I) permettent du reste de se rendre compte de ces différences, et l’on peut fort bien, avec un peu d'habitude, distinguer à première vue, d’après les différents caractères que je viens d'indiquer, une solution d'hématine acide et de méthémoglobine. Les réactions de ces deux substances viendront ensuite confirmer le diagnostic.
Une solution d’hématine pure dans l’alcool acidulé par l'acide chlorhydrique présente un spectre (PI. IF, fig. 7) différant peu du précédent par ses allures. Toutefois la bande dans le rouge n’occupe pas exactement la même position, elle est comprise entre 85 et 91 ‘/, ; elle a son milieu à 88 et est par conséquent plus rapprochée de C que celle de la méthémoglobine; on observe en outre pour une forte concentration de la solution un obscurcissement du spectre qui commence à 96 ‘/,, augmente brusquement à 407 pour être complet vers 110. Au contraire pour une forte dilution (PI. IF, fig. 8) on distingue vaguement
4 ombres plutôt que 4 bandes; la première a son milieu vers 88 ; la deuxième, vers 99; la troisième, la plus distincte, est comprise entre 407 et 120 ; la quatrième s'étend environ de 195 à 135: elle est très estompée du côté 1435. Ce spectre se distingue plus facilement encore que le précédent de celui de la méthémoglobine et par son aspect général et par la position de ses bandes.
Spectres des solutions sanguines traitées par les acides; leur différenciation d'avec le spectre de la méthémoglobine acide ; action des acides sur le sang. — J'ai étudié ensuite les spectres que présentent des solutions sanguines ou des solutions d'oxyhémoglobine, traitées par des acides et j'ai pu constater qu'ils sont tous assez faciles à distinguer de celui de la méthémoglobine ; j'ai pour m'en assurer examiné l’action d’un certain nombre d'acides, et l’on pourra remarquer, d’après les résultats de mes expériences, que les spectres diffèrent notablement entre eux, suivant l’acide employé et se distinguent aussi très nettement des spectres de l’hématine pure en solution alcoolique acide.
J'ai ajouté à une solution de sang de porc quelques gouttes d'acide sulfurique; la solution, examinée au spectroscope, a aussitôt présenté (PI. IT, fig. 9) une bande noire, comprise entre les divisions 81‘/,-90 du micromètre ; cette bande, très foncée de 827, à 89, avait son milieu à 85 ‘/,. La région comprise entre la partie la moins réfrangible du spectre et le bord 81 ‘/, de la bande était peu lumineuse ; de plus on pouvait apercevoir un léger obsceureissement qui commençait à 95, augmentait brusquement à 102 et était complet à 405. Pour une forte dilution de la solution, la bande dans le rouge s'étend de 83 à 88; la région 95-105 devient lumineuse, l'extinction n'est totale qu'à 145 ; mais il existe toujours une plage légèrement obscurcie à partir de 105.
A la même solution sanguine que ci-dessus examinée sous la même épaisseur, j'ai ajouté quelques gouttes d’acide chlorhydrique; J'ai aperçu alors une bande dans le rouge 80-90 (milieu 85), un léger obscurcissement à partir de 95, qui devient brusquement plus intense à 102, pour être complet aux environs de 103. Si on dilue la solution, la bande dans le rouge est successivement comprise entre les limites 80-89, 80-88, 81-86, tandis que le spectre s’éclaire de plus en plus au-delà de 102; mais à partir de 102 l'intensité lumineuse diminue toujours brusquement.
A la même solution sanguine, toujours examinée sous la même épaisseur, j'ai ajouté un peu d'acide acétique. La bande dans le rouge occupait alors la position 83-90 ‘/, (milieu 87), l'obscurcissement commençait à 95 pour être brusquement complet à 107; si l’on diluait la solution, on pouvait toujours observer à 107 une diminution brusque d'intensité lumineuse.
A la même solution sanguine observée dans les mêmes conditions, j'ai encore ajouté un peu d’acide tartrique. La bande dans le rouge occupe alors la position 82‘/,-90'/,, elle a son milieu à 86 ‘/,, on peut observer à 96 une diminution notable de l'intensité lumineuse, diminution quis’accentue rapidement à 107.
En ajoutant à des solutions sanguines de l’acide salicylique cristallisé, j’ai constaté que la bande d'absorption dans le rouge occupait la position 84 ‘/,-90, milieu 87 ‘/,; la plage obscure commençait à 97; l'extinction était complète à 107.
Avec l’acide oxalique l’aspect du spectre est sensiblement le même : bande 84‘/,-90, milieu 87, plage obscure à partir de 96 ‘/,, obscurité brusquement plus complète à 407, extinction vers 130.
Il résulte de ces expériences que la bande dans le rouge, considérée comme faisant partie du spectre de l’hématine, occupe des positions bien différentes suivant que l’on a affaire
à des solutions d’hématine pure dans l'alcool ou d’hématine obtenue par l’action des acides sur le sang, c’est-à-dire d’hématine dissoute dans des solutions contenant des matières albuminoïdes. La position de cette bande varie aussi suivant la nature del’acide; il seraitdoncfort possible que l’oneût affaire, dans ces conditions, à des composés différents.
Je ferai remarquer en passant, à propos de l’action des acides sur le sang, qu'il ne se produit pas seulement, en pareille circonstance, de l’hématine ou que du moins pour que la transformation de l’oxyhémoglobine en hématine soit complète, il faut sans doute, comme le signale Hoppe-Seyler, faire agir simultanément la chaleur. Nous avons vu également signalé que par l'action d'acides suffisamment étendus sur l’oxyhémoglobine on obtenait de la méthémoglobine ; j'ai observé, dans les expériences que je viens de rapporter, qu'il se produisait généralement, en même temps que de l’hématine, de la méthémoglobine; si, en effet, l’on ajoute à des solutions sanguines, modifiées par l’action des acides, un peu d’ammoniaque, il se forme un précipité qui doit sans doute contenir une partie de l’hématine produite et le liquide présente un spectre confus qui rappelle celui de la méthémoglobine alcaline; mais ce spectre est moins net, les bandes ne se détachent que faiblement sur un fond uniformément assombri; elles paraissent même le plus souvent, si l’on examine le liquide sous une épaisseur suffisante, superposées à celle de l’hématine alcaline. De plus, si l’on ajoute alors à la solution un peu de sulfure ammonique on voit apparaître les deux bandes de l’hémochromogène sur le fond obscur de la bande de Stockes en même temps qu'il se montre dans le rouge une bande sur laquelle je reviendrai tout à l'heure et qui fait partie du spectre de l’hémoglobine réduite par lesulfhydrate d'ammoniaque. I est donc probable qu’il s’est formé simultanément dans ces
conditions de l’hématine et une proportion variable de méthémoglobine. Toutefois la question nécessite, pour être définitivementtranchée, de nouvelles expériences, et je me propose de la reprendre plus tard.
Je dois signaler pourtant à l'appui de ma manière de voir l'expérience suivante : J'ai pris une solution d'hématine pure dans l'alcool acidulé par l'acide chlorhydrique; elle présentait le spectre que j'ai déjà décrit ci-dessus; la bande dans le rouge s'étendait de 85 à 91 ‘/,. J'ai pris également une solution de méthémoglobine obtenue en traitant par le ferricyanure de potassium une solution de cristaux d’oxyhémoglobine de sang de cheval ; la solution de méthémoglobine avait été additionnée d'un peu d'alcool, elle présentait le spectre que j'ai déjà dépeint; la bande dans le rouge était comprise entre les divisions 87-92 du micromètre. J'ai essayé, sur deux échantillons de ces solutions d’hématine et de méthémoglobine, les réactions caractéristiques sur lesquelles je reviendrai tout à l'heure, c'est-à-dire que je leur ai ajouté successivement de l’ammoniaque et du sulfure ammonique; j'ai ainsi obtenu avec la première, d’abord le spectre de l’hématine alcaline, puis le spectre de l’hémochromogène, avec la seconde, le spectre de la méthémoglobine alcaline, puis celui de lhémoglobine réduite. J'ai alors mélangé avec précaution deux échantillons de mes deux solutions primitives, et le spectre qu'a présenté le mélange différait notablement des spectres de l’hématine et de la méthémoglobine acides. La bande dans le rouge s’étendait en effet de 83 à 90; elle avait son milieu à 86; la plage située entre l'extrême rouge et la division 83 était peu éclairée. Le spectre présentait, en outre, un obscureissement à 95, qui augmentait brusquement à 106 pour être complet à 140; il offrait par suite assez d'analogie avec celui des solutions sanguines traitées par les acides. Si, de plus, on ajoutait au mélange des deux solutions d’hématine etde méthémoglobine un peu d’ammoniaque,
on pouvait observer au spectroscope un spectre qui ressemblait un peu à celui de la méthémoglobine alcaline ; mais il était moins net, les bandes étaient moins distinctes, il semblait en un mot que le spectre de la méthémoglobine alcaline fût superposé à celui de l’hématine alcaline. En effet, pour une concentration suffisante on apercevait une ombre qui s’étendait à peu près uniforme de 86 ‘/, à 100 pour augmenter brusquement à 100 d’abord et à 110 ensuite ; en diluant, la première ombre s’estompait, finissait par disparaître presque complètement et il restait alors deux bandes, 100-105, 110-190, très estompées et séparées par une plage peu lumineuse. Enfin, par l’addition de sulfure ammonique, on obtenait simultanément de l’hémochromogène et de l’hémoglobine réduite, comme on pouvait s’en rendre compte au spectroscope; car on voyait alors les feux régions, 100-105, 110-120, s’obscurcir de plus en plus; puis entre ces deux bandes en apparaissait bientôt une troisième et l’on avait au bout d’un instant le spectre de l’hémochromogène superposé àla bande de Stockes, ainsiqu’une bande dans le rouge caractéristique de l'hémoglobine réduite par le sulfhydrate d’ammoniaque.
On pourrait, ilest vrai, objecter ici que les apparences spectrales que j'ai observées, et qui concordent assez exactement avec celles des solutions sanguines traitées par les acides, ne sontnullement dues à un mélange de méthémoglobine et d'hématine, parce que l’acide chlorhydrique de la solution alcoolique d'hématine aurait décomposé la méthémoglobine. Il faut remarquer toutefois que la quantité d'acide chlorhydrique que j'avais ajoutée à ma solution d’hématine était très faible ; de plus j'ai fait une nouvelle expérience qui consistait à ajouter un peu d'acide chlorhydrique à une solution de méthémoglobine additionnée d'alcool comme la précédente. Je n’ai pas obtenu dans ces conditions les mêmes apparences’ spectrales,. puisque je n'avais plus alors, à proprement parler, de bande dans le rouge, |
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mais bien un obscurcissement assez intense du spectre depuis son origine du côté du rouge jusqu’à 88. À 95 commençait une plage légèrement ombrée qui devenait brusquement plus foncée à 105.
Quoi qu'il en soit, et quelle que soit l'explication que l’on puisse donner des phénomènes que je viens de décrire, il n’en reste pas moins établi que le spectre de la méthémoglobine
acide se distingue assez nettement, par l'aspect et la position de
ses bandes, de celui du sang traité par différents acides. Sans doute, lorsqu'on additionne de quelques gouttes d'acide, des solutions sanguines, la bande dans le rouge se déplace si nettement, suivant la nature de l’acide, que l’on pourrait admettre qu'elle pût dans certains cas occuper absolument la même positon que celle de la méthémoglobine ; je n’ai jamais pu observer pareille coïncidence, et, quel qu’ait été le déplacement de la bande, son milieu n’a jamais-dépassé 87 ‘/,, tandis que le milieu de celle de la méthémoglobine correspond toujours à 89'/,. Du reste, je ferai observer que les solutions sanguines traitées directement par les acides ne présentent jamais, à l'examen spectroscopique, les quatre bandes que l’on peut si facilement distinguer dans le spectre de la méthémoglobine. A cet égard, par conséquent, pas de confusion possible. Il n’en est pas absolument de même quand il s’agit de différencier le spectre de la méthémoglobine de celui de l’hématine en solution dans l’alcool acidulé ; les analogies sont ici plus grandes, et il peut être utile d’avoir recours aux diverses réactions de ces deux substances; ce sont ces réactions que j'ai, par suite, vérifiées et étudiées.
Différenciation de la méthémoglobine et de l'hématine par les
spectres des solutions alcalines de ces deux substances. — Si l’hématine en solution dans l'alcool acidulé et la méthé-
moglobine en solution acide présentent deux spectres assez semblables, iln’en est plus de même des solutions alcalines de ces deux substances. J'ai déjà décrit le spectre de la méthémoglobine alcaline; celui de l’hématine alcaline en est absolument distinct : il est en effet constitué par une bande unique assez estompée dont l’étendue varie notablement avec la concentration de la solution observée et dont la position ne m'a pas paru absolument fixe. Une solution ammoniacale d’hématine pure examinée au spectroscope présente une bande d’absorption comprise entre les divisions 92 et 102 du micromètre ; cette bande, peu foncée, est mal délimitée du côté 102, et la région qui s'étend depuis 102 jusque vers 130, où l'obscurité est complète, est faiblement éclairée. Pour une concentration plus forte de la solution, la bande occupe l’espace 90-102. La solution est couleur rouge brun.
La solution d'hématine dans la potasse est au contraire brune sous une grande épaisseur, brune verdâtre sous une épaisseur plus faible ; son spectre présente une plage rouge très lumineuse jusqu’à 88 ; la bande s'étend de 88 à 103 environ; elle est mal délimitée de ce côté, car la région située entre 103 et l'extinction totale, 120 environ, est peu éclairée. (PI. I, fig 11% |
Il est donc facile, comme l'ont du reste indiqué la plupart des auteurs, de distinguer la méthémoglobine de l’hématine à l’aide des apparences spectrales des solutions alcalines de ces deux substances; il suffit d'ajouter un peu de potasse ou d'ammoniaque aux solutions acides et d'examiner si la nouvelle solution présente un spectre à trois ou à une seule bande; je n'ai jamais manqué, dans la série de mes expériences, d’avoir recours à cette réaction, afin de déterminer exactement la nature du composé que j'avais sous les veux.
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Il est une autre réaction non moins exacte et non moins utile qui peut servir de contrôle à la précédente, c’est celle indiquée par Hoppe-Seyler. La méthémoglobine traitée par des agents de réduction passe à l’état d'hémoglobine réduite, tandis que l’hématine se transforme en hémochromogène.
Différenciation de la méthémoglobine et de l'hématine par les modifications qu'elles subissent sous l'influence des agents de réduction. — J'ai à différentes reprises ajouté du sulfure ammonique à des solutions de méthémoglobine alcaline ou acide, et j'ai en effet constamment observé que ces solutions présentaient au bout d’un certain temps le spectre de l’hémoglobine réduite. Toutefois j'ai remarqué qu’il apparaissait dans ces conditions, en même temps que la bande de Stockes, une bande dans le rouge, qui devient de plus en plus nette et de plus en plus foncée ; elle finit par occuper l’espace compris entre 90 et 95 et a son milieu à 92 '/, (PI. IF, fig. 12). La couleur de la solution est alors rose. Cette bande, qui est sans doute due à l'action de l'hydrogène sulfuré sur l’hémoglobine, a été du reste déjà signalée comme se produisant lors de la réduction de l’oxyhémoglobine par le sulfhydrate d’ammoniaque. En ajoutant avec précaution un peu de sulfure ammonique à une solution de méthémoglobine acide, placée devant la fente du spectroscope, j'ai pu assister aux transformations successives que subit cette substance, le spectre de la méthémoglobine acide à d’abord disparu pour faire place à celui de la méthémoglobine alcaline; puis les deux bandes 2 et 3 de ce nouveau spectre sont devenues de plus en plus foncées, pendant que disparaissait à son tour la bande 1 située entre C et D tout près de D, et j’ai observé très nettement le spectre de l’oxyhémoglobine, qui s’est bientôt effacé pour faire place à celui de l’hémoglobine réduite. Les deux bandes de l’oxyhémoglobine reparaissaient quand on agitait la colution à l'air.
J'ai également ajouté du sulfure ammonique à des solutions alcalines d'hématine ; leur coloration passe immédiatement au pourpre brun, tandis que la bande unique de leur spectre se dissipe pour être remplacée par les deux bandes de l'hémochromogène, dont l’une, très noire (105 ‘/,-112) a son milieu à 109, tandis que la seconde, moins foncée, s'étend de 117 à 193 environ. (PI. I, fig. 13.)
D'après les caractères de son spectre, d’après la manière de se comporter de ses solutions sous l’action de l’ammoniaque et du sulfure ammonique, il est facile de distinguer la méthémoglobine de l’hématine.
J'aurais voulu pour compléter ces recherches faire diverses expériences relatives à la production de la méthémoglobine dans l'organisme, à sa transformation dans le courant circulatoire, à son élimination, à sa présence dans les urines et dans certains foyers hémorragiques, à sa recherche, à son dosage, etc.; obligé de hâter la présentation de ma Thèse, j'ai dû momentanément renoncer à faire à ce sujet une étude aussi complète que Je l'aurais désiré.
Recherche de la méthémoglobine. — J'ai seulement constaté l’inexactitude du procédé indiqué par Hoppe-Seyler pour la recherche de la méthémoglobine. Le sous-acétate de plomb ne permet pas, en effet, de séparer la méthémoglobine de l'oxyhémoglobine ; il précipite ces deux substances. À deux solutions, l’une de méthémoglobine, l'autre d'oxyhémoglobine, j'ai ajouté du sous-acétate de plomb ; il s’est formé dans les deux cas un précipité ; j'ai recueilli et lavé ces deux précipités, puis je les ai mis en suspension dans l’eau et je les ai traités par du carbonate de soude ; j'ai filtré, et les deux liquides ainsi obtenus ont présenté: l’un le spectre de la méthémoglobine alcaline, l’autre celui de l’oxyhémoôglobine.
J'ai également démontré, par l'expérience suivante, que l’on peut, à l’aide du spectrophotomètre, reconnaître d’une façon certaine la présence de méthémoglobine dans un mélange d'oxyhémoglobine et de méthémoglobine, alors que l'examen spectroscopique ne permet pas d’être aussi affirmatif.
Jai pris pour cela deux solutions d’oxyhémoglobine ; j'ai placé l’une de ces solutions dans une cuve, devant la fente du spectroscope; j'ai divisé l’autre solution, qui était très étendue, en deux parties, À et B, et j'ai transformé l’une de ces parties À en solution de méthémoglobine, à l’aide d’un peu de ferricyanure de potassium. J'ai placé la solution de méthémoglobine ainsi obtenue dans une seconde cuve, entre la première et la source lumineuse, et je me suis assuré que, pour les concentrations des solutions employées, la lumière transmise à travers les épaisseurs observées donnait un spectre qui ne présentait pas de bande d'absorption dans le rouge, ou du moins cette bande, dont on pouvait peut-être soupçonner l’existence, était trop peu visible pour qu'on püt affirmer sa présence. J'ai alors placé les deux mêmes cuves devant la fente du spectrophotomètre réglé comme je l’ai déjà indiqué et disposé de telle façon que le réticule coincidât avec la division 37, milieu de la bande de la méthémoglobine ; seulement j'ai remplacé la solution de méthémoglobine placée dans la deuxième cuve, par la seconde partie B de la solution d’oxyhémoglobine. J'ai dû, pour produire l'égalité de teinte des deux plages rouges du spectre, tourner l’analyseur de façon que son plan de vibration fit avec le plan de polarisation du polariseur un angle B de 35°,18’. J'ai ensuite remplacé, toujours dans la même euve, la solution d’oxyhémoglobine B par la solution de méthémoglobine indiquée ci-dessus; l'angle 8, nécessaire pour produire l'égalité de teinte a été alors trouvé égal seulement à 39°,18’. L’intensité lumineuse transmise, qui dans le premier cas était égale à 0,665, n'était plus dans le second que de
0,597. Cette différence était évidemment due à la différence d'absorption exercée par les solutions d’oxyhémoglobine et de méthémoglobine sur la lumière rouge correspondant à une longueur d’onde de 633 millionièmes de millimètre. Le spectrophotomètre peut donc permettre de reconnaître la présence de méthémoglobine quand cette substance existe en des proportions telles qu'il n’est pas possible de distinguer au spectroscope sa bande d'absorption caractéristique.
Il suffirait pour cela de déterminer le rapport qui Te entre les affaiblissements qu’une solution pure d’oxyhémoglobine fait subir à l'intensité des rayons lumineux dont les longueurs d'onde correspondent à celle du milieu de la bande de la méthémoglobine dans le rouge et à celle du milieu de la première bande de l’oxyhémoglobine par exemple. Connaissant ce rapport, on pourrait vérifier s’il est le même pour la solution que l’on aurait à examiner et se rendre ainsi compte de la présence ou de l'absence de méthémoglobine dans la solution. Il faut toutefois observer que la bande de l’hématine, empiétant fréquemment sur le milieu de celle de la méthémoglobine, on ne pourrait déterminer de la sorte si la solution examinée contient de l’hémoglobine ou de l’hématine ; il faudrait pour cela avoir recours à des opérations plus compliquées.
- De la méthémoglobine dans certains hquides de l’organisme. — J'ai eu l'occasion d'examiner au spectroscope un liquide provenant d’un myosarcome de l'ovaire, et que je devais à l’obligeance de M. le professeur Tédenat. Ce liquide présentait très nettement, le lendemain de son extraction, les deux bandes de l’oxyhémoglobine, et je n’ai pu y découvrir la moindre trace de méthémoglobine.
Il en a été de même d’une urine émise par une malade