INTRODUCTION
L'altération particulière de la matière colorante du sang désignée sous le nom de méthémoglobine a été, dans ces derniers temps, l’objet d'assez nombreuses études à l’étranger. Elle a beaucoup moins préoccupé les savants français, qui se sont généralement bornés, en ce qui la concerne, à quelques recherches physiologiques. Du reste, pas plus à l'étranger qu'en France, il n'a encore été publié, à ma connaissance, aucun travail d'ensemble sur cette question, d’un intérêt biologique incontestable, et qui pourra, prochainement sans doute, éclairer divers problèmes médicaux.
Il m'a paru intéressant de rassembler les documents épars relatifs à ce sujet, de les discuter, et de soumettre à une expérimentation nouvelle les opinions encore prématurées ou indécises qu’ils ont introduites dans la science.
Pour mettre de l’ordre dans ce travail de critique et de recherche, voici comment j'ai cru devoir en distribuer les divers éléments :
J'ai fait une large part à l'historique; il m’a paru juste et profitable de m’appesantir sur la succession chronologique des diverses phases de cette étude, afin de faire à chacun sa part de mérite et de poser exactement les bases de mon travail ultérieur.
J'ai ensuite exposé et apprécié les différentes idées
émises sur les modes de production de la méthémoglobine,
sur sa préparation à l’état cristallin, sur ses propriétés, sur ses apparences spectrales, sur ses composés, sur sa constitution, sur sa formation et son rôle dans l’organisme, sur sa destruction, sur son élimination, sur sa recherche et sur son dosage.
Dans un dernier chapitre, essentiellement expérimental, j'ai indiqué le contrôle auquel j'ai soumis certaines affirmations de mes prédécesseurs, insistant plus particulièrement sur les points qui m'ont paru obscurs ou douteux, et j'ai tenté, par des investigations personnelles, d'ajouter quelques démonstrations et quelques faits nouveaux à ceux déjà connus. Obligé par les ciréonstances de hâter cette première publication de mes recherches, je me propose de les reprendre plus tard pour les compléter.
C'est à mon Maître éminent, M. le professeur Moitessier, que je dois l’idée première de ce travail, et je tiens à saisir cette occasion de le remercier, non-seulement pour ce conseil, mais encore pour l’amicale et précieuse direction qu’il a bien voulu, depuis longtemps, imprimer à mes études. Qu'il reçoive donc ici l’expression de ma vive reconnaissance, en même temps que de ma‘respectueuse affection !
MM. les professeurs Engel et Kiener et M. le professeuragrégé Malosse m'ont aussi aidé de leurs savantes indications avec une obligeance dont je sens tout le prix, et pour laquelle je suis heureux de leur adresser aussi mes remercie-.
ments.