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solution. Aussi peut-on remarquer que lorsqu'on filtre des solutions sanguines, les bords du filtre se colorent en brun ; cette coloration est due à la méthémoglobine.
Quand on ajoute à des solutions d’oxyhémoglobine de faibles quantités d'acides dilués, il se forme de la méthémoglobine ;
‘avec des acides concentrés, on obtient de l’hématine et une
matière albuminoïde.
La méthémoglobine se produit également par l’action de faibles quantités de bases sur les solutions d’oxyhémoglobine.
Toutes les substances oxydantes agissant en solution neutre ou faiblement alcaline transforment rapidement l’hémoglobine ou l’oxyhémoglobine en méthémoglobine. Telles sont : l'ozone, le permanganate de potassium, le ferricyanure de potassium et de sodium, le chlorate de potassium et de sodium, l’hypochlorite de potassium et de sodium, le nitrite de potassium et de sodium, le nitrite d'amyle, le nitrite d’éthyle, le nitrate d'argent, l’oxyde rouge de manganèse, l’iode dissous dans l’iodure de potassium, l’iode en solution aqueuse, le chlore, le brome.
Je vais revenir successivement sur le mode d'action de certaines de ces subst nces.
Gamgee, qui avait observé le premier la modification subie par le sang sous l'influence des nitrites, avait cru qu'il se formait dans ces circonstances, non pas de la méthémoglobine, mais bien une combinaison de l'acide nitreux avec l’'hémoglobine, combinaison à laquelle il donna le nom de: « Nitrithæmoglobin ». Du reste, dans l’action des nitrites sur l’oxyhémoglobine, il ne se formerait pas seulement de la méthémoglobine, mais bien aussi de l’hématine (Hoppe-Seyler).
Toujours à propos de l’action des nitrites, Sorby fait observer que le nitrite de potassium n’agit pas sur le sang en solution alcaline, c’est-à-dire par exemple en présence d’un excès d'ammoniaque ; ilagit au contraire surle sang neutre, et
PRE RUE la transformation de l'oxyhémoglobine en méthémoglobine est plus rapide, si le sang Contient un léger excès d’un acide faible comme l'acide borique, ou mieux encore d’un acide un peu plus énergique, tel que l'acide benzoïque.
À propos de l’action des chlorates sur les solutions sanguines, Marchand fait remarquer que la transformation complète de l’'oxyhémoglobine en méthémoglobine exige plus de temps à la température ordinaire qu’à une température un peu plus élevée, 35° à 40°. |
Cette transformation s’accomplit presque instantanément, au contraire, avec l'iode, le permanganate de potasse, le ferricyanure de potassium ou d’autres moyens puissants d'oxydation.
Le chlore et le brome agissent plus énergiquement que l'iode ; aussi faut-il procéder avec précaution quand on emploie ces agents.
Avec l'iode en excès on obtiendrait toujours, d’après Marchand, un nouveau produit d’oxydation ; il se formerait en effet un précipité peu de temps après l'emploi de ce réactif, etle liquide filtré présenterait un spectre constitué par deux bandes dont la position serait à peu près la même que celle des bandes de l’oxyhémoglobine ; le nouveau produit serait plus oxydé que la méthémoglobine ; il présenterait comme elle une modification acide et une modification alcaline, mais n'aurait pas sous ce dernier état de spectre caractéristique. On pourrait le transformer en le traitant par des agents réducteurs en hémoglobine, qui, en présence de l'oxygène de l’air, repasserait à l’état d’oxyhémoglobine.
Mais il est encore à signaler d’autres modes de production de la méthémoglobine ; c’est ainsi qu’elle se produirait sous l'influence de certains agents réducteurs. Une lame de palladium chargée d'hydrogène transforme, à l'abri de l’air dtmosphérique ou de l'oxygène, une solution d’oxyhémoglobine en
AUTRE méthémoglobine. Dans ce cas, l'hydrogène occlus par le palladium enlèverait à l’oxyhémoglobine une molécule d’oxygène 0° dont un atome O serait employé pour former une molécule d’eau H°0, tandis que l’atome rendu libre se porterait sur l’hémoglobine réduite pour former de la méthémoglobine.
La pyrocatéchine, l’hydroquinone en solution à 1 p. 100, l'acide pyrogallique à 0,5 p. 100, la résorcine, ont une action analogue à celle du palladium hydrogéné. Toutefois, si l’on fait l'expérience avec la résorcine, il sera nécessaire de l’employer en plus grande quantité que les autres substances.
Le sulfate ferreux transforme de même l’oxyhémoglobine en méthémoglobine.
Sous l'influence de la putréfaction à l’air libre, l'oxyhémoglobine passe à l’état de méthémoglobine.
Il se produit encore de la méthémoglobine lorsque l’on traite une solution d'hémoglobine oxycarbonée par du chlorate de potasse, de l’ozone, de la résorcine, ou mieux, de l’iode dissous dans une solution d’iodure de potassium, du permanganate de potassium, de la pyrocatéchine, du pyrogallol, de l’'hydroquinone. Seulement la transformation de l’hémoglobine oxycarbonée exige plus de temps ou de plus fortes doses de réactif que celle de l’oxyhémoglobine.
On peut encore transformer de l’oxyhémoglobine en méthémoglobine par la térébenthine, la kairine et la thalline.
Si l'on fait passer un courant d'acide carbonique pendant une heure à travers une solution étendue d’oxyhémoglobine, on voit disparaitre les deux bandes de l’oxyhémoglobine et apparaitre deux bandes, une dans le rouge occupant la position de la bande correspondante de la méthémoglobine, l’autre dans le bleu, qui ferait aussi partie du spectre de cette dernière substance. Si l’on fait passer le courant d'acide carbonique dans une solution concentrée d'oxyhémoglobine, on obtient un spectre à quatre bandes dû à un mélange d’oxyhémoglobine et de
méthémoglobine (Lancaster ). Il est nécessaire, dans ce cas, que la durée du passage du courant soit assez longue (huit heures environ).
Si l’on fait traverser une solution d'hémoglobine par un courant d'hydrogène arsénié où d'hydrogène sulfuré, il ne se produit pas de décomposition ou tout au moins il ne s’en produit qu'au bout de quelques jours ; mais si l’on opère, de même, avec une solution d'oxyhémoglobine, cette solution est bientôt altérée et présente au spectroscope une bande d'absorption dans le rouge qui paraît occuper la même position que celle de la méthémoglobine (Hoppe-Seyler).
Il faut toutefois remarquer, à propos de l’action de l’hydrogène sulfuré sur l’oxyhémoglobine, que le corps qui prend naissance dans cette circonstance n’est probablement pas de la méthémoglobine comme on l'avait cru d’abord, mais bien un sulfure d’hémoglobine ou d'hématine, soit même de méthémoglobine, comme l’admit plus tard Hoppe-Seyler. Ce corps se distingue en effet de l’hématine et de la méthémoglobine par ses apparences spectrales ; il présente sans doute une bande d'absorption dans le rouge ; mais cette bande est située plus près du jaune que celle de l’hématine ou dela méthémoglobine en solution acide, et de plus cette bande persiste alors même qu'on ajoute aux solutions qui la présentent, de l’ammoniaque et du sulfure ammonique. Nous verrons, à propos des propriétés de la méthémoglobine, comment elle se comporte sous l’influence des deux mêmes réactifs.
D'après Gamgee, il se produirait sous l’action du bioxyde d'azote, une substance qui présenterait le spectre de la méthémoglobine acide et qui, après l'addition d’ammoniaque, donnerait celui de la méthémoglobine alcaline. Toutefois, ajoute l’auteur, il serait fort possible que le bioxyde d'azote se fût transformé en acide nitreux en s’emparant de l'oxygène de l’'oxyhémoglobine ; la transformation de la matière colorante du
Op ;S pars sang serait alors due à l’acide nitreux, et c’est aussi à cet acide qu'il faudrait attribuer l’action des nitrites. J. Otto nie cette action du bioxyde d’azote et fait remarquer à ce propos un fait déjà connu, c’est que, si l’on fait agir sur le sang du bioxyde d'azote, il se forme de l’hémoglobine bioxyazotée, lorsqu'on a eu soin de débarrasser le gaz de l’acide nitreux qu'il pourrait entrainer.
Enfin Lewin a constaté que par l’action du nitrobenzol de l'orthonitrophénol, du binitrobenzol de l’éther éthylique, du formiate d’éthyle, de l’acétone, du sulfure de carbone sur le sang, il se produit une modification telle que ce sang examiné au spectroscope présenterait, outre les deux bandes d'absorption de l’oxyhémoglobine, une bande dans le rouge qui ne coïncide pas avec celle de l’hématine pure ; s’est-il donc formé dans ces conditions de la méthémoglobine? Tel n’est pas l’avis de Lewin, qui fait observer que la bande de l’hématine pure, n’occupe pas la même position que celle d’une solution d’hématine contenant de l’albumine et que la bande qui apparaissait dans le rouge après l’action des corps mentionnés ci-dessus, coïncidait exactement avec celle d’une solution sanguine traitée avec précaution par un acide dilué. Du reste, ajoute le même auteur, si l’on rend alcaline la solution de sang nitrobenzolé, la bande dans le rouge se déplace vers D ; de plus, le sang additionné de nitrobenzol, traité par l’ammoniaque et le sulfure ammonique, présentait les bandes caractéristiques de l’hématine réduite ou de l’hémochromogène. Il est cependant possible que l’auteur se soit laissé tromper par quelque apparence, et . Marchand, qui a observé après lui que dans l’empoisonnement par le nitrobenzol 1l se forme dans le sang de la méthémoglobine, combat ses assertions.
Préparation de la méthémoglobine cristallisée. — Dès 1867, Gamgee prétendit avoir préparé des cris-
do
taux de cette substance qu'il avait obtenue en solution par l’action de certains nitrites sur le sang, et qu'il considéra d'abord comme un produit d’oxydation de la matière colorante du sang moins élevé que l’oxyhémoglobine et plus tard comme un nitrite d'hémoglobine. Voici le procédé indiqué par Gamgee :
On laisse coaguler du sang de chien, on sépare le sérum, on exprime le caillot dans un linge, on additionne le liquide qui s’en écoule d’une fois et demie son volume d’eau, et on lui ajoute une solution de nitrite de sodium, jusqu’à ce que le mélange, examiné au spectroscope, présente Le spectre caractéristique. On additionne alors le liquide de un quart de son volume d'alcool à 86°. Il se dépose bientôt des aiguilles et des prismes, ne différant pas par leur forme de ceux de l’oxyhémoglobine, mais qui s’en distinguent par leur couleur brun sale et par les bandes d’absorption du spectre de leur solution. Ces cristaux, recueillis sur un papier filtre, furent lavés avec de l’eau à 0° et redissous ensuite dans une grande quantité d’eau ; mais on ne put les dissoudre complètement ; il resta comme résidu une substance albuminoïde, ce qui permet de mettre en doute que Gamgee ait réellement obtenu des cristaux de méthémoglobine ( ou tout au moins qu'il ait obtenu ces cristaux à l'état de pureté ).
En 1883, J. Otto essaya vainement de préparer des cristaux de méthémoglobine avec du sang de chien par le procédé de Gamgee, et réussit pourtant, dit-il, à en obtenir, mais en très faible quantité, en traitant par ce procédé du sang de porc.
Dès 1882, Hüfner et Otto avaient indiqué une autre méthode qui permettait de préparer des cristaux de méthémoglobine en quantité notable. Ils étaient arrivés à ce résultat après avoir obtenu accidentellement de pareils cristaux avec des solutions d'oxyhémoglobine de sang de porc cristallisée qu'ils avaient soumises à une nouvelle cristallisation. Voici du reste le résumé de leurs expériences :
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Si l’on additionne du sang de porc frais défibriné avec une solution aqueuse de chlorhydrate de quinoléine, qu’on ajoute à ce mélange de l’alcool absolu et qu'on maintienne le tout pendant buit jours à une température inférieure à 0°, on obtient de beaux cristaux rouge vermeil d’oxyhémoglobine.Ces cristaux, recueillis sur un papier filtre et lavés à l’alcool étendu de quatre fois son volume d’eau, étaient dissous dans un peu d’eau ; on ajoutait à la solution le quart de son volume d’alcool et on la laissait séjourner ensuite pendant plusieurs jours dans un mélange réfrigérant, afin d'obtenir une nouvelle cristallisation de l’oxyhémoglobine. Le plus souvent il ne se formait pas dans ces conditions des cristaux rouge clair, mais bien, au bout de huit à quatorze jours seulement, une bouillie d’une couleur brun sale, d'aspect satiné ; et les auteurs reconnurent que cette bouillie était constituée par de fines aiguilles eristallines. Ces cristaux se redissolvaient lentement dans le liquide (eau et alcool), quand on les laissait revenir à la température de la chambre ; ils étaient facilement solubles dans l’eau pure et communiquaient à la solution une couleur brune. Si on les dissolvait au contraire dans un liquide alealin, la dissolution était rapide et le liquide avait une coloration rouge ; les solutions présentaient les spectres caractéristiques de la méthémoglobine. On peut faire recristalliser ces cristaux après les avoir dissous ; pour y parvenir, il suffit de porter cette bouillie sur un filtre sans plis dans une enceinte de glace. Au bout de douze heures environ, les aiguilles cristallines sont séparées des eaux-mères, on les lave avec un mélange froid de une partie d'alcool pour trois d’eau, puis on les dissout dans aussi peu d’eau que possible, à 40° environ ; on refroidit à 0 ; on ajoute le quart du volume d'alcool absolu froid, et on laisse séjourner le tout pendant un ou deux jours dans dela glace. Au bout de ce temps, il se sépare de nouveaux cristaux gris brun un peu fauve, plus gros que les premiers. On peut les réunir sur un papier filtre, les laver