‹ Études Sur La MéthémoglobineChapitre 25 sur 33 · TER · texte numérisé non relu

TER

une épaisseur très faible de la solution de méthémoglobine observée, et la bande dans le rouge, elle-même, ne peut plus alors se distinguer. De plus ces deux bandes ne présentent pas le même aspect que celles qui leur correspondent dans l’oxyhémoglobine : c’est ainsi que la première, c’est-à-dire la plus rapprochée de D, est moins foncée que la seconde ; c’est ainsi que si l’on diminue graduellement l'épaisseur du liquide interposé sur le trajet des rayons lumineux, les deux bandes disparaissent presque simultanément, la deuxième diminuant plus rapidement d'intensité que la première ; il est évident que l’on “observe les phénomènes inverses si l’on augmente l'épaisseur au lieu de la diminuer ; dans les solutions d’oxyhémoglobine au contraire, c’est la deuxième bande qui est la moins foncée et c'est elle qui disparaît la première. Pour une épaisseur convenable on peut apercevoir très nettement la première alors que la seconde se distingue à peine. Mais une expérience plus probante est la suivante : J'ai examiné au spectroscope une solution d’hémoglobine oxycarbonée ; on sait que les deux bandes de l’hémoglobine oxycarbonée n'occupent pas exactement la même position que celle de l’oxyhémoglobine ; elles sont un peu plus rapprochées de E. La première de ces bandes correspondait aux divisions 100-107 ‘/, de mon micromètre ; elle était très noire de 103 à 106 et avait son milieu à 104 ‘/,. La seconde correspondait aux divisions 4141 ‘/,- 190 ‘/, elle avait son milieu à 116 (PI. IL, fig. 2). J'ai alors ajouté à la solution un fragment de ferricyanure de potassium ; les deux bandes de l’hémoglobine oxycarbonée se sont peu à peu estompées pendant qu'apparaissaient les bandes dans le rouge et dans le bleu, et le spectre s’est bientôt montré absolument identique à celui de la méthémoglobine obtenue à l’aide d’une solution d’oxyhémoglobine ; les deux bandes intermédiaires n’oceupaient plus, en effet, la place de celles de l’hémoglobine oxycarbonée ; elles s'étaient déplacées

LORS du côté de D, si bien que la première correspondait très approximativement aux divisions 100-104 ‘/, et avait son milieu vers 402, tandis que la deuxième commençait à 110. Si je traitais la solution de méthémoglobine ainsi obtenue par l’ammoniaque et le sulfure ammonique, j’obtenais de nouveau le spectre de l’hémoglobine oxycarbonée. Il me paraît rationnel d'admettre que si les deux bandes moyennes du spectre de la méthémoglobine étaient réellement dues à un reste d’oxyhémoglobine non décomposée, ces deux bandes devraient occuper la place de celles de l'hémoglobine oxycarbonée lorsqu’on emploie des solutions de cette substance pour obtenir la méthémoglobine, et je considère par suite le spectre de la méthémoglobine acide comme formé de quatre bandes (PI. IF, fig. 3 et PI. II, fig. 1). La première est assez foncée ; elle est située dans le rouge et pour une dilution convenable de la solution elle est comprise entre les divisions 87 et 92 du micromètre ; son milieu correspond à 89 ‘/, ; c’est-à-dire à une longueur d'onde de 633 millionièmes de millimètre. La deuxième très peu marquée correspond aux divisions 100-105: elle a son milieu à 102 ‘/, ce qui équivaut à une longueur d'onde de 580 millionièmes de millimètre ; la troisième au contraire, plus marquée que la précédente, moins foncée que la première, s'étend de 110 à 120; elle est moins nettement délimitée du côté 120 que du côté 110 ; son milieu coïncide avec la division 115 — 538,5 millionièmes de millimètre. Enfin la quatrième bande, plus foncée que les deux précédentes, est très estompée sur ses bords, elle correspond approximativement à l’espace compris entre les divisions 123 ‘/, et 138 du micromètre; son milieu est situé vers 131 — 500 millionièmes de millimètre. Ces valeurs sont sensiblement les mêmes que celles qui ont été déterminées par Jæderholm (631, 580, 539, 500 millionièmes de millimètre). Si l'on examine les solutions de méthémoglobine sous une

ARE et

épaisseur de plus en plus grande, ou si l’on a recours à des solutions de plus en plus concentrées, l'extrémité la plus réfrangible du spectre, qui était tout à l'heure éclairée Jusque vers 155, s’obscurcit peu à peu pendant que les bandes se foncent ; la quatrième bande, puis la troisième, disparaissent bientôt dans cette région obscure ; la première s’élargit de plus en plus, et s'étend successivement de 86 à 94, de 85 à 95. Pour une épaisseur ou une concentration suffisante, il ne passe plus que de la lumière rouge.

J'ai pu, du reste, à l’aide du spectrophotomètre de Hüfner, perfectionné par M. Crova (1), mesurer pour des À différents l'intensité lumineuse transmise à travers une solution de méthémoglobine considérée sous une épaisseur Constante.

Pour cela j'ai placé la section principale de l’analyseur à 45° de celle du polariseur et j'ai réglé mon instrument de façon à produire l'égalité de teinte des plages corréspondantes des deux spectres qu'il fournit. L’intensité lumineuse alors transmise était proportionnelle à sin? 45 ; je l’ai prise pour unité, puis j'ai interposé une solution de méthémoglobine sur le trajet du faisceau lumineux qui tombe directement sur le prisme à vision directe, sans traverser l’analyseur et le polariseur, et j'ai mesuré pour des régions différentes, le complément $ de l'angle « que devaient faire entre elles les deux sections principales de l’analyseur et du polariseur pour reproduire légalité de teinte ; on a alors :

RER HR ROUES : sin* 45 ; > sin’ $ Je me suis servi pour calculer les valeurs de PRIT de la

table donnée par M. Malosse, dans sa thèse de doctorat.

(4) Voir: De la transmission de la lumière par les dissolutions colorées et de son application analytique, par Théodore Malosse. ( Thèse de doctorat, Montpellier, 1886, N° 23).

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